Pour écrire, il faut avoir des choses à dire. En fait, ces choses sont partout autour de vous et en vous; il suffit d’être attentif.

Comme vous avez commencé à être assidu à votre travail d’écriture régulier, pour ne pas dire quotidien, vous prenez donc de plus en plus de plaisir à écrire. Vous avez amorcé la pompe de l’écriture, et elle peut être très féconde. Peu à peu, vous intégrez les concepts de construction de vos histoires tout en continuant à flirter avec votre imagination.

C’est une force que vous devez fidéliser, rassurer, flatter et développer afin de poursuivre votre oeuvre.

 

Le point de vue narratif

 

Quand vous écrivez, dès les premières pages, vous devez positionner ce que vous savez:

  • le choix du pronom personnel (à la première ou à la troisième personne)
  • le héros (le narrateur ou quelqu’un d’autre)

Si vous commencer à écrire à la première personne, vous devez vous y tenir jusqu’au bout et limiter votre connaissance à celle de votre héros, narrateur de votre histoire. Mais, surtout, vous devez impérativement établir un plan rigoureux avant de commencer la rédaction de votre histoire. En effet, vous allez vivre des mois avec votre héros ou héroïne, voire vous identifier à lui ou elle.

Si vous choisissez d’écrire à la troisième personne, vous êtes supposé tout connaître de votre personnage, y compris ses pensées. Vous pouvez commenter les événements, les étudier et même les analyser. Un narrateur qui comprend et analyse ce qu’il raconte, intéresse beaucoup plus le lecteur qui apprend ainsi les mécanismes psychologiques du héros.

 

 

Le choix de la narration est crucial: demandez-vous tout de suite qui raconte l’histoire que vous écrivez.

 

Les différents points de vue

 

Le point de vue objectif: c’est le point de vue vu de dehors – tout est raconté de l’extérieur, sans pensées. On n’entre pas dans l’intimité avec les personnages. Tout se passe donc par dialogues ou gestuelle, que le narrateur découvre en même temps que le lecteur.

Le point de vue omniscient: c’est le point de vue vu de dedans et de dehors. La narrateur sait, entend et voit tout de tous ses personnages. Le narrateur sait tout. De fait, le lecteur en sait plus que les personnages.

 

 

Le point de vue vu de dedans: le personnage est le narrateur. Le lecteur ne sait que ce que sait le personnage. Un seul personnage mène le récit d’un bout à l’autre.

Soit la narration est à la première personne, et le lecteur entre dans la peau du conteur, mais la vision de l’histoire est limitée.

Soit la narration est racontée à la troisième personne, et le lecteur peut ainsi entrer dans les pensées d’un autre personnage.

Soit la narration est faite par un personnage secondaire, observateur, et l’histoire est ainsi étoffée puisque cet observateur ‘justifie’ tout ce qu’il dit.

 

 

Il existe des histoires où plusieurs personnages mènent le livre. Dans ce cas-là, chacun d’entre eux doit avoir sa voix propre, ses expressions, son caractère bien trempé.

 

L’étape 27: ‘narrations’

 

Dans cet exercice que vous ferez en 3 fois 15 minutes, vous vous remémorez un incident qui vous est arrivé enfant. Vous le racontez sous 3 points de vue différents, en quelques lignes.

  • le vôtre, à l’époque, tel que vous l’auriez raconté à un ami
  • celui de votre instituteur, tel qu’il aurait pu en parler à vos parents
  • celui d’un conteur extérieur qui ne connaît ni l’un ni l’autre.

 


Mon point de vue

Tu sais, Caroline, j’ai été punie à l’école par ma maîtresse car j’ai oublié mes baskets pour le cours de sport. Je ne comprends pas, j’étais déjà en baskets, comme d’hab, mais Mme Fantin a refusé que je fasse le cours sous prétexte que je mets ces baskets-là pour marcher dans la rue. Je n’y comprends rien. En plus, elle a dit “le règlement, c’est le règlement. C’est le même pour tous”. C’est dinge, c’est la première fois que ça m’arrive, mais elle me punit quand même. J’ai pleuré une partie de la journée.

 

Le point de vue de l’instituteur

Mme Basil, je vous ai convoquée car votre fille a été punie ce matin. Elle a oublié ses affaires de sport. Il est bien stipulé dans le règlement intérieur de notre école qu’en cas d’oubli, même la première fois, l’élève est puni. C’est donc ce qui est arrivé ce matin à Clara, qui, je dois admettre, n’est pas d’accord avec la punition. Elle a répondu à la limite de l’insolence, ce que je ne saurai tolérer chez aucun de mes élèves. 

