Le livre Rédiger sans complexe, écrit par Michelle Fayet, est paru en 2013 aux Editions Eyrolles. Il consiste à donner des conseils pour surmonter la peur de la page blanche pour mieux transmettre votre pensée, améliorer votre style et contrôler la qualité de vos écrits!

Cet ouvrage concerne plutôt les écrits professionnels, ce qui n’est pas précisé dans la première page de couverture, ni sur la quatrième de couverture non plus.

Il propose d’acquérir quelques réflexes d’écriture pour mieux structurer vos textes, pour acquérir un style plus fluide et donc mieux communiquer à l’écrit.

Michelle Fayet est formatrice et consultante en communication. Elle est spécialisée dans l’écriture de documents professionnels, mais anime aussi des ateliers d’écriture littéraire.

 

  

 

L’acte d’écrire

Quand vous écrivez, vous immobilisez vos pensées, par essence, fugitives. Vos pensées se retrouvent ainsi mises en forme par le biais du support papier ou écran, comme capturées.

La force de l’écrit vous fait observer vos propres pensées, comme peut le faire une photographie. Quand vous écrivez, vos pensées sont conservées comme des arrêts sur image.

Tout travail sur l’écriture peut conduire votre pensée à s’approfondir et à mieux se structurer.

Il est vrai que, pour certains d’entre vous, il peut s’avérer parfois difficile de savoir comment vous y prendre pour amorcer l‘étincelle d’écriture.

Comme je l’ai déjà écrit dans un article de mon blog paru précédemment, des moments difficiles dans votre enfance au cours des nombreuses étapes qui vous ont mené à l’écrit ont pu créé en vous des souffrances, des nœuds ou des inhibitions.

Comprenez bien que l’acte d’écrire n’est pas un acte naturel. Ecrire est le résultat d’un long apprentissage physique et intellectuel dans lequel le corps est partie prenante.

 

 

Ecrire lisiblement n’est absolument pas un don. Ecrire, c’est utiliser les codes que vous avez été obligé d’apprendre. Il est vrai que dans nos sociétés alphabétisées, écrire est un parcours obligé. Mais, tout le monde n’écrit pas forcément dans la vie quotidienne ou professionnelle.

Chacun peut réussir à écrire, malgré ses réticences au départ.

 

 

Choisir le plan adapté à la situation

 

Pour qu’un texte devienne cohérent, il doit être construit avec rigueur. Il faut à la fois écrire et construire. Pour cela, il est nécessaire, dès le départ, de définir le rôle attribué à votre écrit.

Par écrit, notamment professionnel, il est entendu ‘le courrier, la note d’information, la note de service, le compte-rendu, la dissertation, le résumé, la synthèse de documents ou la note de synthèse.’

Chaque écrit mentionné ou un autre requiert une stratégie d’écriture. Chaque type d’écrit possède ses propres codes et règles.

Michelle Fayet propose 4 chemins de pensée dans son livre:

  1. le chemin de pensée linéaire chronologique ou spatial: c’est l’organisation la plus simple, ordinairement descriptive, comportant peu de choix personnels.
  2. le chemin par catégories: un éventail de thèmes est possible pour organiser les idées et les arguments permettant de classer les idées.
  3. le chemin par opposition: le rédacteur prend position et s’implique donc personnellement fortement, généralement pour mettre en valeur des arguments favorables ou défavorables, après avoir réfléchi au préalable au thème traité.
  4. le chemin par diagnostic: c’est le chemin du spécialiste qui cherche à approfondir un sujet sous tous les angles et en profondeur; le rédacteur prend forcément personnellement position.

 

 

Utiliser les descriptions

 

D’emblée, nous savons tous qu’il est fastidieux de décrire. Pourquoi? Parce que la description est en fait l’acte de détailler une observation visuelle.

Quand vous décrivez, l’action est absente. Les descriptions ne sont pas des moments exaltants en règle générale, surtout si elles durent plusieurs pages. Par contre, elles s’avèrent indispensables pour expliquer une situation.

Pour parvenir à décrire convenablement, détaillez de manière progressive et cohérente, surtout pour éviter de devenir ennuyeux ou monotone.

Voici l’exemple d’une description ci-dessous:

« Cette maison, située sur une colline dominant la ville, est en pierre apparente. Constituée d’une aile gauche plus basse, à hauteur du dénivelé, elle épouse progressivement, vers la droite, la forme ascendante du terrain. L’aile droite est donc beaucoup plus haute que le bâtiment central… ».

Le champ de la description est balayé de gauche à droite pour être le plus fidèle possible à l’impression visuelle réelle, pour coller à la réalité le plus fidèlement possible.

 

 

Pour ne pas ennuyer vos lecteurs, n’allongez pas vos descriptions et ne soyez pas trop monotone. Évitez également les mots de liaison dans une description, car cela révèle plutôt un passage passif dans la suite de l’histoire.

Décrire, expliquer, c’est donner un sens à une action; ce n’est pas l’action même!

 

Savoir construire un argument

 

La force d’un récit réside dans les exemples, les anecdotes ou les illustrations. Un personnage peut avoir des idées, mais, quand cette idée est expliquée, elle devient argument.

Dans sa construction, un argument reste dominé par une idée-force. Il transmet un message essentiel et son objectif premier est de convaincre le public auquel il se destine.

Quand vous écrivez et que vous utilisez des arguments, vous insérez un seul argument par paragraphe, en l’illustrant avec un exemple au besoin.

L’ argument, c’est le muscle de l’écrit! Il soutient le point de vue de l’auteur. Il vous faudra donc plusieurs arguments pour arriver à convaincre votre public.

