J’aime lire tout ce qui se rapporte à l’écriture.

Depuis peu, je m’essaie à lire des pièces de théâtre, hésitant moi-même à faire partir d’un cours.

Par hasard, en me rendant à la médiathèque de ma ville, je suis tombée sur ce petit livre. J’ai été intriguée par le titre.

Tout en lisant, j’ai pris des notes.

Ce sont elles qui servent donc de base à cet article.

 

 

 L’origine de la pièce

Cette pièce de théâtre a été publiée en 2008 par les éditions Rivages en France.

C’est la première de David Lodge.

 

Cette pièce a d’abord été mise en scène au théâtre de Bayonne en 2008 par Armand Eloi.

La pièce s’intitule « The Writing Game » dans sa version originale en anglais.

Elle a été créée pour la première fois en 1990 à Birmingham.

 

 

 

Qui est David Lodge ?

 


 

David Lodge est né en 1935 dans le sud de Londres.

C’est un universitaire spécialisé en littérature.

C’est aussi un écrivain britannique.

 

Dans son enfance, il a été marqué par les bombardements de Londres durant la Deuxième Guerre Mondiale.

Il a toujours été passionné par la lecture.

Il a été aussi attiré très tôt par l’écriture.

Il a publié une nouvelle dans le journal de son lycée en 1950 pour la première fois.

Il a écrit son premier roman à l’âge de 18 ans qu’il n’a pas publié : Le Diable, le Monde et la Chair.

Sa première publication remonte à 1960, The Picturegoers, qui n’a jamais été publiée en France.

A la suite d’une expérience théâtrale à l’université de Birmingham, il se découvre un certain talent de comique, qu’il exploitera dans son roman suivant.

En 1987, il se consacre entièrement à l’écriture.

Il publie Nice Work en 1988, dans lequel la politique de l’époque mise en place par Margaret Thatcher rejoint la fiction.

Ses premiers romans évoquent l’Angleterre de l’après-guerre.

La religion catholique est un autre de ses thèmes favoris ; il est de confession catholique.

Dans les années 80, il élargit ses thèmes de romans, se rapprochant du monde de l’entreprise ou de la télévision.

Il écrit des nouvelles, des pièces de théâtre et collabore régulièrement avec la télévision.

David Lodge n’apparaît en France que dans les années 1990 grâce aux éditions Rivages.

 

La composition de la pièce

 

 

Cette comédie se compose de seulement 2 actes.

L’acte I comporte 6 scènes et l’acte II 4 scènes.

La pièce possède beaucoup de didascalies  précises qui informent sur le décor et le mouvement des personnages.

La pièce présente une unité de lieu : tout se déroule dans une grange  du Dorset du XVIIe siècle rénovée et aménagée pour accueillir des stages d’écriture.

Tous les personnages ont un rapport avec l’écriture : écrivains confirmés qui animent l’atelier d’écriture, apprentis écrivains, enseignants et critiques.

 

David Lodge crée ici un univers clos, dans lequel les différents personnages affrontent leur manière de vivre l’écrit.

La pièce se déroule pendant les quelques jours de stage.

Le lecteur assiste à un atelier, à des discussions parfois virulentes ou informelles.

Cet atelier d’écriture a été créé par le passé par Aubrey Wheatcroft, dont la statue orne la pièce principale.

 

 

 

Ce bienfaiteur croyait qu’en chacun de nous se cachait des trésors inexploités de créativité, qui pouvaient être révélés grâce à un environnement adéquat.

D’où la grange conçue à cet effet, et le cadre champêtre environnant au bord d’une rivière.

 

Les personnages principaux

 

Sont présents 4 écrivains de renom :

 

  • Léo Rafkin, écrivain américain plutôt intellectuel qui vit à New York et qui a obtenu une bourse Guggenheim de 6 mois pour écrire en Angleterre.

Il a du mal à finaliser son dernier roman.

Il remplace un écrivain malade qui était prévu en premier pour cet atelier d’écriture.

 

  • Maud Lockett, romancière anglaise qui a écrit 9 best-sellers et qui écrit aussi des critiques dans le célèbre quotidien anglais, The Times.

Elle est mère de 4 enfants et est mariée à un professeur de l’université d’Oxford.

Elle a accepté de participer à cet atelier d’écriture pour fuir sa vie domestique.

 

  • Jérémy Deane, propriétaire de la ferme dont dépend la grange, poète à ses heures.

Il a publié 2 recueils de poèmes.

Quand il a ouvert cet atelier d’écriture, son but était de rassembler des gens qui veulent être écrivains avec des gens qui le sont vraiment, dans une ferme isolée à la campagne, pendant 4 ou 5 jours.

 

  • Simon saint-Clair, écrivain invité le troisième jour du stage qui fait plutôt dans le style post-moderne et déstructuré.

Les autres personnages

 

14 étudiants sont prévus pour cet atelier d’écriture.

Parmi ces gens, il y a des femmes au foyer, des salariés, des retraités et des chômeurs.

Le lecteur ne côtoie pas tous ces participants.

 

On ne sait pas s’ils sont capables d’écrire, mais ils ont payé pour cet atelier.

 

Les écrivains de renom sont là pour guider les apprentis écrivains et donner des cours.

