Dans un article précédent, j’avais évoqué les cinq premières étapes prodiguées par Laure d’Astragal dans son livre, “Atelier d’écriture”.

Pour la suite de cet atelier, je vous propose cette semaine les étapes de 6 à 11.

Grâce aux cinq premières étapes, vous avez pu construire votre identité d’écrivain. Vous avez besoin désormais de débloquer votre mécanisme d’écriture. Pour ce faire, vous allez devoir regarder en face les obstacles qui vous barrent la route.

Identifier et nommer ces freins, qui peuvent d’ailleurs être contournés, reste une étape indispensable à votre parcours. Vous allez gagner en confiance en minimisant et en ignorant ces difficultés, pour réussir à les surmonter.

 

 

Les freins à l’écriture

 

J’ai déjà écrit un article sur cette thématique. Je ne reviendrai donc pas en détail sur tout ce qui peut vous empêcher d’écrire.

Je vous en propose donc le lien:

Pourquoi vous ne vous autorisez pas à écrire?

 

Bien évidemment, les entraves à l’écriture peuvent être d’apparences diverses:

  • le manque de temps
  • les soucis, la famille
  • l’environnement dans lequel vous vivez, etc.

Le principal frein à votre mise en écriture est votre manque de confiance en vous. Vous avez surtout la peur de vous juger et d’être jugé par les autres.

A quoi bon se soucier des autres? Vous écrivez avant tout pour vous! Bien sûr, vous livrez une partie de vous-même en écrivant, mais vos lecteurs ne pourront pas entrer dans la sphère de votre intimité profonde. Cela ne doit pas vous effrayer.

Les lecteurs ne verront que le point de vue de votre histoire imaginaire, que le regard que vous avez souhaité dispenser dans votre roman.

Bien sûr, vous pouvez être rapidement bloqué par la page blanche, et vous ne savez pas comment trouver ou retrouver l’inspiration.

J’ai aussi écrit un article sur cette thématique:

 

Comment trouver l’inspiration pour écrire?

 

Tous les freins que vous avez posés pour commencer à écrire sont autant de barrages successifs qu’il va falloir franchir, avec plus ou moins d’aisance. Car, vous vous sentirez alors démuni, impuissant et incapable d’écrire si vous restez bloqué par tous vos freins.

Vous avez peur de ne pas savoir écrire correctement en français. Il n’est pas demandé de devenir champion d’orthographe pour se mettre à écrire une histoire! Il faut oser, avancer pas à pas, et les difficultés de la langue française se résoudront un jour ou l’autre, quand vous serez prêt!

Soyons réalistes: personne n’a dit que c’était simple d’écrire. Ce processus peut d’avérer long, compliqué, fastidieux. Un écrivain peut y laisser une partie de sa santé, comme Honoré de Balzac. Mais, écrire vaut le coup tout de même!

 

L’étape 6: vos ennemis

 

Pendant 5 minutes, vous allez réfléchir pour citer 3 personnes ennemies, qui sapent votre confiance, vos espoirs, qui portent atteinte à votre créativité et à votre amour de la création.

Puis, vous les couchez sur une feuille pendant les 5 minutes suivantes en écrivant quelques lignes sur chacun. Ne réfléchissez pas trop dans cet exercice, qui doit être réalisé assez vite.

Comme dans le premier article, je me plie volontiers à l’exercice.

Voici mes réponses:

  1. le manque de temps: je le vois comme un ennemi, car je voudrais pouvoir écrire plus, mais les contraintes de la vie quotidienne m’en empêchent. Je rêverais d’avoir le temps nécessaire à réaliser un roman, tels  Stephen King, Guillaume Musso ou Maxime Chattham, par exemple, qui désormais, vivent de leur plume. Je sais qu’avant de devenir reconnus dans leur art, ils avaient tous un autre métier.

      2. mon âge: j’approche tranquillement de la soixantaine, et je me dis qu’à mon âge, écrire un roman à          succès devient une tâche presque irréalisable. Qui est devenu célèbre tardivement? Je sais qu’il existe        des exemples qui contrediront mes propos, mais je ne peux m’empêcher d’y penser. J’écris déjà des            histoires courtes, mais de là à écrire un roman, il y a un pas de géant!

