Crédit photo: actualitte.com

La non-fiction n’est pas le contraire de la fiction, ni une possible transgression des règles de la fiction dans le réel. C’est bien loin de tout cela. Il s’agit simplement de ce qu’on appelle la “creative non-fiction writing”, comme le nomment les Anglo-Saxons. Quel que soit le mot utilisé pour décrire le genre – fiction documentaire, journalisme littéraire, non-fiction- ce genre d’écriture est une porte d’entrée pour donner voix à ceux que l’on n’entend pas, pour explorer des lieux aux confins de notre société, pour raconter les marges.

On n’entre pas dans la non-fiction comme on entrerait en religion. C’est plutôt entrer dans un laboratoire de découvertes, pour disséquer les méthodes d’écriture, pour tirer les fils d’un nouveau rapport au récit.

Ce genre d’écriture est donc de la “non-fiction narrative” ou “non-fiction romancée”. Mais le terme anglais reste le plus utilisé. Ce genre littéraire fait surtout parler de lui dans les pays anglo-saxons pour le moment, là où il est né en fait. C’est un genre à mi-chemin entre le reportage, le documentaire et le roman.

Svetlana Aliexevitch a reçu le prix Nobel de Littérature en 2015 et a récompensé un genre littéraire transgenre, ce que nous appelons de la “creative non-fiction”. Cette expression n’est pas unf ourre-tout dans lequel on jetterait les genres qu’on est incapables de classer. Catégoriser des oeuvres est un art fort complexe. Ces oeuvres de non-fiction, de toute évidence, prennent racine dans le réel, mais se rapprochent formellement d’un roman.

Svetlana Aliexevitch- Crédit photo: europe1.fr

Cette “creative non-fiction” n’a pas ses racines dans les grands reportages des journaux américains. Les origines de ce genre sont bien antérieures. On peut dire qu’on est capables de dater sa naissance avec Emile Zola et l’ensemble du courant naturaliste né au XIXe siècle. Au fond, Zola ne faisait rien d’autre que d’écrire un reportage romancé sur les mines du Nord de la France quand il travaillait sur “Germinal”.

Pour chacune de ses oeuvres, Zola mettait en place des recherches importantes et élaborées. En somme, il se livrait à une enquête digne d’un journaliste. Pour évoquer le travail dans les mines, il s’est rendu lui-même dans des mines pour se rendre compte des conditions pénibles des mineurs de l’époque.

Le genre de la non-fiction s’est ensuite considérablement développé aux Etats-Unis avec Truman Capote, soit près d’un siècle après Zola. Il a publié son récit “De sang-froid” d’abord sous forme de feuilleton dans un journal américain en 1965. Ce roman est qualifié de “roman-vérité”, car il s’inspire d’un fait divers: deux jeunes truands tuent, sans mobile apparent, quatre membres de la famille d’un fermier en 1959.

Capote décide de se saisir de l’affaire et s’installe dans la ville du crime pour récolter le maximum d’information et des témoignages. Publié en un seul bloc un an plus tard, il est devenu un classique de la littérature américaine, figurant à la 54e position au classement des cent meilleurs livres policiers de tous les temps établi par l’association des Mystery Writers of America en 1995. Peut-on dire alors qu’il s’agit d’un roman? D’un reportage?

Cette école littéraire, dont Truman Capote faisait partie dans les années 1970, a mêlé littérature et journalisme, en mettant à l’honneur le style dans l’écriture journalistique. Ces auteurs, dont Tom Wolfe, ont fait de l’investigation un art à part entière. Le reportage a alors réussi à gagner ses lettres de noblesse, en promouvant l’écriture à la première personne. Le journaliste s’est alors transformé en narrateur. En fait, le réel est ainsi raconté.

Le prix Nobel décerné à Svetlana Alexievitch a donné de la visibilité à un genre encore trop méconnu en France. Littérature et reportage ne sont pas des entités contradictoires. Svetlana n’a jamais eu recours à la fiction. Pourtant, son oeuvre est bien un objet littéraire.

Emmanuel Carrère s’est essayé au genre de la non-fiction. En 1993, il a publié “L’Adversaire”, un livre qui relate l’affaire Jean-Claude Romand. Puis, il retourne vers ce genre en 2009 avec “D’autres vies que la mienne”, se faisant le porte-parole de plusieurs personnes qui ont croisé sa vie au fil des décennies. Il a ensuite publié “Limonov” et “Le Royaume” et n’est jamais revenu au genre du roman.

