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Le genre de la nouvelle est un genre polymorphe qui a évolué au fil des siècles depuis son apparition. La nouvelle reste, de toute façon, un format court qui suit la règle des trois unités: une action unique en un temps limité , un univers concentré et un petit nombre de personnages.

La nouvelle est une fiction, pas un conte, ni un roman. Boccace, à la fin du Moyen-Age, a écrit le Décaméron. En 1613, Cervantès a publié ses Nouvelles exemplaires. Mais le siècle de la nouvelle reste le XIXe siècle. Ce genre a acquis ses lettres de noblesse avec des codes bien précis, toujours en vogue de nos jours: une histoire brève et réaliste, souvent dramatique, rapportée par un narrateur et dont la fin provoque la surprise.

Tchekhov, au XXe siècle, a radicalement transformé la structure de la nouvelle. Il a carrément métamorphosé le genre, en abandonnant le principe de la chute et en créant, à la place, un récit d’atmosphère.

Pour rédiger cet article, je me base sur le livre de Martine Paulais, “Comment écrire une nouvelle” aux éditions Enviedécrire.

Les caractéristiques de la nouvelle

Dans une nouvelle, il n’y a aucun mot de trop. Les descriptions à rallonge ou les digressions n’ont pas leur place. Ce genre littéraire demande une écriture exigeante et très travaillée, afin de créer une atmosphère comique, horrifique, larmoyante ou à suspense.

La nouvelle à chute implique que l’auteur donne des indications dès les premières lignes pour finir par une chute qui se doit d’être surprenante! Une nouvelle à chute a un début et forcément une fin, contrairement à la nouvelle d’atmosphère, axée sur l’ambiance et l’intériorité d’un personnage.

Rappelez-vous que la nouvelle est une fiction, même inspirée d’un fait réel ou d’un fait divers. Ce n’est pas un reportage. Elle est bien destinée à des lecteurs et ne comporte pas de morale comme dans un conte. C’est un genre intéressant à développer pour tout auteur débutant. Elle peut faire 20, 30, voire 50 pages, mais elle peut aussi être très brève.

Un auteur peut apprendre à écrire des nouvelles. C’est un genre très codifié et il est aisé de lire des œuvres des nouvellistes, fort nombreuses par ailleurs dans beaucoup de pays.

Trouver une idée pour commencer

Pour commencer, il faut trouver une phrase d’accroche. Evoquer le quotidien d’un personnage suffit au début, car il va connaître par la suite des perturbations. Les faits divers sont une mine d’or pour les auteurs. L’environnement quotidien, la nature peuvent être des sources d’inspiration. En fait, la définition d’une nouvelle, “c’est faire basculer un incident de la vie dans un truc hyper dramatique”, dixit Franck Pavloff.

Une nouvelle doit raconter quelque chose: c’est le point commun entre toutes les nouvelles. Le genre fonctionne sur le principe d’une rupture: le quotidien d’un personnage est perturbé, ce qui l’oblige à modifier le cours de sa vie.

La première phrase d’une nouvelle est importante: elle est chargée de tous les possibles et elle assume un rôle clé. Tout se joue dès cet instant. La première donne le ton. Les premières lignes installent les éléments importants du récit: les personnages, la situation, la cadre et l’ambiance. Cet incipit peut fournir au lecteur des informations sur les personnages et le cadre dans lequel ils évoluent. Sans première phrase, pas de récit!

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Pour trouver un incipit fort, l’auteur peut commencer par un moment très dramatique. Il est alors certain d’accrocher le lecteur. Ensuite, le plus efficace est de focaliser l’attention sur le personnage. On peut le présenter dans un contexte ordinaire, tout en glissant un indice qui signale un problème.

Le but n’est pas d’embrouiller le lecteur, mais de le conduire à la fin, en titillant son envie de tourner les pages. Le sens de l’incipit doit être clair tout de suite. Les personnages doivent entrer dans l’action rapidement.

La fin d’une nouvelle

Une bonne chute doit être imprévisible, donc ne donnez pas une fin prévisible à vos lecteurs dès le début. Elle ne doit jamais tomber comme un cheveu sur la soupe. Elle se doit d’être cohérente avec l’ensemble du récit. La chute doit aimanter le récit. L’auteur doit distiller des informations au fil de son récit pour préparer le dénouement et l’inclure dans la logique de son histoire.

