Beaucoup de gens n’ont pas conscience de l’importance des mots qu’ils utilisent quotidiennement, tout comme les gestes par ailleurs. Chaque humain vit à travers les mots qu’il utilise.

Cessez de penser que cela est stupide ou vain. A travers les mots que vous utilisez pour vous exprimer, votre mental vous joue des tours. Vous n’avez plus le choix: soyez attentifs aux mots que vous choisissez pour vous exprimer!

Les mots ont des corrélations profondes entre eux, entre eux et vous, entre vous et votre mental, entre vous et les autres. Ce sont des réalités concrètes de votre vie, ce ne sont pas simplement des mots, ce sont des choses qui vivent en vous.

Pourquoi accorder de l’importance aux mots?

Les mots et le langage font partie inhérente de la condition humaine. Le cerveau humain ne retient que très peu d’images qui défilent devant nous à longueur de journée et d’écran. Par contre, les mots agissent sur nous avec force!

Quand vous prenez la parole, l’attente première de tout interlocuteur est de comprendre vos propos. Il est donc nécessaire que les mots que vous utilisez soient justes pour traduire votre pensée sans aucune ambiguïté. C’est bien là le but véritable de toute communication.

Vous n’avez pas le choix: vous devez bien parler pour être compris. Cela signifie que vous devez respecter la grammaire et le vocabulaire de la langue française, pour ne pas induire votre interlocuteur dans l’erreur.

Une fois que tout cela est bien clair, il vous faut aussi parler à bon escient et non pas pour ne rien dire. Ne pas abuser de mots trop techniques que l’autre ne comprendrait pas, ou éviter de faire des phrases trop ampoulées ou alambiquées seront des points essentiels à toute communication.

De l’importance des mots

La façon dont nous nous exprimons est extrêmement importante. Chaque mot a une énergie qui agit sur nous et notre environnement. C’est pourquoi nous devrions être à l’écoute de l’impact que chaque parole a sur nous et sur les autres.

Par exemple, si une personne utilise fréquemment l’expression “il faut que”, j’entends que ce “il” n’est ni la personne ni moi. Et que “faut” quand nous l’écoutons, ne fait pas de différence avec “faux”. Dans cette formulation, la personne ne prend ainsi aucune responsabilité dans le vocabulaire. Alors, que peut-il en être dans sa vie personnelle et professionnelle?

Je vous invite donc à repérer l’impact de cette formule “il faut” dans votre vie.

D’ailleurs, vous aurez bien entendu remarquer la similitude de “mots” avec “maux” du point de vue de la prononciation. Les mots que vous utilisez révèlent vos maux intérieurs!

Nous vivons à une époque où les mots n’ont plus le même sens pour tous. Or, nommer est un enjeu capital. Quand nous en arrivons à méprendre le sens des mots ou à ne pas leur accorder de l’importance, l’incompréhension progresse, et par voie de fait, l’intolérance et la violence aussi.

Les mots sont-ils en crise?

Pourquoi les mots font-ils moins écho à notre époque?

Pourquoi prêtent-ils à tant de confusion? Ou de peur?

Y aurait-il un lien entre la mauvaise maîtrise de la langue et la violence?

Faut-il accorder de l’importance aux mots?

Entendre les mots et les comprendre, en ces temps troublés, est urgent. Ne pas pouvoir mettre en mots sa pensée pour l’autre conduit à des passages à l’acte violents. Alain Bentolila expliquerait la violence des jeunes de quartiers dits sensibles par leur incapacité à transformer pacifiquement le monde et les autres par la force des mots. Moins une personne a de mots à sa disposition, plus elle risque de parler par l’action et la violence.

Alain Bentolila

Les mots en savent plus que nous. Chaque mot a de la valeur, un intérêt: il est donc important, même dans la vie de tous les jours. Le mot est utile: il n’est pas question de contester son utilité.

Ce qui fait l’importance d’un mot, c’est le besoin que nous en avons et l’usage que nous en faisons. Les mots sont d’abord chose vivante, porteurs de sens, d’idées, de possibles contestations, que nous modelons ou transformons ou supprimons pour servir notre idée.

Le pouvoir des mots

Nous oublions trop souvent le pouvoir que peuvent avoir les mots, y compris le pouvoir d’un seul. Il y a des mots qui condamnent ou qui protègent. Il y a les mots qui déshumanisent, qui simplifient, ceux qui rejettent ou qui repoussent.

Derrière tous les mots, il existe des réalités humaines, complexes ou pas, heureuses ou douloureuses. Nous utilisons ces mots constamment, mais nous avons perdu leur portée et leur poids. Nous sous-estimons la portée des mots. A force de les utiliser, ils deviennent communs, sans importance, et nous nous y sommes habitués, sans plus réfléchir.

Nous devons donc faire attention aux paroles que nous émettons, aux mots que nous utilisons. Cela peut avoir des répercussions, parfois dramatiques, sur nous, sur les autres.

