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“Bien écrire, c’est bien écrire, quel que soit le genre dans lequel vous évoluez” prévient Orson Scott Card dès le début de la 4e partie “bien écrire” de son livre “Comment écrire de la fantasy et de la science-fiction”, paru aux éditions Bragelonne, sur lequel je me base pour écrire cet article.

La technique de l’écriture est difficile et nécessite de l’entraînement, surtout la gestion de l’exposition dans toute histoire, c’est-à-dire la révélation posée des informations nécessaires au lecteur. Dans un récit, tout est affaire d’équilibre, comme dans la vie somme toute. L’information dans l’intrigue est au public ce que l’eau est aux plantes – soit la vie de l’histoire que tout écrivain se doit de garder sous contrôle.

Le lecteur comprend vite quand il lit un texte de seconde zone, que l’auteur qu’il a sous les yeux ne sait pas raconter une histoire. Le verdict est alors sans appel. L’équilibre évoqué précédemment est un ingrédient difficile à obtenir pour les deux parties.

Distiller l’information dans ses histoires

Si vous offrez trop d’informations d’un coup dans votre roman, le lecteur ne saura pas quoi en faire et il sera noyé de toute façon. Si vous parsemez trop peu d’informations, le lecteur ne saura pas ce qui se passe. Dans les deux cas, cela a pour résultat la confusion, l’impatience et l’ennui de votre lecteur. Au contraire, l’information doit être distillée dans une histoire, toujours juste assez pour que le lecteur sache ce qui arrive. Ni plus ni moins.

Si le public doit connaître un fait afin de comprendre ce qui se déroule, vous devez alors soit lui donner cette information à ce moment-là, soit vous assurer que celle-ci était disponible -et transférable dans sa mémoire- plus tôt dans le texte.

C’est la raison pour laquelle vous devez révéler les informations avec beaucoup de prudence, généralement par implication. Donnez d’abord un nom pour chaque personnage sur lequel suspendre les informations que le lecteur va recevoir sur le dit protagoniste. Faites bien attention à distinguer les “il” et “elle” que vous aurez tendance à distiller de-ci de-là.

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Vous pouvez aussi caser des informations dans les dialogues. Un personnage peut poser une question importante et l’information peut être contenue dans la réponse. Ainsi, le dialogue est actif, non passif et il tient un rôle autre que de servir de décor pour couper un passage écrit trop long.

Vous pouvez utiliser une scène conflictuelle pour délivrer de l’information. Sans trop donner de détails car le lecteur doit faire travailler ses méninges et sa logique pour déduire certaines choses. Vous pouvez aussi choisir de laisser délibérément des questions sans réponses. Ainsi, le lecteur attend d’autres informations pour comprendre pleinement ce qui se passe. Il est censé extrapoler pour découvrir l’information insinuée, alors laissez-le travailler!

N’oubliez pas le style malgré tout quand vous délivrez de l’information. L’écriture faite de descriptions à la Balzac peut se révéler ennuyeuse. L’humour peut aussi faire avancer une situation, ou une blague, ce qui est susceptible de rendre votre scène mémorable.

Susciter la curiosité chez le lecteur

Rappelez-vous que le lecteur ne passe qu’un instant pour lire une phrase sur laquelle vous avez éventuellement planché de longues heures! Il est important, surtout au début, de révéler les informations qui promettent, à votre lecteur, la venue d’une histoire intéressante. Aussi, dès les premières pages, informez-le que vous n’êtes pas là où il croit vous trouver. Les promesses du début doivent être honnêtes et vous devez avoir l’intention de les tenir.

Pour toucher le lecteur dès l’entrée en matière, faites appel aux émotions du lecteur. Chaque émotion peut se manifester par des signes physiques. Décrire les effets physiques sur le personnage est particulièrement efficace.

A votre insu en tant qu’auteur, vous faites allusion à plein d’autres choses quand vous écrivez, en prenant soin du choix de vos mots. Cela travaille le lecteur de façon inconsciente. Ces choses qu’il perçoit sont les fondations sur lesquelles vous allez construire le reste de l’histoire dans le livre. A votre insu, vous transmettez un grand nombre d’informations, rien qu’avec els pensées et les actions de vos personnages. Le début d’un livre, c’est un pacte que vous signez en silence avec le lecteur.

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Il existe un autre ingrédient qui fonctionne bien pour vous mettre le lecteur dans votre poche: susciter l’empathie dès les premières pages. Placer, dès le début, votre personnage dans une situation difficile, dans laquelle le lecteur s’est forcément trouvé un jour ou l’autre. Cela va lui permettre de s’identifier au personnage, du moins en partie, en se projetant.