L’objectif de la non-fiction est de transporter les lecteurs et de les faire voyager au gré d’une histoire, qu’elle soit fictive ou réelle.

Le genre littéraire de la non-fiction est encore sous-développé en France. On a un peu trop souvent tendance à considérer les auteurs qui s’éloignent de la fiction comme des non-écrivains. Il est évident qu’on fait l’amalgame entre la littérature et le roman. Cependant, le roman n’est pas toute la littérature et reste trop présent dans la tradition littéraire française, assurément.

On peut écrire des livres à succès sans utiliser forcément son imagination. Ce genre littéraire concerne aussi bien des livres de cuisine que les récits de voyage, ou des comptes-rendus d’enquêtes journalistiques ou policières.

Jan Stocklassa, alors ancien diplomate et homme d’affaires suédois, se met à écrire de la non-fiction dès 2007. En 2018 il publie “La folle enquête de Stieg Larsson” – un roman de non-fiction qui relate l’investigation de Stieg Larsson autour du meurtre réel, survenu en 1986 du premier ministre suédois Olof Palme. Ce dernier est assassiné en pleine rue, devant sa compagne et plusieurs témoins. Pourtant en 2019, le meurtrier n’a toujours pas été identifié. 

Il n’est pas toujours évident de différencier l’écriture de fiction de la litterature non fictionnelle. En effet, de nombreuses fictions sont, à différents degrés, inspirées de la vie réelle. Pour Jan Stocklassa, la frontière entre les deux genres va s’amoindrir de plus en plus avant de disparaître. Les deux genres se rapprochent de plus en plus l’un de l’autre. On peut écrire un ouvrage de non-fiction de manière très romancée, tout comme on peut écrire une histoire inventée à la façon d’un essai.

En fait, c’est une erreur fréquente que de penser que la non fiction se cantonne à lister des faits. Il y a toujours un travail de narration qui est réalisé, si ce n’est dans le choix des faits qui sont délivrés. Je reste convaincue que ce type de littérature, la non-fiction, est tout aussi honnête et fidèle aux événements qu’un documentaire plus classique. Ce sont seulement deux manières différentes de faire la même chose : raconter une histoire. 

Dans tout travail documentaire, la recherche occupe une partie considérable de la production. D’après Jan Stocklassa, l’écriture de son roman lui a demandé huit années de recherches. Ce n’est qu’après qu’il a véritablement écrit pendant un an.

Jan Stocklassa – Crédit photo: jaipurliteraturefestival.org

Pour commencer c’était un grand travail de recherche archivistique, notamment sur les archives de Stieg Larsson. Ensuite, bien sûr, j’ai rencontré des gens et c’est là que ça a commencé à devenir vraiment intéressant, j’étais dans le vif du sujet. Se confiner dans les archives ne suffit pas. Il faut utiliser aussi ce nous avons sous la main. Par exemple nous avons fait de l’investigation : une jeune femme a rencontré celui que je pense être le meurtrier de notre Premier Ministre et l’a enregistré grâce à des caméras cachées sur ses lunettes. Nous avons fait de la recherche sur les réseaux sociaux, des choses très modernes. Des méthodes que Stieg Larsson aurait utilisées s’il était encore vivant aujourd’hui“.

Avec un livre de non-fiction, l’auteur n’est pas là pour faire du style à tout prix, mais plutôt pour apporter des réponses dans un domaine précis. En général, les phrases de ce genre de livres sont simples, compréhensibles et assimilables rapidement. On ne parle que de faits avérés dans ce genre littéraire. On n’invente rien. Les faits évoqués dans un livre de non-fiction doivent être exacts. Le type d’ouvrage qui se rapporte le plus à ce style d’écriture est la biographie d’une personnalité. Ici, il va être question de faire la narration des événements marquants de la vie d’une personne réelle, ainsi que les différentes manières dont celle-ci a géré les situations variées.

L’intérêt principal de ce format est de rendre l’ouvrage plus attrayant pour le plus grand nombre. Si les gens rechignent à lire autre chose que de la fiction, c’est principalement parce que la manière dont les choses sont expliquées leur déplait. Avec le format narratif, il est plus simple d’attirer l’attention des néophytes vers des livres sur l’histoire, ou bien sur des personnalités éminentes dans des domaines précis. Les livres académiques sont considérés comme trop sérieux par la plupart. C’est fort dommage, mais c’est ainsi!