 

Le point de vue du conteur extérieur

Ce matin, comme tous les mardis, il y a un cours de sport à l’école Jean Jaurès. Clara est une élève sérieuse, mais ce matin-là, elle a oublié ses affaires de sport pour la première fois. Comme il est stipulé dans le règlement intérieur de cette école, elle a été punie pour oubli. Mais, la fillette n’était pas d’accord avec sa maîtresse, Mme fantin, car elle chaussait déjà des baskets avec lesquelles elle aurait pu faire le cours. La maîtresse, dans son droit, a fait appliquer strictement le règlement, ce qui n’a pas plu à l’élève, qui a pleuré une partie de la journée. Elle en a bien sûr informé les parents de Clara. 

 

 

L’idée de base d’une histoire

 

Vous pouvez trouver votre inspiration à toute histoire après avoir lu un roman ou vu un film. Mais, attention: vous ne devez pas écrire une histoire trop proche de ce que vous avez lu ou vu, car cela s’apparenterait à du plagiat, qui serait alors sanctionné par la loi.

A partir d’une idée de base, votre histoire ne serait bien évidemment pas une oeuvre originale, mais une ‘fanfiction’. L’idée de votre histoire se décompose alors en deux parties:

  • une partie ‘concrète’
  • une partie ‘abstraite’.

Le début de votre histoire doit reposer sur une simple phrase contenant l’idée de base. Cette première formulation se doit d’être originale. Raconter l’histoire d’un petit garçon qui va à l’école à vélo n’apporte aucun suspense. Alors que celle d’un enfant, qui vole chaque nuit une voiture pour faire une balade, commence à intéresser le lecteur beaucoup plus.

 

 

 

Entre les deux propositions précédentes, deux choses sont apparues:

  • l’originalité
  • le risque – composante dynamique.

Les prémices de toute histoire doivent être précises et concrètes.

Ensuite, le concept de votre histoire est plus abstrait: c’est la partie immergée de l’iceberg, la cause profonde du risque que votre personnage va prendre.

Dans l’exemple ci-avant, il se peut que le père de l’enfant soit mort d’un accident automobile et que, depuis; la mère refuse de toucher à la voiture et oblige toute la famille à se déplacer en transport en commun.

 

Reconnaître l’intérêt du lecteur

 

Tout lecteur cherche à être intéressé par la lecture d’une “bonne histoire”. L’intérêt d’un livre se détecte facilement et rapidement. Si votre idée de départ est une simple phrase statique qui constate un fait, il n’y a pas d’intérêt. Sauf si vous évoquez un sujet qui éveille la curiosité du lecteur, comme c’est le cas pour une biographie d’une personne célèbre, alors, le lecteur est conquis pour des raisons assez obscures.

En revanche, si votre phrase ouvre sur des horizons potentiellement différents, vous êtes pratiquement sûr de créer du suspense. Le lecteur ressentira en lui cette envie d’en savoir plus, parce que votre phrase de départ, justement, laisse supposer plusieurs éventualités. C’est donc une phrase dynamique. Le lecteur part alors sur diverses pistes, puis vous reprenez les rênes en le guidant vers un autre chemin, qui le fait rêver ou frissonner!

 

 

Pour maintenir la pression sur votre lecteur, vérifiez bien la cohérence de votre histoire à chaque étape. La moindre erreur vous ferait perdre votre lecteur. A vous de semer des graines dans l’esprit de votre lecteur pour l’intriguer, afin qu’il échaffaude une piste ou un événement probable. Un événement ne doit jamais tomber comme par enchantement, car il coupe alors toute envie de poursuivre la lecture. L’envie d’en savoir plus est l’indicateur du dynamisme de votre histoire.

 

L’opinion de l’auteur

 

Dans toutes les histoires que vous écrirez, inévitablement, vous distillerez vos propres opinions sur nombre de sujets, qui permettront de dessiner de vous une certaine moralité. Votre opinion est toujours délicate à retranscrire, car elle doit être en parfaite adéquation avec vous, le lecteur et les personnages.

Ce principe reste valable tout au long de votre récit et demeure le fil tendu de toute l’histoire, sans lequel tout s’écroulerait. Bien entendu, vous ferez attention à ne pas tomber dans des propos excessifs concernant vos personnages qui pourraient éventuellement choquer votre lecteur.

