Dans un article précédent, je vous ai proposé trois exercices pour écrire sur soi, sans entrer dans l’écriture autobiographique pure et dure.

Dans cet article, je vais donc vous proposer d’autres exercices pour continuer à écrire sur votre vie, de façon plus ludique et peu contraignante. Cela constitue une base par où commencer.

Ces exercices font partie du genre autobiographique, si décrié de par le passé, où il n’était pas bien vu d’étaler sa vie dans ses écrits. A notre époque, à travers les blogs et les réseaux sociaux, l’écrit sur soi s’est multiplié.

Le but dans les propositions d’écriture sur soi est de parvenir à une écriture libre, sans jugement intempestif sur sa vie. C’est du passé, à quoi bon le ressasser?

 

Le portrait chinois à la façon de Marcel Proust

 

Le concept du portrait chinois est relativement simple: il s’agit de répondre à certaines questions concernant sa personnalité ou certains aspects de sa vie, d’identifier ses goûts ou ses préférences.

C’est un jeu de connaissance de soi et des autres, facile à faire et très plaisant. C’est un jeu d’écriture très connu, sans doute le plus célèbre. L’adjectif “chinois” accolé au nom de ce jeu d’écriture n’indique absolument pas son origine, mais plutôt l’aspect le plus compliqué de ce jeu, comme le casse-tête chinois.

Il convient de répondre assez vite, sans trop réfléchir, pour que vos réponses se rapprochent de qui vous êtes en profondeur.

 

 

Voici un exemple de portrait chinois:

 

  • Si j’étais une couleur, je serais…
  • Si j’étais un sport, je serais…
  • Si j’étais une chanson, je serais…
  • Si j’étais une célébrité, je serais…
  • Si j’étais une émission de télé, je serais…
  • Si j’étais un livre, je serais…
  • Si j’étais un pays, je serais…

 

Voici le questionnaire de Proust, devenu célèbre aussi comme test de personnalité:

1. Ma vertu préférée
2. Le principal trait de mon caractère
3. La qualité que je préfère chez les hommes
4. La qualité que je préfère chez les femmes
5. Mon principal défaut
6. Ma principale qualité
7. Ce que j’apprécie le plus chez mes amis
8. Mon occupation préférée
9. Mon rêve de bonheur
10. Quel serait mon plus grand malheur ?
11. A part moi -même qui voudrais-je être ?
12. Le pays où j’aimerais vivre
13. La couleur que je préfère
14. La fleur que je préfère
15. L’oiseau que je préfère
16. Mes auteurs favoris en prose
17. Mes poètes préférés
18. Mes héros dans la fiction
19. Mes héroïnes favorites dans la fiction
20. Mes compositeurs préférés
21. Mes peintres préférés
22. Mes héros dans la vie réelle
23. Mes héroïnes préférées dans la vie réelle
24. Mes héros dans l’histoire
25. Ce que je déteste le plus
26. Le personnage historique que je déteste le
plus
27. Les faits historiques que je méprise le plus
28. Le fait militaire que j’estime le plus
29. La réforme que j’estime le plus
30. Le don de la nature que je voudrais avoir
31. Comment j’aimerais mourir
32. L’état présent de mon esprit
33. La faute qui m’inspire le plus d’indulgence
34. Ma devise

 

 

Les réponses de Marcel Proust au fameux questionnaire :

 

1. Le besoin d’être aimé et, pour préciser, le besoin d’être caressé et gâté bien plus que le besoin
d’être admiré.
2. Des charmes féminins.
3. Des vertus d’homme et la franchise dans la camaraderie.
4. D’être tendre pour moi, si leur personne est assez exquise pour donner un grand prix { leur
tendresse.
5. Mon principal défaut. – Ne pas savoir, ne pas pouvoir “vouloir”.
6. Mon occupation préférée. – Aimer.
7. Mon rêve de bonheur. – J’ai peur qu’il ne soit pas assez élevé, je n’ose pas le dire, j’ai peur de le détruire en le disant.
8. Quel serait mon plus grand malheur. – ne pas avoir connu ma mère ni ma grand-mère.
9. Ce que je voudrais être. – Moi, comme les gens que j’admire me voudraient.
10. Le pays où je désirerais vivre. – Celui où certaines choses que je voudrais se réaliseraient comme par un enchantement et où les tendresses seraient toujours partagées.
11. La couleur que je préfère. – La beauté n’est pas dans les couleurs, mais dans leur harmonie.
12. La fleur que j’aime. – La sienne- et après, toutes.
13. L’oiseau que je préfère. – L’hirondelle.
14. Mes auteurs favoris en prose. – Aujourd’hui Anatole France et Pierre Loti.
15. Mes poètes préférés. – Baudelaire et Alfred de Vigny.
16. Mes héros dans la fiction. – Hamlet.
17. Mes héroïnes favorites dans la fiction. – Bérénice.
18. Mes compositeurs préférés. – Beethoven, Wagner, Schumann. Mes peintres favoris. – Léonard de Vinci, Rembrandt.
19. Mes héros dans la vie réelle. – M. Darlu, M. Boutroux.
20. Mes héroïnes dans l’histoire. – Cléopâtre.
21. Mes noms favoris. – Je n’en ai qu’un à la fois.
22. Ce que je déteste par-dessus tout. – Ce qu’il y a de mal en moi.
23. Caractères historiques que je méprise le plus. – Je ne suis pas assez instruit.
24. Le fait militaire que j’admire le plus. – Mon volontariat !
25. La réforme que j’estime le plus. –
26. Le don de la nature que je voudrais avoir. – La volonté, et des séductions.
27. Comment j’aimerais mourir. – Meilleur – et aimé.
28. État présent de mon esprit. – L’ennui d’avoir pensé toutes ces questions pour répondre.
29. Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence. – Celles que je comprends.
30.Ma devise. – J’aurais trop peur qu’elle ne me porte malheur.

