La proposition d’écriture N° 91 vous a emmenés loin dans l’imagination et j’adore ça!

Je me suis délectée à la lecture de vos merveilleuses histoires, dont certaines ont créé une certaine angoisse! Dignes des grandes autrices et des grands auteurs!

Voici vos textes. Je vous en souhaite une belle lecture, du plaisir et du bonheur. Par les temps qui courent, c’est un trésor inestimable!


De Martine

Allongée là, dans le lit douillet, je lisais ce roman, quand tout à coup la sonnette retentit.
Qui cela peut-il bien être à cette heure-ci? Que fais-je? Je réponds? Je me lève? ou pas. Je réfléchis, je tergiverse et voici que la chanson de Bénabar me vient en tête. “On s’en fout, on n’y va pas, On n’a qu’à se cacher sous les draps,” et je décide donc d’ignorer cette sonnette.
Mais voici que non seulement la sonnette retentit à nouveau, le téléphone sonne également.

Mais que me veulent-ils? Ne peuvent-ils pas me laisser tranquille, je voudrais poursuivre la lecture de ce roman. De mauvaise grâce je me lève pour envoyer paître ces intrus qui insistent.
En me dirigeant d’un pas décidé vers la porte d’entrée, je jette un coup d’œil à la pendule de la cuisine et là je vis qu’il n’était que 19h. J’avais tellement été prise par l’intrigue de ce roman que j’avais perdu toute notion du temps.
Tout d’un coup, je revins à la réalité et me rappelai que j’avais réuni ce soir mes amis pour mon anniversaire. Quarante ans, cela se fête. Ils étaient tous là, à patienter au portail les bras chargés de nourriture et de cadeaux. Ils me regardèrent inquiets. Un peu gênée, je leur racontai l’histoire et leur dit que rien n’était prêt. Ils rirent et me firent remarquer que cela me ressemblait bien et qu’ils n’en étaient pas étonnés. Ce fut le sujet principal de notre conversation pendant la soirée qui s’est très bien déroulée. Au moment de souffler les bougies, ils chantèrent tous en chœur la chanson de Bénabar “Le diner ». Nous éclatâmes de rire et passâmes une bonne soirée. Je pense que nous nous souviendrons de mes 40ans pendant de longues années.

De Bernard

Allongé là, dans le lit douillet, je lisais ce roman, quand tout à coup…
La porte s’mit à vibrer sous des centaines de coups
puis le bois a craqué, t’es rentré comme un fou.
Ta chemise déchirée, des balafres partout.
Tout à coup je pris peur et pensais me cacher
j’voyais ma dernière heure, ça devait arriver.
J’entendais pas tes mots, je te voyais crier,
je sentis mes sanglots, mes joues étaient mouillées.
Voire ton sang qui coulait, rougissant le plancher
m’empêchait de bouger, j’étais tétanisé.
Puis des bruits d’extérieur, entraient dans la maison,
comme des cris de terreur, à perdre la raison.
Tu t’approchas du lit, ton corps tremblait d’effroi
je m’faisais tout petit , mon sang devenait froid.
Les hurlements si proches, je n’savais plus quoi faire
mon cœur comme une cloche, qui battait sur son fer.
Mon souffle était coupé, il fallait que je fuis
loin dans l’obscurité, c’était déjà la nuit.
je repris mes esprits, je m’étais endormi,
les rêves ont ces pouvoirs de nous croire hors du lit.

De Viviane

Les mots sont des fenêtres, les livres des portes ouvertes sur d’autres vies, d’autres horizons.
Les mots et les livres ont toujours été importants pour moi, d’aussi loin que je me souvienne, écrire et lire m’ont passionnée depuis mon plus jeune âge.
J’ai quasiment toujours écrit un journal, autant dire que j’en ai une bonne pile dans mes archives, pas sur mon ordinateur parce que j’aime et j’ai toujours aimé écrire à la main, choisir le support, le papier, le stylo, c’est déjà une partie du voyage de l’écriture.
Les livres ont toujours fait partie de ma vie, je ne peux pas compter tous ceux que j’ai lus ni ceux que j’ai encore à lire et qui m’attendent sagement empilés sur mes deux tables de bureau. Je pourrais me passer de beaucoup de choses mais pas de livres. Je ne peux pas aller dans un magasin qui en vend, quel qu’il soit, sans en trouver qui me plaisent, les brocantes, les vide greniers, les magasins discount et récemment les ‘armoires à livres’ font mon bonheur.
Dans les armoires à livres, j’en prends moins que j’en apporte.
J’aime particulièrement les livres d’occasion, indépendamment du fait qu’ils sont plus économiques, ils ont déjà eu une vie, j’aime savoir qu’ils ont déjà été feuilletés, certains annotés, qu’ils aient déjà vécu et qu’ils attendent juste une autre vie.
Tous les livres sont des portes ouvertes
Les romans ouvrent l’esprit sur d’autres vies, d’autres horizons, d’autres amours, d’autres histoires, et de l’Histoire en ce qui concerne les romans historiques, des ouvertures aux différences.
Les livres de développement personnel ouvrent sur des bien être, un lâcher prise, des techniques que l’on applique ou non mais qui ont le mérite de faire réfléchir et peuvent même aider bien des gens, psychologiquement parlant.
Les histoires d’aventure diverses nous emmènent loin de notre quotidien parfois difficile, découvrir de nouveaux horizons, de nouveaux pays, des contrées qui font rêver, des histoires familiales particulièrement passionnantes apportent une tranche de ‘bien-être’ pendant ces lectures.
Et que dire des biographies de personnes illustres ou non, mais toujours positives et inspirantes, qui peuvent faire voir la vie différemment, provoquer des débats, de la contradiction bienveillante aussi.
Les policiers distillent de l’adrénaline et du suspense, certains auteurs sont vraiment doués pour laisser durer le suspense jusqu’au bout, et nous faire constater que l’on avait fait fausse route et que l’on s’était trompé de coupable. Ceci dit, si la ‘solution’ apparaît trop vite, c’est frustrant ou alors ça peut vouloir dire aussi que l’on a le même cheminement de pensée que l’auteur mais du coup si on découvre rapidement le coupable, pour ma part je n’ai plus envie d’en continuer la lecture.
Les bandes dessinées sont sûrement de bonnes lectures mais c’est un sujet qui m’est inconnu, je n’ai jamais lu de bd et j’avoue ne pas du tout être attirée par ce genre de lecture.
J’ai lu beaucoup de romans à l’eau de rose comme on dit dans mon jeune âge, j’avoue que je ne suis plus attirée par ce genre de lecture mais si ça peut apporter quelque chose à tant de personnes, tant mieux !
Chaque livre invente sa route. Il va aussi libre, parmi toutes les histoires possibles, que chaque bateau sur la mer entre toutes les destinations. (Erik Orsenna dans ‘L’entreprise des indes’)

De Mireille (proposition d’écriture N° 90)

Désenchantement

La poche vide, que dalle,
Musardons sur la sente estivale.
Quelle belle cavale !
Poursuivons notre route.
Au long du chemin, les vaches broutent,
A quand le casse-croûte !
En fines brises soufflées
Par l’air chaud étouffé,
Tu penses qu’à bouffer !
Le fond du vallon enjolive
Ta figure toujours plaintive
Horreur… Thérèse braise les endives.

Proposition d’écriture N° 91

Allongé là, sur le lit douillet, je lisais ce roman, quand tout à coup, le silence m’interpella. Bien sûr il n’y avait personne, la maison était silencieuse, mais ce silence était bizarre, très profond, enfin… un vrai silence.
Surprise, je m’avançai vers la fenêtre, pas un souffle, le calme plat. Une luminosité basse, un ciel de plomb, très intrigant. Continuant mon observation, je découvris un horizon sombre, vraiment très sombre, soudain, je compris…, plus un instant à perdre, vite il était encore temps.
Je fonçai dans toute la maison fermant volets, fenêtres, puis sortis pour attraper les objets épars que les enfants avaient laissés dans la cour, là une trottinette, ici un ballon, ainsi que les chaises de jardin. Je les entassai rapidement dans la cabane. Une rafale de vent m’arracha l’arrosoir que je tentai également de placer en lieu sûr.
Encore un dernier coup d’œil sur l’extérieur et direction mon habitat, bien à l’abri. Avant de disparaître complètement, j’entraperçus un fabuleux spectacle. Zébrant le ciel un son et lumière gigantesque s’en donnait à cœur joie.
Au sec l’esprit tranquille, je retournai m’allonger sur le lit.
Bon et ce roman où en étais-je ?

De Françoise G (proposition N° 90)

