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Le titre de cet article et du livre éponyme que je vous présente peut paraître un brin accrocheur, voire prétentieux. On peut réllement se poser la question suivante: peut-on écrire un roman en 10 minutes par jour? D’autant plus qu’il faut se mettre en condition et que cela peut parfois demander du temps.

J’ai acheté ce livre, non pas parce que je croyais à ce titre, mais par curiosité, pour vous en faire bénéficier. Je suis assez curieuse de nature et j’aime bien aussi sortir des sentiers battus, y compris dans le domaine de l’écriture, d’où cet article.

Pour parvenir à finaliser un roman, ou tout autre livre, il faut commencer par écrire un peu. Cela, tout le monde le sait. Mais il faut écrire un peu régulièrement. Il faut, peu à peu, insérer l’écriture dans sa vie, lui donner une place fondamentale, en faire un rendez-vous quotidien, qui sera une source de plaisir et de fierté. Donc, tout le monde peut écrire 10 minutes par jour … au début! Mais l’écriture devient vite une drogue … saine!

Tout d’abord, il est l’auteur du livre que je résume “Ecrire son premier roman en dix minutes par jour” aux éditions Aux Forges de Vulcain.

David Meulemans est le président des éditions Aux Forges de Vulcain. Il est normalien, docteur en philosophie et spécialiste des questions de créativité. Il est aussi le concepteur de DraftQuest, un outil qui vise à libérer la créativité.

Les éditions Aux Forges de Vulcain ont pour ambition de changer la manière dont on lit et la manière dont on écrit. David Meulemans a enseigné la philosophie pendant 8 ans et il a été expert en déontologie pendant deux ans au sein de la Gendarmerie nationale.

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Parallèlement, il a obtenu un doctorat de philosophie et ses travaux actuels sont des applications techniques de ses recherches qui ont porté sur la créativité artistique. Son projet est de contribuer, à son échelle, par l’édition de livres, comme par la réalisation d’outils pédagogiques innovants, à donner au plus grand nombre le pouvoir de comprendre, d’agir, et de créer.

Il s’intéresse actuellement aux MOOCs (formations sur internet), qui peuvent devenir un fantastique outil d’éducation populaire. Il a réalisé quatre saisons d’un MOOC à succès : Oser écrire une œuvre de fiction.

Ecrire, c’est à la fois un acte matériel qui consiste à coucher des mots sur le papier ou taper un texte dans un ordinateur. Mais, c’est aussi songer, rêver, construire, explorer, essayer, couper, décider. Ce sont des choses que l’on peut faire n’importe où, dans le métro, allongé dans son hamac l’été, en se promenant, en regardant les nuages, en admirant des fleurs ou face à votre plat.

Aucun livre, aucun blog, ne vous fournira le talent ni le travail, car vous les possédez en vous. Les uns et les autres peuvent vous fournir des conseils. A vous de les suivre ou pas. C’est vous qui voyez, comme on dit selon l’expression consacrée. Ce que je sais, c’est que quand on commence à écrire vraiment, on ne peut plus s’arrêter. Parce qu’on acquiert le plaisir de l’écriture, incomparable aux autres plaisirs. Et cela ne s’enseigne pas. Cela se vit et s’apprend, par l’exercice, la répétition et la lecture.

Crédit photo: plaisirdecrire.fr

On peut écrire un roman en commençant à écrire 10 minutes par jour, si c’est le seul temps dont on dispose dans la journée. Mais ces 10 minutes deviennent la condensation, ou le résumé des 23 autres heures et 50 minutes de la journée. En écrivant 10 minutes par jour, il faudra y consacrer beaucoup de jours pour finaliser un roman. Soit, des milliers. Car, en 10 minutes par jour, on ne peut qu’écrire un paragraphe.

Le but de ces premiers épisodes d’écriture n’est pas de produire des textes exaltants, mais plutôt de sanctuariser peu à peu un moment quotidien d’écriture, d’acquérir une habitude. Je ne vous cache pas qu’au début, il faut vraiment un effort de la volonté pour écrire. Peu à peu, les 10 minutes prévues ne suffisent plus car on a énormément de choses à dire. Au bout d’un mois, on écrit une heure par jour!