Pour qu’elle soit crédible, la chute ne doit pas arriver par hasard, sortie de nulle part. Elle doit être amenée comme un prolongement logique et naturel du récit. Elle doit être imprévisible, de manière à apporter au lecteur un éclairage nouveau auquel il ne s’attendait pas.

Plus une chute est brève, plus elle est intense et plus elle fonctionne. Son effet requiert d’être mis en place dès le début en installant une tension dans le récit. Le lecteur ne doit pas deviner la chute avant la dernière ligne. Pour ce faire, les fins clichés, les comportements attendus, les événements téléphonés sont à proscrire.

Terminer sa nouvelle implique donc de se poser les bonnes questions:

  • Quelle émotion veut-on susciter chez le lecteur?
  • Par quels moyens?
  • Quels éléments glisser au fil du texte pour amener la chute?
  • Quel sens veut-on donner à cette chute et à la nouvelle de manière globale?
  • Comment s’y prendre?
  • Que mettre en place dès le début pour que le lecteur accroche à l’histoire?

Ecrire un incipit qui fonctionne

Pour saisir le lecteur, il vaudrait mieux démarrer fort, en commençant par le moment le plus dramatique. Il est bon aussi de focaliser l’attention sur le protagoniste, en le présentant dans un contexte ordinaire mais en plein cœur de l’action, tout en glissant un indice qui signale une anguille sous roche. Le principal quand on écrit un format court est d’éviter d’embrouiller le lecteur. Le sens de l’incipit ne peut pas apparaître à la fin de la nouvelle.

Martine Paulais, l’autrice du livre sur lequel je me base, préconise de ne pas commencer la nouvelle par un dialogue.

Martine Paulais – Crédit photo: enviedecrire.com

Vous devez vous poser des questions avant de démarrer l’écriture de votre nouvelle:

  • Qu’est-ce que je veux raconter?
  • Quelle est la situation de départ?
  • Qu’est-ce qui vient la perturber?
  • Qui sont les personnages?
  • Combien de personnages y-a-t-il?
  • Qui parle? Qui raconte?
  • Comment démarre le récit?
  • Comment finit le récit?

Construire les personnages

Dans une nouvelle, le lecteur n’a pas le temps de s’attacher aux personnages. Pour susciter l’empathie et donner envie de lire l’histoire jusqu’au dernier mot, les personnages doivent être crédibles. L’auteur doit se demander qui ils sont, d’où ils viennent, ce qu’ils cherchent dans la vie pour les mettre en mouvement.

Pour caractériser un personnage, la description physique ne suffit pas. Les personnages font avancer l’histoire et doivent passer à l’action. Les personnages ne sont pas l’auteur: ils ont leur vie propre et leur voix personnelle. Pensez aux dialogues pour caractériser un personnage; c’est fort utile! En tous les cas, ils rendent un récit vivant et peuvent apporter pas mal d’informations sur les personnages et leurs interactions avec leur environnement.

Chaque être humain a une faille; les personnages aussi. Quel serait l’intérêt de lire une nouvelle sans surprise, sans avancée réelle? L’objectif est de tout mettre en œuvre pour que le personnage principal apparaisse comme une “vraie personne” dans toute sa complexité.

Le format de la nouvelle impose un nombre limité de personnages, pas plus de deux ou trois, pris à un moment de leur existence. Nul besoin alors de retracer toute leur biographie ou d’explorer leur psychologie en détail, sans pour autant rester à la surface. Tout est une question de proportions et d’alchimie!

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Tout le travail de l’auteur est de suggérer l’enjeu du personnage, sans accentuer les détails, ni sans jamais dire les choses explicitement non plus. L’enjeu, c’est ce qui le pousse à agir. C’est ce qui fait avancer l’histoire jusqu’au dénouement. Le personnage central doit avoir un objectif clair et précis dans l’histoire, qui lui amènera bien sûr des obstacles et des conflits sur son parcours, pour le faire sortir de son confort quotidien.

