On peut écrire sur soi sans pour autant écrire une autobiographie complète, qui peut être ardue et longue. Ecrire sa biographie ou ses mémoires ne coule pas de source.  A la place, on peut pratiquer certains exercices et se révéler à petites touches, pas à pas, sans rentrer dans les détails.

Se dévoiler est avant tout une démarche courageuse qui nous oblige à nous regarder en face et à considérer notre vie avec les bons comme les mauvais moments. Mais, surtout, cela nous oblige à prendre de la distance avec ce passé, qui peut parfois devenir encombrant ou pesant.

Ecrire sa vie est un long voyage, et pas toujours un long fleuve tranquille. L’écriture en forme autobiographique permet une certaine reconstruction de la mémoire.

Aussi, je vous propose une série d’exercices que j’ai pratiqués dans divers ateliers d”écriture, qui permettent d’évoquer sa vie ou sa personnalité.

Ecrire sur soi permet aussi d’avancer dans sa propre vie, de laisser émerger ce qui vient sur ce qui s’est passé antérieurement. Chacun a quelque chose à raconter: prenons le temps de nous isoler dans notre bulle pour y parvenir!

 

Se souvenir, façon Georges Perec

 

Je vous propose, en quelque sorte, de constituer comme un inventaire sur quelques uns de vos souvenirs. Vous commencerez chaque phrase par “je me souviens…”, mais sans entrer dans les détails, à la façon de Georges Perec.

Nul besoin d’ordonner vos idées, ou de mettre en évidence des souvenirs plus importants, selon vous. Cet exercice est une forme d’écriture brève, qui ne demande pas de description, ni de précision.

L’autoportrait qui va se dégager de vous sera léger, comme tenu à distance.

 

Voici l’inventaire de Georges Perec:

 

 

Je me souviens que Michel Legrand fit ses débuts sous le nom de “Big Mike”.

Je me souviens du jour où le Japon capitula.

Je me souviens de l’admission de Jean Lec : « Le grenier de Montmartre. »

Je me souviens du contentement que j’éprouvais quand, ayant à faire une version latine, je rencontrais dans le Gaffiot une phrase toute traduite.

Je me souviens de l’époque où la mode était aux chemises noires.

Je me souviens de l’époque où Sacha Distel était guitariste de jazz.

Je me souviens des autobus à plate-forme : quand on voulait descendre au prochain arrêt, il fallait appuyer sur une sonnette, mais ni trop près de l’arrêt précédent, ni trop près de l’arrêt en question.

 

En plus d’écrire sur lui, Georges Perec évoque toute une époque que nous ne connaissons pas forcément, mais que nous découvrons. Ecrire sur soi, c’est aussi évoquer l’Histoire et la société de notre enfance.

 

Voici l’inventaire de quelques uns de mes souvenirs:

 

Je me souviens de mon école primaire, en face de la maison, qui portait un nom prestigieux, mais que j’ignorais à l’époque : Jean Jaurès.

Je me souviens d’un couple d’instituteurs, ‘Baronne’ était leur nom de famille,  de vrais hussards de la République !

Je me souviens de mon premier chien, Blacky, arraché à son enfermement dans un cagibi chez un de mes oncles.

Je me souviens de mon plaisir infime à parler les langues étrangères au collège, pour ensuite en faire mon métier.

Je me souviens des idoles de mon enfance : Joe Dassin, C.Jérome, Queen…

Je me souviens d’une des 2 CV de mon père, la Titine, comme on la surnommait !

Je me souviens de notre petite maison en région parisienne, un havre de tranquillité au milieu de la course.

Je me souviens qu’adolescente, je regardais les matches de foot et de rugby et que j’avais pour idole, Dominique Rocheteau!

Je me souviens des pique-niques en famille, dans un coin verdoyant en Seine-et-Marne : le bonheur de quelques années !

Je me souviens de ma poupée Caroline, que j’avais prénommée comme l’héroïne des livres pour enfants !

Je me souviens des pantalons à pattes d’eph ; je détestais ça !

Je me souviens des trains de banlieue gris que je prenais pour me rendre à l’université à Paris.

Je me souviens que je pouvais lire toute une journée petite, sans rien faire d’autre, en restant en pyjama.

Je me souviens de la balançoire dans le jardin, elle a subi nos 400 coups.

Je me souviens de mon ‘tac tac’ ou ‘tacatac’ en forme de boules de cerise avec lequel je jouais continuellement.

Je me souviens du décor orange de ma chambre, très années seventies.

Je me souviens des repas du samedi midi : steak frites ; je préparais les pommes de terre avec mon frère.

Je me souviens des émissions « Apostrophes »  de Bernard Pivot qui m’ont amenée vers la littérature.

