Dans des articles précédents, je vous ai déjà présentés les 38 premiers exercices de Laure d’Astragal et de son livre, “Atelier d’écriture, paru aux Editions Larousse.

Vous avez toujours eu envie d’écrire. Cette auteure vous propose des exercices pour que votre rêve devienne réalité. Elle vous fait partager une méthode, qui, en tout cas, vous obligera à faire les exercices et à décoincer votre imagination et vos idées.

Ecrire, contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, ne s’improvise pas. Cela demande de la technique, donc du travail. C’est un effort régulier dans lequel vous devrez persévérer.

Se rassurer en écrivant

En écrivant, vous avez peut-être ressenti une impression de puissance, qui vous procure des sensations que vous avez indéniablement envie de partager. Evitez de tout montrer, car les autres – y compris votre entourage proche- pourraient ne pas comprendre votre démarche ou votre envie.

C’est ainsi que Laure d’Astragal commence cette partie intitulée “le temps de l’écriture” dans son livre Atelier d’écriture”.

Laure d’Astragal

Votre travail d’écriture ne regarde que vous. Ne laissez pas les autres fouiner dedans. Vous prenez le risque qu’ils le sabotent ou vous découragent purement et simplement.

Votre créativité est belle, alors faites-vous confiance et rassurez-vous intérieurement. Les autres n’apprécient pas forcément le changement ou la réussite chez les autres. Protégez-vous donc! Choisissez plutôt des gens qui vous encouragent, qui ont envie de vous lire, qui aiment partager quelque chose avec vous.

Evitez les gens qui reprochent tout et n’importe quoi, ceux qui abusent par leurs propos toxiques, ceux qui envahissent votre espace vital. Mettez-les dehors!

Faites-vous plutôt confiance, acceptez ce qui se passe en vous, soyez heureux de votre évolution, laissez votre esprit et votre imagination s’ouvrir à leur rythme à l’écriture.

Si vous ressentez du plaisir, de la joie en écrivant, alors, vous êtes sur la bonne voie. Votre écriture repose donc sur votre confiance et votre capacité à garder un mental équilibré, en dépit de toute circonstance.

Ecrire est un plaisir sain. Le plaisir sain procure une joie sans dépendance aucune.

Etape 39: 50 mots pour une histoire

Pour réussir à écrire, à raconter une histoire, il vous faut lâcher vos émotions. Si vous les retenez par la bride, elles vous sauteront au cou et vous empêcheront de progresser.

Pour réussir cet exercice, il vous suffit de reprendre 50 mots collectés à l’exercice 30 dans un précédent article sur le blog.

  • 5 mots autour d’êtres vivants méchants (3 humains, 2 animaux)
  • 5 êtres vivants gentis (3 humains, 2 animaux)
  • 10 verbes d’action
  • 10 adjectifs
  • 10 lieux
  • 10 objets

Vous écrivez ensuite une histoire de 300 mots en 20 minutes, en sachant que votre héros est un enfant.

Vous devez placer votre héros à un élément déclencheur, c’est-à-dire à un moment crucial où il vit une situation le perturbant dans son quotidien.

Etape 40: une première fois

Quand vous écrivez, indubitablement, vous exprimez vos émotions, souvent à votre insu. Alors, vous allez vous souvenir d’une première fois: un premier baiser, un premier repas en amoureux, un premier accouchement, etc.

Les premières fois dans notre vie sont toujours riches en émotions. Vous écrirez 10 lignes sur cet événement.

Etape 41: une présentation d’exception

Dans cet exercice, vous allez écrire un court texte sur vous avec fierté, en vantant vos mérites, vos qualités et vos réalisations dans votre vie. Lâchez-vous, montrez que vous êtes le meilleur, le plus fort, mettez-vous en valeur.

Si vous ne le faites pas, qui le fera pour vous?

L’histoire et l’intrigue

Une histoire correspond à un récit réel ou imaginaire comportant un début, un milieu et une fin. Ou si vous préférez, une situation de départ, des complications et une résolution selon le philosophe grec, Aristote.

Une histoire doit toujours tourner autour d’une intrigue et autour d’un personnage pour être validée. L’auteur va raconter le chemin parcouru par le personnage pour tenter de sortir des inextricables perturbations qu’il trouve sur son parcours.

L’intrigue s’organise alors en plusieurs parties, ou des actes ou chapitres. Ces moments sont forcément jalonnés par 3 points, auxquels vous adjoignez une introduction et une conclusion:

  • l’événement déclencheur de l’intrigue qui la fait basculer et avancer
  • le récit des péripéties qui s’ensuivent alors
  • le dénouement de l’histoire.

