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On ne présente plus le célèbre romancier, dramaturge, conteur, nouvelliste, comédien, réalisateur, créateur de spectacles musicaux et essayiste Eric-Emmanuel Schmitt, qui a vendu plus de 20 millions de livres dans le monde. Il est aussi un membre éminent du prix Goncourt depuis 2016 et l’animateur d’une master classe à succès sur le site The Artist Academy, que j’ai suivie et que je vous recommande.

Né en 1960, professeur agrégé de philosophie pendant quelques années, avec à son actif une thèse de doctorat sur Denis Diderot, un des penseurs du siècle de Lumières, il vit à Bruxelles depuis 2002. Depuis 2012, il est membre élu à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, à l’emplacement du fauteuil 33, occupé jadis par Colette et Jean Cocteau.

Il est par ailleurs le directeur du Théâtre Rive Gauche à Paris depuis 2012. La même année, il prend la direction artistique du Festival de la correspondance de Grignan, sur lequel j’ai déjà écrit un article sur ce blog. Cet artiste aux multiples talents est chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres, pour qui le théâtre est devenu une passion, après avoir assisté à une représentation de Cyrano de Bergerac avec Jean Marais.

Pour écrire cet article, je me base sur des articles parus dans le magazine Lire Magazine littéraire des mois de juillet, septembre et octobre 2021.

Avoir confiance en son projet

Eric-Emmanuel Schmitt distingue la confiance en soi et la confiance en son projet d’écriture. Croire à fond en son projet permet de le faire aboutir. Croire que ce qu’on écrit est génial s’apparente à de la vanité. Quand on écrit, on ne recherche pas le bonheur ni l’équilibre. On écrit parce qu’on a des choses à dire, à livrer qu’on doit absolument sortir de nous. Il faut croire en son projet pour le faire naître. C’est bien différent de la confiance en soi, qui s’acquiert peu à peu, au fil du temps!

Il n’y a pas d’âge pour se sentir légitime quand on écrit. On a besoin d’avoir vécu des choses, d’avoir vécu sa vie pour commencer à écrire. On a besoin de temps pour réfléchir, pour se poser, choses plus difficiles à faire quand on est jeune. Les études, littéraires ou pas, n’aident pas pour commencer à écrire. Qui dit études signifie formation académique. Qui parle d’écriture évoque l’imagination et la créativité, deux ingrédients indispensables que les études gomment de leurs cursus.

Crédit photo: fnacspectacles.com

Aucune école ne peut former à devenir écrivain. C’est quelque chose qu’on a en soi et qu’il faut travailler sans relâche pour y parvenir. Ce n’est pas une question de métier, de savoirs. C’est une question de pousser une envie jusqu’au bout. Devenir un écrivain à succès ne fait pas d’un homme ou d’une femme un auteur légitime. Ces personnes sont reconnues. Elles peuvent vivre de leur métier-passion. Certes. Mais, jamais elles ne s’endorment sur leurs lauriers! Eric-Emmanuel Schmitt dit qu’il n’écrit pas mieux que dans ses débuts, mais il se relit mieux, de façon particulièrement exigeante! Il traque la banalité, les répétitions; il veille au renouvellement de la syntaxe. Il avoue travailler beaucoup, mais ça, on s’en doutait!

Trouver son décor

Pour écrire, il faut se créer un décor. Cela peut être le lieu où la personne écrit, comme le pratiquent certains écrivains, tels que Maxime Chatham, qui a décoré son bureau à la manière de l’ambiance dans ses romans. Il convient aussi de se parer soi pour entrer dans la peau de ce qu’on écrit. Si on veut décrire un personnage évoluant dans un milieu mondain, on ne pourra pas écrire en charentaises et jogging!

L’écrivain se compose un univers. Dès qu’il se met à sa table de travail, cela lui permet d’entrer en écriture. Je vous recommande l’article que j’ai écrit cet été 2021 sur les rituels des écrivains passés ou actuels.