Je me souviens de mon premier voyage scolaire à l’étranger : direction Moscou et Kiev, du temps de l’URSS.

Je me souviens que j’écrivais beaucoup de poèmes adolescente ; j’en ai gardés quelques-uns.

 

 

J’aime-je n’aime pas, façon Roland Barthes

 

Pour dévoiler quelque peu, vous pouvez aussi dresser un inventaire autour des “j’aime- je n’aime pas”, à la façon de Roland Barthes.

 

 

Vous procéderez sans ajouter aucun commentaire personnel ni aucune précision, tel que le pratiquait cet écrivain. Cet exercice est également une forme brève, qui relève de l’intime, sans entrer dans des détails autobiographiques précis.

Votre liste pourra paraître futile, mais l’accessoire, l’insignifiant, le frivole, composent aussi notre vie présente ou passée.

 

Voici l’inventaire de Roland Barthes:

 

J’aime : la salade, la cannelle, le fromage, les piments, la pâte d’amandes, l’odeur du foin coupé, les roses, les pivoines, la lavande, le champagne, des positions légères en politique, Glenn Gould, la bière excessivement glacée, les oreillers plats, le pain grillé, les cigares de Havane, Haendel, les promenades mesurées, les poires, les pêches blanches ou de vigne, les cerises, les couleurs, les montres, les stylos, les plumes à écrire, les entremets, le sel cru, les romans réalistes, le piano, le café, Pollock, toute la musique romantique, les trains, avoir la monnaie…

 

Je n’aime pas : les loulous blancs, les femmes en pantalon, les géraniums, les fraises, le clavecin, Miro, les tautologies, les dessins animés, Arthur Rubinstein, les villas, les après-midi, Satie, Bartok, Vivaldi, téléphoner, les choeurs d’enfants, les concertos de Chopin, l’orgue, M.A Charpentier, ses trompettes et ses cymbales, le politico-sexuel, les scènes, les initiatives, la fidélité, la spontanéité, les soirées avec des gens que je ne connais pas, etc.

 

Voici mon inventaire personnel:

 

J’aime : les fruits (surtout les fraises et l’ananas), la musique de Mozart, la lecture, les langues étrangères, les animaux (surtout les chiens et les chats), les jardins, mon jardin, les couleurs jaune, rouge et orange, le chocolat, les desserts, les vacances (pour réfléchir et créer), la campagne, la randonnée pédestre, le yoga, le cinéma, le théâtre, les boucles d’oreille, la littérature classique, les fromages, tout cuisiner moi-même, la broderie au point de croix, la décoration intérieure, le soleil, la chaleur, l’herbe verte, m’allonger dans mon hamac, la guitare, le jazz manouche, « Les Misérables » de Victor Hugo, écrire des histoires, tenir mon blog sur l’écriture, cuisiner, concevoir la décoration intérieure, la médiathèque de ma ville…

 

Je n’aime pas : la science-fiction, les films d’horreur, les orages, le vent, les tempêtes, l’hiver, le bruit, les grandes villes, les gens qui courent partout en tous sens, le hard rock, le rap, le football, les sports d’équipe, les réactions stupides des supporters de foot, la politique actuelle, les gens hypocrites et les mielleux, le mensonge, le politiquement correct, les chiens comme les pit-bulls, les cheveux très longs, le froid, le ménage, la procrastination, la vitesse, les gens qui parlent fort, les artichauts, le café, les soirées à rallonge, un trop grand nombre d’invités à ma table, l’effervescence autour de Noël, les choses rendues obligatoires par principe, les talons hauts, la mode perpétuellement changeante, les enfants qui travaillent comme des esclaves dans certains pays, la publicité au téléphone, la décoration toute en noir et blanc…

 

L’inventaire des choses, façon Sei Shonogon

 

Sei Shonogon était la dame d’honneur de la princesse japonaise Sadako au Xe siècle.

 

 

Durant ses années de service, elle rédigeait des inventaires, régulièrement et secrètement. Tous ont un caractère très intime.

Ce genre d’inventaires est une forme littéraire très ancienne, que l’on trouve à toutes les époques, dans toutes les civilisations. Sei Shonogon, dans Notes de chevet” , sont une merveille du genre.

 

Voici donc les différentes choses vues par Sei Shonogon:

 

CHOSES ÉLÉGANTES

Sur un gilet violet clair, une veste blanche.

Un rosaire en cristal de roche.

De la neige tombée sur les fleurs des glycines et des pruniers.

Un très joli bébé qui mange des fraises.

 

CHOSES QUI ONT UN ASPECT SALE

L’envers d’une broderie.

L’intérieur de l’oreille d’un chat.

Quand il fait sombre dans un endroit qui ne semble pas particulièrement propre.

Une femme qui n’est pas très jolie, et qui a une foule d’enfants dont elle prend soin.