En effet, la non-fiction narrative permet à la fois d’attirer davantage l’attention sur un sujet pouvant paraître ennuyeux ou complexe, et rend aussi plus facile la mémorisation de faits spécifiques s’ils font partie d’une histoire plutôt que s’ils étaient énumérés de manière indépendante.

Le livre “Génome : Autobiographie de l’Espèce Humaine en 23 Chapitres” par Matt Ridley est un des excellents exemples de non-fiction narrative. Ce livre raconte l’histoire du code génétique, soit la formation de chacun des 23 génomes. Plutôt que d’aborder le domaine de la génétique de manière académique, l’auteur a adopté ce format plus ludique. Il explique ainsi que le code génétique de l’être humain s’est constitué au fil des espèces qui ont contribué à son élaboration. Par la même occasion, il explique des principes inhérents à la génétique, comme la manière dont les mutations apparaissent, ou bien la manière dont on a découvert les maladies génétiques.

La biographie d’Elon Musk par le journaliste Ashee Vance est un bon exemple de biographie où le sujet principal n’a pas tellement contribué à sa rédaction. Ce livre, intitulé “Elon Musk : Telsa, Paypal, SpaceX : L’entrepreneur qui va changer le monde”, raconte le parcours de l’entrepreneur. Il y est fait mention de son parcours depuis son enfance en Afrique Du Sud jusqu’à sa naturalisation en tant que citoyen américain en 2002, et les différentes entreprises qu’il a élaboré tout au long de sa vie. Il y est également fait mention de passages un peu sombres de la vie de la personnalité, comme son mariage considéré comme assez désastreux avec son ex-femme Justine Musk.

Les livres de non-fiction narrative connaissent un succès grandissant et c’est tant mieux. Car la littérature ne se résume pas seulement au roman, dont on a fait un art majeur. Les autres genres littéraires ne sont pas des genres mineurs pour autant.

Les thèmes abordés dans la littérature de non-fiction sont très variés: la cuisine, la santé, le sport, les animaux de compagnie, le bricolage, la décoration, les voyages, l’histoire, etc. La liste est très longue et il y en en a pour tous les goûts!

Ce genre de la non-fiction narrative n’est pas un genre à négliger. Certains de ces ouvrages figurent parmi des titres de best-sellers, comme “Zéro déchet” de Béa Johnson ou “Le charme discret de l’intestin: tout sur un organe mal aimé” de Giulia Enders.

Vous pouvez vous dire, “oh mon dieu, comment vais-je trouver ce temps pour écrire”? A mes yeux, c’est simple. Vous abandonnez le temps précieux que vous passez sur les réseaux sociaux ou à regarder des émissions peu intéressantes à la télévision. Je suis à peu près sûre que vous avez maintenant une heure bien dégagée devant vous.

Ensuite, vous vous procurez mon calendrier d’écriture, accessible sur tous les sites de vente, à un prix dérisoire, compte tenu du temps passé à le produire.

