En ce moment, je suis deux masterclasses autour de l’écriture: l’une avec l’écrivain Bernard Werber, et l’autre avec Eric-Emmanuel Schmitt.

Ces deux formations consistent à écouter des vidéos et à écrire en suivant la consigne donnée à la fin. Donc, cet article correspond à la première vidéo de chaque écrivain.

Dans ces masterclasses proposées par ‘The Artist Academy’, deux formules sont possibles: la moins chère où vous pouvez suivre le cours dispensé pendant un an, et la formule la plus onéreuse, car elle consiste à rencontrer l’écrivain à Paris, en plus du reste.

https://www.the-artist-academy.fr/

 

 

 

Le pouvoir de l’écriture selon Bernard Werber

 

Le célèbre auteur des “Fourmis” annonce d’emblée que laisser son esprit créer rend heureux.

 

 

Dans certaines études scientifiques, il est prouvé que quand les gens lisent, leur stress baisse de 60%. Les gens qui écrivent des histoires voient leur stress diminuer de 70%. L’écriture fonctionne bien comme une thérapie.

Quand vous avez un problème, écrivez, conseille Bernard Werber. Ecrivez sur n’importe quoi, sur votre problème par exemple. Vous verrez que cela vous fait du bien.

Chaque être humain a envie et besoin d’être écouté, de laisser une trace de sa pensée. Pour quelle raison? Pour amener les gens dans un autre monde.

 

 

Les freins qui empêchent d’écrire

 

Bernard Werber met comme premier frein la peur d’être ridicule.

Comme le dit l’adage, “le ridicule ne tue pas“. Au contraire, il rend plus fort! De toute façon, il se trouvera toujours des gens pour critiquer, juger, dire du mal, être négatifs, ne pas vous encourager. Oser écrire est un preuve de votre force intérieure. Vous écrivez pour vous, et non pas pour les autres!

Ensuite, l’apprenti raconteur d’histoire a peur d’être un mauvais écrivain.

Si vous ne commencez pas à écrire, vous ne saurez jamais si vous pouvez écrire de bonnes fictions ou pas. Devenir écrivain ne s’improvise pas; cela s’apprend au long cours, au fil des années. Personne n’a la science infuse. Personne ne devient écrivain du jour au lendemain.

La peur d’être jugé suit naturellement les autres peurs.

Ce n’est pas agréable d’être jugé, mais ne le fait-on pas en permanence? Soyons honnêtes avec nous-mêmes: nous jugeons les gens que nous apercevons dans la rue, nous jugeons les films que nous voyons, les livres que nous lisons; sans compter toutes les émissions à la télévision où les gens doivent noter les autres sur leur cuisine, leurs chambres d’hôtes et se permettent aussi des jugements hâtifs, etc…

Bernard Werber termine sa liste en évoquant la peur de ne pas savoir raconter une bonne histoire.

C’est difficile de commencer à trouver l’inspiration. Mais, en participant à un atelier d’écriture chaque semaine, cela m’a permis de déverrouiller mon cerveau à cette activité. Ce qui me semblait dur au départ ne l’est plus du tout au bout d’une année de pratique. Je suis désormais capable d’écrire plusieurs histoires courtes chaque semaine, et je participe à trois concours de nouvelles.

A ce propos, j’ai déjà traité de ces freins qui nous empêchent d’écrire. Voici le lien:

 

Pourquoi vous ne vous autorisez pas à écrire?

 

S’amuser et écrire

 

Bernard Werber ne conçoit pas d’écrire sans s’amuser. Qui pourrait s’infliger une telle torture en sachant qu’écrire un livre prend des mois, voire des années pour certains écrivains?

Il explique aussi qu’inventer est une pulsion naturelle pour tout être humain. Enfant, nous inventions toujours des situations à nos jeux, même sans avoir beaucoup de matériel.

Je me souviens de mon fils aîné jouant avec son cousin plus âgé de deux ans, sur la terrasse chez leurs grands-parents au bord de la mer. Ils passaient tous les deux des heures à préparer leur scénario avec leurs personnages de Playmobil, par exemple. Puis, quand sonnait l’heure du déjeuner, nous entendions invariablement la phrase suivante prononcée avec des hauts cris: “On n’a même pas commencé à jouer!”

