Ce livre “Comment l’écrire, comment le dire?discours, exposés, conférences-” a été écrit par Pascal Perrat en 2007 aux Editions CFPJ, pour aider les personnes qui souhaitent se mettre à écrire ou celles qui ont besoin de communiquer à l’oral.

 

 

Précédemment, j’ai déjà écrit un article complet sur Pascal Perrat publié le 1er janvier et une partie d’un article publié le 25 décembre lui a été consacré également.

Dans mon article, je ne traiterai que de la première partie de ce livre, à partir de mes notes. Mon blog étant sur l’écriture, je ne traiterai donc pas la deuxième partie du livre, fort intéressante par ailleurs, qui concerne la prise de parole devant un public.

Chacun est persuadé de savoir écrire, annonce d’emblée l’auteur de ce livre.

Mais, écrire s’apprend. Il existe des techniques de base à utiliser pour améliorer son style.

Pour écrire, il faut d’abord avoir quelque chose d’intéressant à dire à son public. Le but principal étant de ne pas se décourager.

 

Les 7 questions à vous poser pour écrire

 

Pour se mettre à écrire de manière sensée, l’apprenti écrivain doit se poser 7 questions fondamentales:

  1. pour qui vous écrivez?
  2. à qui vous vous adressez?
  3. que dire?
  4. quel est votre objectif?
  5. comment le dire?
  6. avec quels moyens?
  7. où écrire?

 

 

Ce sont aussi des questions que l’animateur de l’atelier d’écriture auquel je participe dans ma ville évoque régulièrement:

  • quel est le thème du texte que vous écrivez?
  • qu’est-ce que ça raconte?
  • à quoi vous vous raccrochez?
  • de quoi vous parlez?
  • autour de quoi vous centrez votre narration?
  • quel est votre moteur?
  • de quels éléments vous avez besoin pour raconter votre histoire?
  • comment faire évoluer votre personnage principal d’un point A vers un point B?

 

 

Pour qui écrivez-vous?

 

Quel public vous visez? Pour qui vous écrivez?

Pour commencer à écrire, vous devez tenir compte du caractère et de la personnalité de ceux ou de celles pour lesquels vous écrivez. Vous n’écrirez pas les mêmes histoires pour des enfants en bas âge, pour des adolescents ou des adultes.

 

 

Ensuite, quelle est votre motivation?

Pourquoi vous souhaitez écrire? Pour vous uniquement, comme un journal intime que vous garderez caché au fond de son tiroir? Pour être publié? Pour participer à un atelier d’écriture? Pour vous libérer d’un poids? Ou parce que cela est devenu une activité passionnante? Pour satisfaire votre imagination débordante?

 

 

Comment vous souhaitez écrire? 

Avec humour? En utilisant un langage soutenu? En décrivant la réalité? Quel style vous souhaitez adopter?

80% des personnes qui écrivent ou qui s’expriment ont une tendance naturelle à s’exprimer de façon critique ou négative.

 

 

 

A qui vous adressez-vous?

 

Pour commencer à écrire, vous devez réfléchir au genre de public auquel vous destinez votre histoire.

Est-ce un public d’experts ou de néophytes pour un livre autre qu’un roman? Quel est l’état d’esprit de ce public? Quels sont ses centres d’intérêt?

Vous n’allez pas évoquer de sujets trop sérieux en écrivant pour des enfants. Votre public doit se sentir concerné ou touché par votre texte.

Votre public peut être touché par trois facteurs:

  • l’originalité de votre sujet
  • l’intérêt humain
  • la proximité  (âge, souvenirs, style de vie, etc.)

 

 

Que dire?

 

Telle est la grande question pour toute personne qui se met à écrire.

Bien évidemment, vous devez avoir quelque chose à raconter, à dire. Des souvenirs, votre vie, des histoires sortant tout droit de votre imagination fertile! Que sais-je? Tout est possible!

Qu’est-ce que vous voulez raconter dans vos écrits?

 

 

Quel est votre objectif?

 

Vous écrivez pour informer? Pour influer sur l’opinion des gens? Pour faire agir? Pour distraire les autres ou vous-même par ailleurs? Pour instruire?

Toujours la même question lancinante qui revient: pourquoi vous écrivez et dans quel but?

Vous allez devoir cerner votre priorité dans votre exercice d’écriture pour être capable de transmettre ce qu’il y a en vous.

 

Comment le dire?

Dès que vous écrivez un texte, vous vous exprimez avec clarté, précision et cohésion pour que les autres vous suivent sans difficulté.