Un argument n’est pas simplement une opinion affirmée: cela correspond à une explication détaillée pour convaincre autrui du bien fondé de cette opinion.

 

 

 

Relier ses idées

 

Le défaut récurrent de la plupart des rédacteurs est de ne pas lier les idées entre elles. Cet acte s’avère primordial.

Je vous concède que relier les idées entre elles n’est pas un acte naturel, et cette étape est souvent oubliée à l’oral. Les mots de liaison doivent bien placés pour fonctionner et offrir du confort de lecture au lecteur, qui ne possède pas forcément le même enchaînement logique que l’auteur.

Les mots de liaison fonctionnent comme les rouages du raisonnement au sein du texte. Ils doivent être bien placés pour favoriser l’enchaînement des idées.

Voici un échantillon de quelques mots de liaison:

Marqueurs de relation, pour faire un lien dans la phrase ou entre des phrases

introduction : d’abord, en premier lieu,
addition : aussi, de même, de plus, encore, et, également, en outre,
énumération : d’abord, enfin, ensuite,
liaison, transition : bref, d’ailleurs, donc, ensuite, en somme, en outre, or, par ailleurs, puis,
explication : car, c’est-à-dire, en effet, effectivement, étant donné que, puisque,
illustration : entre autres, notamment, par exemple,
opposition/restriction : au contraire, néanmoins, par contre, pourtant, quoique, toutefois, cependant, sinon, pour autant,
alternative : d’une part …. d’autre part, soit … soit, de même,
conséquence : alors, ainsi, c’est pourquoi, d’où, dans ces conditions, de sorte que, donc, en conséquence, par conséquent, aussi, de ce fait
conclusion/synthèse : ainsi, étant donné, puisque, en fin de compte

 

Organisateurs textuels, très utiles pour faire des liens entre les grandes parties du texte (ce sont des expressions d’enchaînement)

à notre avis : en ce qui nous concerne, pour notre part, quant à nous
au sujet de : à cet égard, à propos de, en ce qui a trait, en ce qui touche, pour ce qui est de, quant à, relativement à, sur ce point, à ce titre, en d’autres termes,
car : en effet, c’est qu’en effet, de fait
de plus : en outre, de surcroît
de toute façon : de toute manière, quoi qu’il en soit
d’ailleurs : d’un autre côté, par contre, du reste
d’une part … d’autre part : à première vue … , mais toute réflexion faite, mais à bien
considérer les choses, non seulement … mais encore, mais aussi, mais en outre
d’abord … puis : en premier lieu, troisièmement, ensuite
en réalité : à vrai dire, effectivement
en résumé : au fond, bref, dans l’ensemble, en d’autres termes, en définitive, en
somme, essentiellement, somme toute, tout compte fait, en dernier lieu, en définitive, en résumé, comme nous l’avons déjà mentionné
enfin : finalement, en dernier lieu, en fin de compte, en conclusion
par conséquent : ainsi, ainsi donc, aussi, c’est pourquoi, donc, en conséquence, partant
de ce fait, pour cette (ces) raison(s)
pourtant : cependant, néanmoins, toutefois

 

 

Donner du style à sa pensée

 

Pour offrir un confort de lecture à vos lecteurs, utilisez plutôt des phrases courtes, pas plus de 2 lignes et insérez entre 8 et 16 mots. C’est la longueur avec laquelle un lecteur moyen retient le mieux.

Si vous écrivez des phrases trop longues, le lecteur devra fournir un effort supplémentaire pour en percevoir pleinement le sens.

Chassez les “qui” et les “que” pour alléger vos phrases. Ces pronoms relatifs sont plutôt utilisés dans le langage oral. A la place, il est préférable de créer plusieurs phrases.

 

 

Pensez à remplacer la locution “parce que” par deux points (:); ce procédé, certes relativement littéraire, allège la phrase.

Utilisez peu les participes présents ou gérondifs, notamment en début de phrase, car cela permet d’alléger le style.

Pour offrir plus de clarté, il vaut mieux aussi que le début de phrase concerne directement le sujet dont il est question.

En voici un exemple concret:

Surpris par cette panne, son matériel n’ a pas été opérationnel pendant deux jours”.

Il aurait fallu écrire:

Surpris par cette panne, il a dû s’organiser différemment car son matériel n’ a pas été opérationnel pendant deux jours”.

Pensez toujours à améliorer vos phrases, en ayant à l’esprit la maîtrise de la langue.

Voici quelques exemples concrets d’amélioration de phrases:

Le froid a nui à la qualité de ces produits que nous avons envoyés en régime ordinaire”.

Dans cette phrase, le pronom personnel nous n’est pas indispensable et gêne quelque peu la fluidité du style car nous ne savons pas à qui il renvoie précisément. Il aurait mieux valu écrire:

“Le froid a nui à la qualité de ces produits, envoyés en régime ordinaire”. 

 

En guise de conclusion

 

J’ai emprunté ce livre de Michelle Fayet à la médiathèque de ma ville. Je pensais que l’auteur donnerait plus de conseils concernant l’écriture en elle-même, mais son objectif est d’aider à rédiger des écrits professionnels, sans que cela ne soit mentionné précisément.

Mais, les conseils prodigués restent néanmoins valables pour tout écrit.

Je vous propose un deuxième article la semaine prochaine, car je n’ai pas pu traiter des chapitres restants dans cet article.

 

 

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

2 commentaires

lucette smits · 26 mars 2019 à 14 h 41 min

Bien sûr toujours très intéressant d’avoir des pistes pour aérer nos textes.
Moi, qui écrit à l’instinct sans rien avoir appris, ça m’inspire beaucoup…

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