La langue française a toujours suivi le rythme que chaque siècle lui a imposé, au gré de l’histoire. Notre langue serait également bien pauvre sans les milliers de mots venus d’ailleurs. La langue française, jamais rassasiée, happe les termes des autres langues, les avale, les digère, les intègre pour enrichir son vocabulaire.

La langue française a traversé les siècles et a fini par supplanter le latin comme langue universelle, au temps de son apogée. Même Marco Polo raconte sa découverte de Chine en français à la fin du XIIIe siècle.

Cette langue française définit une identité nationale, avec son caractère bien trempé. En tout cas, nous aimons cette langue insaisissable, insatiable, vivante, qui se tourne vers l’autre, qui cherche des influences nouvelles, qui accepte les néologismes, qui s’enrichit de ces tournures venues de tous les territoires, sans critère social, racial, culturel, de préjugé, ou de caste.

Cet article fait suite au précédent à partir du livre de Lorant Deutsch, “Romanesque”.

Les Anglais parlent français

Nous pouvons aisément parler de l’histoire anglaise de la langue française, ou comment le français s’est bien implanté en Angleterre pour 500 ans, grâce à Guillaume le Conquérant, parti envahir ce pays en 1066. Après cette date, l’Angleterre est devenue normande, et toute l’adminsitration s’est “normandisée”.

Le normand, rappelons-le, est un mélange de langue viking et de français. Cette langue anglo-franco-normande devient la langue des puissants, la langue de la cour, de la justice, de l’armée, etc. Les nobles et les riches optent pour le normand, les religieux pratiquent le latin, l’ancienne aristocratie saxonne s’exprime en saxon, les nécessiteux et les ignards parlent l’anglais de l’époque.

Beaucoup de mots anglais sont empruntés au normand, qui lui même a beaucoup emprunté au français. Tellement emprunté que l’anglais est la plus latine des langues germaniques. La langue des Normands en Angleterre s’installe durablement, au-dessus des dialectes locaux et du latin. Le normand -bientôt français- fait office de langue légale jusqu’en 1367. N’oublions pas que la devise des rois anglais est en français depuis le XVe siècle: “Dieu et mon droit”.

Au XIe siècle, apparaissent les chansons de geste, une des premières formes de littérature, écrites en langue d’oïl, c’est-à-dire presque déjà en français. La chanson de geste favorise l’affirmation d’une identité culturelle par une histoire héroïque et aventureuse, célébrant les valeurs de la chevalerie et les vertus de l’honneur. Le français d’alors en devient le vecteur logique. Le latin est donc réduit maintenant à la sphère religieuse.

Le XIe siècle voit aussi les premières croisades défendre Jérusalem prise par les Turcs. Les croisés traversent des territoires et cela permet au français d’être parlé longtemps dans des villes, comme Constantinople, Jérusalem, Antioche et Damas.

Le français devient l’outil des échanges et du commerce dans l’Orient proche et dans tous les ports de la Méditerranée. Le français devient une langue à vocation internationale.

Deux langues pour conter l’amour

Le XIIe siècle invente l’amour. Au sud de la France, les troubadours le chantent en provençal. Au nord, les trouvères le versifient en ancien français. On parle d’amour partout, -courtois, cela va sans dire-, on chante l’amour, on récite l’amour. Bien évidemment, l’amour est une affaire de femmes, c’est-à-dire peu de chose. Mais, avec les troubadours, l’amour devient la source unique du bonheur pour le chevalier et sa seule raison de vivre.

Dans les pays de langue d’oc, cette langue semble englober tous les dialectes. Malheureusement, après les croisades contre les Albigeois – les Cathares- et l’Inquisition, la langue d’oc est moins utilisée à l’écrit et on l’utilise plus dans les chansons. Les hommes du Nord et la langue d’oïl prennent possession de l‘Occitanie, région hérétique aux yeux de la chrétienté!

Avec les croisades, la langue arabe s’inflitre dans le français de l’époque. De nos jours, envrion 500 mots arabes ou issus d’une racine arabe subsistent dans notre vocabulaire, bien plus que les mots gaulois. Certains arrivent par les Croisades, mais beaucoup transitent par l’italien, l’espagnol, le portugais, voire l’anglais ou le russe.