      3. le monde de l’édition: je sais par avance, d’après tout ce que j’ai lu, que c’est un monde de requins,            un monde vorace, qui ne traite pas forcément bien les écrivains. Bien sûr, il existe l’auto-édition                     désormais, qui sera sans doute la réponse à ce problème dans l’avenir, mais il faut maîtriser  quelques codes dans le marketing pour se vendre!

 

 

L’étape 7: vos blocages

 

Vous allez rechercher un incident au cours duquel vous avez eu honte de montrer au grand jour une chose que vous aviez créée: un dessin, un poème, un gâteau, un bouquet, une sculpture…

Vous indiquerez la pièce dans laquelle vous vous trouviez, les différents regards qui se sont posés sur vous, ce que vous avez ressenti, ce qui vous est resté sur le cœur. Évoquez aussi la personne qui vous a humilié.

Pour réaliser cette étape, vous réfléchissez 5 minutes, et vous prenez ensuite 10 minutes pour relater l’incident demandé en quelques lignes.

Voici mon souvenir douloureux:

J’avoue avoir ressenti une petite humiliation à chaque fois que nous devions réaliser un objet au cours de technologie au collège. Je n’ai jamais été très douée pour fabriquer un objet en suivant des consignes. Une année, en classe de 5e, je crois, nous devions réaliser un tablier de cuisine avec un morceau de toile cirée. Il me semble que le mien était à pois. Il fallait coudre les bords, assembler des morceaux, faire une poche; Bref, il me fallait coudre, ce que je n’aime pas vraiment faire. Surtout devant tout le monde et en étant notée. Mes coutures furent assemblées de travers. Comme j’étais bonne élève dans les matières générales (français, anglais, histoire), les autres m’enviaient, et profitaient de la moindre occasion pour me rabaisser dans les matières dans lesquelles je ne m’épanouissais pas (technologie, maths, matières scientifiques en général). Des remarques et des moqueries ont jailli régulièrement tout au long des années de collège, plus le fait que je ne suivais pas trop la mode de l’époque, mes parents n’ayant pas des moyens financiers conséquents. Mon caractère assez fort m’a permis, pendant ces années de collège, de surmonter toutes ces humiliations, et le plaisir d’apprendre à l’école était plus fort que tout”.

 

Une fois que vous avez terminé, vous relisez votre production à voix haute, tout seul, sans la lire à quiconque. Cette étape finie, soit vous déchirez la feuille en petits morceaux, soit vous la brûlez, pour en finir avec ce sentiment de frustration qui vous a habité.

Tout en détruisant ce souvenir douloureux, vous prononcerez ces paroles apaisantes: “Personne n’est autorisé à bloquer ma créativité!”.

 

 

L’étape 8: se défendre

 

Vous allez correspondre avec vous-même. Ecrivez-vous une lettre, pendant 10 minutes, dans laquelle vous accuserez tous vos saboteurs. Lâchez-vous et défendez-vous, en devenant le défenseur de vous-même et en écrivant combien ce fut injuste.

 

Depuis aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours aimé écrire. Je ne sais pas pourquoi je ne m’y suis pas mise plus tôt. Happée par la vie, les tracas de la vie, les enfants, le travail, j’avais juste besoin de souffler. Sans me dire qu’écrire pouvait se révéler une détente, un acte d’accomplissement. J’ai donc perdu beaucoup de temps, des décennies, juste à lire et à envier les écrivains. Je ne pensais pas, sans doute, que j’étais capable d’écrire des histoires, encore moins un blog. Je me contentais de penser au conditionnel passé, que, dans une autre vie, j’aurais aimé écrire des romans et vivre de ma plume. Et pourtant, les idées ont toujours grouillé dans ma tête, mais je n’ai pas eu le déclic avant 2018. Que de temps perdu! Je n’ai pas toujours eu une vie facile; elle a été plutôt chaotique pendant quelques années, et élever mes enfants m’a pris toute mon énergie, avec mon métier. Mon fils aîné, l’an dernier, m’a poussée à agir, après avoir insisté longtemps. J’ai mis longtemps à y croire, mais maintenant, j’y crois, de plus en plus fermement. Ma vie, que je croyais injuste par tout ce qui m’est arrivé, est devenue, finalement, un bon terreau pour des histoires. Et je me dis que tout sert à quelque chose un jour!”.