1er Janvier   Pourquoi voulez-vous écrire ? Posez-vous cette question au plus profond de vous-même.       Ecrire est une activité artistique au même titre que les autres, qui requiert beaucoup de patience et de travail, voire d’abnégation.        2 Janvier   Vous allez vous décrire : —physiquement —moralement —votre caractère —vos qualités —vos défauts Comment vous voyez-vous ? Quelle personne êtes-vous ?   Quand vous composez un personnage, vous devez tout savoir sur lui, même si vous n’utilisez pas tous les éléments dans votre histoire.
  3 Janvier   « Le plus grand échec est de ne pas avoir le courage d’oser », Abbé Pierre.   Aujourd’hui, vous décidez d’oser écrire. Listez 5 peurs qui vous empêchent d’écrire.   Quand on a peur, on chasse ses peurs et on ose écrire !    4 Janvier   Décrivez la météo du jour en 5 lignes en donnant des précisions sur l’état du ciel, la forme des nuages, le bruit de la pluie, la chaleur du soleil, …   La météo tient une place très importante dans les histoires ! Quand il y a de l’orage, cela signifie que la situation va changer ou connaître un climax.    
  5 Janvier   Quand vous étiez enfant, à quoi aimiez-vous jouer ?   Racontez en 8 à 10 lignes, en donnant des précisions, comme bien décrire le jeu.   C’est surprenant de constater combien il est agréable de raconter un souvenir.    6 Janvier   Créez un poème acrostiche à partir de votre prénom. Ecrivez chaque première lettre de votre prénom à la verticale et lancez-vous. Vous pouvez créer des rimes.   Tout est poésie, même ce qui peut sembler banal !
  7 Janvier   Vous avez un animal de compagnie. Décrivez son caractère en quelques mots. Si vous n’avez pas d’animal chez vous, vous pouvez décrire un animal sauvage, ou l’animal astrologique de votre signe chinois ou l’animal dont vous rêvez.   Les animaux font partie intégrante de la vie des personnages.    8 Janvier   Décrivez en quelques lignes ce que vous voyez par une de vos fenêtres.   Décrire est un art subtil dans les romans !                
  9 Janvier   Quel livre lisez-vous en ce moment ? Quel genre littéraire est-ce ? Qu’est-ce vous aimez dans ce livre ?   Déterminer les raisons pour lesquelles on aime écrire tel genre de livre poussera à écrire dans ce genre-là, qu’on apprécie mieux.      10 Janvier   Ecrivez un court texte en utilisant les débuts de phrases suivants :   *Je suis —————- *J’aime —————- *Je n’aime plus —— *J’aimerais ———–   Plus on apprend à se connaître, plus on peut avancer dans l’écriture !  

J’ai décidé de rassembler les textes que j’ai produits dans mon atelier d’écriture, créé en ligne en 2019.

Je donne des conseils pour aborder chaque proposition d’écriture.

Si vous voulez progresser et écrire des textes longs, voire des romans, il faut d’abord commencer par écrire des textes courts.

Vous prenez le temps que vous voulez pour écrire sur les trentaines de propositions d’écriture insérées dans chaque guide.

Voilà un chouette cadeau à offrir pour Noël si vous avez une personne dans votre entourage qui aime écrire ou qui veut se lancer dans l’écriture!

Chaque guide est proposé à la vente à moins de 10€ pour la version papier et à moins de 6€ pour la version numérique (ebook).

Vous trouverez mes guides sur toutes les plateformes sur Internet (Amazon, Fnac, Book on Demand) ou vous pouvez aussi les commander chez votre libraire.

Quel bonheur de se retrouver dans son bureau ou dans l’endroit de son choix et de réfléchir à chaque proposition!

Des heures et des heures de plaisir et de bonheur en perspective!

Proposition d’écriture 1 : acrostiche à partir des mots « Nouvel An »

Consigne :   Avec cette proposition d’écriture, vous devez créer des mots à partir de toutes les lettres des mots « Nouvel An ». Mais, vous allez devoir utiliser chaque lettre pour former différents mots imposés et les insérer dans votre histoire.   2 noms (avec les lettres N et O)2 prénoms avec les lettres V et E2 verbes avec les lettres L et A2 adjectifs avec la lettre N   Les 8 mots que vous avez ainsi trouvés sont à insérer dans votre histoire. Aucun thème n’est imposé. Vous pouvez tout aussi bien écrire un conte, qui pourrait s’avérer prédictif pour l’année à venir  

Mes conseils

Pour composer votre histoire, vous pouvez rester dans le thème de la nouvelle année. C’est d’ailleurs un thème sur lequel on écrit peu. Il paraît plus facile d’écrire autour de Noël, de raconter ses souvenirs.

Comme c’est souvent la coutume, vous pouvez inventer un personnage qui prend de nouvelles résolutions pour l’année à venir, un peu à la manière de Bridget Jones, dans la célèbre saga du même nom.

Votre personnage peut se montrer réfractaire à écrire les sempiternelles cartes de vœux, qui ne riment à rien pour elle ou lui. Cela ressemble plutôt à une tradition stupide et à une corvée. Cette personne n’aime pas suivre les traditions que nous qualifierons de familiales ou d’obligatoires. Si vous choisissez un personnage de la sorte, son caractère doit se révéler dans ce sens.

Vous pouvez aussi entreprendre des recherches et écrire autour des traditions du Nouvel An dans le monde. Vous alliez ainsi le plaisir d’écrire avec le plaisir culturel de la découverte. C’est comme faire un tour du monde, tout en restant chez soi bien au chaud au cœur de l’hiver. Vous serez limité en nombre de pages, bien entendu, aussi il vous faudra choisir des célébrations insolites pour éveiller la curiosité des lecteurs.