C’est quoi une intrigue?

L’intrigue correspond à une succession d’actions qui suscitent et attisent la curiosité du lecteur. C’est une structure dynamique qui organise les actions selon leur intensité croissante face au personnage, qui lui, est en proie à une crise de plus en plus forte.

L’histoire peut se résumer à une succession de faits. L’intrigue explique le pourquoi et le comment. Elle oeuvre sous la surface de l’histoire pour créer un rythme de vie. L’intrigue, c’est la trame de l’histoire, son ossature qui lie les événements de l’histoire entre eux pour créer le suspense et l’émotion du lecteur.

Votre intrigue doit proposer un voyage au lecteur et vous devez l’emmener vers cette destination. Vous devez créer une illusion, que le lecteur va concrétiser en imaginant l’histoire au fil des pages, bien qu’il ait parfaitement conscience qu’il s’agisse d’une illusion.

Quand le lecteur parvient, à travers l’intrigue, à passer du virtuel au réel, alors cela indique que l’histoire est réussie. Le lecteur peut oublier que tout cela a été inventé.

Invariablement, au début de votre histoire, votre personnage est dans une situation stable, dans son monde, confortable ou pas, jusqu’à ce que l’élément déclencheur vienne le perturber.

Cet événement que subit le personnage le place dans une situation plus ou moins instable, qui perturbe son monde. Il a le besoin impératif de s’en sortir, ce qui va le pousser à agir et à prendre des décisions qui vont alors orienter le récit.

Le personnage part dans une quête. C’est ainsi que tous les contes fonctionnent. La situation est renversée pour le héros, qui doit trouver en lui ou à l’extérieur des forces qui vont pouvoir rétablir un autre monde pour lui.

Cela va l’amener de situation en situation dans un crescendo dramatique, au milieu de problèmes, jusqu’à un ultime moment de crise, suivi d’une action qui va faire, enfin, retomber la pression pour finir dans une situation stable et plus équilibrée.

L’intrigue organise un ensemble de péripéties enchaînées sur un rythme dramatique. Le personnage principal vit une spirale dynamique qui le bouscule. Il fait des efforts pour contrer cela, ou pour fuir ou pour conquérir.

Le but de l’auteur est de jouer avec son personnage, de rendre les moments qu’il vit intenses. L’intrigue s’arrête naturellement quand le personnage atteint finalement la résolution de son problème, au moment où sa quête prend fin. La fin d’une histoire n’est pas une leçon universelle, mais l’aboutissement de l’évolution physique, psychique, émotionelle, spirituelle d’un personnage grâce aux décisions qu’il a prises.

Plus l’histoire est dynamique, plus elle sera intéressante pour le lecteur. Le personnage principal trace l’histoire du début à la fin, par les actions qu’il décide et qui aboutissent à des conséquences multiples.

Raconter une bonne intrigue

Vous raconterez une bonne histoire en titillant le lecteur, en excitant ses émotions et en jouant avec. Le thème que vous choisirez doit poser une problématique précise. L’objectif principal est de toute façon d’éveiller la curiosité du lecteur.

Pour satisfaire son lecteur, l’auteur doit adopter une démarche d’écriture logique, qui peut apporter de nouvelles connaissances, un enrichissement intellectuel ou rendre ce dernier plus intelligent – ou lui donner cette impression.

Une bonne histoire raconte une expérience fictive de la vie d’un personnage en dévoilant comment il a su évoluer pour sortir d’une impasse.

Par exemple, dans les années 80, l’histoire d’un Noir qui devient président des Etats-Unis est forcément plus intéressante que celle de la fille de la reine d‘Angleterre qui devient présentatrice à la télévision.

Attention: une bonne intrigue n’est pas un simple enchaînement d’obstacles et d’actions. Il est important de montrer dans les réactions des personnages des attitudes morales qui démontrent aussi le point de vue de l’auteur.

Le dénouement d’une histoire

La fin de l’histoire peut intervenir quand la problématique de départ a disparu et est résolue. L’opposition présente au départ ne peut plus exister à la fin.

Les détails que vous distillerez au fur et à mesure dans votre récit ont une importance. Toutes les actions de votre personnage principal doivent appuyer ou démontrer le thème traité.

Ne dévoilez pas la fin dès le début! Vous gâcheriez le plaisir de votre lecteur. Un plan bien préparé amène à un climax fort, et le dénouement arrive de lui-même de manière logique.