 

Développer la confiance onirique

 

Laure d’Astragal, à ce stade, explique que l’éducation que chacun a reçue a moulé sa personnalité. Dune manière générale, nous pensons que les créateurs et les artistes sont des grands rêveurs, des gens paresseux qui passent leur temps, dans l’imagerie populaire, avec leur pinceau, ou leur stylo, ou avec leur appareil photo, ou leur burin, etc.

Tout le monde a du mal à penser que la création est libre. C’est là le nœud du problème, le principal blocage à toute créativité. Pas de contrainte, pas d’obligation: chacun crée pour le plaisir, et seulement s’il  en a envie. Il ne s’agit d’en faire un business à tout prix!

 

 

S’évader du réel pour accéder à l’esprit créatif

 

En tout premier lieu, il s’agit de penser que tout est possible dans l’espace de la création. Sortir de la réalité ambiante, et se mettre à rêver: tout le monde est capable de le faire, encore plus les enfants qui ont cette capacité de tout transformer en songes.

Vous allez devoir faire confiance en votre imagination, vous laisser surprendre par elle, vous laisser pénétrer par ses idées, ses couleurs, ses musiques, ses parfums, ses émotions. Vous devrez apprivoiser votre imagination, comme vous le feriez d’un animal sauvage!

Plus vous allez faire les exercices, plus vous allez écrire; plus les idées, les images et les mots vont venir à vous. Je peux vous le confirmer, car, au fil des histoires courtes que j’écris, les idées me viennent de plus en plus facilement.

Surtout, restez indulgent avec vous-même!

 

 

L’étape 9: les idoles de votre enfance

 

Pour cet exercice, vous allez retomber dans votre jeunesse: cherchez 3 héros, vedettes, chanteurs ou champions que vous admiriez étant enfant. Dans un cahier que vous conservez pour réaliser tous ces exercices, vous collez des images de vos idoles et pour chacune, vous rédigerez une phrase d’encouragement qu’elles auraient pu prononcer à votre égard.

Il sera bon de les relire quand vous manquerez d’optimisme à votre égard, d’énergie ou d’imagination devant votre page blanche.

A mon tour de me livrer à cet exercice:

Dans mon enfance, j’adorais Joe Dassin:

 

 

Joe Dassin aurait pu me dire ceci: “Je suis américain, mais j’ai appris le français, et je suis devenu un des chanteurs les plus populaires en France”.

 

Après, j’ai adoré C.Jérôme:

 

 

C.Jérôme aurait pu me dire ceci: “Je n’ai pas vécu vieux, mais j’en ai profité, en croyant à mon étoile, toujours avec le sourire”.

 

Dans mon adolescence, le groupe Queen a pris le dessus:

 

 

Freddie Mercury aurait pu me dire ceci: “On ne sait pas à l’avance combien de temps on reste sur terre, aussi, il faut tout faire pour aller au bout de ses rêves!”.

 

Désormais, je suis une fan inconditionnelle de Jean-Jacques Goldman, depuis plusieurs décennies.

 

 

Voici ce qu’il me dirait, puisqu’il est toujours en vie: “Aller au bout de ses rêves, tout en restant simple, tout en restant soi-même, vivre pour le plaisir de ses passions!”

 

L’étape 10: les vies de rêve

 

Pendant 5 minutes, vous allez fermer les yeux pour glisser dans l’imaginaire, comme si vous aviez d’autres vies à vivre.

Listez 5 métiers que vous aimeriez faire, et ce, pendant 10 minutes.

  1. écrivaine
  2. juge pour enfants
  3. avocate
  4. journaliste présentant une émission sur les voyages
  5. architecte

Choisissez ensuite une des professions et listez ce qu’elle implique comme compétences.