Ensuite, vous devez choisir le ton sur lequel vous souhaitez placer votre histoire, puis le rythme.

L’étape la plus importante est de dresser un plan. Forcément, vous ne pouvez pas écrire au petit bonheur la chance en croisant les doigts pour que tous les ingrédients se tiennent bien en place par l’opération du Saint Esprit!

 

 

Avec quels moyens vous écrivez?

 

De manière manuscrite ou informatique? Au stylo bille ou avec un magnifique stylo plume qui provient de l’héritage de votre arrière-grand-mère?  Dans une page de traitement de texte ou dans un beau cahier à l’ancienne? Vous faites des recherches Internet ou dans la bibliothèque de votre ville?

Bref, cela commence comme ça pour écrire! Ces petits détails ont de l’importance. Vous devez vous sentir à l’aise pour écrire.

 

Où écrivez-vous?

 

Cette question est fondamentale pour tout écrivain. Certains écrivains ont besoin de se trouver dans un lieu bruyant avec une atmosphère particulière, telle des cafés.

D’autres ont besoin de calme, dans une pièce qui est dédiée à la fonction ‘écriture’.

Vous écrivez à l’intérieur? A l’extérieur? Assis ou debout comme Victor Hugo, dans une toute petite pièce non chauffée?

Avec ou sans bruit? Avec ou sans musique?

 

L’importance du plan

 

Mettre au point un plan est très important. Vous devez savoir où vous allez dans votre histoire, et ce, avant même de la commencer. Vous devez savoir à quoi vous attendre.

Votre plan doit être structuré et cohérent, et forcément compréhensible à tous.

Votre plan doit être imagé et rythmé. Ce sera plus facile pour le lecteur de vous suivre.

Mais, avant de dresser votre plan, vous devez classer tous les éléments que vous possédez. Vous devez passer par l’étape tri, avant même d’avoir commencer.

 

Les 6 temps de l’écriture 

 

C’est ainsi que Pascal Perrat détermine la progression à tout exercice d’écriture.

1)Prenez des notes

Vous pouvez le faire de différentes manières: sur un carnet toujours à disposition, sur un dictaphone ou sur la fonction ‘enregistreur vocal’ de votre smartphone.

Vous devez noter les idées au fur et à mesure qu’elles arrivent. Vous croyez naïvement que vous vous en rappellerez; mais c’est une erreur fréquente que de le penser.

 

2)Faites des brouillons

Cela peut vous rappeler des souvenirs scolaires, mais cette étape est aussi indispensable.

Vous devez écrire au calme pour ne pas être distrait.

En écrivant, vous entrez en action avec ce qui se passe dans votre tête; ceci pour éviter la page blanche.

La première phrase d’un texte donne la longueur, le ton, le style et donne le tout en fait.

 

 

Il vous faut trouver le rythme agréable à toute lecture et à l’oreille. Il vous faudra alors vous obliger à écrire jusqu’à trouver un rythme, lié à votre style personnel bien sûr. Il n’est pas question de copier quiconque. Aucun intérêt et ce ne serait pas de la création.

Laissez venir les mots comme ils arrivent, sans interrompre la production. Le seul guide est votre oreille. Lisez à voix haute ce que vous aurez écrit pour vous rendre compte de l’effet produit.

Vous devez entendre ce que vous écrivez. 

Vous devez entendre la petite musique des mots. Votre texte doit chanter, et non pas grincer. Vous devez vous entendre penser vos phrases.

Pensez à alterner des phrases courtes (7-8 mots), avec des phrases moyennes (9-15 mots), avec des phrases longues (16-24 mots).

Le français est une langue chantante, comme l’italien. Alors, faites-la chanter! Les voyelles sont nombreuses dans notre langue, ne vous en privez pas!

Pensez à limiter les mots à quatre sons. Ecrivez plutôt “Stop! Halte-là” (7 lettres, 3 syllabes et 2 sons) plutôt que “Arrêtez-vous immédiatement” (25 lettres, 9 syllabes, 9 sons).

 

 

3)Structurez votre brouillon

Imaginez une introduction attractive, des étapes judicieuses et une fin d’histoire percutante et positive.

Vous devez tenir votre public éveillé et bien accroché à votre histoire dès l’introduction. Quelque soit le sujet, attaquez fort!

Le début de votre histoire donne le ton de la suite. Il doit sonner comme un clairon à la tête d’une armée de mots! Entrez dans le vif du sujet avec des phrases percutantes et actives.

Utilisez des verbes d’action, car ils permettent de faire avancer l’intrigue. Utilisez des mots concrets. Eviter le pronom “on” impersonnel.