Vous pouvez aussi inventer votre propre coutume du Nouvel An et de la décrire à la manière d’une brochure de voyage, par exemple. Vous rajoutez une contrainte à la contrainte de départ. Vous ferez alors preuve d’imagination, en inventant des recettes, des traditions inconnues.

Vous pouvez aussi imaginer comment un prisonnier, enfermé depuis de nombreuses années, célèbre le passage vers la nouvelle année. Il peut aussi participer à un atelier d’écriture en prison et écrire à partir de la contrainte de départ. La contrainte initiale devient elle-même le cœur de l’histoire, comme un miroir à double sens.

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Proposition d’écriture N° 2 : décrire un personnage

Consigne   Vous allez décrire un personnage en insérant les expressions physiques suivantes :   Chair molle et graisseuse, Bas joues flasques, Estomac proéminent, Taille engoncée, Visage rouge et bouffi. Elle/il était engraissé -e  

Mes conseils

Il serait très ennuyeux de décrire un personnage parfait physiquement, n’est-ce- pas, sans aucun défaut apparent. Cela serait plutôt terne pour le lecteur. Les personnages de Quasimodo de Victor Hugo ou du film Elephant Man sont bien plus intéressants à développer que les princesses de contes de fées.

Dans cette consigne, on se contente de décrire le personnage physiquement. Mais il n’est pas interdit d’évoquer son caractère. Un personnage, comme tout être humain, a des qualités et des défauts. Vous pouvez donc enrichir votre description avec d’autres éléments, comme ses rêves, ses phobies, sa plus grande peur ou ses objectifs dans la vie.

Mais, vous ne pouvez pas vous contenter de décrire uniquement. Votre personnage est le pivot central de votre histoire. Il doit donc être intégré dans une intrigue. Le portrait a pour fonction d’informer pour que le lecteur puisse se représenter le personnage en question. Il a aussi pour fonction de révéler afin de traduire les sentiments ou les pensées cachées du personnage qui se « traduisent » grâce à sa physionomie.

Le portrait peut avoir une fonction symbolique, une portée qui dépasse ce qu’il décrit. Par exemple, dans la description de salut des Guermantes, Marcel Proust dépeint toute une classe sociale. Le portrait peut être physique ou moral, statique ou dynamique.

Je vous insère un exemple de portrait, extrait du roman « La Débâcle » d’Emile Zola, publié en 1892.

« Le docteur était un homme court, à la grosse tête ronde, dont le collier de barbe et les cheveux grisonnaient. Son visage coloré s’était durci, pareil à ceux des paysans, dans sa continuelle vie au grand air, toujours en marche pour le soulagement de quelque souffrance ; tandis que ses yeux vifs, son nez têtu, ses lèvres bonnes disaient son existence entière de brave homme charitable, un peu brusque parfois, médecin sans génie, dont une longue pratique avait fait un excellent guérisseur. »

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Proposition d’écriture N° 3 : une femme libre

Consigne :   Je vous propose d’écrire autour d’une femme qui se sent libre. Enfin ! A vous de l’imaginer ou d’en faire une écriture autobiographique. Vous devrez expliquer le cheminement de cette femme vers sa propre liberté.  

Mes conseils

Qui n’a pas envie d’écrire sur la liberté ? Les mots « écriture » et « liberté » sont des mots qui fonctionnent bien ensemble. Ils s’assemblent, se répondent et s’épanouissent.

J’ai pris le parti d’écrire autour d’une femme qui conquiert sa liberté. L’Histoire nous a prouvé le calvaire que les femmes ont vécu tout au long des siècles, en subissant le joug d’une société patriarcale et dominante.

On peut aussi s’interroger sur le sens qu’on donne au mot « liberté ». Il convient de réfléchir au contexte dans lequel on va placer cette femme, c’est-à-dire l’époque, le milieu social, le milieu familial, le milieu professionnel.

Vous pouvez tout aussi bien décrire comment vous-même avez acquis votre propre liberté. L’autobiographie permet d’écrire, tout en ajoutant des morceaux de fiction. Tout est possible, tout est permis.

Vous pouvez aussi écrire une courte biographie, par exemple de l’écrivaine Colette, éprise de liberté et qui a choqué ses contemporains par son indépendance, sa volonté de vivre sa vie et par ses amours scandaleuses. Elle a dénoncé le mariage, défendu l’avortement et défendu les femmes qui subissaient des violences.