Vous parlez arabe quand vous utilisez les mots suivants:

  • tabouret
  • sirop
  • récif
  • raquette
  • mesquin
  • matelas
  • magasin
  • jupe
  • hasard
  • goudron
  • girafe
  • épinard
  • échec
  • douane
  • café
  • assassin
  • algèbre
  • amalgame
  • abricot
  • moquée

Le mot ‘sucre’ est un mot d’origine arabe, arrivé avec les Croisades. Cet ingrédient est d’abord considéré comme un médicament contre les maladies pulmonaires et la toux.

Chrétien de Troyes est la première vedette littéraire, le premier auteur à succès de notre littérature. Il nous conte la légende arthurienne, inspirée par les récits bretonnants. Il écrit en dialecte champenois, une forme ancienne du français, très proche du parler de l‘Ile-de-France.

Le ‘français’ de Paris devient prééminent à cette époque-là. A l’origine de la langue romane, il n’était qu’un dialecte parmi d’autres. Mais, en ce XIIe siècle, il triomphe partout. Le roi Philippe-Auguste, père de Louis IX, Saint-Louis, utilise le français pour unir le pays. Il n’est plus le roi des Francs, mais le roi de France!

La langue française comme langue européenne

Bouvines reste une victoire militaire très importante en 1214 pour Philippe-Auguste qui écrase ses ennemis anglais et germaniques. La victoire permet à la France d’exister et de faire réellement naître le royaume de France. L’identité française se cristallise donc autour de la langue française, qui finit par décrire le parler commun. Au XIIIe siècle, on peut parler de ‘vieux français’.

La langue française est donc imposée et légitime par voie de conséquence le pouvoir du roi face à l’Eglise. Cette période voit un célèbre roman apparaître: “Le Roman de Renart”. Ce texte en vers met en scène des animaux qui se comportent comme les humains. On voit ici poindre les fables de La Fontaine quelques siècles plus tard! Ce roman devient d’ailleurs un succès international!

Les bourgeois de l’époque exigent des textes de loi en français. C’est grâce à eux que l’on doit l’écriture du droit en langue française dans les provinces du nord. Puisque les marchands se mettent au français, les grands seigneurs sont bien obligés de les suivre s’ils veulent s’assurer de la maîtrise et du contrôle des échanges économiques sur leur territoire.

On s’accroche au latin par tradition, mais on a recours au français parce que c’est devenu la langue du quotidien, la langue nationale, la seule comprise. Le latin devient la langue repère, la langue de la religion et de la science. A l’international, le français prime sur toute autre langue. Cette langue est devenue un parler européen. Pour bien écrire, pour se faire comprendre, pour étendre son public, il faut écrire en français.

La France est au plus haut de son prestige avec la population la plus nombreuse de tous les pays d’Europe, soit 20 millions d’habitants, pays le plus peuplé mais aussi le plus prospère au XIIIe siècle. Le français se répand comme expression de la culture et de la connaissance. Marco Polo raconte sa découverte de la Chine en français, ce qui lui assure une large renommée au-delà des frontières de Venise.

La peste et la guerre

Au XIVe siècle, à cause de la peste et de la guerre de Cent Ans, le français perd son aura. L’anglais pénètre certes sur le territoire français, mais en Angleterre, les nobles parlent français, grâce à une ordonnance de 1337, qui recommande de faire apprendre la langue française à leurs enfants.

Le français d’Angleterre, issu du normand, est différent du français de France, notamment dans la manière de prononcer les mots. Mais, le français, à travers le normand, a fortement marqué l’anglais. Certains mots, d’origine française, ont fait des allers et retours avec l’anglais.

De plus, les Anglais tiennent à conserver la langue héritée des Normands parce qu’ils ont des prétentions sur le royaume de France. La guerre de Cent Ans, qui va durer en fait 116 ans, entre en jeu. La France est envahie, et la langue française devient un facteur prioritaire dans le besoin urgent d’entente nationale.

Comme si un malheur ne suffisait pas, la peste fait son apparition durant quatre longues années. La moitié de la population française est décimée, se réduisant à dix millions d’habitants. Amondrie par la peste, épuisée par la guerre de succession sans fin, la France n’est plus la grande puissance d’avant, et sa langue ne fait plus office de parler européen.