  • architecte: savoir maîtriser les calculs complexes de toutes sortes.

Qu’est-ce qui fait que vous n’avez pas fait ce métier?

“Etre architecte est un métier hautement compliqué, et je n’aime pas tout ce qui se rapporte aux chiffres. Cela me rappelait trop les mathématiques, et je ne l’ai pas envisagé durant mes années de lycée, mais je dessinais beaucoup de plans de maisons, étant petite”.

 

 

L’étape 11: éveillez votre vue

 

Éveiller ses sens est très important et utile, quand nous avons besoin de l’imagination pour créer. Pour ce faire, vous allez développer votre vue. L’exercice durera 30 minutes.

Listez du vocabulaire ayant trait à la vue. Si c’est trop difficile, utilisez le dictionnaire, version papier ou numérique.

Rédigez ensuite 15 à 20 lignes, en utilisant votre vocabulaire, en insérant les mots dans l’ordre que vous voulez.

Voici les 20 mots que j’ai décidé d’inclure:

  1. voir
  2. visible
  3. yeux
  4. regard
  5. bleu, marron, gris, vert,
  6. regard noir
  7. regarder
  8. un coup d’œil
  9. suivre des yeux
  10. épier
  11. admirer
  12. contrôler
  13. espionner
  14. vue faible, basse, perçante
  15. myope
  16. vision
  17. nyctalope
  18. contempler
  19. photographie
  20. panorama

 

Voici mon texte:

Je suis myope depuis ma plus tendre enfance, c’est à dire que j’ai une vision faible de loin. Je ne risque pas d’avoir une vue perçante comme les félins, encore moins de devenir nyctalope comme mes chats. Voir avec ses yeux est un bien précieux. Notre regard est le reflet de notre âme: que nos yeux soient bleus, marrons, verts ou gris, ils font ressortir ce qui se trouve à l’intérieur de nous. Mais, nous pouvons aussi envoyer un regard noir, comme un signe à l’autre qu’il nous a fait du mal, par exemple, ou que nous sommes en colère. Mais, quel sens incroyable que la vue: admirer un panorama à couper le souffle, suivre des yeux un enfant qui joue, contempler son jardin, s’adonner à la photographie pour garder une trace d’un beau moment de vacances. Mais, les yeux peuvent aussi faire rejaillir le mauvais d’une personne: celle-ci peut alors épier ses voisins, loisir qui ne coûte rien, mais oh combien pénible pour celui qui subit. On peut tout aussi bien contrôler avec le regard, de manière bienveillante ou en jouant au petit chef. Le pire est d’espionner, vouloir voler ce que l’autre a créé. Un coup d’œil, et hop, voilà un secret bien gardé dérobé pour en faire profiter d’autres, au détriment du créateur.

Mais, tout est visible, pour qui sait prendre le temps de regarder!”.

 

 

En guise de conclusion

 

Ces exercices auront eu pour but de vous mettre à l’écriture, de faire émerger des émotions nouvelles en nous. L’écriture est parsemée d’émotions plurielles, et pour les ressentir, il faut nous accepter tel que nous sommes.

Apprendre à capter nos sens, rester en éveil, sentir le mouvement de la vie, écouter les bruits de la nature, même derrière un brin d’herbe, deviner la vie et le caractère des passants, être attentif aux couleurs du ciel: tout ceci est propice à l’écriture.

L’écriture, c’est aussi mettre en mots tout ce que nous ressentons, à travers des personnages que nous inventons! C’est ce voyage entre nous et nos personnages qui est fascinant: cela crée le plaisir, le désir d’écrire, la satisfaction d’avoir créé!

Alors, pas une minute de plus, mettons-nous à notre plume!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

1 commentaire

lucette smits · 4 juin 2019 à 17 h 31 min

Tu as une énergie sans doute que beaucoup non pas.
Moi, certains jours comme aujourd’hui j’ai l’impression d’être vidée, et qu’aucune création ne peut sortir de mon cerveau.
Tu m’impressionnes toujours, mais je n’arrive pas toujours à te suivre. Je recommencerai demain, pour écrire le texte demandé, mes idées seront peut-être plus fertiles…

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