Lorsqu’une femme qu’il n’aime pas très profondément tombe malade et languit longtemps, un homme, en son cœur, doit s’en sentir dégoûté.

 

CHOSES QUI DOIVENT ÊTRE COURTES

Le fil pour coudre quelque chose dont on a besoin tout de suite.

Un piédestal de lampe.

Les cheveux d’une femme de basse condition. Il est bon qu’ils soient gracieusement coupés court.

Ce que dit une jeune fille.

 

CHOSES DÉSOLANTES

Un chien qui aboie pendant le jour.

Une chambre d’accouchement où le bébé est mort.

Un brasier sans feu.

Un conducteur qui déteste son bœuf.

Un savant docteur à qui naissent continuellement des filles.

Une maison où l’on n’offre pas de festin à celui qui a fait un long détour pour éviter de marcher dans une direction néfaste. Au changement de saison, c’est encore plus désolant.

 

CHOSES QUI FONT BATTRE LE CŒUR

Passer devant un endroit où l’on fait jouer de petits-enfants.

Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée d’encens.

S’apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.

Un bel homme, arrêtant sa voiture, dit quelques mots pour annoncer sa visite.

Se laver les cheveux, faire sa toilette et mettre des habits tout embaumés de parfum. Même quand personne ne nous voit, on se sent heureuse, au fond de cœur.

Une nuit où l’on attend quelqu’un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison.

 

 

Voici mon inventaire des choses:

 

Choses élégantes :

 Un chapeau de paille sous un soleil ardent.

Les fraises mûres de mon jardin dans un bol de crème.

Parler sans insérer de mots vulgaires.

Les couleurs de la vie.

La nature dans tous ses éclats.

Les yeux pétillants d’en enfant.

 

 Choses qui ont un aspect sale :

 Le jardin non tondu.

Une table pas débarrassée après un repas copieux.

Les excréments de pigeons sur la carrosserie de ma voiture.

Les déchets de toutes sortes que les gens jettent dans la rue.

Les produits chimiques déversés à outrance sur les cultures.

La bêtise ordinaire des gens.

 

 Choses qui doivent être courtes :

Les phrases dans une histoire.

Le blablabla des hommes et femmes politiques.

Le mauvais temps.

La nuit l’hiver.

Les réunions qui ne servent pas à grand-chose.

 

 Choses désolantes

Les personnes âgées qui vont aux obsèques des gens qu’ils ne connaissent pas, juste pour faire une sortie.

Oublier sa famille et ses amis.

Quand on passe de l’automne en hiver.

Les enfants abandonnés ou victimes de divorces atroces.

Attacher un chien autour d’un arbre et partir.

Ne pas s’occuper de ses personnes âgées.

 

 Choses qui font battre le cœur :

L’Amour.

La naissance d’en enfant.

La réussite de ses enfants.

Les tâches accomplies avec soin.

Une maison à son goût.

Assouvir une de ses passions.

VIVRE.

 

Décrire un endroit où l’on a dormi

 

Ecrire sur soi, c’est pousser les frontières et se replonger dans des souvenirs. Georges Pérec, dans “Espèces d’espaces” paru en 1974, a dressé une liste d’endroits où il avait dormi durant sa vie, plus ou moins conventionnels, plus ou moins insolites.

 

 

A la suite de cet inventaire, il a écrit quelques lignes de description sur ce lieu. Voici ce que dit l’écrivain sur ce thème:

« L’espace de notre vie n’est ni continu, ni infini, ni homogène, ni isotrope. Mais sait-on précisément où il se brise, où il se courbe, où il se déconnecte et où il se rassemble ? On sent confusément des fissures, des hiatus, des points de friction, on a parfois la vague impression que ça se coince quelque part, ou que ça éclate, ou que ça cogne. Nous cherchons rarement à en savoir davantage et le plus souvent nous passons d’un endroit à l’autre, d’un espace à l’autre sans songer à mesurer, à prendre en charge, à prendre en compte ces laps d’espace. Le problème n’est pas d’inventer l’espace, encore moins de le réinventer (trop de gens bien intentionnés sont là aujourd’hui pour penser notre environnement…), mais de l’interroger, ou, plus simplement encore, de le lire ; car ce que nous appelons quotidienneté n’est pas évidence, mais opacité : une forme de cécité, une manière d’anesthésie. 
C’est à partir de ces constatations élémentaires que s’est développé ce livre, journal d’un usager de l’espace. »

 

 

Je vous propose de choisir 10 lieux dans lesquels vous avez dormi en fournissant un détail significatif sur ce lieu.