L’intérêt d’une histoire

Pour écrire une histoire intéressante, c’est comme une recette de cuisine, il faut de bons ingrédients:

  • des personnages aussi vrais que possible
  • une situation spéciale qui permet l’existence du récit
  • un lieu
  • une époque
  • des actions et des événements
  • les raisons de ces actions et de ces événements

Les événements les plus vraisemblables dans une histoire sont souvent les plus simples. Le lecteur a envie de croire que c’est possible, de comprendre la leçon psychologique ou morale, et de se sentir plus intelligent à la fin de l’histoire qu’au début, et donc d’avoir appris des choses.

Etape 42: l’intérêt

Essayez de lister une dizaine de points, dans vos diverses lectures, qui font que vous avez apprécié tel livre, ou pourquoi vous aimez tel genre de livres, notamment sur les points suivants:

  • le suspense
  • le rythme
  • la couleur des personnages
  • la véracité
  • la crédibilité

Quel est le livre que vous avez le plus aimé? Quel est le best-seller que j’ai lu les 3 dernières années qui m’a passionné?

Etape 43: réécrire le résumé d’un best-seller

Choisissez un best-seller que vous avez apprécié et répondez aux questions suivantes:

  • qui? – liste des personnages
  • quoi ? – l’élément déclencheur
  • où? – les lieux où se passe l’histoire
  • quand? – l’époque de l’histoire
  • comment? – le genre d’histoire
  • pourquoi? – la quête du personnage

Ecrivez un résumé de l’histoire à partir de ces 6 points.

Une bonne histoire: c’est quoi?

Une bonne histoire, c’est une histoire qui intéresse son lecteur jusqu’au bout. L’intérêt de celle-ci repose sur 3 points principaux:

  • le sujet traité
  • l’articulation de l’intrigue
  • l’efficacité de la narration à rendre vivante la fiction

Ecrire un livre est un travail de plusieurs mois, voire de plusieurs années. Cette écriture ne démarre pas à la première page. Il faut d’abord savoir de quoi on va parler, choisir un personnage pour conduire cette histoire, décider d’une fin – tout cela avant même de commencer la narration. Il faut à l’avance connaître son objectif.

Le début est important, car il fait l’accroche, donne le goût à l’histoire. En moins de 5 pages, le lecteur va décider s’il a envie de continuer. L’écrivain doit lui donner envie de poursuivre l’aventure jusqu’à la fin du livre.

Les hypothèses qui vont étayer votre histoire doivent être annoncées dès la première page. Par exemple, après l’introduction habituelle dans un conte, -“il était une fois un pays où…”- tout devient cohérent dans la suite de la narration.

Le conseil de Laure d’Astragal est très simple: faites plonger votre lecteur le plus vite possible dans l’histoire. Si cela se révèle difficile, écrivez d’abord l’histoire et vous reviendrez au début plus tard.

Comment débuter une histoire?

Considérez les premières pages d’un livre comme le rideau qui se lève sur une pièce de théâtre. Vos premiers mots doivent donner l’ambiance. La première impression donne le ton. Le personnage principal doit être présenté dès la première page, en essayant de le rendre attachant. Le lecteur doit se sentir proche de lui.

Le début de votre histoire doit “éclabousser” dès la première phrase du premier paragraphe de la première page, le lecteur doit être plongé dans l’ambiance.

Comme dans la vie réelle, la première impression est celle qui demeure. Alors, soignez la présentation de votre personnage dès le départ. Considérez votre introduction comme la première rencontre entre deux personnes, qui ont soigné leur présentation afin de rencontrer l’amoureux.

Evitez les personnalités trop parfaites dans le choix de votre personnage principal. Il doit avoir des faiblesses, comme tout être humain, peut-être des tics de langage, une gestuelle particulière. Il est idéal d’affubler votre héros d’une faiblesse qu’il n’assume pas et qui lui gâche la vie.

Les dialogues, bien employés, permettent toujours la révélation d’informations. Attirer le lecteur, c’est aussi de réveiller des espoirs abandonnés dans la vie de son héros, commed ans la vraie vie. le elcteur doit aussi pouvoir se reconnaître en lui.

Présentez, dès le début, les besoins et les faiblesses de votre personnage, parce que cela le rend humain, vulnérable. Mais toute faiblesse peut se révéler un atout dans d’autres circonstances!

