Pour bien communiquer, nous avons besoin des mots, de comprendre leur sens, leur importance et leur valeur. Les mots ont un pouvoir, beaucoup plus profond que les gens ne le pensent en général.

Les mots que nous utilisons sont le reflet de notre petite voix intérieure. Ils nous dévoilent, nous représentent et disent aussi beaucoup de nous. Que dire des discours devenus célèbres dans l’Histoire: Victor Hugo dans son discours sur la misère, Martin Luther King pour lutter contre la discrimination raciale des Noirs aux Etats-Unis, Nelson Mandela lors de son accession à la présidence de la République d’Afrique du Sud?

Il serait temps que tout le monde prenne conscience du pouvoir de la parole et des mots. Nous pouvons changer un parcours de vie, grâce à des mots. Nous possédons tous ce pouvoir en nous. Ce n’est aucunement une question d’études et de diplômes.

Les mots nous influencent, influencent notre vie par ricochet et influencent les autres pareillement.

Le pouvoir des mots qui libèrent

Il est dit que les mots sont le miroir du cœur et sont aussi le reflet de nos pensées. Chaque mot prononcé ou pensé a une résonnance en nous car chaque mot est avant tout un son, dans n’importe quelle langue. Un mot est avant tout une expérience auditive, mais aussi sensorielle.

Nous devons toutes et tous tenir compte de la manière dont nous parlons et des mots que nous utilisons. Certains mots peuvent attirer la violence ou l’agressivité, comme d’autres peuvent attirer la paix ou l’amour. Chaque mot dit, entendu ou prononcé s’imprime dans le cerveau de chacun, à notre insu. Les mots suscitent des images et des représentations multiples dans notre cerveau.

Chaque mot a un impact positif ou négatif sur les gens. Chaque mot ne résonne pas de la même manière en chacun de nous. Chaque mot a le pouvoir de créer des émotions différentes en nous. Les êtres humains sont influencés par leurs propres mots ou par celui des autres.

Les êtres humains ont créé des langues pour communiquer entre eux, pour décrire leurs expériences, leur vie. Dans chaque parole, les êtres humains y mettent de l’affect, une tonalité, ce qui fait que les mots prononcés peuvent nous blesser…ou nous aider!

Les mots sont de grands et puissants vecteurs d’informations et d’émotions. C’est bien ce que Jacques Martel a partagé dans son livre “Le pouvoir des mots…qui me libèrent!”, paru en 2011 aux éditions Atma. Il explique ce pouvoir des mots: c’est une façon simple de se sentir mieux dans sa peau et d’être plus affirmatif, en harmonie avec soi-même et avec les autres.

Ce livre vous donnera le secret qui vous permettra de choisir les bons mots pour parvenir à être bien avec vous-même. Et donc, aussi avec les autres. Vous devez adapter votre vocabulaire aux autres, mais aussi à vous-même. Cela dépend aussi de l’état dans lequel vous vous trouvez.

Personne n’est réellement ce qu’elle ou il dit. Car, ce que nous disons donne aux autres l’occasion de nous juger à travers nos mots. Ce qui peut bloquer une communication avec les autres, ou avec soi-même d’ailleurs. A force d’être jugé, nous finissons par avoir peur de parler en public, d’exprimer notre opinion, ou simplement d’avoir une opinion, afin de ne pas être jugé même par sa petite voix intérieure.

Les mots peuvent devenir nos pires ennemis intérieurs ou nos meilleurs alliés dans la vie. Les mots sont censés traduire notre pensée, formaliser des concepts, même si cette capacité est parfois sujette à caution chez certains individus.

Les mots et la personnalité

Le mot peut se révéler comme le reflet de l’identité. Préférer un mot à un autre est un premier jalon pour marquer son territoire, prendre parti, forger sa personnalité. Les petits enfants, pour se détacher de leurs parents, vers l’âge de deux-trois ans, prononcent le fameux “non” à longueur de journée. Nous en avons tous fait l’expérience.