Voici ma liste:

  1. ma chambre d’adolescente, avec le papier peint de couleur orange
  2. le bateau de croisière entre Toulon et Ajaccio
  3. le complexe hôtelier à Tenerife aux îles Canaries
  4. chez mes amis à Londres
  5. chez mes grands-parents dans la campagne picarde, à proximité d’une ferme
  6. à l’auberge de jeunesse à Vienne en Autriche
  7. dans le train de nuit reliant Poitiers à Madrid
  8. dans la maison de vacances au Vaulmier dans le Cantal
  9. dans ma tente de camping dans divers endroits en France
  10. dans le train de nuit reliant Bordeaux à Antibes avec toute une classe.

 

 

Ensuite, vous choisissez un de ces endroits pour le décrire en 30 minutes, en ajoutant les 5 sens. Il est question ici de retrouver les sensations de ce moment , celui où vous avez dormi dans ce lieu.

 

Voici ma description:

 

A partir de Bordeaux, un périple de nuit nous attend – ma collègue, moi et quinze élèves d’une classe que nous amenons à Antibes participer à un échange. Douze de train couchette nous attendent, pour atteindre la côte méditerranéenne. un wagon entier nous est réservé, à raison de quatre couchettes par compartiment.

Ma collègue et moi dormons dans le compartiment du milieu avec deux élèves, afin de rassurer la petite troupe au cas où. Etant plus sportive que Catherine, je choisis de fait la couchette du haut. Mais, le lit est replié. Je touche partout à la recherche d’un bouton, en espérant que la magie va opérer. Rien. Rien ne bouge.

Nous sommes balancées par le roulis du train qui a commencé son parcours. Je me cogne partout, ayant perdu l’équilibre, ce qui provoque l’hilarité chez les plus jeunes occupantes du compartiment. Ne comprenant rien à mon installation et trop fatiguée pour réfléchir, je fais appel à un employé , qui, gentiment, nous aide à déployer notre couche. Pas facile non plus de faire le lit en hauteur tout en gardant son équilibre. J’ai l’impression de devenir funambule.

Une fois les affaires de nuit sorties, la dîner au wagon-restaurant avalé, la nuit la plus épique de ma vie commence. J’avais vraiment envie de dormir. Je venais de déménager, et la fatigue du trimestre se faisait sentir. Allongée sur ma couchette de fortune, peu confortable et impersonnelle, le roulis du train avançant lentement, bruit continu dans les oreilles, et me berçant quelque peu, Morphée commence à me tendre les bras quand Mélissa prend le relais du roulis. Un flot ininterrompu de paroles débité de manière saccadée vient heurter mon tympan engourdi. Toutes les conditions sont pourtant réunies pour s’assoupir: rideau tiré, lumières éteintes, calme relatif.

Néanmoins, deux bruits persistent: le bruit de ferraille des roues du train et les histoires de mon élève. Deux choses me gênent: la promiscuité et le manque de place. Je n’ai pas fermé l’œil un seul instant de la nuit, pourtant bien longue.

Personne n’a dormi, malgré nos protestations, nos ‘chut’ persistants, nos menaces de représailles. Quatre personnes dans un espace aussi réduit, cela met les nerfs à rude épreuve. J’ai chaud, j’ai soif, je bouge. Je n’ai pas beaucoup de place. la nuit est très longue, interminable. je me demande pourquoi l’option ‘avion’ a été délaissée. J’en veux à Mélissa de ne pas me laisser un moment de repos.

Mon cerveau embrouillé capte de loin en loin les discussions. Quand je commence à m’assoupir, mon élève me secoue, et le même scénario se répète, jusqu’au petit jour.

 

En guise de conclusion

 

Ces petits exercices d’écriture permettent de délier sa plume. L’écriture intime possède réellement des vertus libératrices. C’est une façon simple de prendre de la distance avec un souvenir ou un événement. Quand vous avez quelque chose sur le cœur, quand vous avez une pensée, un instantané de votre journée qui vous vient en tête: écrivez!

Ces exercices permettent aussi d’avoir des bouts de soi de manière organisée. Votre vie devient la matière de votre écriture.

Il existe quantité d’exercices qui font écrire sur soi, comme le portrait chinois, l’autoportrait, décrire une photo de son enfance ou un objet fétiche auquel on tient, écrire à sa façon la recette de son plat préféré, ou écrire le texte de sa chanson préférée, dresser une liste de ses chanteurs préférés quand on était enfant…

En matière d’écriture intime, tout est possible….

 

 

 

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

1 commentaire

lucette smits · 13 août 2019 à 14 h 23 min

C’est intéressant, rafraîchissant, de se remémorer certains lieux heureux ou malheureux. Pourquoi on a fait ceci plutôt que cela etc…Ça nous ramène à des souvenirs plus ou moins lointains qui font resurgir en nous, un bien-être ou un malaise. C’est selon…

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