On peut aussi écrire sur les voies qu’ont prises les femmes pour conquérir leur liberté, comme les suffragettes en Grande-Bretagne au début du XXe siècle. On peut évoquer la lutte des femmes pour avoir le droit de prendre une contraception ou d’avorter. On se rappelle bien sûr le discours de Simone Veil devant les députés, alors ministre de la Santé en 1974, et les quolibets et les insultes qu’elle a subis.

Cette consigne peut donc revêtir différents aspects selon son inspiration.

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Proposition d’écriture N° 4 : une vieille dame dans un champ de vigne

Consigne :   « Une vieille dame est arrêtée devant un champ de vigne, à 8 heures du matin. Dans sa voiture, elle fume son cigare, au volant, en plein mois d’août ».   C’est une scène que j’ai pu observer dans la campagne charentaise. J’ai rajouté quelques détails pour la rendre plus épique. Vous allez décrire une scène avec ce personnage et imaginer le contexte, pourquoi cette dame est un champ, si tôt, pourquoi elle n’est pas chez elle à siroter son café.  

Mes conseils

Quand on réfléchit à une scène, on a tendance à décrire ce qu’on voit. Pourtant, dans la réalité, nous avons 5 sens pour appréhender notre environnement. Il serait, intéressant, dans cette histoire, de faire appel à vos sens.

Les scènes de description sont plus difficiles à écrire qu’il n’y paraît, plus qu’un dialogue ou une scène d’action, car souvent, elles ennuient le lecteur.

Au lieu de décrire avec minutie autour de détails qui peuvent paraître insignifiants, il vaut mieux décrire en utilisant les sens : les sons, les odeurs, le goût et le toucher enrichissent une description.

Le lecteur doit pouvoir s’imaginer la scène comme il le ferait dans la réalité. Elle lui semblera alors bien plus riche et vivante qu’une simple description visuelle.

On oublie aussi souvent de décrire le ressenti du personnage principal. Pourtant, quand il arrive dans un lieu, le ressenti du personnage en dit long sur son environnement. Et c’est plus efficace qu’une longue description.

Il convient d’adapter ces émotions en fonction de la personnalité du héros que vous avez choisi. Je trouve plus pertinent de commencer une scène en présentant l’environnement à travers les actions du personnage, plutôt qu’un long paragraphe descriptif.

Dans la présente consigne, j’ai ajouté des détails concrets qu’il faut penser à utiliser dans l’histoire. Ce n’est quand même pas courant de voir une vieille femme fumer un cigare !

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Proposition d’écriture N° 5: la maison de ma grand-mère

Consigne :   « Je suis dans la maison de ma grand-mère. Je reçois un courrier avec un nom inconnu. Je demande de l’aide dans le quartier pour savoir qui est cette personne. Bizarrement, je ne connais pas les gens. Le nom sur l’enveloppe est inconnu » …   Les éléments proposés sont à insérer dans votre histoire. Cela peut même devenir l’incipit, si vous le souhaitez.   

Mes conseils

L’utilisation du « je » est importante ici : soit vous êtes le personnage, soit vous inventez un personnage qui s’exprime à la première personne du singulier.

La situation du personnage est d’emblée bizarre : il/elle ne reconnaît pas l’environnement habituel dans lequel vivait sa grand-mère. Si on décortique la consigne, la grand-mère a peut-être quitté ce monde. Autrement, elle aurait renseigné sa petite-fille. Mais cet élément n’est pas obligatoire. On peut imaginer un contexte où la vieille dame est toujours vivante, mais ignore quel est le nom de la personne sur l’enveloppe. Elle peut aussi avoir complètement perdu la mémoire.

L’adresse inconnue du courrier ajoute encore au mystère environnant. A qui est-il adressé ? Que contient-il ? Que dit-il ? Pourquoi est-il adressé à la grand-mère ?

Vous n’êtes pas obligé de réécrire cette phrase telle quelle. Vous pouvez incorporer les différents éléments au fur et à mesure de l’écriture de votre histoire. Ce qui est important ici est de créer une mise en scène crédible.

Ne racontez pas tout. Idéalement, une scène doit montrer plutôt que raconter. En faisant vivre les personnages, le lecteur entre dans votre histoire, au plus près des émotions.