 

 

Le fait de créer et de fabriquer des personnages pour les faire bouger comme des marionnettes est un plaisir que l’écrivain offre aux lecteurs. Mais, il se fait aussi plaisir avant tout.

Bernard werber énonce que nous sommes tous légitimes pour écrire: tout le monde a du potentiel. Il est sans doute enfoui sous des couches profondes de jugements, d’interdits sociaux ou familiaux. Mais, il a forcément existé enfant.

Dans tous les cas, il convient d’écrire dans la joie.

 

La fonction du conteur d’histoires

 

Quand vous racontez une blague, vous racontez une histoire. Dans les repas de famille ou entre amis, à la fin du service, qui n’a pas raconté une histoire devant l’assemblée réunie?

Toute histoire est le début de l’imagination.

 

 

Les conteurs d’antan soudaient un groupe en racontant leurs histoires, et cela donnait aux gens rassemblés une identité.

Les hommes et femmes politiques sont des raconteurs d’histoires, même si parfois nous avons du mal à y croire!

Bernard Werber est persuadé que l’avenir appartient aux raconteurs d’histoires. Les histoires, les légendes et les mythologies sont la base de toutes les cultures depuis la nuit des temps.

En réunissant des gens autour d’un récit, le conteur captive leur attention et les amène ailleurs, dans un monde enchanté. Les spectateurs en retirent un bienfait incroyable. Les festivals autour des contes connaissent un regain d’intérêt. Et c’est tant mieux!

A ce propos, j’ai écrit deux articles sur ce blog autour des contes:

Comment apprécier le genre du conte?

 

En quoi le genre du conte peut vous apporter des bienfaits dans votre vie?

 

Rappelons-nous comment nous racontions une histoire quand on était enfant: nous étions purement et simplement dans la pureté du personnage.

 

L’exercice de Bernard Werber

 

Pour commencer à écrire, il faut avoir envie de s’amuser, de laisser son esprit galoper. Il faut aussi arrêter de juger, car nous jugeons tout le temps, surtout sur nous-mêmes.

Voici l’exercice que Bernard Werber propose à la fin de cette première vidéo:

“Laissez la création vous emporter, laissez votre esprit galoper pendant cinq minutes sans vous arrêter. A la fin du temps imparti, arrêtez même si ce n’est pas fini selon vous.”

Selon l’écrivain, cet exercice a pour but de suspendre le jugement et la galopade de l’esprit.

Voici le texte que j’ai écrit suite à l’exercice de Bernard Werber, qu’il nomme époché:

 

Mon jardin

Je suis dans mon jardin, c’est ma maison. Je lis dans mon jardin, je médite, je fais du point de croix, je ramasse mes légumes et mes fruits, je fais ma sieste dans mon hamac à l’ombre de mon bouleau. Mon jardin, c’est tout pour moi. Il est à la campagne, au pied des champs et non loin des pieds de vigne, qui ici, servent pour fabriquer le cognac.

Il est tapissé d’herbe, et non pas de gazon. Il est composé de beaucoup d’arbres fruitiers, et de bancs disposés un peu partout. Il est de bonne taille, pas imposante, mais ça me suffit. Il me procure tant de bonheurs, tant de moments où je peux me ressourcer, en toutes saisons. Ma chienne me rejoint souvent sur le hamac, les chats sur la balancelle. Ils aiment le confort eux aussi. Ils aiment me sentir près d’eux. Ma chienne aime courir comme une petite folle à toute vitesse à en perdre haleine; c’est son jeu préféré.

Je ne pourrais plus me passer de ce coin de verdure, simple, à mon image. Il me fait respirer et vivre !

 

La vie d’écrivain selon Eric-Emmanuel Schmitt

 

 

Selon Eric-Emmanuel Schmitt, la vie d’écrivain est une vie de désirs, de doutes et de remises en question.

Pour écrire, il faut cultiver le désir, lever les doutes et les rendre fructueux. La vie d’un écrivain doit être équilibrée entre les désirs et les doutes. Il est normal qu’un auteur ressente des peurs et se perde en réflexions, développe de l’enthousiasme qui se transforme ensuite en travail.

Chaque être humain a le pressentiment de son destin. On ne sait pas à quoi on est destiné en fait.

 

 

Le carburant de l’écriture

 

Eric-Emmanuel Schmitt pose la question suivante:pourquoi avez-vous envie d’écrire?”