Le soir, chacun leur tour, ils lisent un de leurs travaux avec plus ou moins de succès.

 

Seuls quelques uns émergent plus particulièrement, comme Penny Sewell, institutrice de son état, qui a toujours aimé écrire.

Un des participants a déjà écrit 12 livres, mais qui n’ont jamais été publiés.

Cet homme a abandonné sa carrière confortable pour s’adonner à sa passion : écrire.

On apprend qu’il est plus heureux en écrivant des livres.

Cela suffit à son bonheur.

 

A la fin du stage, les étudiants lisent leurs travaux de la semaine.

C’est un des principes des ateliers d’écriture, en général.

 

 

L’affrontement entre les personnages principaux

 

En fait, dans cette pièce de théâtre, les personnages principaux se renvoient la balle sans discontinuer, s’affrontent, se disputent, ne sont pas d’accord sur ce qu’est d’écrire.

 

Dès le départ, Léo se demande pourquoi les gens écrivent encore de la poésie, face à Jérémy.

Ce dernier rétorque qu’il est obsédé par la musique de la langue, par les sons, les rythmes et les cadences.

Léo lui fait remarquer qu’on trouve tout cela dans la prose.

 

Léo est dès le départ quelque peu antipathique vis-à-vis des participants de l’atelier.

Il se demande sans cesse si ces gens savent écrire. Il se montre assez narquois et acerbe avec certains, notamment Penny.

 

Léo pense que l’écriture est une activité douloureuse.

Il semble assez critique quant au travail de ses confrères.

Pour lui, être écrivain est un chemin difficile et solitaire.

 

Au contraire, Maud pense que c’est une activité agréable, même si l’écrivain est épuisé à la fin, vidé au dernier mot de sa création. Il est quand même profondément satisfait.

 

Léo écrit sur son ordinateur portable.

Objet qu’il a d’ailleurs amène pour le stage, pensant qu’il pourrait continuer à écrire son dernier roman.

 

 

Maud reste abonnée à la vieille école et n’écrit que sur sa vieille machine à écrire.

 

 

Simon, l’écrivain invité, a besoin, lui, de son stylo plume.

 

 

Il affirme qu’il y a un geste sensuel à écrire le premier jet avec son stylo à la main,  plutôt qu’avec son clavier.

 

Parmi toutes les péripéties, une intrigue pas vraiment amoureuse puisqu’il s’agit de sexe, se noue un soir entre Maud et Léo, l’autre soir, entre Maud et Simon.

 

Léo a accepté d’animer cet atelier car il voulait rencontrer Maud, qui écrit des best-sellers.

Il veut connaître la recette, lui qui est en panne d’inspiration.

Maud est venue ce stage pour rencontrer Simon et le mettre dans son lit dès sa venue.

 

 

 

Les conseils en écriture donnés dans la pièce

 

 Léo pense que les titres de livres sont très importants.

Pour lui, le titre devrait rappeler de quoi l’histoire est censée parler.

 

 

Léo partage son secret pour bien écrire.

Secret qu’il distille à Penny :

 

 

Il ajoute à cette dernière quand il critique sa dernière création :

 

 

 

 En guise de conclusion

 

Lire une pièce de théâtre n’a rien à voir avec le fait d’y assister.

 

 

Donc, je pense que de voir L’Atelier d’écriture joué sur scène doit être très intéressant.

Le spectateur pourrait alors découvrir :

  • le cynisme froid de Léo,
  • la vie sexuelle débridée de Maud alors que le cadre de ses romans est rangé et moral,
  • le personnage débonnaire qu’est Simon qui se contente de lire le paratexte de son roman composé de 250 pages entièrement blanches.

 

David Lodge s’amuse avec différents thèmes qui lui sont chers :

 

  • le rapport aux éditeurs,
  • le rapport au public,
  • le rapport aux critiques littéraires,
  • le plaisir et la genèse d’un texte,
  • les problèmes du quotidien

Jérémy a en effet quelques problèmes avec la bouilloire, l’évier bouché, ou Henry, le mari de Maud, qui téléphone plusieurs fois pour des problèmes domestiques sans obtenir une seule réponse (problèmes de douche, de plomberie, de boutons de manchette introuvables ou pour signaler que la fille au pair est probablement enceinte).

 

  

 

 

La pièce est à la fois déconcertante et drôle, tour à tour.

Parfois caustique et cynique.

 

A tout moment, les personnages sont prêts d’exploser comme une « cocotte-minute ».

 

David Lodge critique en fait le milieu littéraire sans se gêner, constatant ses vanités, ses petitesses d’esprit et ses ridicules.

 

 

Je suis sûre qu’à voir tous les personnages sur scène, nous passerions un agréable moment.

Car le ton peut être féroce par moments.

 

 

 

 

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

1 commentaire

smits jacques · 23 mai 2018 à 14 h 25 min

Cette pièce que tu décris, j’y ai assisté en te lisant, et j’étais même au premier rang. Elle doit être hyper intéressante à voir dans un beau petit théâtre, on en ressortirait heureux, c’est sûr et certain. Bravo à toi, pour savoir si bien la raconter, la peindre, un beau tableau…

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