Les mots sont impactants. Par exemple, lorsque des gens vivent une expérience très désagréable, ils disent “c’était affreux”. A l’inverse, lorsqu’ils vivent une expérience agréable, ils disent simplement “c’était sympa!”. Ils ont tendance à utiliser des mots à faible impact positif pour quelque chose de bien, mais quand c’est négatif, ils chargent le mulet.

C’est pour cette raison que nous devons être de plus en plus vigilants aux mots que nous employons. Chaque mot a sa propre énergie. Nous sommes, en permanence, assaillis de mots sombres, noirs, difficiles à entendre. Plus nous allons porter de l’attention à ces mots, plus ils vont pouvoir infuser en nous.

Masaru Emoto a conduit des expériences en étudiant l’impact des mots sur les plantes et de l’importance de l’eau sur nous. Il précise que nous devons faire attention aussi aux mots que nous portons sur nous. Notre corps, composé en partie d’eau, est une caisse de résonance.

Masaru Emoto

Voici un lien pour comprendre le but des recherches de ce scientifique japonais:

Nous avons le pouvoir de veiller au choix des mots que nous utilisons. Plus nous utilisons de mots durs, violents et agressifs, plus nous allons agir négativement sur notre environnement. Le cerveau ne sait pas intégrer la négation. Si vous dites “il fait un temps pourri”, le cerveau retient le mot “pourri”. Si vous dites “il ne fait pas beau”, le cerveau retient “beau”.

Nous devons donc prendre l’habitude d’utiliser des mots positifs pour envoyer une énergie positive. Le monde est déjà suffisamment encombré par toutes les sollicitations de noirceur qui viennent de nulle part pour ne pas en rajouter!

Alors réagissons et employons les bons mots pour un quotidien plus rayonnant! Cela peut vous paraître anecdotique mais ça marche! Vous aurez ainsi un meilleur moral et donc une meilleure vision du monde pour l’affronter! Chaque mot laisse durablement une trace auprès de votre environnement, et donc, une trace dans le monde!

Les mots libèrent…

Personne ne s’entend parler. Si chacun pouvait s’écouter, il ou elle penserait tout de suite combien il ou elle est négatif-ve dans ses propos. Les mots reflètent notre mental, nous structurent et amènent une certaine énergie dans notre vie.

Chaque mot a une vibration.

Quand nous parlons, nous nous exprimons physiquement. Nous ne pensons pas à la répercussion des mots sur l’autre. Un mot peut correspondre virtuellement à un coup de poignard.

Il est effarant de constater toute l’énergie négative qui est véhiculée par les mots négatifs que les gens emploient en permanence. Ils ne comprennent pas combien cela les affecte eux et leur entourage. Le cerveau fonctionne comme un ordinateur. Nous programmons notre cerveau avec des choses négatives tout le temps. Le cerveau ne fait pas de différence entre ce qui réel ou imaginaire.

Les mots ont un pouvoir intérieur auquel nous devons nous connecter. Les mots peuvent aussi devenir guérisseurs. Jacques Martel, dans son livre “Le pouvoir des mots … qui me libèrent” explique qu’à chaque fois que nous utilisons un mot négatif, c’est de la “magie noire” que nous nous envoyons. Y compris concernant une pensée négative vers une autre personne! C’est un effet boomerang!

Jacques Martel


Nous devons reprogrammer notre cerveau pour aller vers plus de sérénité et de liberté, plus de sagesse et plus d’amour. Cela demande de la pratique et de la volonté. Personne ne peut être bien dans son corps si rien n’est clair dans son esprit. Nos mots contrôlent nos pensées car nous pensons avec des mots. Les mots ont le pouvoir de nous construire…ou de nous détruire!

La langue définit notre culture

Tout dans la langue relève, plus ou moins, de la culture. Il est évident que les mots occasionnent un bon nombre de malentendus dans la communication écrite et verbale. Le “devoir” du locuteur est de se faire comprendre, de faire passer son message. Celui de l’interlocuteur est de comprendre ce qui vient d’être dit, d’identifier les intentions de communication du locuteur en vue de réagir d’une manière efficace et avec à-propos.

Cette quête de sens, que nous vivons tous à longueur de journée, est un acte complexe que nous avons tendance à sous-estimer. Parfois, les écueils sont insurmontables ou ne sont surmontés qu’au prix d’un effort considérable, notamment si les interlocuteurs appartiennent à les langues et à des cultures différentes.

Le langage que nous utilisons définit notre milieu social, nos origines, note niveau culturel. Les mots nous définissent et nous donnent une part de notre identité. La langue a un rôle identitaire, à n’en pas douter.

Une langue est un héritage du passé et elle perdure donc à travers les âges, d’où l’appellation de langue de Molière pour le français, ou langue de Shakespeare pour l’anglais, ou langue de Goethe pour l’allemand, etc.

Le langue possède une dimension collective, propre à chaque culture. Elle garantit la cohésion sociale d’une communauté, comme un ciment. La symbolique identitaire se forge par le biais de l’apprentissage de la langue. Nous pouvons parler une même langue sans pour autant posséder la même culture. Les Québécois, les Belges, les Suisses, les francophones de par le monde n’ont pas la même culture que les Français! Et c’est tant mieux! C’est ce qui fait notre richesse!