Enchaînez les paragraphes, mais n’écrivez pas plus de 15 à 25 lignes par paragraphe. Introduisez une seule information ou une idée dominante par paragraphe.

Introduisez des faits concrets, des informations, mais pas trop de détails. Ces derniers sont à utiliser avec parcimonie.

Il faut savoir limiter aussi les descriptions. Par exemple, pour décrire une feuille, nul besoin de décrire toute la forêt.

4)Enrichir le style

Ne vous privez pas d’utiliser l‘humour, la sympathie, l’empathie, les sentiments, la compassion, l’enthousiasme, etc. quand vous imaginez une histoire.

Mais, évitez tout de même de vous montrer trop pédagogique, surtout si vous écrivez des nouvelles ou un roman.

Vous pouvez donner du relief à votre histoire en utilisant l’analogie, la comparaison. Les lecteurs ont besoin d’images pour suivre mentalement le récit qui lui est conté. Parsemez le texte d’exemples ou de situations concrètes.

Pensez aussi à l’impact d’une image verbale.

Avec l’humour, tout passe. C’est un acte social qui rapproche les gens. Voyez le succès grandissant des humoristes sur la scène française. L’humour peut être bienveillant, mais aussi ironique et cruel! A vous de doser!

 

 

5)Dépoussiérer le texte

A un moment donné, si vous n’êtes pas sûr de vous, il vous faudra faire vérifier l’orthographe de votre histoire. N’hésitez pas à faire appel à un écrivain public pour ce faire.

Le contrôle technique sera aussi pour vous de contrôler la longueur des phrases. Les phrases trop longues noient les idées et le lecteur, même assidu!

Évitez la langue de bois, le jargon, le charabia ou la langue des jeunes.

N’incluez pas trop de chiffres, de références, d’anglicismes, de clichés, de pléonasmes, d’euphémismes.

 

 

Évitez le conditionnel, et si vous n’êtes pas à l’aise avec les temps du passé, utilisez plus le présent de l’indicatif, temps fort, actif et vivant par excellence.

Par dessus-tout, respectez le lecteur en soignant votre français.

Il est également plus efficace d’utiliser des mots simples.

Pour dépoussiérer efficacement votre texte, simplifiez-le au lieu d’apporter de multiples modifications.

Évitez aussi l’ajout de superlatifs, qui n’apportent pas grand chose à l’histoire.

6)Testez oralement votre texte

Après l’écriture, relisez toujours votre texte, plusieurs fois, à des moments différents et éloignés les uns des autres.

Ensuite, relisez votre texte à voix haute, en y mettant l’intonation comme pour préparer un rôle au théâtre. Personne n’est témoin, allez-y, défoulez-vous!

Ecoutez surtout la sonorités des phrases, la musicalité des mots de notre belle et riche langue!

 

En guise de conclusion

 

Pascal Perrat donne de précieux conseils dans son livre, adaptables aussi bien à l’écrit qu’à l’oral.

Pour commencer à écrire, je conseille de composer de courts textes, de relire les grands classiques et de lire beaucoup d’une manière générale, et ce, dans tous les genres.

Il est aussi très instructif de lire les histoires des autres sur des blogs (voir l’article que j’ai écrit sur les sites web), d’échanger avec certaines personnes par courrier, par exemple..

Quant à moi, je participe à un atelier d’écriture hebdomadaire, ce qui m’a obligée depuis septembre 2018 à concocter une histoire courte chaque semaine.

De temps à autre, j’écris sur le blog de Pascal Perrat, qui propose des amorces de textes amusantes et sortant de l’ordinaire chaque semaine.

https://www.entre2lettres.com/

Je me suis inscrite aussi sur un site pour trouver des correspondants, et je suis en relation avec une femme qui adore écrire, et nous échangeons agréablement à ce sujet. C’est très agréable d’échanger aussi de façon épistolaire.

J’ai aussi décidé d‘écrire à un détenu via l’association “le Courrier de Bovet“. C’est une de mes résolutions pour cette année 2019.

https://www.courrierdebovet.org/

J’ai écrit aussi deux articles “Sur quoi écrire?” dans mon blog, qui pourront peut-être vous inspirer!

A vos plumes donc!

 

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

1 commentaire

lucette smits · 16 janvier 2019 à 9 h 02 min

Vraiment BRAVO pour toutes tes initiatives qui sont d’échanger avec une lectrice, jusqu’à correspondre avec un prisonnier. C’est beaucoup de travail, mais en retour c’est une grande “richesse personnelle” que tu vas accumuler au fil des jours…

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