Prouvez au lecteur que votre roman a quelque chose de différent par rapport à tous les autres romans qu’il a lus auparavant Plus facile à dire qu’à faire, me direz-vous et je suis entièrement d’accord avec vous! Adoptez une voix originale qui apportera une certaine valeur ajoutée à l’histoire. La surprise peut venir de la forme, du point de vue, d’un événement, etc.

Il faut toujours avoir en tête que les premières pages d’un récit sont déterminantes pour le lecteur, au même titre d’ailleurs que le titre de l’ouvrage, la couverture ou le résumé. Si le début est réussi, il enjoindra le lecteur à poursuivre la lecture du roman. Votre incipit doit exposer le contexte et l’univers de votre récit, laisser découvrir l’intrigue et dévoiler votre style littéraire.

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Une devise à mettre en place: soignez votre premier chapitre, votre première phrase et vos premiers mots.

Adopter son style

Il est tentant d’emprunter un style littéraire plus ou moins ampoulé, façon XIXe siècle. Pourtant, le danger est grand de s’aventurer dans un style soutenu. Si vous tenez tant à briller par votre style, il vous faudra lire beaucoup de prose soutenue, brillamment écrite par les auteurs classiques, avant même de manier ce style comme il se doit, et comme on en écrit peu à notre époque.

Le vocabulaire surfait n’a aucune grâce auprès des lecteurs du XXIe siècle. Soyons clairs: le langage soutenu ne consiste pas à utiliser une syntaxe poétique alambiquée et distordue, à distiller des archaïsmes inutiles et incompréhensibles. L’élégance du style réclame de la clarté et de la simplicité.

A l’inverse, l’argot moderne ou tout autre forme langagière au goût du jour est tout aussi détestable. Si vos personnages occupent une position élevée, ils ne vont pas s’exprimer comme des charretiers; cela n’aurait aucun sens. Donc, il est évident que le langage de la narration doit bien s’accorder au langage des personnages.

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Si vous désirez ardemment écrire avec du langage soutenu, alors un bon conseil: étudiez Shakespeare sous toutes les coutures, notamment “Le Songe d’une nuit d’été” et “La Mégère apprivoisée”. C’est le meilleur professeur!

Dans votre roman, vous pouvez utiliser le langage que vous souhaitez; c’est vous qui décidez au bout du compte! Mais, rappelez-vous d’une chose: le langage a de réels effets sur le lecteur. Si vous créez un personnage qui ne cesse de s’exprimer comme un charretier, ce langage aura un effet sur les gens qui le rencontrent dans la vie réelle. Idem pour le lecteur.

Donner du rythme à son récit

Pensez à introduire de l’action assez rapidement, au risque de décourager votre lecteur. Il peut être tentant de vouloir instaurer un brin de mystère dans l’espoir de faire poser des questions à votre lectorat. Mais, gardez à l’esprit que si vous savez où vous souhaitez amener le lecteur, lui, n’en sait rien!

Dès le premier chapitre, un élément de l’intrigue doit être exposé. Le lecteur doit comprendre rapidement quel est votre univers pour commencer à apprivoiser les lieux et les personnages. Le cadre doit lui paraître clair, même si vous laissez planer quelques mystères.

Attention toutefois: ne démarrez pas l’action trop tôt non plus, avec des personnages qui s’enchaînent à la vitesse de la lumière. Vous devez ménager le lecteur qui ne doit jamais se sentir noyé sous un trop plein d’informations.

En guise de conclusion

Vous l’aurez compris, bien écrire une histoire dépend d’un grand nombre de paramètres. Je n’ai pas évoqué les étapes de publication en autoédition ou chez un éditeur. Je me lance tout juste dans l’autoédition et je n’ai pas le recul nécessaire pour donner de plus amples conseils.

Ce que je sais, par contre, c’est que l’écriture est un art de la discipline et de la rigueur. Il est impossible d’écrire sur la durée en instaurant des moments au petit bonheur la chance, quand l’envie nous prend d’écrire. Cet art exige de nous des apprentissages, de la pratique, de la patience et beaucoup d’abnégation.

Il ne sert à rien en effet de se comparer à d’autres auteurs. Dans ce domaine, la rivalité n’est pas de mise, car elle tue plutôt la créativité dans l’œuf. Dans tous les cas, prenez du plaisir à écrire avant d’en donner aux autres! C’est déjà ça de gagné!

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