Les maisons des écrivains voient se confondre les temps et les espaces, les imaginaires et les souvenirs personnels. Elles sont les témoignages du passé. Ce sont d’illustres demeures, qui nous révèlent l’intime de chaque auteur, le lieu où il a couvé et donné vie à ses œuvres.

Ces maisons sont devenues des lieux touristiques, un patrimoine que l’on tient à conserver, que l’on visite comme un monument. Le visiteur développe ainsi un vaste imaginaire autour de la maison de l’écrivain qu’il visite. Ces demeures sont très hétérogènes et diversifiées. Ce ne sont pas forcément des maisons où l’écrivain est né. D’ailleurs, cela peut être une demeure où il est peu venu ou un lieu où il a vécu une partie de sa vie.

En tous les cas, les maisons d’écrivains retracent un mode de vie d’antan, souvent entourées d’une nature prodigieuse et inspirante. Ces maisons dans lesquelles le visiteur entre comme par un trou dans la serrure, permettent de développer le tourisme culturel et c’est tant mieux!

Pour écrire cet article, je me base en partie sur le magazine “Lire Magazine” paru en juin 2021.

La bonne dame de Nohant

Ouvert au public depuis 1961, le domaine de Nohant de George Sand, alias Aurore Dupin, dans le Berry, dans l’Indre, figure parmi les dix maisons d’écrivain les plus visitées en France. Il est devenu propriété de l’Etat français, ses descendantes étant sans héritiers à la fin de leur vie.

George Sand a hérité ce domaine de sa grand-mère, mais a dû le racheter à son mari après sa séparation de biens officialisée. Incroyable mais vrai! C’était à elle, mais son mari l’administrait. Elle a dû, en plus, lui verser une pension alimentaire, le pauvre se retrouvant sans revenus!!! C’est ainsi, pour notre plus grande joie, qu’elle s’est mise à l’écriture intensive, soit 80 romans en tout plus d’autres écrits.

La maison de Nohant a accueilli bon nombre d’artistes: Chopin bien sûr, Flaubert, Balzac, Delacroix, Lizst, Marie d’Agoult, Gautier, Tourgueniev, Dumas fils,…Elle a aussi abrité quelques unes de ses liaisons amoureuses célèbres. Le cadre romantique de Nohant est pratiquement inchangé par rapport à l’époque de l’écrivaine. Le parc est remarquable avec des arbres plusieurs fois centenaires, avec la tombe de l’auteure dans le petit cimetière familial tout proche.

George Sand a été élevée sur cette terre de Nohant, dès 1808 à l’âge de 4 ans. Elle y a aussi élevé ses deux enfants. C’était un paradis à ses yeux. Elle écrivait la nuit à la lumière d’une chandelle, à côté de la chambre de ses enfants, pour les entendre respirer. Elle se servait d’une armoire comme bureau.

Elle s’installa définitivement à Nohant en 1853. Elle a écrit la plupart de ses romans en ce lieu, quand elle ne résidait pas dans son hôtel particulier à Paris ou quand elle était en voyage.

J’ai découvert Nohant lors de mes vacances dans le Berry en juillet 2021, et j’ai adoré me glisser sur les traces d’une écrivaine que j’adore. C’est à la fois émouvant et inspirant, même si je me sens parfois comme un voyeur indélicat. Le visiteur peut sentir l’âme de cette femme brillante, qui a dû lutter en son siècle pour acquérir son indépendance financière et sexuelle de haute lutte. Une femme libre en son domaine de Nohant dans toute sa splendeur! Pour moi, c’est un vœu accompli!

La chambre bleue où George Sand est décédée

Le bureau comme une caverne

Certains auteurs construisent patiemment un décor dans ou autour de leur bureau. Cela peut être des souvenirs d’enfance, ou de voyages, des photos de famille et autres fétiches, des collections d’œuvres d’art ou de divers objets, faisant de leur bureau un cabinet de curiosités à usage personnel ou une caverne d’Ali Baba.

Le visiteur, en se rendant dans les maisons d’écrivains, tente à coup sûr de percer les mystères de la création. Sur Internet, on peut fouiner et découvrir quelques images du grand bureau-bibliothèque de Maxime Chattam, dans sa maison près de Chantilly dans l’Oise. L’auteur français de romans policiers présente son bureau comme un cabinet de curiosités, avec un décor de têtes de mort, bien dans l’ambiance de ses livres.

Crédit photo: gala.fr
Crédit photo: twitter.com

Une momie égyptienne côtoie un morceau de l’épave du Titanic, parmi de nombreux livres bien sûr. Mais, l’on peut aussi y voir des minéraux et des crânes d’animaux. Maxime Chattam dit puiser son inspiration dans ce décor bien à lui au milieu d’objets effrayants et décalés, qui l’aident à quitter la réalité pour se plonger dans son monde, souvent plus de 10 heures par jour.

Le bureau de Ray Bradbury était tout aussi hétéroclite et occupait le sous-sol de sa maison de Los Angeles aux Etats-Unis. C’était un espace immense et confortable, qu’il s’est offert grâce au succès de ses livres, comme Fahrenheit 41 ou Chroniques Martiennes.

Crédit photo: 5livres.fr

Ray Bradbury aimait s’entourer de photos, de gadgets et de comics (ou bandes dessinées), dont il était un lecteur friand depuis son adolescence. Il a gardé tout ce qu’il possédait depuis son enfance. Il était un collectionneur invétéré.

Son bureau était littéralement surchargé de peluches de l’univers de Disney ou des films de science-fiction. Des figurines géantes et des affiches de films recouvraient une partie du sol. Il écrivait tranquillement, au milieu de tout ce désordre hétéroclite, entre un dinosaure en plastique et son chat noir, qui le regardait amoureusement.