En Angleterre aussi, le vieux français perd de sa vigueur. La culture devient peu à peu anglophone, notamment avec le premier écrivain de langue anglaise, Geoffroy Chaucer et ses Contes de Canterbury. En France, le français est toujours sous la tutelle du latin. Ce qui manque véritablement au français, c’est une vraie grammaire, qui pourrait structurer cette langue à la base orale.

Le XIVe siècle est donc une période de relatinisation. On latinise à tout-va. On puise alors dans le fonds latin un vocabulaire nouveau et francisé à la hâte. On s’efforce de choisir le mot le plus proche du latin hyperclassique. C’est la folie latiniste de ce siècle.

Apparaissent alors des doublets, qui ont le même sens et la même origine, mais pas à la même époque: “raide et rigide, écouter et ausculter, volaille et volatile, mûr et mature”. Le latin, vécu comme une langue figée, retrouve ses lettres de noblesse et s’adapte aisément aux besoins de la langue en évolution.

Le français s’impose

Le XVe siècle voit enfin la fin de la guerre de Cent Ans, le roi anglais Henry IV  va définitivement parler anglais pour la première fois et de grands artistes apparaissent: Christine de Pisan, François Villon et Gutenberg qui invente l’imprimerie.

François Villon jongle avec les mots. Ca lui est d’autant plus facile que le français bouge beaucoup à l’époque. Des règles nouvelles viennent rendre la langue plus limpide, plus facile à lire, plus aisée à dire.

Certaines lettres muettes sont introduites en français par les copistes, qui sont tout puissants, car tout le monde dépend d’eux pour se procurer des livres. Le 26 janvier 1476, les “Grandes chroniques de France ” est le premier livre imprimé en français et relate l’histoire des rois français.

Avec l’imprimerie, la langue française se répand partout. La fin de la guerre de Cent Ans marque le triomphe du français comme langue nationale, une langue qui supplante le latin, une langue prête à être structurée, imprimée. C’est aussi la fin du Moyen-Âge.

Les linguistes et la grammaire

La langue française regarde du côté de l’Italie au XVIe siècle avec la Renaissance. Elle intègre alors plus d’un millier de termes italiens pour enrichir son vocabulaire. L’italien devient la deuxième langue la plus présente dans la langue, après l’anglais.

Quand vous parlez français, vous parlez aussi italien:

  • coloris
  • fresque
  • gouache
  • miniature
  • solfège
  • ténor
  • banque
  • crédit
  • tarif
  • caleçon
  • costume
  • jupe (dérivé de l’arabe)
  • pantalon
  • cervelas
  • citrouille
  • riz
  • sorbet
  • canon
  • bombe
  • soldat, etc.

Comme les mots italiens ne suffisent pas, on adopte aussi la grammaire italienne, notamment l’accord du participe passé, introduit par Clément Marot. Le langage s’adapte à l’expérience, à l’observation. Rabelais, dans ses “Pantagruel et Gargantua”, s’amuse à jouer avec les mots, et il en crée beaucoup pour ses besoins littéraires: “automate, célèbre, génie, indigène, horaire…”

Au XVIe siècle donc, l’italianisme balaye tout; le latin est de plus en plus délaissé. Le roi français, François Ier, piètre latiniste, comprend que les gens ne peuvent pas continuer de se faire juger et condamner en latin. Il promulgue le 25 août 1539 l‘ordonnance de Villers-Cotterêts concernant la promotion du français dans les tribunaux et dans l’administration en général.

Le souverain officialise le français en lui offrant une existence légale. Mais, le véritable ennemi, c’est encore le latin! En ce XVIe siècle, le latin devient la langue européenne pour les sciences, le droit, la philosophie et l’Eglise. Le français, lui, fait autorité au quotidien.

En 1539, Jacques Cartier traverse l’Atlantique et installe durablement le français au Québec. Nos cousins d’Outre-Atlantique sont fiers, bien évidemment, d’avoir conservé le français du XVIe siècle, avec ses mots et son accent si charmant!

En tout cas, ce siècle est le temps des premières grammaires et des premiers dictionnaires en français. Déjà en 1550, Peletier plaide pour une réforme de l’orthographe: combien y-en-a-t-il eu depuis cette date? Je ne saurais compter… Ce siècle voit aussi l’émergence de la religion protestante. Les fidèles de cette religion demandent, eux aussi, une modernisation de l’orthographe pour rendre l’accès à l’écriture plus facile. Les catholiques penchent, bien sûr, pour une grammaire élitiste et une orthographe étymologique.