Le lecteur doit adhérer à l’histoire dès le début, au risque de me répéter. Voici 3 conseils:

  • choisir le genre littéraire avant d’écrire
  • mettre en place l’histoire: qui fait quoi? Où? Quand?
  • rendre attachant le personnage ou le planter dans une situation en le plaçant au cœur d’une situation difficile.

Le lecteur voudra forcément savoir ce qui arrive à votre personnage, subissant un gros pépin ou une catastrophe, comment il va s’en sortir. Ca le rendra sympathique à ses yeux et le lecteur pourra alors s’identifier à lui. Servez-vous aussi des flash-back (événement antérieur au moment de la narration) qui révèlent l’origine d’un problème. L’enfance est un réservoir de possibilités pour faire vivre votre personnage!

Comment séduire le lecteur?

Votre personnage principal doit accrocher le lecteur comme un scotch. Une bonne fiction produit chez ce dernier une montée émotionnelle. Pour cela, l’écrivain se doit de raconter des expériences qui vont faire écho à l’expérience du lecteur et réveiller en lui des émotions.

C’est le principe d’identification. Pour ce faire, le héros n’est pas forcément sympathique ou aimable, loin de là. Il faut aussi toujours justifier chaque acte ou décision du personnage. L’imagination visuelle, auditive, gustative ou kinésthésique du lecteur doit être stimulée.

Le lecteur doit comprendre le personnage de l’intérieur. Pour cela, l’écrivain doit d’abord donner suffisamment de renseignements extérieurs sur le perception (les 5 sens), pour que le lecteur ressente l’histoire.

Etape 44: une lecture dynamique

Faites une lecture dynamique de votre ébauche d’histoire et posez-vous plein de questions: et si ceci…et si cela…Cumulez les questions dramatiques, créez du suspense, ne dévoilez pas toutes les informations, distillez au fur et à mesure.

L’élément déclencheur

L’élément déclencheur est l’événement qui change et perturbe la situation du personnage principal et le pousse à agir. C’est ce qui va propulser votre histoire en donnant un objectif à votre héros. En prenant cette décision, il va commencer sa quête.

A ce stade, le lecteur veut connaître la suite de l’histoire, pour en savoir plus sur les causes, sur les conséquences d’une situation intrigante. Pour ce faire, votre personnage principal doit se trouver dans une situation invraisemblable qui captive le lecteur.

Les auteurs américains ont l’habitude de catapulter leur protagoniste dans une galère dès la première phrase. Un fait traumatique crée toujours le désir d’en savoir plus, notamment pourquoi un personnage subit des malheurs, en particulier, s’il y a un cadavre dès la première page.

Le personnage a donc un gros problème qui semble difficile à résoudre. L’intensité sera d’autant plus forte que ce problème s’opposera à ses besoins. Chercher des catastrophes n’est pas forcément nécessaire. Tout lecteur qui se respecte va toujours chercher à savoir comment tel personnage a réussi à surmonter une situation difficile.

Etape 45: chercher des personnages atypiques

Trouvez 5 personnages, puis caractérisez-les par un nom et un adjectif qui s’opposent, comme par exemple: Elie, coiffeur chauve ou Elsa, danseuse obèse. Trouvez un obstacle à chaque personnage qui va engendrer leur quête.

Ensuite, choisissez un seul des personnages et trouvez-lui 10 obstacles. Amusez-vous, tout est possible!

En guise de conclusion

Inventer une histoire ne se fait pas en un claquement de doigts. Si c’était le cas, ça se saurait! Il n’y a aucune recette miracle. Toute intrigue peut provenir d’une situation banale, d’une anecdote, une situation vécue, un faits divers, une observation…Tout est possible. L’imagination et la réalité n’ont aucune limite!

L’écrivain doit aussi se sentir en adéquation avec l’histoire qu’il écrit. Il ne suffit pas simplement d’attirer le lecteur pour vendre des livres et se faire de l’argent! Quel intérêt! Quel plaisir?

L’écrivain doit savoir mettre en mots les idées qu’il a en tête. Pas aussi simple que cela en a l’air!


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

2 commentaires

Patrick DESBORDES · 5 mai 2020 à 14 h 06 min

Bonjour Laurence, merci d’avoir partagé cet article très instructif pour le plaisir d’écrire
merci aussi pour votre blog très enrichissant.
Bonne journée
Patrick

    Laurence Smits · 5 mai 2020 à 19 h 33 min

    Merci beaucoup Patrick, c’est un plaisir de partager mes recherches avec mes lecteurs!

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