Cette semaine, pour la proposition d’écriture N° 20, vous allez partir en vacances.
Pour ce faire, racontez un souvenir de vacances, heureux ou moins heureux, réel ou imaginaire, en famille ou solitaire, récent ou plus ancien.Vous pouvez vous inspirer à partir d’une photo, si cela peut vous aider, comme l’a fait Anny Duperey dans Le Voile noir”:“Oh ! Une réminiscence ! Un vague, très vague souvenir d’une sensation d’enfance : les maillots tricotés main qui grattent partout lorsqu’ils sont mouillés… Ce n’est pas le plus agréable des souvenirs mais qu’importe, c’en est au moins un. Et je suis frappée de constater encore une fois, en regardant sur ces photos les vêtements que nous portons ma mère et moi, que tout, absolument tout, à part nos chaussures et les chapeaux de paille, était fait à la maison. Jusqu’aux maillots de bain. Que d’attention, que d’heures de travail pour me vêtir ainsi de la tête aux pieds. Que d’amour dans les mains qui prenaient mes mesures, tricotaient sans relâche. Est-ce pour me consoler d’avoir perdu tout cela, pour me rassurer que je passai des années à fabriquer mes propres vêtements, plus tard ? Et puis qu’importe ces histoires de vêtements, de maniaquerie couturière, et qu’importe cette si vague réminiscence des maillots qui grattent, si fugitive que déjà je doute de l’avoir retrouvée un instant… Ce qui me fascine sur cette photo, m’émeut aux larmes, c’est la main de mon père sur ma jambe. La manière si tendre dont elle entoure mon genou, légère mais prête à parer toute chute, et ma petite main à moi abandonnée sur son cou. Ces deux mains, l’une qui soutient et l’autre qui se repose sur lui. Après la photo il a dû resserrer son étreinte, m’amener à plier les genoux, j’ai dû me laisser aller contre lui, confiante, et il a dû me faire descendre du bateau en disant “hop là”, comme le font tous les pères en emportant leur enfant dans leurs bras pour sauter un obstacle. Nous avons dû gaiement rejoindre ma mère qui rangeait l’appareil photo et marcher tous les trois sur la plage. J’ai dû vivre cela, oui… La photo me dit qu’il faisait beau, qu’il y avait du vent dans mes cheveux, que la lumière de la côte normande devait être magnifique ce jour-là. Et entre mes deux parents à moi, si naturellement et si complètement à moi pour quelque temps encore, j’ai dû me plaindre des coquillages qui piquent les pieds, comme le font tous les enfants ignorants de leurs richesses. “

Anny DUPEREY, Le Voile Noir, 1992.

Laissez-vous guider par votre intuition, votre imagination, votre envie d’écrire!
C’est un exercice de créativité.
Laissez filer vos idées avec des mots, même simples!

J’ai hâte de lire vos créations!

Pensez à m’envoyer vos créations dans la rubrique “me contacter” de mon blog.

Créativement vôtre,

LAURENCE SMITS, La Plume de Laurence
 

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *