Le 2 février 2019, j’ai participé à un atelier d’écriture  payant organisé par l’association Aleph écriture à La Rochelle se déroulant sur la journée.

Comme je l’ai déjà écrit dans un article précédent, je participe chaque semaine à un atelier d’écriture gratuit organisé par la médiathèque de ma ville.

Pour parfaire mes techniques d’écriture, j’ai décidé, cette année, de participer à quelques ateliers différents pour me faire une idée de ce qui se pratique ailleurs et pour élargir aussi ma formation.

Le but ce jour était d’écrire sur les photos de Marie Monteiro, photographe rochelaise. L’atelier était animé par Alan André, qui anime depuis fort longtemps les ateliers.

 

Aleph, le centre de formation à l’écriture

 

https://www.aleph-ecriture.fr/-Accueil-

 

J’ai connu ce site en approfondissant mes recherches sur Internet à la recherche d’ateliers d’écriture. J’ai envie et besoin d’apprendre les différentes techniques pour en proposer moi-même dans quelque temps.

Aleph-Ecriture a été créée depuis 1985. C’était, à l’époque, une entreprise pionnière dans le domaine des ateliers d’écriture en France.

Des auteurs plus ou moins connus du grand public y publient: Alain André, Dane Cuypers, Isabelle Rossignol et Olivier Targowla, entre autres.

Ce centre de formation propose d’apprendre à écrire, de développer les techniques d’écriture. J’ai déjà dit qu’il fallait, à un moment donné, apprendre et développer certaines techniques pour parfaire son style.

 Aleph-Ecriture propose différentes formations, des interventions, un espace documentaire, des rencontres et des débats. Le centre possède une chaîne YouTube, donne des conseils en écriture et propose aussi une réflexion pédagogique.

 

Tout est payant, mais pas plus excessif que certains autres sites. Concernant la journée du 2 février, j’ai réglé 75€ pour une journée d’atelier, soit 6 heures en présentiel,  avec une personne dont c’est le métier. Quand on aime, on ne compte pas, n’est-ce pas?

 

L’animateur, Alain André

 

 

Alain André a fondé Aleph-Ecriture et en est le directeur pédagogique. Il est aussi écrivain. Il a publié 12 livres à ce jour. Quelques romans, “Rien que du bleu ou presque” en 2000 ou “La passion, dit Max” en 2007, ainsi que des nouvelles et des fictions brèves, des essais consacrés à l’écriture et aux ateliers.

 

Il a été professeur de lettres, mais en 1986, il démissionne pour se consacrer entièrement à son centre.

Il conçoit des stages et des cycles de formation, de la nouvelle au roman. Aleph a créé un site internet “l’Inventoire” où on vous propose d’écrire à partir d’une amorce de tel roman ou des articles sur certains livres publiés.

La photographe, Marie Monteiro

 

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Marie Monteiro est née en 1970 à Rodez. Elle vit à La Rochelle.  C’est une photographe autodidacte et indépendante. Elle travaille aussi pour des commandes émanant d’entreprises.

Elle possède un style bien à elle, dépouillé de tout artifice. Elle aurait du nous rejoindre dans l’après-midi pour présenter et expliquer ses photos, mais malheureusement, la grippe l’a clouée au lit.

 

Pourquoi écrire à partir de photographies?

 

L’animateur Alain André nous précise (nous étions 8 participants à la séance) qu’il aime la photo depuis son enfance.

Il nous pose , d’emblée en ouverture de séance, la question suivante: “pourquoi la photographie”?J’écris sur mon cahier que la photo est utilisée pour partager un moment de voyage ou d’échange, pour témoigner et pour embellir le quotidien ou révéler au grand jour les événements de la vie.

Le verbe ‘témoigner‘ est revenu dans beaucoup de réponses. Intéressant, non?

Avec la photographie, il y a trois positions possibles. Soit on est:

  1. le photographe
  2. le modèle
  3. le spectateur

Avec la photo, se noue une relation tripartite. Elle peut être un déclencheur d’écriture, un moyen de donner de l’élan.

La photo, c’est également créer de la lumière. C’est aussi interpréter le point de vue du photographe, comme on pourrait le faire avec un romancier ou un cinéaste. C’est décrypter les sens cachés.

 

 

Avant d’écrire à partir d’une photo, il faut faire des repérages. De vue. De sens. De dénotation. De connotation.

On peut aussi écrire à partir de photos mystères ou de photos roman. Certaines se prêtent à l’exercice, comme notre animateur qui a écrit un roman en trois mois à partir d’une série de clichés. C’était une commande qu’il devait honorer.

Pendant un atelier d’écriture, les participants peuvent aussi prendre des photos, en sélectionner dix et écrire à partir de ce choix et tenter d’identifier un thème. Dans la soirée, les photos peuvent être projetées et les textes lus à ce moment-là.

On peut aussi extraire quelques mots du champ d’une photo choisie. Qu’est-ce qui fait qu’on s’est arrêté dessus? On réagira alors sur le registre “j’aime-je n’aime pas”. L’intérêt d’une photo est différent selon les personnes.

On peut aussi sélectionner un élément dans la photo qui pique l’intérêt ou établir une relation entre deux choses.

Une photo est bien réelle mais invisible. Dans la photo, l’essentiel se trouve ailleurs, dans le hors champ ou dans le hors cadre.

La photo, c’est aussi un objet de décoration. Ou un objet d’art se monnayant parfois cher.

 

 

La première consigne, le premier texte

 

Il nous fallait choisir entre plusieurs photos de deux séries de Marie Monteiro: Espagne et Tanger. Voici la photo que j’ai choisie en premier:

 

 

Alain André nous a donné la consigne suivante:

  1. dire ce qui vous a attiré dans cette photo
  2. imaginer ce qui a pu se passer avant la photo
  3. imaginer ce qui va se passer après la photo
  4. imaginer ce qui se passe à gauche, à droite et hors champ
  5. écrire un texte sur la photo choisie en 15- 20  minutes.

J’ai été la seule personne à choisir cette photo.

J’ai été attirée par les trois lumières: celle du réverbère en verticale et celle à l’horizontale de la voiture en bas à gauche. J’ai aussi attirée par la lumière arrondie ou ovale au-dessus d’un parasol et qui s’oppose à la lumière rectangulaire du phare.

Les parasols donnent l’impression d’éclairer eux-mêmes ou alors le réverbère  finit par les avaler. De la voiture au contour flou et foncé, seule la lumière donne vie au véhicule.

La photo nous montre une place vide de restaurant la nuit présentant des lignes verticales (parasols, arbres) et des lignes horizontales avec la route, la voiture et les restaurants-bars au fond de la place.

Une autre verticale se dessine au fond de la photo: un homme seul marche, tournant le dos à la place. Cela me fait instantanément penser à la chanson de Jean-Jacques Goldman, “Je marche seul“.

La série complète de photos prêtées par Marie Monteiro tourne autour d’un jeu d’ombres et de lumières, contenant beaucoup de contrastes. La nuit est comme une invitée et représente une présence rassurante. Les thèmes du silence et de la solitude sont traités avec élégance.

Voici mon texte à partir de la photo choisie:

Un bar restaurant, où l’enseigne est écrite en français, s’ouvre sur une place où les clients peuvent s’attabler et s’attarder. Un espace de calme, une bulle de bien-être, une oasis dans le tumulte de la cité.

L’homme qui remonte la rue du fond marche seul, dépité de la rencontre ratée avec une femme qu’il avait rencontrée deux jours auparavant sur cette même place. 

Les clients ont laissé la place à des chaises vides, bien rangées, bien ordonnées. Aucun désordre ne règne dans le silence de la nuit. Tout est apaisé, tranquille en apparence. 

La voiture rate la courbure du trottoir et finit sa course dans les tables bien rangées et dans cet arbre élégant au tronc élancé. C’est tout flou dans la tête du chauffeur. 

Le bruit ne réveille personne. L’homme dans la rue ne se retourne même pas. Tout reste calme et apaisé. Une lumière s’est éteinte à jamais”.

 

Commentaires d’Alain André: j’ai écrit sur le mode de la perturbation. On note deux perturbations: la rencontre ratée et l’accident apparemment mortel. Cela s’appelle la stratégie de la perturbation.

Chaque participant a une stratégie différente d’écriture, même en composant à partir de la même photo.

 

Quelques pistes pour écrire à partir de photos

 

L’animateur nous propose quelques pistes pour écrire à partir de photos.

On peut écrire en se mettant dans la peau du photographe.

On peut écrire sur un ressenti en regardant la photo.

On peut écrire en privilégiant un aspect de la photo.

On peut utiliser des photos connues (mais pas de nous) pour écrire sa propre autobiographie.

On peut écrire sur la photo qu’on aurait pu prendre. Ou sur les regrets des photos qu’on n’a pas prises. Ou sur la photo manquante, qui peut s’avérer être plus importante que toutes les autres et c’est surtout celle dont on se souvient.

Dans les biographies, on peut être amené à travailler beaucoup autour de photos, qui peut faire écho à la vie même du biographe.

Il faut garder à l’esprit que le texte est au service du détail central de la photo comme une micro-fiction. Le détail de la photo peut se trouver dans la chute. Comme la chute dans un texte sur une des photos présentée ce jour où à la fin, la ville est écrasée de chaleur et l’oiseau s’envole.

On doit s’approprier un lieu pour une fiction. Les photos servent alors de décor à la fiction.

La photo provoque l’écrit, et pas seulement la vue.

La photo doit être considérée comme une transfiguration de la vie quotidienne.

 

 

En guise de conclusion

 

Je termine la première partie de ce stage. Il me reste encore deux exercices que je relaterai dans l’article de la semaine prochaine.

Grâce à la photo, les arts se rencontrent et dialoguent. L’art n’est pas bloqué dans une case ou dans une autre.

Après avoir écrit notre texte, nous l’avons lu devant le groupe. Les réactions ont toujours été bienveillantes, et tous, nous avions déjà l’habitude des ateliers d’écriture.

Personne n’a ressenti la peur de se confronter à l’autre. Il y avait une prise de risque à imaginer des textes, mais à mon avis, elle était minime.

J’ai constaté, pour la première fois, que j’étais capable d’écrire en un temps très limité – 15-20 minutes- un texte avec une histoire et une chute. Chose que nous ne faisons pas dans l’atelier d’écriture auquel je participe puisque nous écrivons chez nous, dans des conditions idéales, et que nous lisons simplement les textes durant la séance en y réagissant avec bienveillance.

Cela me rassure et me conforte dans ce que j’entreprends avec l’écriture.

Si l’envie vous titille d’écrire un texte à partir de la photo, n’hésitez pas à me l’envoyer. Je vous remercie par avance et j’en serai fort honorée.

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

1 commentaire

lucette smits · 20 février 2019 à 15 h 24 min

C’est ce qu’à fait Anny Duperey il y a peu de temps. Elle a écrit un livre à partir d’une photo de ses parents (son père était photographe) et elle a imaginé leur vie…
Tu es dans ton domaine, on te sens vibrée, surtout continue, ça te bouste, ça te rend heureuse…

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