 

 

Voici mon portrait chinois:

 

Si j’étais un métier, je serais écrivaine publique pour aider les autres avec leurs difficultés à l’écrit.

Si j’étais un personnage célèbre, je serais Victor Hugo pour l’œuvre grandiose qu’il a accomplie.

Si j’étais un objet, je serais un cahier inévitablement pour écrire.

Si j’étais une saison, je serais plutôt l’été sans chaleur étouffante pour profiter du soleil et de la plage.

Si j’étais un animal, je serais certainement un tigre, car c’est mon signe chinois.

Si j’étais un pays, je serais le Bhoutan, qui a mis comme indice du pays, le bonheur.

Si j’étais riche, je partagerais mon argent pour éradique la misère dans le monde et pour aider les enfants à accéder à la scolarité.

Si j’étais magicienne, j’arrêterais toutes les guerres.

Si j’étais un jeu, je serais mon ebook sur 111 jeux d’écriture.

Si j’étais un fruit, je serais la fraise que je cultive dans mon jardin et que j’adore croquer.

Si j’étais une fleur, je serais une orchidée, car c’est une fleur complexe.

Si j’étais un sport, je serais un yogi et j’initierais tout le monde à cette pratique ainsi qu’à la méditation.

Si j’étais un film, je serais une comédie romantique car je déteste la violence sur un écran.

 

Le poème acrostiche à partir de son prénom

 

Vous écrivez les lettres de votre prénom une par une à la verticale et vous trouvez des mots correspondant à votre personnalité et à chaque lettre. Il n’y a aucune obligation à formuler des phrases complètes.

Voici un exemple de poème acrostiche:

 

 

Voici mon poème acrostiche à partir de mon prénom, Laurence:

 

Lumière

Audace

Ubuesque

Rare

Energique

Nuancée

Chantante

Evaporée

 

Raconter un souvenir de son enfance

 

Il s’agit de raconter un de vos souvenirs de vacances, heureux ou moins heureux, en famille ou solitaire, récent ou plus ancien. Vous pouvez aussi vous inspirer d’une photo, comme l’a fait Anny Duperey dans son livre “Le Voile noir”:

 

 

 

En regardant des photographies, Anny Duperey cherche à retrouver les souvenirs de sa petite
enfance perdus à la suite d’un grave choc émotionnel : le décès accidentel de ses parents.