Crédit photo: gettyimages.ch

André Breton écrivait parmi un os de baleine gravé, un masque iroquois, des boucliers de Papouasie-Nouvelle Guinée et une peinture de Joan Miro. Il a réuni pas moins de 225 objets et œuvres d’art de 1922 à 1966 dans son antre du 42 rue Fontaine à Paris.

Crédit photo: babelio.com

André Breton a écrit la plupart de ses poèmes et essais à ce bureau atypique, qui faisait dos à son cabinet de curiosités patiemment composé au fil des années.

Crédit photo: lavoixdunord.fr

Léon Tolstoï est né sur le domaine Iasnaïa Poliana dans la campagne russe, auquel il était très attaché. Il y a installé un cabinet de travail fort modeste. Il y a passé toute sa vie, à l’exception de quelques années de jeunesse à Moscou, vécues d’ailleurs comme un exil forcé et un voyage en France, en Suisse et en Italie.

Tolstoï avait hérité de cette propriété de son grand-père paternel, demeure datant du XVIIIe siècle. L’écrivain russe a fait construire une école pour ses paysans. Il a installé son cabinet de travail au rez-de-chaussée, dans une petite salle voûtée. Il écrivait vêtu d’une bure de paysan, assis à une table chargée de papiers, entouré de murs où étaient accrochés une faux, une pelle et une scie.

Crédit photo: akg-images.fr

Un écrivain ermite

Gustave Flaubert était capable d’écrire 16 heures d’affilée sur ses œuvres en cours, dans son bureau surplombant la Seine à Croisset en Normandie. Deux fenêtres donnaient sur le fleuve. Flaubert pouvait voir passer les bateaux et contempler l’eau. Entre ces deux fenêtres se dressait le buste en marbre blanc de sa sœur défunte.

Il écrivait sur une grande table ronde à tapis vert et il prenait son encre dans un encrier en forme de crapaud. Dans son antre, il recevait Tourgueniev, Maupassant, Zola, Daudet et George Sand.

A part quelques voyages et séjour à Paris, Flaubert vivait entièrement à Croisset, propriété héritée de son père.

Crédit photo: herodote.net

Le bar comme lieu d’écriture

Philippe Jaenada, Prix Femina 2017, passe deux fois par jour dans son bar préféré, le Bistrot Lafayette en bas de chez lui, dans le 10e arrondissement de Paris, depuis une quinzaine d’années. Selon lui, c’est sa seule fenêtre ouverte sur le reste du monde. Il y puise même ses sujets de roman.

Il se sert parfois de ce qu’il voit dans ce lieu. Mais, pour écrire, il s’enferme du matin au soir chez lui. Aller au bar, c’est sa respiration et sa pause insouciante deux heures par jour à horaires fixes, car il est très routinier: de 17 heures à 18 heures et de 20 heures à 21 heures.

L’écrivain rencontre toutes sortes de personnes dans ce bistrot, chose de plus en plus rare à Paris. En parlant avec les gens, il oublie son travail d’écriture. Il connaît tout le monde. Cette pause lui permet de clarifier ses idées. Mais, il n’écrit pas dans ce lieu. Il a besoin de repères, de s’adonner à ses manies.

La maison-école du Grand Maulnes

Alain-Fournier a vécu dans la maison-école d’Epineuil-le-Fleuriel (Cher), où ses parents étaient instituteurs, jusqu’à l’âge de douze ans, en 1898. Cette demeure l’a marquée au point d’en faire un élément central dans son roman Le Grand Meaulnes qui débute ainsi :

“Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189…
« Je continue à dire “chez nous”, bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quitté le pays depuis bientôt quinze ans et nous n’y reviendrons certainement jamais.
Nous habitons les bâtiments du Cours Supérieur de Sainte-Agathe. Mon père, que j’appelais M.Seurel, comme les autres élèves, y dirigeait à la fois le cours supérieur, où l’on préparait le brevet d’instituteur, et le cours moyen. Ma mère faisait la petite classe. »
(Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes, 1913)”.

Cette maison d’écrivain possède la particularité de porter non pas le nom de l’écrivain, mais celui du roman et de son héros. Cette ancienne école a été restaurée et transformée en musée en 1994. Le site, moyennement fréquenté (il accueille entre 1000 et 10 000 visiteurs chaque année), propose un voyage dans le roman mais aussi dans le temps pour revivre l’école de la IIIe République.

En guise de conclusion

Le motif qui arrive en tête pour visiter des maisons d’écrivains, c’est l’auteur. Cela corrobore l’idée que ces maisons sont des lieux de mémoire. Les visiteurs cherchent surtout une atmosphère et aiment visiter ces lieux comme ils visitent un château. Le tourisme littéraire n’est que le 6e motif des visites des maisons d’écrivains.

Selon un sondage, 28% des visiteurs n’ont pas lu d’œuvres de l’écrivain dont ils visitent la demeure. Après leur visite, 72% d’entre eux ont l’intention de lire ou relire l’œuvre de l’auteur.

Les lieux d’écrivains présentent tous des formes différentes, mais ils exercent sur nous une réelle fascination. Ils n’élucident pas le travail de l’inspiration de l’auteur en question, mais ils le rendent palpable. Il est toujours, de toute façon, enrichissant de visiter les maisons d’écrivains. Il est donc primordial de les sauvegarder!

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Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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  • Je me vois bien à Nohant et aller boire un guignolet kirsch au “Bistrot Lafayette”
    A bientôt avec le soleil de l’écriture.
    Nicole

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