Trouver un bon sujet

Tout sujet est potentiellement un bon sujet. Un bon sujet n’existe pas en soi. Toute chose peut devenir un sujet d’écriture, à partir du moment où on peut trouver des attaches et le développer. Un sujet qu’on développe a forcément des attaches dans sa manière de vivre, de penser, dans ses émotions, dans ses obsessions, dans ses rêves, dans ses délires. Cela finit, un jour ou l’autre, par créer une nécessité dans son esprit qui nous force à écrire.

Eric-Emmanuel Schmitt ne connait pas la page blanche, son esprit débordant d’idées. Il a toujours plusieurs projets en tête. Pour commencer l’un d’eux, il attend qu’une idée s’impose plus forte que les autres. Il dit avoir la chance d’être prolifique.

Il a dit aussi sur le plateau de La Grande Librairie présentée par François Busnel qu’il faut avoir une raison d’écrire. Il ne connaît pas les raisons qui le poussent à écrire et il ne veut pas les connaître.

Ecrire pour savoir

On n’écrit pas ce que l’on sait, on écrit pour savoir. “La plume, c’est une boussole, un piolet, une paire de chaussures: elle permet d’explorer, elle accompagne la voyage, elle aide le pèlerin. Ecrire stimule celui qui écrit et ne l’ennuie point. Au lieu d’éteindre l’activité cérébrale, écrire l’excite. Qui écrit cherche”, dixit Eric-Emmanuel Schmitt.

De toute façon, pour écrire, il faut se connecteur avec la part d’imaginaire qu’on a en soi. Toutes et tous, nous l’avons. Il faut apprendre à la laisser vivre. Quand on écrit, on devient le secrétaire de son inspiration. Ecrire demande de se plonger dans un état créatif. Ecrire permet aussi de mieux se comprendre soi. La pratique permet aussi de mettre à distance les événements de sa vie, du monde et de la société dans laquelle on vit.

Ecrire est une nécessité, un moyen de mieux se connaître, de vivre mieux, de ne pas mourir, de laisser une trace, de se rassurer, de se sentir compris.

Une idée ne fait pas un roman

Eric-Emmanuel Schmitt nous met en garde contre les fameuses bonnes idées. Une idée ne fait pas un roman. “Il en faut mille pour écrire un roman. Pas mille idées disparates, mais mille idées qui s’harmonisent, contrastent, se complètent. Un roman exige de créer un monde, pas le schéma d’un monde. Méfiez-vous de la bonne idée!”.

Il faut choisir l’idée qui nous convient. Une idée est comme une étincelle que l’on choisit de saisir. Ou pas. Ce serait ridicule d’avoir peur d’une idée. Bien au contraire. Elle mérite d’être creusée. Toutes les idées peuvent aboutir à un roman si elles répondent aux deux critères suivants:

  • cette idée doit nous intéresser suffisamment pour soutenir notre motivation pendant plusieurs mois d’écriture.
  • cette idée a assez d’amplitude pour être développée en de multiples rebondissements qui permettront d’aboutir en un roman de plusieurs centaines de pages.

Ce qui fait une bonne idée de roman, c’est avant tout l’intérêt qu’on porte à cette idée. Pendant tout le temps de l’écriture, soit un temps long. Si on se juge, si les autres nous jugent, si on censure cette idée de départ, rien n’aboutira. On doit se donner la permission d’explorer une idée.

Ne pas entretenir d’illusions

Beaucoup de gens échouent à apprendre à écrire pour diverses raisons. Formuler sa pensée, trouver l’expression qui convient, soutenir l’intérêt jusqu’à la dernière ligne, déterminer le début et la fin d’un récit, enchaîner les phrases: voilà le travail exigeant de l’écriture.

Ce n’est pas une question d’être doué et de devenir écrivain. Tout le monde a besoin d’apprendre pour avancer. Le savoir ne se possède pas spontanément. Il existe un “savoir-raconter” qui s’acquiert par la pratique et l’entraînement. “Qui commence avec brio ignore comment terminer”.