“Oh ! Une réminiscence ! Un vague, très vague souvenir d’une sensation d’enfance : les
maillots tricotés main qui grattent lorsqu’ils sont mouillés… Ce n’est pas le plus agréable des
souvenirs mais qu’importe, c’en est au moins un.
Et je suis frappée de constater encore une fois, en regardant sur ces photos les vêtements
que nous portons ma mère et moi, que tout, absolument tout, à part nos chaussures et les
chapeaux de paille, était fait à la maison. Jusqu’aux maillots de bain.
Que d’attention, que d’heures de travail pour me vêtir ainsi de la tête aux pieds. Que
d’amour dans les mains qui prenaient mes mesures, tricotaient sans relâche. Est-ce pour me
consoler d’avoir perdu tout cela, pour me rassurer que je passai des années à fabriquer mes
propres vêtements, plus tard ?
Et puis qu’importe ces histoires de vêtements, de maniaquerie couturière, et qu’importe
cette vague réminiscence des maillots qui grattent, si fugitive que déjà je doute de l’avoir
retrouvée un instant… Ce qui me fascine sur cette photo, m’émeut aux larmes, c’est la main de
mon père sur ma jambe. La manière si tendre dont elle entoure mon genou, légère mais prête à
parer toute chute, et ma petite main à moi abandonnée sur son cou. Ces deux mains, l’une qui
soutient et l’autre qui se repose sur lui.
Après la photo il a dû resserrer son étreinte, m’amener à plier les genoux, j’ai dû me laisser
aller contre lui, confiante, et il a dû me faire descendre du bateau en disant « hop là ! », comme le
font tous les pères en emportant leur enfant dans leurs bras pour sauter un obstacle.
Nous avons dû gaiement rejoindre ma mère qui rangeait l’appareil photo et marcher tous
les trois sur la plage. J’ai dû vivre cela, oui…
La photo me dit qu’il faisait beau, qu’il y avait du vent dans mes cheveux, que la lumière
de la côte normande devait être magnifique ce jour-là»
Et entre mes deux parents à moi, si naturellement et si complètement à moi pour quelque temps
encore, j’ai dû me plaindre des coquillages qui piquent les pieds, comme le font tous les enfants
ignorants de leurs richesses.”

 

Voici un de mes souvenirs d’école:

 

Je n’ai pas à proprement parler de réels souvenirs d’école marquants, mais des moments heureux car j’ai aimé l’école.

L’école m’a construite, m’a éduquée, m’a formée et a donné la femme que je suis aujourd’hui. J’y ai appris tellement de choses que je lui en suis redevable ! Elle a toujours été comme une amie pour moi.

Je me souviens d’un moment pas trop heureux qui peut paraître désuet et d’un autre siècle (c’est le cas !) aux jeunes générations. J’étais en classe de CE1, sous la houlette de Madame Paris, déjà d’un certain âge, pour ne pas dire d’un âge certain.

C’était l’année 1969. Ça ne rigolait pas vraiment à cette époque-là, et dès le départ, nous savions ce que voulaient dire les mots ‘respect’ et ‘rigueur’. Obligés que nous étions de les appliquer au quotidien.

C’était du temps où nous écrivions toujours (pour peu de temps encore !) au porte-plume, trempé dans un encrier à l’encre violette, où nous séchions nos phrases avec un buvard, sur des pupitres en bois à double-assise. J’ai un peu connu cette époque-là, avant un grand changement qui allait survenir l’année suivante !

J’ai toujours essayé d’apporter du soin quand j’écrivais (un peu moins maintenant !) et ce jour-là, je ne sais plus exactement comment cela est venu.

J’ai renversé une partie de l’encrier sur mon cahier. Je n’ai jamais été très douée pour manipuler les objets ! En lui-même, l’incident paraît bénin, vu de notre époque. Mais, en ce temps-là, la maîtresse vit rouge, m’enguirlanda et me punit. Je ne me rappelle plus exactement la punition (une corvée quelconque !) mais je me rappelle bien les propos acerbes qu’elle m’adressa sur un ton autoritaire devant toute la classe.

J’avais 7 ans, c’était il y a un demi-siècle !

 

Ecrire sur une de vos idoles

 

Cet exercice propose d’écrire un texte autour de son idole:

  • pourquoi on aime cette personne?
  • quand était-ce?
  • pourquoi on a aimé ce chanteur ou cette chanteuse?
  • que reste-il de cette période?

Certains et certaines vont jusqu’à écrire à leur idole en personne. Cela s’est toujours beaucoup pratiqué.  Il fut un temps où les chanteurs et chanteuses les plus connus avaient des fans clubs très connus. La notion même d’idole peut être très vaste.

Sur Internet en ce moment, on trouve la lettre qu’un jeune fan a adressé à son idole: Dan Carter, une star néo-zélandaise du rugby. Cet athlète est le joueur de rugby comptant, de très loin, le plus de fans sur la planète. L’un d’entre eux lui a adressé une lettre de remerciements après avoir eu une dédicace signé du joueur sur un ballon. Le courrier du gamin a été relayé via les réseaux sociaux par son idole elle-même.