Plutôt que de dire que la petite-fille est inquiète, montrez-la dans cet état. Avec son imaginaire, le lecteur doit pouvoir créer son cinéma intérieur. La fiction prend naissance dans les scènes réussies.

Voici les commentaires reçus sur mon guide:

De Catherine

Je suis en pleine lecture de ton livre qui fourmille de formidables conseils et qui témoigne d’une riche culture. Je suis admirative, vraiment.

De Karine

Je me suis plongée tout de suite dans l’histoire, j’y étais, et j’aime l’avancée. J’aime beaucoup les descriptions, elles sont comme j’aime, simples, précises, évolutives, donc complètes sans être éternelles. L’écriture est facile à lire, ce que j’apprécie, vu mes difficultés. Facile à lire, mais riche, en vocabulaire et en images. J’avais vraiment l’impression des connaître ces femmes et leurs vies. Déjà fini ! Trop court à mon goût, et c’est rare que je sois si emballée dès le premier chapitre. Vivement la suite. Merci !

D’Isabelle

J’aime l’idée, et les personnages, je les trouve attachants.

De Françoise

J’ai téléchargé votre guide écriture à partir de Kindle Amazon. Je suis
dedans ! Très Intéressant, je vais m’en imprégner.

De Cécile

Je viens de lire l’article « lire et écrire donne des ailes » et cela m’a redonné une certaine confiance.
Je suis sur un projet d’écriture qui me tient à coeur mais je procrastine beaucoup et cela me met en colère, oui vraiment.
Je me fixe des objectifs de temps, essaie de m’organiser, me fixe une routine d’écriture,  mais je me laisse polluer par l’extérieur, et me donne des tas de raison de remettre au lendemain , à plus tard… (mais quand?).
Et pourtant quand j’écris, je suis bien, heureuse d’avancer sur un sujet qui m’est  cher (les migrantes avec qui je travaille) et l’envie d’aboutir dans mon projet est très prégnante.
J’ai acheté hier 299 conseils pour mieux écrire : une mine d’or même si certains items me sont familiers mais cela fait du bien de relire ce que l’on sait déjà.
Cela m’a boostée.
Je me suis bien évidemment reconnue dans ce que vous écrivez.
Je vous remercie Laurence.

De Céline

J’ai acheté hier 299 conseils pour mieux écrire : une mine d’or même si certains items me sont familiers mais cela fait du bien de relire ce que l’on sait déjà.

Cela m’a boostée. Je me suis bien évidemment reconnue dans ce que vous écrivez.

Je vous remercie Laurence.

De France

J’ai commencé à lire votre guide d’écriture… j’aime beaucoup votre guide qui donne beaucoup de conseils sur l’écriture … je n’ai pas encore fini le livre car il comporte beaucoup de pages… bravo pour le travail que vous avez fourni.. c’est un vrai plaisir de le lire.

De Jean—Michel

Merci Laurence votre guide est une mine qui réveille les mots enfouis qui fourmillent dans le fond de mes peut-être neurones je creuse vos conseils pas comme un mineur de presque de fond mais comme un lent aéronaute emporté par un ballon de mots que j’espère devenir poétique

De Céline

J’ai trouvé le guide remarquablement complet et bien expliqué.  Je vais m’en servir pour faire des jeux cet été avec les enfants.  Merci infiniment pour ce beau cadeau. 

De Marie—Antoinette

 Puis j’ai acheté votre ouvrage “299 conseils pour mieux écrire” que j’ai fait connaître autour de moi et enfin je me suis inscrite afin de recevoir vos propositions d’écriture.

Je trouve vos deux ouvrages formidables. Ils ciblent très bien les difficultés que rencontrent ceux qui souhaitent se lancer dans l’écriture. Toujours encourageante, toujours positive, c’est un plaisir de vous lire : je prends note de vos conseils. Après… eh bien, on a le talent ou on ne l’a pas. Moi je ne l’ai pas,  mais…..j’ai plaisir malgré tout à écrire des souvenirs, raconter des faits, ou tout simplement transcrire la beauté de la nature et cela me convient.

Un grand merci à vous

Beaucoup d’entre nous prennent des résolutions à chaque rentrée ou en début d’année, le but étant de les tenir et d’avancer….Combien d’entre vous y parviennent? C’est toujours la même histoire: vous êtes paré de bonnes intentions … qui ne durent jamais dans le temps!
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Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture. L'écriture est devenue ma passion: j'écris des livres pratiques et des romans.

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