La langue de Molière

Au XVIIe siècle, Richelieu crée l’Académie Française en 1634, le théâtre tragique occupe toute la place et Molière se permet des comédies farceuses. Il existe un débat parmi les intellectuels de cette époque prônant des règles fixes, cohérentes et admises.

L’Académie Françise se voit confier la mission d’imposer simplement le langage correct et de créer un dictionnaire. Il fallait bien occuper ces Messieurs hautement distingués! En 1631, Théophraste Renaudot crée le premier journal, La Gazette, qui véhicule l’information, et donc le français.

Et Molière dans tout ça? Dans son oeuvre, Molière utilise tous les langages de l’époque: celui des provinciaux, celui des Parisiens, celui des latinistes, celui des prétentieux, celui des naïfs…Pas de jaloux avec lui, tout le monde en prend plein pour son grade, surtout les médecins qui s’expriment en latin, certainement pour paraître plus savants qu’ils ne le sont dans la réalité!

Molière est un linguiste avant l’heure, sans le savoir! Pour les contemporains de Molière, notamment Racine, la langue française est une musique avec un rythme merveilleux, une harmonie splendide, une musicalité encore inexplorée. La langue française atteint donc un paroxysme incroyable, voire une certaine perfection, dans cette période de claccisisme.

L’Europe parle français

Au XVIIIe siècle, la langue française triomphe dans toutes les cours européennes jusqu’à la Révolution, car elle se répand à travers toute l’Europe. Les huguenots protestants, condamnés à l’exil à cause de la révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV, se réfugient dans tout le continent européen et amènent avec eux le français. En ce siècle, parler français est une marque de distinction et un signe extérieur de richesse.

Dans ce siècle de développement scientifique, philosophique et technique, on manque de mots en français. On cherche alors du côté des racines grecques ou du côté de l’anglais. S’il est de bon ton de s’exprimer en français dans les cours d’Europe, c’est tout le contraire en Amérique. En parlant le français, on risque de passer pour un dangereux rebelle!

Au XVIIIe siècle, la langue est plus proche du parler quotidien, en évoquant le sort des hommes ordinaires, du peuple en bref! Tout de même, l’Académie de Berlin déclare, en 1783, le français langue universelle. La Révolution Française balaye tout ceci, en tenant compte de la trentaine de patois existant dans le pays. Tous les noms de lieux changent, tout comme le calendrier.

Le français fixe ses règles

Les grammairiens, au XIXe siècle, impose une rigueur grammaticale, mais l’argot fait aussi son apparition. Le français fait la conquête du territoire national avec l’école gratuite et obligatoire de Jules Ferry. Le 13 juin 1803, Bonaparte prend un arrêté imposant administrativement la langue française, toujours valable de nos jours. Sauf la Corse, qui a le droit, elle, de s’administrer dans sa langue régionale!

En ce siècle, le français se transforme, et on suit désormais des règles rigoureuses, avec Victor Hugo pour chef de file. Notre écrivain national magnifie la langue française avec l’emploi romantique et grandiose des mots. Il manie l’écrit de manière sublime et utilise des termes existants et ne crée que très peu de néologismes pour ses besoins d’écriture.

Des termes nouveaux apparaissent, imposés par la nécessité et les évolutions dans les domaines des techniques. Grâce à l’ouvrage de François Vidocq sur l’argot, un bon nombre de mots sont sortis du livre pour entrer dans la langue courante: “Dans le pieu de la piaule, je mate une frimousse, c’est le moutard du rupin à la belle tocante”.

Prosper Mérimée impose aussi la fameuse dictée, conçue au départ comme un jeu pour divertir la cour de Napoléon III qui s’ennuyait ferme au Château de Compiègne par un temps picard gris et pluvieux.

Au passage, l’ambassadeur d’Autriche, Richard de Metternich manie le français avec plus de maîtrise que tous les écrivains français réunis à ce moment-là, ainsi que le couple impérial!

Les “hussards noirs de la Réupiblique”, sous Jules Ferry, partent à l’assaut du pays pour diffuser le savoir, la culture et la langue. Le français se répand dans tout le pays et les maîtres font la chasse aux dialectes: il est interdit de parler la langue régionale à l’école, sous peine de sanctions sévères!

