Voyager, c’est l’envie de tout le monde. En tout cas, j’aime voyager. Certains et certaines d’entre nous ont franchi le cap et ont consigné leurs aventures de voyage sur Internet ou dans des livres.

Certains laissent leurs écrits numériquement; d’autres écrivent un livre. Certains partent seuls explorer le monde, d’autres voyagent en famille et d’autres encore en compagnie d’un animal, parfois inattendu!

Le voyage ne forme pas que la jeunesse. Il est source de découvertes, de défis lancé à soi si l’on sait s’écarter des chemins, si l’on va à la rencontre de l’autre, si l’on s’essaie quelque peu à la culture de l’autre.

Voyager, c’est aussi partir à la découverte de soi, face à l’inconnu, aux problèmes à régler, face à un monde qui n’est pas le nôtre.

La quête des possibles

Louis, 26 ans, voyage sans argent, ni pétrole, en explorant les continents à sa guise, sur un vélo construit par ses soins. Il a d’abord commencé ses tribulations sur les terres du continent américain, sur les routes des Amériques.

Tout au long de ses pérégrinations, il constate combien les humains ont infligé des mauvais traitements à la nature. En opposition à ces visions négatives, il a découvert les inititatives prises par certains des citoyens de la Terre pour réorienter nore destin écologique commun.

Ses voyages s’alimentent de suberbes rencontres, comme la professeure du bonheur au MIT(Massachussets Institute of Technology) à Boston, Etats-Unis ou encore Lynx Vilden, qui vit en milieu sauvage depuis plus de 20 ans. Il découvre également des fermes urbaines à Détroit.

Pour ses besoins, comme il est sans argent, il fait du stop, fouille dans les poubelles opulentes des supermarchés pour se nourrir, loge chez des inconnus et lâche prise. L’aventure de Louis se veut humanitaire avant tout.

Vous pouvez suivre Le Souffle du Panou sur Facebook ou Instagram.

L’aventure en solidaire

Marc Brunet, 64 ans, sur son vélo couché, a parcouru les chemins de Valence jusqu’à Erevan, capitale de l’Arménie, sans la moindre expérience des voyages à vélo et en totale autonomie. Soit: 6250 kilomètres en tout, 12 pays traversés. Son périple l’a amené à dormir chez des inconnus, ou sous la tente dans des forêts d’Ukraine. 368 heures passées à pédaler, 30 kilos de bagages, vélo de 19 kilos, 96 kilomètres en moyenne par jour, 74 jours de voyage et aucune crevaison!

Marc, en voyageant ainsi, avait un but solidaire très précis: récolter des fonds pour l’ONG Espoir pour l’Arménie, afin de réhabiliter les bâtiments d’une école maternelle de Chirakamout, village situé à l’épicentre du tremblement de terre de 1988.

Il a consigné ses aventures dans un livre, “J’irai manger des khorovadz”, dans lequel il partage son parcours exaltant et un peu fou, à vrai dire, et dans lequel il raconte certaines anecdotes, immergé dans le quotidien des habitants et dans la culture de la population des différents pays traversés.

Le rêve de Marc est donc devenu plus qu’une réalité.



“J’ai attendu 57 ans avant de vivre ma toute première aventure sportive et humanitaire. Et je n’ai plus arrêté depuis! Au-delà des paysages, des formidables rencontres humaines et de l’exploit physique, j’ai appris beaucoup sur la vie. J’ai découvert notamment que rien n’est impossible. Il suffit d’avoir des rêves, d’y croire et de se fixer des objectifs”.

Il est l’initiateur de l’association “Aventure en solidaire”, pour laquelle il a déjà récolté plus de 50.000 euros pour des populations de Madagascar, d’Arménie, du Soudan du Sud, de France, du Burkina Faso et de Syrie.

La fabuleuse odyssée de Guirec et de Monique

Monique n’est pas du tout qui vous croyez! Ce n’est pas une femme…mais…une poule, nommée ainsi! Guirec a parcouru les mers du monde avec une poule rousse comme membre d’équipage.

En 2013, à seulement 21 ans, à bord d’un petit voilier en acier acheté avec ses économies dûrement gagnées en Australie, ce Breton d’origine entame alors la traversée de l’Atlantique, comme première étape.

Il devient ainsi à 24 ans le plus jeune navigateur à franchir le passage du Nord-Ouest dans l’Océan Arctique, avec Monique, dont il prenait grand soin. Il a depuis traversé le Pacifique du nord au sud, affronté le Cap Horn, a frôlé la mort face aux icebergs de l’Antarctique.

Ce livre, vrai journal de bord, retrace ses aventures, ses périples, ses souvenirs, ses joies et ses doutes avec humour, toujours en compagnie de Monique, qui est bien loin d’être une poule mouillée!

Un voyage de noces pas tout à fait commes les autres

Pourquoi aller dans des îles tropicales aux lagons bleu turquoise pour un voyage de noces? Pourquoi ne pas marcher simplement des milliers de kilomètres à travers l’Europe et le Proche-Orient? Quoi de mieux que de s’offrir des millions de pas entre Paris et Jérusalem?