En cours de route, certaines personnes arrêtent d’écrire pour les raisons suivantes: elles n’écrivent pas un jour et n’y reviennent plus ensuite, se sentant coupables, ou trouvent leur histoire nulle et arrêtent d’écrire, se jugeant de manière négative, ou se disent qu’elles doivent d’abord lire certains livres avant de continuer. Et toutes ces personnes arrêtent d’écrire.

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Le chemin pour finaliser un roman ou une histoire peut être tortueux, parsemé de petits échecs et de grandes victoires aussi. L’écriture est en fait une activité qui mêle compétences techniques et enjeux personnels, voire psychologiques. La création est toujours un émerveillement. Le guide de David Meulemans est un guide pratique et aussi pragmatique. Il va servir aux personnes qui n’ont pas de méthode, qui n’ont jamais commencé à écrire. Le but, à terme, est de se créer sa propre méthode, adaptée à son tempérament, à ses conditions de vie, à son histoire personnelle, à son désir et à ses ambitions.

Un des bénéfices de ce livre est d’acquérir du vocabulaire technique et de sortir de l’imprécision, et éventuellement, pour comprendre pourquoi un texte ne fonctionne pas. Le don d’écrire n’existe pas. A l’inverse, un écrivain de talent possède des compétences littéraires – il lit beaucoup, a un vocabulaire varié, sait comment conter une histoire.

Ecrire, c’est aimer imaginer des choses, construire des plans, qui ne sont pas des compétences littéraires à proprement parler, mais qui ont des effets réels sur notre manière d’écrire. Aucune de ces compétences n’est innée. Elles sont acquises par la répétition et l’habitude, qui elles, peuvent sembler naturelles. En tout cas, elles enrichissent l’écriture.

Pour parvenir à écrire, se connaître soi-même, connaître ce que l’on sait faire, ce que l’on a en propre est primordial. Nous avons tendance à ignorer nos penchants personnels. Très souvent, les écrivains en herbe ont une image précise -et fausse- du type d’écrivain qu’ils-elles désirent être. En conséquence, ils négligent qui ils-elles sont réellement.

C’est un conseil que tout le monde pourrait donner: le meilleur apprentissage et la meilleure habitude à mettre en palce pour écrire, c’est d’écrire régulièrement. Beaucoup de gens ont toujours eu envie d’écrire, masi ne franchissent pas le pas. Ils-elles se disent qu’il y a assez d’auteurs-d’autrices sur le marché, que ce n’est pas la peine d’en rajouter encore un ou une autre. Nous avons toutes et tous tendance à procrastiner; c’est une évidence, ne la nions pas!

Ce n’est pas parce qu’on écrit qu’on est écrivain. Nous sommes des “écrivants” – terme qui n’existe pas, je suis d’accord, mais que l’écrivain, Martin Winckler utilise dans ses ateliers d’écriture. Ecrire, c’est une activité; écrivain, c’est un statut. L’idée, à travers ce livre, n’est pas de devenir écrivain, mais d’écrire. On peut décider d’écrire, mais on ne décide pas d’être écrivain, car c’est un processus social.

Martin Winclker – Crédit photo: les mots.co

Nous savons toutes et tous que l’écriture présente de nombreux bienfaits: cognitifs, moraux, psychiques, entre autres. Une des plus grandes sources de plaisir et de bonheur est de produire quelque chose dont la valeur est assignable en dehors du jugement qu’on porte sur l’auteur. Par exemple, l’écrivain Matthew Crawford confesse sa passion pour la plomberie en décrivant le plaisir qui lui vient quand il a réparé quelque chose et que cela fonctionne.

L’écriture, sur certains côtés, peut devenir un outil de développement personnel, car cela incite beaucoup à l’expression de soi. Il est nécessaire et indispensable que tout un chacun s’exprime, et l’écriture permet cela. Il existe aussi des ateliers d’écriture à des fins thérapeutiques où s’exprimer permet de se libérer.