 

 

Voici le texte sur mon idole:

 

Mon idole : Jean-Jacques Goldman

Je vais être très claire : moi qui ne suis pas d’un tempérament jaloux, je suis jalouse de Nathalie, la seconde épouse de mon idole. Je la maudis en mon for intérieur, car elle vit ce qui est devenu pour moi un fantasme : côtoyer JJG.
Comme elle, j’étais, je suis et resterai dans la fidélité la plus absolue, une fan inconditionnelle de ce chanteur, de cette star de la chanson française. Un héros discret, talentueux, aux mille facettes, au grand cœur surtout. Un Enfoiré de la première heure. En somme, mon héros.
J’ai tout de suite accroché à sa première chanson solo, « Il suffira d’un signe «. Et à tous ses autres succès qu’il a enchaînés par la suite.
JJG n’est pas un chanteur à midinettes, ni ce qu’on appelle communément un chanteur populaire, malgré tous ses tubes. Le talent, ça ne s’achète pas…
JJG, pour mon plus grand malheur, vit loin des paillettes du show biz, retiré de la vie publique à mon plus grand regret, éloigné du plateau des Enfoirés, menant une vie discrète à Londres.
Pourquoi ne me suis-je pas engagée aux Restos du Cœur à Paris ? Pourquoi n’ai-je pas eu l’audace comme Nathalie d’aller frapper à sa loge alors que j’ai assisté à de multiples concerts ? Pourquoi n’ai-je pas pu devenir amie avec mon idole ?
Ma passion pour JJG ne s’est pas éteinte avec le temps, ne s’est pas ternie et je ne suis pas du genre à zapper et aller de chanteur en tube sans avenir durable ! Je ne vis pas par procuration…
Lui ne frime pas, lui qui est riche à millions. Il n’étale pas sa richesse, et n’attise pas ainsi les convoitises. Il a eu un succès extraordinaire, mais sa vie reste celle de tout le monde. Un homme ordinaire malgré son talent inouï. Il n’a rien à cacher, pourtant il se cache des médias et a renoncé à chanter sur scène.
C’est pour toutes ces raisons que j’apprécie le chanteur, mais aussi l’homme. Je sais que si je pouvais le rencontrer (le rêve de ma vie), tout serait simple. A son image, à mon image. Nous n’irions sûrement pas diner dans un restaurant gastronomique ni au Fouquet’s à Paris. Il me préparerait une petite salade grecque sans façon à sa façon. Il serait vêtu d’un vieux jean, comme à son habitude. Il m’aurait souhaité la bienvenue sur son boulevard.
Il aurait aussi invité un de ses potes, ami de longue date, Michael Jones ;  nous aurions parlé anglais ensemble, j’aurais surtout écouté tout ce qu’ils auraient dit sur la musique. J’aurais parlé de ma passion pour l’écriture, comment je compte aller au bout de mes rêves. J’aurais chanté avec eux les tubes de JJG, je les connais par cœur, cela aurait été ma chance, et non pas un délire schizo maniaco psychotique.
 
JJG a changé ma vie. Je rêve d’autres vies comme lui et je ne peux vivre qu’avec des bouts de lui et j’attends. Je n’y peux rien, je ferme les yeux. Il suffirait qu’il me fasse un petit signe, juste pour un petit moment. Je pourrais alors vivre ma vie par procuration en mettant du pain sur mon balcon pour attirer les moineaux et les pigeons.
JJG est le frère que je me suis choisi, mais il vit là-bas, loin de ma province charentaise, ignorant même mon existence. Nous ne nous parlerons pas, je ne parlerai pas de ma vie, mais quand la musique est bonne, ça balaye tout. Dans son exil, il voit rouge si on le dérange, et sans un mot, il poursuit son bonhomme de chemin.
JJG, si tu m’emmènes, les violons tourneront et on pourra veiller tard dans la nuit et vivre cent vies ! Sache que je…Long is the road, c’est pour cela que j’espèrerai à jamais, entre gris clair et gris foncé !
 

 

En guise de conclusion

 

Ecrire sur soi peut devenir une forme de catharsis, mais raconter sa propre histoire est aussi un exercice d’humilité. Après tout, on se met à nu devant un lecteur inconnu, comme je l’ai fait dans les deux articles sur cette thématique.

Ecrire sur son vécu ne constitue pas vraiment un choix, mais, je reste persuadée que nous devons nous autoriser de tout écrire. Par contre, les détails de la vie intime peuvent devenir rapidement sans intérêt pour le lecteur.

S’inspirer de son histoire vécue n’est en fait que l’étincelle qui incite à commencer l’écriture et qui nous encourage à persévérer dans les passages plus difficiles à écrire.

Chacun a quelque chose à raconter: offrez-vous cet instant de paix pour réaliser les exercices que je vous ai proposés.

Alors, plus d’hésitation: à vos plumes!

 

 

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

1 commentaire

lucette smits · 20 août 2019 à 14 h 50 min

Dommage que l’émission ou on présente une vedette à un ou une inconnue n’existe plus. Assurément j’aurai fait cette démarche pour réaliser ton rêve…
Tout est vraiment très inspirant une fois de plus.

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