C’est ce que Mathilde et Edouard Cortes ont réalisé pour leur voyage de noces en 2007. Ils décident de partir à pied vers la Terre Sainte, avec un “désir profond de construire une vie de sens”.

Mathilde et Edouard sont partis sans aucun bien matériel, sans carte de crédit, sans téléphone portable, décidés à vivre simplement dans la nature ou au contact des habitants rencontrés, fuyant le conformisme occidental, vivant comme les pèlerins d’antan. Tel fut leur défi.

14 pays traversés, 232 jours de marche, 33 semaines ensemble jour après jour, 6000 kilomètres parcourus. L’appel de la route a soudé ce couple, malgré la fatigue, la dureté physique de certaines étapes, la précarité permanente, par tous les temps, sans être malades une seule fois.

Bien sûr, ces deux chrétiens ont connu le doute, la colère, la révolte même. Leur foi a été ébranlée à plusieurs reprises, tout en vivant de grandes déceptions et d’immenses joies.

A la fin de leur périple, ils ont eu le sentiment d’avoir vécu quelque chose de très précieux. Ils ont aimé se retirer, pendant quelques mois, de ce monde de consommation à outrance, de ce monde pret-à-porter et de ce monde prêt-à-penser.

A la fin, ce voyage a ébranlé leurs certitudes, mais a finalement diminué leurs doutes. Ils ont appris à avancer dans la vie avec plus de confiance et d’abandon. Ils ont poussé leurs limites pour voir si l’amour et la confiance pouvaient vaincre tous les obstacles. Un voyage de noces pour aller à la rencontre de soi…


« Entre la Bosnie et le Kosovo, la forêt a repris ses droits. Personne. Seuls des loups rodent ici, nous assurait hier, une grand-mère. Trois kilomètres en contrebas, nous bivouaquons. Un abri de fortune : deux bâtons de pèlerins comme armature pour notre frêle toile, un feu de bois humide, de l’eau fraîche. La beauté des flammes nous rassasie-t-elle ? Nous n’avons rien mangé depuis 24 heures. Couchés sur le dos, nous regardons le ciel clair. La nuit s’annonce froide. Nous allons vers Jérusalem, tels les mages marchant sous la comète. Plus de 3 500 kilomètres à parcourir encore. N’est-ce pas cela justement la grandeur du bivouac : retirer tout obstacle entre soi et le ciel ? » [Édouard Cortés ,L’Esprit du chemin]

Mi-fugue, mi-raison, un blog de voyage

Ce blog de voyage raconte les aventures de deux nomades, visitant tranquillement le monde depuis 4 ans, comme ils le disent sur leur page d’acceuil:

https://www.mifuguemiraison.com/

Ces voyageurs au long cours ont décidé de changer de vie, de travailler à distance et de vivre à fond leur passion du voyage, en dehors des circuits touristiques. Ils ont quitté Paris en 2016 et ont commencé à voyager en Europe, pour que le choc culturel ne soit pas trop rude dès le départ.

Leur blog présente leurs articles sur l‘Albanie, la Géorgie, l‘Inde, le Maroc, l’Indonésie, la Colombie, l’Arménie, le Mexique, le Guatémala, l‘Azerbaïdjan, le Portugal, l’Espagne et l’Italie. En ce moment, ils vivent en Argentine.

Leur blog a pour but d’intéresser les gens à leur mode de vie nomade, tout en partageant leurs expériences et leurs conseils pratiques. En tout cas, ces deux itinérants du voyage font accorder LIBERTE avec INTENSITE. Ils écoutent leurs envies et vivent inténsément.

Ils adorent les grands espaces, mais apprécient aussi les villes et leur agitation. Faites un petit tour sur leur blog, vous voyagerez en un clin d’oeil et lire leurs articles est rafraîchissant – et nous fait rêver de surcroît!

Le Web regorge de blogs de voyage, mais à ce jour, plus de 110.000 personnes ont consulté m-fugue- mi-raisin. En 3 ans, ce couple a réussi à hisser son blog parmi les plus visités de France. Ce blog vaut le détour car il change des autres. Le ton est différent et les propos sont honnêtes.

Ecrire son expérience du Chemin de Compostelle

En août 2019, des stagiaires, inscrits à Aleph-Ecriture, ont suivi un stage explorant les chemins de Compostelle. A la fin de chaque journée, ils ont partagé l’expérience de réaliser un carnet de voyage.

Ces Français ont observé le territoire de leur pays, en traversant des paysages grandioses, en constatant que la géographie humaine écrit l’identité de chaque coin. La marche incitant au silence au fil des pas, certains ont aussi libéré leur parole.

Certains des textes écrits par ces stagiaires sont en lecture libre sur le site de L‘Inventoire:

Voici quelques textes courts, poèmes ou haïkus:

Ne cueillez pas les fleurs sauvages

Collerettes jaunes. Taches blanches, violette

Elles font envie, n’est-ce pas ?