Nous écrivons parce que nous sommes des lecteurs passionnés. De passif, tout un chacun veut devenir actif. Beaucoup de personnes ne savent pas communiquer, sauf à travers le filtre et la solitude de l’écriture.

Nous écrivons pour agrandir notre vie, pour vivre d’autres vies, pour avoir mille vies. Nous pouvons aussi écrire pour voyager, dans le temps, dans l’espace, dans la chair des autres.

Nous sommes tous admiratifs des grands écrivains. Eric-Emmanuel Schmitt précise qu’il n’y a pas une raison d’écrire, mais mille. A ses yeux, ce qui compte, c’est le feu, la flamme. Il faut absolument entretenir ce feu pour écrire et continuer.

 

 

Pourquoi écrit-on?

 

Le livre réussi n’est pas celui qui a du succès ou qui est traduit dans le monde entier. Le livre réussi est celui que l’auteur a rêvé de faire. Cela n’a rien à voir avec le succès commercial.

Ecrire, c’est partir à la découverte de soi-même. C’est donc un chemin passionnant. L’écrivain doit se rendre dans des endroits qu’il ne soupçonne pas. Il écrit pour découvrir ce qu’il pense.

Ecrire, selon Eric-Emmanuel Schmitt, c’est rentrer dans l’univers de la nuance. Ecrire, pour lui, c’est un espace de liberté, où il va remettre tout en question.

Ecrire, c’est une activité authentique qui requiert un savoir-faire et l’acquisition de techniques, pourvue d’originalité.

 

 

En écrivant, l’auteur va partir à la découverte de lui-même, pour devenir lui-même. Il va se dépasser par la réflexion et par le travail. Il existe un grand écart qu’il convient de franchir entre le plus intime de soi et les techniques d’écriture universelles.

 

 

En écrivant, on devient soi, mais en mieux. Eric-Emmanuel Schmitt conseille de se ressourcer dans son désir d’écrire. Le désir d’écrire est auréolé de mystère: d’où cela vient-il au fond?

Ecrire, c’est donc partir à la découverte de soi; c’est accepter la personne que l’on est; c’est se surprendre et accepter.

 

L’exercice d’Eric-Emmanuel Schmitt

 

Eric-Emmanuel Schmitt propose de remonter à son désir d’écrire. Il demande d’écrire sur son désir d’écrire, en exigeant un début, un milieu et une fin.

Voici le texte que j’ai créé suite à l’exercice proposé par Eric-Emmanuel Schmitt:

 

Mon désir d’écrire

 Mon désir d’écrire est resté enfoui longtemps, très longtemps, trop longtemps.

Il a fallu un déclic, le déclic, le coup de pousse qui me manquait pour allumer le feu, ce feu qui couvait en moi.

La petite fille que j’étais a toujours adoré écrire des rédactions à l’école primaire, puis au lycée ensuite. Quand elle était petite, elle découpait des personnages dans des catalogues de mode et elle leur inventait oralement une vie pendant des heures. Puis, comme beaucoup d’adolescents, elle a écrit un journal intime et aussi beaucoup de poésies, qu’elle a gardées et peu montrées. Ce journal lui a permis de traverser sa crise d’adolescente en écrivant ce qui se trouvait au fond de son cœur. Puis, un jour, sa mère est ‘tombée dessus’ et l’a lu. Elle n’a pas compris ses propos. Elle les a pris pour une attaque personnelle. La jeune fille que j’étais a alors jeté ce journal et cessé d’écrire. Pour longtemps. Cela lui a coupé son envie d’écrire pour quelques années. L’intrusion dans son journal lui a paru violente. C’était le temps des premiers émois, de son premier amour.

La petite fille que j’étais a toujours adoré lire. Elle a dévoré les livres de quelques bibliothèques. Il y en avait peu chez elle, alors elle a en emprunté beaucoup. Elle a adoré les écrivains du XIXe siècle, les romans des auteures anglaises, Jane Austen et les sœurs Brontë, entre autres. Lire est devenu une activité faisant partie intégrante d’elle. Les livres étaient ses compagnons de route qui comblaient sa solitude d’enfant, puis sa tristesse d’adolescente. Lire était son activité, son ADN, activité que sa famille pratiquait peu. Elle ne sait pas d’où vient le feu de la lecture, de l’imagination, mais tout est parti de là. Elle aimait parfois imaginer une autre fin à un roman, sans toutefois l’écrire. Elle rêvait à un autre destin pour les héros et héroïnes de ses histoires. Elle rêvait à un autre destin pour elle-même. Elle a lu tous les genres possibles, se délectant aussi bien des intrigues d’Agatha Christie que de Conan Doyle, de Maupassant, de Zola ou de Victor Hugo. Elle se voyait déjà en Agatha, sans savoir comment s’y prendre.