 

 

La “morale” devient donc le grand message permanent que tout auteur fait passer dans son histoire, qui devra rester constante du début à la fin. Vous devez exprimer cette opinion à toutes les occasions qui se présentent, comme le refrain d’une chanson, pour la prouver au lecteur.

Habituez-vous à prononcer clairement le point de vue que vous voulez défendre en une phrase très affirmative qui pourrait commencer par:

  • “j’ai toujours pensé que…”
  • “c’est scandaleux de…”
  • “c’est génial de…”.

 

L’étape 28: “scandales”

 

Vous allez choisir un moment ensoleillé et confortablement assis. Fermez les yeux, laissez la chaleur s’infiltrer en vous, au plus profond de vous. Si le soleil est absent au rendez-vous, imaginez sa présence chaude et rassurante.

 

 

Laissez remonter les choses qui vous scandalisent, celles que vous changeriez immédiatement si vous en aviez le pouvoir. Listez-les quand vous en avez 5. L’exercice vous prendra 20 minutes.

 

Les 5 choses qui me scandalisent:

  • le viol sur les enfants
  • taper et tuer sa compagne
  • la guerre et ses conséquences
  • la faim dans le monde
  • le monde de la politique

 

Les 5 choses que j’aimerais changer immédiatement si j’en avais le pouvoir:

  • les émissions abêtissantes à la télévision
  • les fondements des apprentissages et la pédagogie à l’école
  • développer les pratiques artistiques et la culture
  • permettre à chaque enfant d’être libre pour penser par lui-même
  • aider les jeunes à se débarrasser des addictions nombreuses

 

L’étape 29: “3 souhaits”

 

Fermez à nouveau les paupières et concentrez-vous, pendant 20 minutes, sur les 3 souhaits que vous feriez si vous étiez tout-puissant, en évitant les demandes personnelles ou familiales. Scandales et souhaits constituent une source d’inspiration pour les opinions que vous pourrez exprimer au long de votre récit.

 

 

Mes souhaits

  • la politique devrait revenir au peuple, de manière réellement démocratique
  • permettre à chaque enfant dand le monde d’étudier, de manger à sa faim et d’avoir un toit
  • ne laisser personne, quelques soient son origine ou ses opinions, sur le bord de la route dans notre pays.

 

Qu’est-ce qu’une histoire?

 

Une histoire, c’est d’abord une idée originale et vivante, sans laquelle il n’y aurait jamais d’histoire inédite!

L’histoire est une communication structurée sur une forme dynamique, où un “narrateur” conte une histoire à un public (lecteur, auditeur ou spectateur), en cherchant à capter son intérêt. Il s’agit, la plupart du temps, d’un morceau de vie, qui permet de réfléchir ou de se divertir.

Chaque histoire étant une tranche de vie, vous utiliserez tous les désirs humains comme moteur, du plus basique au plus fou. Une histoire est un récit réel ou imaginaire qui se focalise sur un être appelé personnage principal. Pour intéresser le lecteur, l’histoire va le faire sympathiser avec ce personnage, puis va le malmener.

 

 

Le héros d’une histoire

 

Le héros est celui de vos personnages dont l’histoire est la plus palpitante. Le personnage principal n’est pas forcément un être humain. Vous pouvez construire une histoire autour d’un animal, d’un arbre ou d’une maison. Mais, il faudra toujours un être vivant pour conduire le récit, et d’une façon ou d’une autre, vos héros montreront des émotions à dimension humaine.

 

 

L’étape 30: “50 mots”

 

Listez 50 mots insolites, sans lien évident entre eux, à raison de 5 fois 10 mots, répartis au cours de la journée entre:

  •  5 êtres vivants méchants (3 humains, 2 animaux)
  • 5 êtres vivants gentils (3 humains, 2 animaux)
  • 10 verbes d’action
  • 10 adjectifs
  • 10 lieux
  • 10 objets

 

* 5 êtres vivants méchants:

  • Henry VIII d’Angleterre
  • Dracula
  • Attila
  • le crocodile du Nil
  • le boa constricteur

 

*5 êtres vivants gentils:

  • la fée dans “Cendrillon”
  • Bourvil
  • l’Abbé Pierre
  • le koala
  • le rouge-gorge

 

*10 verbes d’action:

  1. nager
  2. pétrir
  3. écrire
  4. salir
  5. jouer
  6. manger
  7. trembler
  8. dormir
  9. ressentir
  10. guérir

 

*10 adjectifs:

  1. mélodieux
  2. soyeux
  3. soigneux
  4. embelli
  5. maudit
  6. rapetissé
  7. croupi
  8. pourri
  9. tremblotant
  10. ardu