David Meulemans pense que tout le monde devrait écrire, mais tout le monde ne peut pas publier. L’écriture peut aider certains personnes à se libérer de leurs blocages. Il existe, à ce titre, des ateliers d’écriture à visée thérapeutique. Dans l’exercice de l’écriture, il y a le fait qu’on développe une activité épanouissante régulière. Tout le monde a les ressources pour écrire.

Beaucoup d’écrivains donnent des conseils pour écrire. Par exemple, Ernest Hemingway conseillait d’écrire 500 mots par jour. Ni plus, ni moins. Pas en-dessous, car sinon l’oeuvre n’avance plus. Pas plus, car sinon, on peut être contre-productif. De plus, si on attend d’avoir le temps, d’avoir les conditions nécessaires, d’être moins fatigué, etc. on n’écrit jamais. Le fait d’écrire de manière aléatoire et très irrégulière n’est pas productif. C’est ce qu’on nomme le “binge writing“.

L’inspiration pour écrire n’est pas divine. Ce concept est ancré dans l’imaginaire collectif. Le génie n’existe pas et on n’est pas obligé de souffrir pour créer. Ce sont de fausses croyances qui sont véhiculées pour de fausses raisons. Ecrire bien, écrire vrai ou écrire de grandes choses, on n’apprend pas cela dans un manuel. Chaque occasion d’écrire doit être saisie. Attendre l’inspiration est une pure perte de temps et d’énergie. On commence à écrire et l’inspiration viendra après!

Le meilleur moyen d’apprendre à écrire, c’est aussi de lire. Tout bon récit est truffé de retournements de situation, de surprises. David Meulemans ne vous conseille pas non plus de lire frénétiquement, car cela peut différer l’écriture. La lecture aussi peut provoquer une forme de procrastination. Et lire toujours de grandes oeuvres peut devenir vite paralysant. On se dit qu’on ne sera jamais à la hauteur.

Pour écrire, être un bon lecteur est nécessaire. Mais, cela ne fera pas de nous un créateur. Ecrire est une affaire de connaissances, mais aussi de pratique. L’écriture ressemble à une recette de cuisine. On trouve des ingrédients dans l’écriture, et des trucs aussi. Dans la cuisine comme dans l’écriture, on fait avec ce qu’on a à disposition: avec le temps et les ressources que l’on a.

On cuisine pour les autres, on écrit, de la même façon, pour les autres. On mange parce que c’est un besoin et un plaisir. On commence à écrire par le plaisir de la lecture. Comment écrire si on ne lit jamais? On ne peut pas devenir un bon auteur-une bonne autrice, si on ne lit jamais. Comme on ne peut pas devenir un bon cuisinier si on ne cuisine jamais.

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L’amour de la lecture ne devrait pas être une entrave à l’écriture. On ne doit jamais se comparer à autrui, encore moins à de grands écrivains. Les chefs d’oeuvre ne sont pas inacessibles, et avant d’en arriver là, les écrivains ont forgé leur écriture pendant de nombreuses années. Pour écrire, on part de ce que nous sommes. Et seulement à partir de là, on peut dessiner notre carte des possibles. Il est important de s’astreindre à découvrir son goût propre.

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Il est difficile d’écrire, c’est vrai et je ne dirai pas le contraire. Quand on se lance dans l’écriture, on peut rencontrer 3 types de difficultés:

  • Etre confronté à la page blanche: l’écriture de fiction mobilise un ensemble de compétences qui ne sont pas directement liées à l’écriture. Il faut acquérir des compétences pour écrire; on n’y peut rien, c’est comme ça.

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  • Avoir trop d’idées: on peut avoir une imagination débordante, qui peut poser problème. La créativité a aussi besoin d’être structurée pour ne pas partir dans tous les sens. Chaque histoire a besoin d’être ordonnée.

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  • Commencer à être anxieux: quand on veut écrire, on peut ressentir des sueurs froides et ne pas se sentir bien. Cette difficulté s’appelle l’angoisse de la page blanche. C’est un mal qui fait souffrir beaucoup de personnes. Mais, c’est un mal qui peut se soigner. Cette angoisse de la page blanche est une variante d’un mal qu’on nomme la procrastination.