Le mot doit être capable de porter la singularité de chaque émetteur, mais doit aussi être compris par les autres. C’est un acte fondamental de la communication. A travers les mots, nous sommes en quête de sens. C’est ainsi que dans l’Histoire, les mots ont été trop souvent une manière d’installer l’autorité, ou la domination des “détenteurs des mots” sur la foule des ignorants.

Les mots représentent évidemment un pouvoir excluant, alors même qu’ils devraient être un capital commun au service de l’éducation et de l’inclusion de toutes et tous. Les sociétés, à travers les âges, en ont fait un pouvoir d’exclusion. Les mots ne doivent donc pas rester l’apanage des seuls “professionnels”, journalistes, écrivains, rédacteurs ou politiciens, habitués à les manier.

“Dis-moi comment tu parles, je te dirai qui tu es”. Plus les années passent, et plus je constate que les mots que les personnes utilisent ont une importance cruciale sur leur bien-être, sur la perception que j’ai de cette importance, et plus généralement, sur la vie qu’elles mènent.

Les mots que nous utilisons quotidiennement influencent notre esprit, notre perception du monde et nos relations. En cultivant l’amour des mots, en prenant conscience de toutes nos exagérations, de tous les termes négatifs que nous utilisons machinalement, et des idées reçues que nous répétons sans y prendre garde, nous pouvons changer durablement notre état d’esprit.

Les mots que nous utilisons ont beaucoup de pouvoir sur nous et sur le monde dans lequel nous vivons. Les mots agissent et font agir.

Le choc des mots

Comme le signifiait si bien le slogan du magazine Paris-Match, “le choc des mots, le poids des photos”, les mots ont un sens, une intention, une responsabilité, voire une éthique, qui découlent d’abord et avant tout des choix que nous faisons. Car, en parlant, en nous exprimant, nous faisons des choix, conscients ou inconscients.

Consciemment ou inconsciemment, les mots influencent. Les mots manipulent. Ils donnent un cap, vers l’arbitraire ou la liberté. Vers la violence ou la paix. Vers les autres ou pas. Ne pas maîtriser les mots est un handicap humain social certain dans nos sociétés, basées sur le langage et la communication.

Les mots reflètent nos pensées, de manière plutôt souvent infidèle. Leur pouvoir n’est donc pas le résultat d’une action isolée, mais celui d’une démarche globale, en lien étroit avec les autres éléments de contenus qui les renforcent, comme le rythme, la structure, le ton, l’image ou le son.

Des mots justes pour un message efficace

Pour éviter le trop plein de mots ou de messages inutiles, il convient de chercher à produire son message de façon plus raisonnable et plus efficace. Car, autrement, cela aboutit à une surcharge mentale, et au final, à l’incompréhension du message voulu.

Utiliser un langage compréhensible ne signifie en aucun cas d’utiliser une simplification à outrance, ou de se contenter d’un contenu pauvre et peu productif du genre “Waouh”, que nous entendons de plus en plus souvent.

Pour bien communiquer, chaque personne se doit de rechercher l’efficacité dans son message oral ou écrit. Car, avec la superpuissance numérique qui caractérise notre époque, les algorithmes et l’intelligence artificielle cherchent à copier le langage. Mais, ils sont aussi un moyen de faire progresser nos connaissances sur les usages du langage. Il faut savoir toujours tirer du positif là où nous pourrions penser à une menace…

Un pouvoir d’adaptation

Les mots ont bien un pouvoir multiple auquel nous pouvons facilement rajouter leur incroyable capacité d’adaptation, et ce, à toutes les époques. Manier les mots, c’est donc potentiellement être en capacité de manier l’ensemble de ces pouvoirs – éloquence, personnalité, clarté, responsabilité, durabilité.