Pour la femme mûre qu’elle est devenue ensuite, écrire des histoires ne lui est jamais vraiment venu à l’idée, trop occupée qu’elle était entre ses études pour devenir professeure, l’éducation de ses enfants ensuite. Comme beaucoup, elle a vivoté entre les difficultés et les méandres de sa vie personnelle. L’envie d’écrire la titillait depuis longtemps sans qu’elle ne puisse le formuler par des mots, sans même en avoir conscience, sans savoir comment alimenter ce feu. Mais, le feu couvait en elle. Les vicissitudes de la vie ont fait que le désir d’écrire s’est éloigné d’elle, comme le bateau qui s’en va faire le tour du monde pour de longues années. Pour écrire, il faut aussi avoir fait la paix avec soi et réunir toutefois certaines conditions.

 Mais, le feu a toujours été entretenu dans sa tête par tout ce qu’elle lisait ou vivait, par ses voyages, ses rencontres, ses échanges avec les autres, les bons comme les mauvais moments, qui font aujourd’hui un bon terreau pour créer ses personnages. Toutes ses lectures et tout le reste l’ont ouverte sur des mondes passionnants, sur des aventures sans nom.

Mais pour la femme ‘sénior’ qu’elle est devenue, tout ce feu qui attendait sagement dans un coin de sa tête a finalement réussi à s’embraser en 2018. Elle était alors âgée -déjà- de 56 ans. Sous l’impulsion de son fils, qui, lui, croyait en elle, elle a finalement franchi le pas et créé son blog sur l’écriture. Ce fut le déclic. Toutes les portes ont commencé à s’ouvrir sur un monde insoupçonné par ses recherches, tout en suivant ses envies. Cela a déverrouillé les verrous qui l’oppressaient et qui l’empêchaient d’écrire. De fil en aiguille, ou de page en stylo, elle participe à un atelier d’écriture et imagine des personnages pour les faire évoluer à sa guise, comme un médicament euphorisant. C’est devenu une passion, un besoin inextinguible. Elle peut enfin sortir tout ce qui était enfoui au fond d’elle depuis son enfance, et ce feu illumine sa vie d’étincelles multicolores.

Ma vie tourne autour de l’écriture désormais. Ce feu qui longtemps a été bridé jaillit et me procure un plaisir inouï, une richesse sans nom, un bonheur de tous les instants. Ce qui était rêve ou chimère prend vie peu à peu, devient ma réalité, me redonne vie, une autre vie.

Je sais que le reste de ma vie sera consacré à mon désir d’écrire, et que les flammes qui jaillissent au quotidien ne feront que s’embellir et grandir pour iriser ma vie de mille feux.

J’écris, donc je vis…

Je crée, donc je suis…

Je donne vie à des personnages…

Je me sens capable…

Je m’évade…

Je m’autorise à écrire…

Je ne me juge plus…

Aujourd’hui, j’OSE…

 

En guise de conclusion

 

J’ai beaucoup apprécié écouter la première vidéo de chaque écrivain dans ces masterclasses. Il est toujours très intéressant de prendre note de ce qu’ils ont à nous dire. J’ai un plaisir immense à vous le faire partager.

Chaque masterclass propose plus d’une dizaine de vidéos et donc d’exercices à réaliser. Je vous distillerai au fur et à mesure des formations les conseils, les pensées et réflexions de Bernard Werber et d’Eric-Emmanuel Schmitt.

Je pense que le contenu sera riche d’enseignements qui me permettront d’avancer dans ma quête de techniques et de petits trucs pour mieux écrire.

Si vous souhaitez vous initier aux deux exercices proposés par les deux écrivains, je serai ravie de lire vos textes. Vous pouvez me les faire parvenir à la rubrique “me contacter” du blog, dont voici le lien:

Me contacter

Alors, à vos plumes!

 

 

 

 

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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