Mais, si vous les cueillez,

Elles se vengent.

En se fanant presque instantanément.

Elles ne sont belles que dans les champs.

Trois haïkus d’Annick

La dernière montée

Sous le soleil brûlant du chemin de Compostelle, on peine à monter la côte, et, à chaque détour, on espère que ce sera la dernière montée.

La dernière montée de Joseph était sous la neige et dans la boue, à la nuit tombante, dans un convoi de prisonniers que des SS faisaient marcher à la trique pour évacuer le camp de Buchenwald. Une vilaine coxalgie avait mangé sa hanche et quelques centimètres de sa jambe droite. Depuis des jours et des jours, il boitait et se trainait péniblement dans le convoi.

Ce soir, il sent sa force de vie le quitter. Il sent qu’il veut rejoindre son père, mort au camp quelques mois plus tôt, et sa mère, gazée à Auschwitz.

Il s’arrête, prêt à se laisser tomber lourdement sur le sol. Un SS s’approche : « Ne t’arrête pas, marche ! » Joseph répond, tout doucement, qu’il ne peut plus. « Marche ! Tu sais bien ce que je dois faire si tu t’arrêtes ! ». Joseph le sait bien.

Le regard du SS est insistant. Avec sa mitraillette, il donne à Joseph, pour le faire repartir, des petits coups dans le dos.

Joseph repart.

En haut de la côte, l’armée russe. 

Le tour du monde en famille

Jérôme Bourgine a consigné dans un livre “Le tour du monde en famille”, son expérience avec sa femme Sandra et leurs enfants. Lorsqu’ils se sont mariés, les deux tourtereaux se sont promis une chose: faire le tour du monde avec leurs enfants. 10 ans plus tard, c’est chose faite avec leurs 3 enfants.

La famille vadrouille de pays en pays, sur tous les continents, va de découvertes en aventures. Pour les enfants, c’est l’école de la vie, mais c’est aussi une aventure intérieure pour chacun, riche de rencontres et de découvertes inoubliables.

Cette famille est partie sans grands moyens financiers pour une année sabbatique pour faire découvrir le monde à ses enfants. Ils ont réalisé leur rêve, qui paraissait inaccessible au départ dans leur tête… comme quoi, tout est possible!

Contrairement à certaines autres familles partant voyager généralement en camping-car ou en voilier, la famille Bourgine a utilisé les moyens du bord à leur disposition – en bus, en trains bondés ou en auto-stop, mais aussi avec d’autres moyens de transport plus conventionnels.

Ils ont commencé leur périple en juillet 2001, avec 120 kilos de bagages. Ce voyage a nécessité une incroyable planification, accentuée par de multiples contraintes. Le livre ne raconte pas l’aspect traditionnel de ce voyage, mais se concentre plutôt sur les accueils chaleureux reçus, sur les gens rencontrés, leurs émotions – parfois intenses- et sur le sens profond de leurs pérégrinations.

Bien sûr, la famille a vécu des moments de tension, même au sein du couple, de frustration, de démotivation et de colère, que Jérôme et sa femme ont traversés penant la durée de cette expédition – qui aurait pu les mener au divorce.

Le couple a réussi à surmonter sa crise, et le livre insiste sur la notion de ‘famille’ avec laquelle la famille désirait vivre à fond, une valeur prédominante aux yeux des parents qu’ils sont.

Le récit de Jérôme Bourgine n’est pas seulement un récit de voyage, mais aussi un récit de développement personnel sur:

  • comment matérialiser ses aspirations les plus folles
  • comment dépasser ses peurs
  • comment sortir de sa zone de confort
  • comment remettre sa confiance entre les mains du hasard
  • comment se focaliser sur la bonté, l’amitié et l’amour des uns envers les autres

En guise de conclusion

Partir en voyage, c’est l’occasion de se lancer des défis, de se challenger, de s’imposer des difficultés et des aventures, de se confronter à ses peurs. C’est aussi le moyen de s’améliorer et de devenir plus fort.

C’est ce qui ressort des livres ou blogs que j’ai lus pour cet article. Grâce à toutes ces expériences couchées sur le papier ou sur le Web, nous pouvons rêver, imaginer que nous partons, nous aussi, à l’aventure. Pourquoi pas, après tout?

D’après ce que j’ai lu, ce n’est pas une question d’âge, ni d’argent ou de famille. C’est une question de motivation, de concrétiser ses rêves et de vivre à fond, tout simplement!


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

1 commentaire

lucette smits · 14 avril 2020 à 16 h 44 min

C’est sûr qu’il faut beaucoup de motivation et d’assurance personnelle pour partir avec ses enfants. J’ai adoré le jeune homme et sa poule Monique, ainsi que les jeunes mariés Mathilde et Edouard. Quand on revient au bercail, soit on est renforcé dans son couple soit c’est la rupture.
Bravo à eux, c’est une expérience riche pour le futur de tous ces gens…

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