Il peut être intéressant d’inclure une phobie, une fêlure ou un trait inhabituel chez votre personnage de nouvelle, qui intrigue le lecteur dès le départ.

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Construire l’intrigue

Dans une nouvelle littéraire à chute, l’intrigue est constituée de péripéties. Le personnage du début ne sera plus le même à la fin de l’histoire. Le rôle de la nouvelle consiste à montrer cette évolution au lecteur. C’est ce qui donne au genre sa crédibilité, parce qu’elle ressemble à la vie.

Certains auteurs élaborent un plan très construit qui les rassure, d’autres, au contraire, suivent leur intuition et découvrent l’histoire en l’écrivant. Selon Stephen King, dans “Mémoires d’un métier”, “l’auteur doit déterrer fragment après fragment et qui devra, une fois recomposé, ressembler à une histoire”.

Une nouvelle peut démarrer avant l’élément déclencheur ou après. Elle peut aussi commencer avec lui. Il est bon de rappeler qu’une intrigue, ce sont des personnages associés à un conflit. Ce dernier peut être d’origine interne (complexe, peur, manque, etc.) ou externe avec ses proches (amant, parents, fratrie, amis, etc), avec la société ou l’environnement (les gens, l’administration, les collègues, etc.). L’élément déclencheur de l’intrigue découle fréquemment d’un conflit.

Un récit sans conflit risque donc d’être inutile, voire ennuyeux. Le conflit n’est pas synonyme de bagarre ou de violence. Cela peut être une opposition de valeur ou de point de vue. De toute façon, toute intrigue progresse par le conflit et le franchissement des obstacles qu’il génère. Le conflit donne du corps et du goût à l’intrigue. Il pousse les personnages dans leurs retranchements et les oblige à révéler leur personnalité. Il fait avancer l’histoire. Les conflits captivent les lecteurs.

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Un personnage peut révéler un conflit interne ou se trouver dans un imbroglio émotionnel, notamment en opposant le désir et la peur, l’amour et le devoir, le bien et le mal.

Il existe des éléments clés dans une intrigue:

  • l’incident déclencheur
  • le conflit
  • l’absence de hasard
  • un soupçon de mystère
  • l’exposition rapide

Pour maintenir l’intérêt du lecteur, un récit a besoin de tension narrative. Il peut être très intéressant de compliquer la vie des personnages, en les plaçant dans un conflit apparemment sans issue. Surtout, ne dévoilez pas tout dès le début: vous gâcheriez la surprise pour le lecteur. Ce dernier doit tout découvrir peu à peu pour éveiller sa curiosité.

Une bonne histoire repose sur les émotions. Les personnages ne sont pas des robots. Ils ressentent forcément des émotions par rapport aux situations dans lesquels ils se trouvent. Pensez à jouer avec les émotions, plutôt d’ailleurs en utilisant des verbes évocateurs au lieu de décrire!

En guise de conclusion

Une fois la nouvelle écrite sur l’ordinateur, imprimez-la. Corrigez-la et relisez-la à voix haute pour écouter si les sonorités du récit s’accordent bien. Il convient d’être attentif aux corrections réalisées et de procéder étape par étape: la structure, les figures de style, l’orthographe, le portrait du personnage. Le but n’est pas non plus de la réécrire 50 fois.

Pour que votre nouvelle fonctionne bien, éliminez tout ce qui n’est pas indispensable à la compréhension de l’histoire. Chaque mot, chaque phrase comptent. Eliminez ce qui est superflu. “Ce qui est intéressant, c’est d’arriver à une écriture au scalpel, sinon la nouvelle sera gentillette. Pour une nouvelle, tout le travail de tension se fait dans la réécriture”, conseille Franck Pavloff.

Un livre qui vous aide à écrire une nouvelle

Avant d’écrire une nouvelle et de l’envoyer à un des nombreux concours existant dans chaque pays, il faut commencer par vous entraîner à écrire!

Il vous faut aussi changer d’optique mentale et psychologique. Intégrer l’écriture dans votre vie bien chargé. Prendre conscience de beaucoup de choses.

Les idées ne viennent pas en restant assis des heures à son bureau. La créativité, ça se travaille!

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