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Pour parvenir à écrire, il faut aussi être capable d’avoir un oeil critique sur son travail. Etre critique ne veut pas dire se juger. Cela signifie regarder lucidement son travail. Si on est trop cruel envers soi-même, on peut être pris d’angoisse et on cesse de travailler.

Ecrire ne rime pas avec souffrir. Comme il est important, pour progresser dans une activité artistique, de la pratiquer régulièrement, voire quotidiennement, autant que cette activité soit une source d’estime de soi et non de souffrances indicibles. On ne peut pas écrire en se demandant si ce qu’on écrit va remporter le prix Goncourt ou le Prix Nobel. C’est beaucoup trop anxiogène. Pour écrire, il est préférable d’endormir son sens critique. Il vaut mieux laisser parler sa créativité pour produire.

Tout jugement critique va saper l’estime qu’on a de soi-même. Or, pour réussir à écrire, il faut avoir une certaine estime de soi. Il est normal d’avoir des doutes, des passages à vide, des moments compliqués dans la vie. Pour parvenir à écrire, il faut que l’écriture soit une source de palisir pour soi. C’est la première étape dans l’acquisition d’une habitude, ou d’une routine d’écriture.

Crédit photo: ciao.ch

Constater les progrès accomplis chaque semaine, célébrer chaque petite victoire, tout cela renforce l’estime de soi. L’écriture est une grande aventure, aussi, il faut accepter de la vivre. Soyez fier de ce que vous produisez chaque jour. Le processus créatif ne repose aucunement sur la volonté. Ce n’est pas une décision que l’on prend chaque jour ou pas. C’est une habitude que l’on met en place. C’est donc différent. Pour réussir à écrire un roman, acquérir l’habitude d’écrire est primordial. En règle général, il a été prouvé qu’une habitude a besoin de 21 jours pour se mettre en place.

L’écriture, comme dans toute pratique artistique, ne progresse que par la répétition. Et ce n’est pas le genre d’habitude que l’on prend comme résolution en début d’année et qu’on laisse tomber au bout de quelques jours. J’en connais de ces gens-là qui ne tiennent pas sur la durée.

Une habitude repose sur une certaine automaticité. C’est plutôt la contrainte de cette habitude qui fera écrire au début. Il faut se libérer de l’exercice de la volonté pour libérer sa créativité. Par exemple, en écrivant à heure fixe. Ou en se donnant un nombre de mots à atteindre. Il faut aussi abandonner l’idée de l’inspiration. On parle plutôt de créativité.

Bien sûr, je n’ai pas pu résumer tout le livre. La suite arrivera un jour ou l’autre. Il n’y a rien de nouveau dans les préconisations de David Meulemans, juste peut-être une autre façon de les formuler. J’ai déjà évoqué tout ça dans mes articles sur le blog. Mais, il est vrai qu’on ne peut progresser qu’en s’attelant régulièrement à la tâche, quel que soit le domaine. Quand on s’arrête d’écrire, il est difficile d’y revenir, et on trouve tous un tas d’excuses, un emploi du temps surchargé par exemple, des obligations professionnelles ou familiales.

En fait, je m’amuse en écrivant cela, car c’est le même genre d’excuses que mes élèves me servent sur un plateau. A défaut de mentir aux autres, on se ment surtout à soi-même. Mais, ça, c’est une affaire qui regarde les autres et vous-même. Si je cesse d’écrire, je sais pourquoi je le fais et j’ai cessé de me cacher derrière de fausses excuses.

Si on veut écrire, on doit savoir pourquoi on veut écrire, pour soi. Il n’y a rien à attendre des autres, pas de jugements, pas d’attentes, pas des “oh, c’est bien”. Quand on écrit, on n’est plus à l’école à attendre, voire à quérir des approbations des enseignants. On est dans autre chose. Si on ne comprend pas cela, il va être difficile de poursuivre l’aventure de l’écriture.


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture. L'écriture est devenue ma passion: j'écris des livres pratiques et des romans.

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