 

*10 lieux:

  1. une clairière au printemps
  2. une prairie verdoyante
  3. un sommet d’Auvergne
  4. une rivière de montagne en crue
  5. un château fort en ruines
  6. la niche de ma chienne
  7. une cabane dans un arbre
  8. une cabine de plage comme à Deauville
  9. une cachette derrière un buisson
  10. une véranda avec des citronniers

 

*10 objets:

  1. un crayon à mâcher
  2. une hâche de bûcheron
  3. une pince monseigneur
  4. un bouchon en liège
  5. une écorce d’arbre vieux
  6. un poteau en bois
  7. une pile de livres
  8. une paire de ciseaux
  9. une roue de voiture
  10. un sifflet d’arbitre

 

L’étape 31: “travail de détective personnel”

 

Lorsqu’une personne créative commence à exprimer son talent, un obstacle se présente à elle: elle a peur d’exposer ses créations aux regards des autres. Car, d’une part, elle craint la critique; d’autre part, elle ne veut pas ‘narguer’ les autres.

Remémorez-vous plusieurs choses aimées dans votre enfance (jouet préféré/ jeu préféré/ meilleur souvenir de film/ de livre/ instrument de musique préféré/ animal préféré).

Rappelez à votre souvenir des images de votre enfance, puis listez-les. Choisissez en 3 et écrivez une phrase sur chaque souvenir. Puis, sélectionnez-en un et racontez sur 2 pages une scène de votre enfance en exagérant volontairement vos émotions.

 

*3 souvenirs de mon enfance

  • le jour où nous sommes allés chercher notre chien Blacky: ce chien était malheureux dans son minuscule enclos chez l’un des membres de ma famille. Il nous avait fait pitié lors d’une visite précédente.
  • tous les samedis midi, mon frère et moi préparions en partie le repas, invariablement composé de rumsteak (moins coûteux à l’époque) et de frites, préparées maison. C’était une corvée plaisir, mais surtout un régal, alléchant par avance.
  • les livres de mon enfance: j’ai dévoré les livres. Je passais des journées entières à lire, à me délecter du pouvoir des histoires au fil des pages.

 

 

Ma passion des livres

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours adoré lire. Depuis que j’ai appris à lire au CP en fait. Les livres m’ont toujours accompagnée. Je me souviens de certains jours sans école (d’abord le jeudi, puis le mercredi) où je restais en chemise de nuit, calfeutrée dans le canapé du salon, à dévorer un de mes livres. Je repoussais tant bien que mal les corvées à faire avant le retour du travail de mes parents. C’était la vaisselle à laver, à essuyer et à ranger. Pas trop passionnant à vrai dire. J’oubliais tout, le monde autour de moi, le temps, la météo; plus rien n’avait d’importance que lire le livre en cours.

Moi, je préférais me plonger dans les pages des livres que j’empruntais au départ à la bibliothèque de l’école. Je m’échappais, je rêvais, je partais loin grâce à eux. Ce n’est pas que ma vie était mouvementée, mais j’avais ce besoin irrépressible de lire, de me plonger dans la peau des personnages, de m’imaginer à leur place, de leur réinventer un autre monde. C’était plus qu’intense dans mes souvenirs. C’est devenu une passion au fil des années. Il m’est difficile d’expliquer comment cela est venu, alors qu’autour de moi, on lisait peu, surtout par manque de temps, les contraintes de la vie professionnelle de mes parents y contribuant beaucoup.

Au début, je me souviens des livres avec le personnage de Caroline. C’était comme ma copine, une grande soeur; je l’enviais beaucoup à vivre ses aventures accompagnée de ses compagnons animaux, certes, qui peuvent paraître banales à nos yeux d’adultes, mais qui enchantaient mon univers d’enfant et qui me procuraient une joie infinie. Je lisais ces livres encore et encore, et j’en ai un exemplaire en ma possession datant de mon enfance. Pour vous dire comment cela m’a marquée…Je refuse de m’en séparer, car je souhaite raconter l’histoire de ce livre un jour à mes petits-enfants!

Quelques années plus tard, j’empruntais les romans de ma grand-mère maternelle. Elle a beaucoup lu sur le tard et nous échangions sur nos lectures. Je lui faisais une confiance aveugle dans ses choix, et c’est ainsi que j’ai découvert les romans à l’eau de rose, comme on dit.