En résumé, ce ne sont ni les mots dans leur morphologie, ni les règles de syntaxe dans leur ensemble qui sont porteurs de sens culturel, mais les manières de parler des uns et des autres, les façons d’employer les mots, les manières de raisonner, de raconter, d’argumenter, de blaguer, d’expliquer, de persuader, de séduire!

Toute personne qui souhaite communiquer doit être apte à construire son discours en fonction de l’identité des partenaires de l’échange, de la finalité de l’échange et du propos qui est en jeu.

Un Québecois, par exemple, exploitera les ressources de la langue française d’une façon différente de celle d’un Français. Son discours ne sera pas le même malgré l’emploi de la même langue. Parce que ses habitudes de vie, les normes sociales en vigueur dans son pays régissant les rapports des uns et des autres, ne sont pas celles d’un Français résidant en France.

L’exemple d’un langage créé: la Novlangue

George Orwell, dans son roman célèbre “1984″ a inventé la Novlangue (Newspeak en anglais). La Novlangue est un langage parlé par les habitants du régime totalitaire d‘Océania, construit délibérément par le pouvoir afin d’effacer toutes nuances et complexités lexicales.

George Orwell

Le but de cette langue est très simple: rendre impossible l’expression de toute idée subversive! Les mots étant porteurs de sens, et donc, de possibles contestations, on les modèle, on les transforme ou on les supprime pour servir une cause: celle de l’idéologie dominante.

Même si l’idée d’Orwell nous fait peur, nous en sommes encore loin. Beaucoup de débats autour de la langue, autour du langage inclusif demeurent dans la francophonie.

Mais, George Orwell, à travers son roman, ne pose-t-il pas cette question: les mots ne sont-ils pas d’abord chose vivante? Ou l’affaire du peuple qui les utilise? Nous maîtrisons les mots, nous croyons les maîtriser. Nous en créons parfois. Laisserons-nous un jour une seule entité réduire notre mode communication de la manière dont l’écrivain américain le décrit?

Le mot “Novlangue”, devenu nom féminin (comme c’est étonnant!!), désigne un “langage épuré, convenu, rigide, destiné à dénaturer la réalité”. Ce mot est entré dans le dictionnaire. D’une certaine manière, nous modifions notre langue tous les jours. Depuis quelques décennies, les anglicismes tiennent de plus en plus de place dans notre langue française…

Tous ces anglicismes détruisent-ils la langue française? Telle est la question! C’est là toute l’idée de la novlangue, qui englobe bien plus que de simples anglicismes. Il faut savoir tordre les mots pour leur faire dire ce que l’on veut!

Sommes-nous finalement si loin du roman d’Orwell? La société, comme les entreprises cherchent la sécurité. Pourquoi prendre le risque de s’exprimer avec plus de 140 caractères sur Twitter. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire plus simple?…

Les mots ont une importance performative énorme. Parce qu’ils construisent la réalité qu’ils décrivent. Parce que, nous le savons depuis la Grèce d’Aristote et le sophisme, la maîtrise des mots permet celle des foules.

Il est facile d’observer comment le choix des mots influence la pensée.

En guise de conclusion

Si vous commencez à parler avec amour tous les jours à une plante qui dépérit, en lui signifiant qu’elle est forte et magnifique, elle commencera à se redresser dès le lendemain.

Les mots ont un pouvoir sur autrui, sur notre corps.

Vous pouvez tenter cette expérience: prenez un verre d’eau et mettez un papier dessus en ayant marqué des mots doux. Sur un autre verre, vous marquez tout le contraire. A la fin, le goût de l’eau sera différent!

Les mots ont bien un poids. Il n’existe aucune frontière dans les énergies: elles vont là où elles veulent. Si une personne vous envoie une mauvaise vibration, cette énergie se transforme. Quand nous disons un mot, nous brûlons de l’énergie qui sert à faire vibrer nos cordes vocales. Tout son (ou onde sonore), y compris émis par chaque mot, va traverser notre corps, bien ou mal, selon ce que nous prononçons ou pensons.


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

3 commentaires

Max · 28 juillet 2020 à 10 h 00 min

bonjour
merci pour cet article très intéressant.
Une petite précision, Georges Orwell est britannique (pas américain) et un petit complément: visionnez cette conférence d’Arnaud Hoedt et Jérôme Piron qui démontrent en quoi l’orthographe est un moyen élitiste pour justifier la domination dans les sociétés cultivées: https://www.youtube.com/watch?v=5YO7Vg1ByA8

Belle journée

    Laurence Smits · 29 juillet 2020 à 11 h 21 min

    Bonjour Max

    Merci pour la précision sur la nationalité de George Orwell, que je rectifie de suite. Je ne manquerai de visionner cette vidéo et merci pour votre tuyau.
    Belle journée à vous aussi

lucette smits · 28 juillet 2020 à 16 h 55 min

C’est très simple: Certains mots peuvent nous tuer, alors que d’autres peuvent nous ressusciter…
Merci, très intéressant comme d’habitude.

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