Le français se répand aussi à travers le monde par le biais de la colonisation. La France exporte sa langue au Sénégal, au Cambodge, en Cochinchine, en Nouvelle-Calédonie, en Algérie, en Tunisie, au Maroc, au Tchad, au Congo, au Soudan, au Liban

Le français, langue des médias

AU XXe siècle, les médias informent en français tout le pays, mais l’anglais s’impose comme langue internationale. Les colonies disparaissent, mais la francophonie se développe dans le monde entier.

Le quotidien des soldats durant la Première Guerre mondiale nous donne beaucoup de mots, restés dans la langue: “la gnôle, le rata, les bobards…“. Le traité de Versailles, signé en 1919 stipulant à l’Allemagne ses réparations de guerre, est rédigé en français et en anglais. L’anglais devient donc la seconde langue officielle, après le français.

Le français n’est plus donc la seule langue officielle de la diplomatie. D’ailleurs, l’anglais est à la mode: Marcel Proust, dans “Recherche du temps perdu”, aligne 225 termes anglais dans son roman.

Après la Seconde Guerre mondiale, la presse s’élargit et fait pénétrer la langue française partout. C’est une langue devenue homogène, calquée sur le parler parisien. A partir des années 1950, avec une plus grande fréquentation de l’école publique et la poursuite d’études, tous les enfants apprennent à parler et à écrire le français correctement.

Les chaînes de radio et de télévision diffusent le français, et l’accent parisien se renforce puisque les émissions sont enregistrées depuis la capitale. La langue se propage désormais surtout à l’oral. Les langues régionales perdent évidemment du terrain.

Mais le phénomène du XXe siècle est l’ampleur que l’anglais a prise dans le français, particulièrement dans le langage des nouvelles technologies. La francophonie se met en palce depuis les années 60, constituant un héritage commun. 260 millions de personnes partagent le français à travers le monde, 500 à 700 millions le feront d’ici 2050, dont 80% en Afrique.

Le français, langue de l’immédiat

En ce début de XXIe siècle, tout va vite. A l’oral, on se doit d’utiliser des mots courts et percutants. La langue ne semble plus avoir le temps. Le quotidien de beaucoup de gens, c’est Internet, la fibre, l’info en continu. Comme on veut gagner du temps, on écrit vite, on parle vite, on mange vite.

Nous avons le monde au bout du doigt, en un clic. On est passé de la réflexion au réflexe! Les mots suivent donc le rythme que le siècle leur impose. On raccourcit tout, on utilise des mot brefs, des mots qui frappent les esprits. On ne développe plus!

Peut-être le français s’appauvrit-il en ce moment! Mais, dans le même laps de temps, à l’écrit, on devient pointilleux, des exigences nouvelles émergent. La langue écrite n’a jamais été aussi diverse et inventive. Elle exige du rythme, de la sonorité et des onomatopées.

En guise de conclusion

Pour créer une langue pratique, évidente et facile d’accès, on a jadis détruit le latin classique et fabriqué la langue française. Cette langue s’est affranchie de ses origines.

Le français reste une langue insaisissable, insatiable, vivante, qui se tourne, en ce début de XXIe siècle, vers l’autre, comme elle l’a toujours fait à travers les siècles, qui cherche des musiques nouvelles, qui digère les approximations, qui accepte les néologismes et qui accepte des formes différentes venant de partout dans le monde.

Bien sûr, nous subissons l’invasion des mots de la langue désormais internationale qu’est l’anglais. Certes, il y en a de plus en plus, et le monde entier les utilise. Aucun affolement en ce qui me concerne: la langue d’hier a raconté nos alliances, nos métissages, nos mariages. Elle continuera de le faire demain avec ses anglicismes, ses onomatopées, ses mots venus d’ailleurs et si bien intégrés.

La langue française est à l’image de son peuple: un peuple pluriel depuis les origines! La langue française est une langue d’accueil, qui a grandi et qui existe sur une terre d’accueil: la FRANCE.


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

1 commentaire

lucette smits · 18 mars 2020 à 15 h 45 min

On sait que la langue française est belle mais ô combien complexe. Aujourd’hui en te lisant, en voyant tous ces brassages depuis des centaines d’années, je me dis, qu’il faut être vigilant et grâce à des lettrés comme toi, tu nous donnes envie de nous battre pour qu’elle continue à briller dans le monde. Merci de nous faire partager ta passion de la langue française

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