Les livres ont sans doute fait naître nombre de sentiments en moi, en fonction des histoires: la peur, la colère, la joie, la tristesse, le plaisir, le rire, entre autres. A mes yeux d’enfant, c’était comme la vraie vie dans les livres. C’était étrange, je vivais dans des mondes parallèles. Je ne me trompais jamais dans aucun des mondes dans lesquels je vivais.

Quand j’ouvrais un livre, je me prenais pour quelqu’un d’autre, pour le héros ou l’héroïne. Je vivais toutes les évolutions et émotions du personnage principal. Je rêvais tellement de découvrir le monde, alors que j’étais coincée dans mon pavillon de banlieue parisienne, que les livres ont pris le pouvoir sur moi. Ils m’ont fait découvrir des vies, des mondes. J’ai adoré les écrivains qui ont inventé ces histoires. Les livres ont fait de moi ce que je suis…

 

 

L’étape 32: l’éveil des sens- le goût

 

Vous allez raconter une expérience sensorielle. Listez du vocabulaire ayant trait au goût. Ensuite, rédigez de 15 à 20 lignes en utilisant ce vocabulaire.

  • goûter
  • saveur
  • dégustation
  • douceur
  • âcre
  • ranci
  • sucré
  • dégoûter
  • onctueux
  • gustatif
  • délicat
  • fin
  • cuisine
  • délicieux
  • exquis
  • succulent
  • fade
  • insipide
  • se délecter, etc.

 

La crème du lait de ferme

Un été de mon adolescence, j’étais en vacances chez mes grands-parents maternels, comme j’aimais à le faire presque tous les ans. Ils vivaient dans un village picard, non loin de Compiègne, à deux pas de la ferme de la famille Turgot. C’était une ferme à l’ancienne; les parents et les deux fils y vivaient, modestement, sans beaucoup de confort. Ils m’avaient connue petite, tout comme mes cousins et cousines.

Je n’aimais pas trop m’y rendre, car ces gens, par ailleurs très gentils, étaient bourrus, ce dont je n’avais pas l’habitude. Ils parlaient aussi avec un accent qui me déconcertait. La cour de leur ferme était toujours boueuse, l’intérieur de leur maison pas vraiment propre, sentant le ranci et le renfermé, comme dans les descriptions des auteurs du XIXe siècle.

Mon boulot, dans la matinée, était de me procurer du lait frais à la ferme. Je partais avec mon bidon de lait à la main, comme on n’en fait plus. Le trajet me prenait deux minutes, la ferme jouxtant la propriété de mes grands-parents. Je prenais les précautions d’usage pour éviter de me salir. Mme Turgot, toujours ravie de me voir, me servait rapidement tout en parlant sans cesse, le lait tiré du matin. Elle ne pouvait pas savoir que je ne raffolais pas du lait et je refusais toujours de goûter le lait frais directement du pis de la vache.

A mon retour, ma grand-mère faisait bouillir ce lait, comme à son habitude. Habitant en ville, je ne savais pas ce que c’était que le lait de ferme. Aussi, un jour, ma grand-mère me dit de goûter la crème qui reposait au-dessus du lait bouilli, pensant me faire plaisir et persuadée que j’allais me délecter de cette merveille toute fraîche. Ce fut tout l’inverse.

J’eus du mal à avaler cette crème de lait bouilli, qui me donnait envie de vomir. J’étais plus habituée au lait stérilisé UHT. Je ne trouvais pas du tout que cette crème était onctueuse au palais. Cela me dégoûta tant et si bien que je vomis le tout. Ce fut ma première et dernière expérience dans ce domaine, qui me rebuta à jamais du lait.

 

 

En guise de conclusion

 

Laure d’Astragal propose 6 conditions pour parler de récit. Il convient d’insérer une succession d’événements, avec au moins deux périodes dans le temps. Le personnage principal doit assurer une unité de thème, tout en subissant des transformations. L’unité d’action est importante car, sinon, votre histoire comportera plusieurs récits. Rien ne vous oblige à écrire de manière chronologique, tant que l’histoire reste logique. Une morale, explicite ou sous-entendue doit être aussi insérée.

Vous commencerez à écrire votre histoire avec une idée en tête que vous devrez défendre jusqu’à la conclusion de votre histoire. Pour trouver vos idées, rien ne sert de se torturer l’esprit. Eveillez-vous avec ce qui vous entoure: les choses à raconter se trouvent autour de vous et en vous. Il suffit d’être attentif!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

1 commentaire

lucette smits · 26 novembre 2019 à 10 h 10 min

Les souvenirs d’enfance , bons ou mauvais, restent gravés à jamais dans nos têtes…

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