On peut guider la personne qui ressent la nécessité intime, impérieuse d’écrire, à maintenir et à développer son désir. On peut lui signaler ses facilités et ses défauts afin qu’elle cultive les premières en atténuant les seconds. On peut lui montrer qu’elle subit des tracas inhérents à la création.

Eric-Emmanuel Schmitt précise que c’est l’expérience qui l’autorise à donner des conseils aux autres, pas le talent. Selon lui, la grâce n’enseigne rien. On apprend bien plus de ses expériences malheureuses. Il recommande surtout de se taire, de ne rien dévoiler de ce qu’on est en train d’écrire. Cela fortifie l’œuvre en gestation.

Corriger un texte

Pour corriger, il faut considérer la façon d’amener les personnages. Ensuite, on relit en soignant le mouvement, c’est-à-dire l’ordre des mots, la fluidité des phrases. L’écrivain conseille de mettre l’important au début ou à la fin, les volutes au milieu. On relit aussi en rendant le dialogue naturel et révélateur des caractères. Chaque personnage doit avoir un caractère bien spécifique, qui se distingue des autres.

Il est évident qu’on relit son texte en traquant les répétitions: il faut les supprimer ou les justifier. Les répétitions s’entendent aussi au niveau des sonorités. On évite les verbes faibles, comme “être, avoir, faire, mettre”, par exemple. On relit en ajoutant des détails suggestifs et précis. On utilise le vocabulaire adapté à chaque personnage.

Lire beaucoup

C’est le sempiternel conseil que tout le monde donne. Pour bien écrire, il faut lire beaucoup, de tout. Il faut devenir un lecteur à plusieurs vitesses, selon l’expression d’Eric-Emmanuel Schmitt. “Les textes sont des routes où l’on circule à des allures diverses. Sur les unes, on fonce. Sur d’autres, on lambine. Sur d’autres encore, on varie.”

Voici le conseil de l’écrivain: “ne prenez pas une trottinette pour parcourir l’autoroute ni une Bugatti pour changer de trottoir”. En lisant et en rédigeant, il convient de demeurer conscient de la vitesse, qu’il faut varier ou pas, au besoin.

En guise de conclusion

Eric-Emmanuel Schmitt est l’un des auteurs francophones contemporains les plus lus et les plus représentés dans le monde. Ses œuvres ont été traduites en 40 langues et jouées dans plus de 50 pays. Il conseille aussi de ne pas se publier seul, mais de faire appel à un éditeur, d’en trouver un qui corresponde au genre dans lequel on écrit.

Il estime que l’écriture doit être accompagnée par des professionnels. Il a eu de la chance dès le début: il n’en a pas bavé pour être édité. Il se permet de rappeler aux lecteurs que les éditeurs n’envoient pas que des lettres de refus. Le succès, ça existe aussi! Il en est la preuve!

Un guide de conseils

Dans cet article de conseils émanant d’un auteur reconnu, je vous délivre 299 CONSEILS POUR MIEUX ECRIRE dans mon guide pratique.

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C’est ce que je vous propose. Mes conseils sont très variés et touchent plusieurs domaines:

  • des conseils pour jouer avec les mots
  • des conseils pour mieux commencer à écrire
  • des conseils pour mieux s’inspirer des livres
  • des conseils pour mieux créer
  • des conseils pour mieux se détendre
  • des conseils pour parvenir à écrire
  • des conseils pour prendre confiance en soi
  • des conseils pour mieux s’organiser
  • des conseils pour mieux trouver ses thèmes d’écriture
  • des conseils pour mieux adapter une méthode
  • des conseils pour mieux maîtriser le français
  • des conseils pour mieux se former
  • des conseils pour mieux utiliser la narration
  • des conseils pour mieux cerner les lecteurs
  • des conseils pour mieux structurer son livre
  • des conseils pour se faire éditer

Mon guide 299 CONSEILS POUR MIEUX ECRIRE est publié chez les éditeurs habituels d’Internet!

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