Ce n’est pas anodin. Cela implique de prendre conscience des incidences que peut avoir l’utilisation des mots. Nous devons faire preuve d’une forme de responsabilité collective, nécessaire dès lors que l’on exerce un pouvoir, quel qu’il soit, surtout à notre époque “d’infobésité”, de remise en question de la légitimité de la parole et d’une saturation des réseaux d’information.

Contrairement à l’avis de nombre de gens, une image ne vaut pas plus qu’un mot. Il est communément entendu qu’“une image vaut mille mots”. Les mots sortent de notre bouche et à ce titre, ils ont de la valeur.

Une communication vide de sens

Nous sommes d’accord: certaines personnes parlent pour ne rien dire de concret. Par exemple, sans vouloir être offensante, les hommes et femmes politiques. Ils peuvent parler pendant des heures sans même qu’au bout du compte, nous puissions tirer une conclusion claire de leur discours.

Ces hommes et femmes politiques, investis d’une responsabilité, créent chez le citoyen un mélange de haine, de tristesse et d’impuissance. En tant que représentants publics, ils devraient donner du sens à la communication qu’ils font de leurs actes et des autres propositions. Malgré leurs efforts, certains citoyens ne parviennent à accrocher à cette communication, sensée être ouverte et explicite.

Les mots ont donc aussi le pouvoir de transmettre des mensonges, de capter l’attention de l’autre pour lui dire une chose qui en réalité est fausse. Nous avons parfaitement conscience que les mensonges s’expriment plus facilement dans le langage écrit ou parlé que dans les gestes.

Il est quand même fort dommage que la richesse linguistique dont nous avons la chance de disposer, serve à insulter, mentir, discriminer ou déformer la réalité, car aucun mot sur Terre ne mérite un tel usage. Il semble y avoir toujours plus de personnes tentant de faire en sorte que leur message surplombe celui des autres. Elles haussent le ton ou intensifient la gravité de leurs actes, croyant se donner de l’importance ou avoir raison.

Ces personnes attaquent les autres et pensent, à tort bien sûr, que la validité de leur message leur confère l’abri moral nécessaire pour rompre la vie de ceux qui s’opposent à elles ou qui demeurent indifférents. La responsabilité, au travers de laquelle nous exerçons toutes et tous le pouvoir des mots, nous appartient. Cela représente une grande responsabilité.

Utiliser ce pouvoir des mots pour créer, construire, partager, remercier, caresser ou prendre les autres dans ses bras au lieu de le faire pour attaquer ou détruire, au fond, c’est une décision qui nous appartient. Soit nous pratiquons, soit nous censurons.

En guise de conclusion

Avec les mots, nous pouvons décrire des sentiments tels que le plaisir, la bonté, l’amour et la gratitude. Les êtres humains ont été capables de créer certains des plus beaux mots du monde pour parler des choses qui nous plaisent: la beauté, l’amitié, la solidarité ou le charme qui nous entoure.

Que serait l’amour sans les mots? Evidemment, le pouvoir des mots est si grand qu’il nous permet de dire aux autres à quel point notre vie est belle. Il s’agit probablement de l’un des meilleurs usages de ce pouvoir. Les mots bien choisis ont des pouvoirs multiples: ils peuvent nous inspirer, nous motiver, nous permettre de croire en la vie.

Que nous le voulions ou non, les mots sont la forme de communication la plus utilisée. C’est un échange qui laisse des traces durables: morales, physiques et émotionnelles.

J’aime les mots. J’aime leur sonorité et la poésie que nous découvrons parfois, malgré nous, en les assemblant. J’aime, en les choisissant, chercher à coller au mieux à ce que je souhaite exprimer. J’aime, enfin, l’infini des possibles qu’offre notre belle langue française!

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  • Cet article sur “Mesurer le pouvoir des mots” a eu une puissante résonance en moi.La maîtrise des mots, la pertinence de leur choix sont d’autant plus importantes que bien agencés, les mots forment une parole qui peut être soit bénéfique, soit maléfique selon la charge énergétique qu’on y met.
    J’ai beaucoup aimé cet article. Merci.

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