Il habite le quartier de Montmartre. En ce moment même, il se prélasse sous un doux soleil sur la terrasse du Restaurant « A la bonne franquette ». Occupé à rêvasser tout en observant le passage des voitures en contrebas ; tout-à-coup, son sang ne fait qu’un tour et il crie de toutes ses forces. Un chat noir a failli passer sous les roues d’une voiture… Il s’en est fallu de peu ! Encore sous le choc, il descend en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et rejoint la rue.
– Comment ça va ? Rien de cassé ? – Non, grâce à toi ; si tu n’avais pas hurlé je serais mort. Merci mon pote ! Je te dois la vie !
– Tu n’as pas l’air bien portant, tu es malade ? – Non, mais je suis un vagabond, et je n’ai rien graillé, que dalle!, depuis trois jours au moins, même pas chopé la moindre souris, à croire qu’elle soient confinées elles aussi…Je suis au bout du rouleau…
– Viens avec moi ! Finalement tu as de la chance, j’habite avec Thérèse qui tient le restaurant que tu vois en face ! il faut passer par la chatière qui donne dans l’arrière-cuisine, et là tu vas pouvoir te régaler, Thérèse veille toujours à ce que ma gamelle soit toujours bien garnie.
Au fait, précise le beau chat roux, moi, c’est Caramel. – Moi, je n’ai pas de nom répond tristement le chat noir efflanqué aux beaux yeux émeraude. J’ai été abandonné tout jeune, ma vie n’est pas un long fleuve tranquille tu peux me croire. – Vas-y mange autant que tu veux ! le chat vagabond se jette sur la nourriture : du saumon-sauce petits-pois, c’est goûteux, un fumet de rêve … quel casse-croûte ! Il n’en revient pas !
Caramel pendant ce temps, sur ses pattes de velours part en reconnaissance vers la salle de restaurant. Tout va bien, quelques clients récupèrent leurs plats à emporter et Thérèse braise des endives pour son plat du jour, un gratin d’endives à la crème et au curry auquel elle ajoute du jambon cru italien. Les habitués en raffolent…
Le chat roux revient vers l’arrière-cuisine et découvre que le chat vagabond a vidé sa gamelle et continue à se régaler au distributeur automatique de croquettes…
– On va pouvoir aller piquer un roupillon au salon ; il faudra se faire discrets en traversant le restaurant, ça te va ? Pas de réponse…. – Hé ! Je te parle… toujours pas de réponse… Tu penses qu’à bouffer toi ! – Excuse, mais la popote est trop bonne… J’ai l’impression de vivre un rêve ! Allez, je te suis…
La traversée du restaurant se passe sans accroc, ouf ! ; les voici dans le salon de Thérèse où un bon soleil entre à flot par une baie vitrée. Le vagabond est tout intimidé et émerveillé par la pièce toute douillette. Caramel s’installe dans son couffin tout doux et invite son nouvel ami, apeuré, à le rejoindre. – Allez viens ! Il y a la place pour deux ! – Merci, tu es vraiment un chic chat Caramel, mais Thérèse ? – Ne t’inquiètes pas, elle adore les chats, si tu ne voles pas dans sa cuisine, je parie qu’elle va te trouver un nom au poil et t’adopter, tu verras ! Le petit chat vagabond repu et rassuré, se love près de Caramel, et s’endort aussitôt la tête pleine de rêves.

De Lucette

Allongée-là, dans le nid douillet, je lisais ce roman, quand tout à coup plongé dans ma lecture, à flemmarder sur mon transat à l’ombre de mon bouleau pleureur, un bruit plutôt insidieux qui vient du fourré à quelques pas de moi, me tient sur mes gardes.
Je me retourne, j’écoute le plus attentivement possible, et rien, le silence total. Bon ! c’est peut-être mon roman policier qui me donne des idées de frousse, je me replonge dans mon livre.
Sereinement cette fois, j’ai oublié « ce bruit », et je suis en plein dans l’action, en plein dans le suspense : le mari surprend sa femme dans les bras d’une autre femme, et bien sûr s’enchaînent des explications, des cris des coups, des hurlements etc…
Au bout d’une heure, je m’assoupis sans m’en rendre compte, je suis partie dans les bras de Morphée, je plane dans mes rêves, le contraire du roman que je suis en train de lire. Combien de temps ai-je dormi ? Impossible à dire, si ce n’est ma montre accrochée à mon poignet qui m’indique qu’il y a déjà 1 heure et demie que je suis dans l’autre monde. Je n’en reviens pas, vite je me lève, je me prépare à aller chercher les enfants à l’école et les emmener à leurs cours de musique. Et là encore ce bruissement non loin de moi, je scrute les environs et toujours rien de visible, mais je commence à me poser des questions…
Et si c’est un cambrioleur qui attend mon départ pour venir voler mes bijoux ou mon ordinateur ? L’espace de quelques minutes à réfléchir, et une décision s’impose puisque je ne peux pas appeler mon mari au secours, qui est en voyage professionnel à l’étranger. Je suis seule, mon assurance faiblit, pourtant j’écoute mon instinct qui me dit de tout fermer pendant mon absence. Alors malgré le soleil qui inonde ce beau paysage, je ferme les portes et les volets, les verrous là où je peux, et je pars à moitié rassurée. J’avoue que j’ai peur de rentrer ce soir, et je ne peux en parler à personne, surtout pas à mes enfants qui sont trop jeunes pour ne pas les faire paniquer à leur tour…
Mes enfants m’accueillent avec des « Maman » avec leurs sourires qui en disent long, pendant qu’on regagne la voiture, ils dégustent une part de gâteau confectionné en début d’après-midi. Ils sont ravis, demain il n’y a pas d’école, donc, grasse matinée et câlins sans se presser.
L’heure du retour est annoncée, une angoisse me serre la poitrine, les enfants me parlent et je ne les entends pas. Je dis aux enfants, comme il fait beau, et que papa n’est pas là, on va se promener autour de lac, voir les poissons et les canards. J’avais prévu, la mie de pain dans le pochon, ça n’a pas fait long feu. Ils se chamaillent à celui qui en enverra le plus aux canards, pourtant le soleil se couche il faut quand même que je me force à rentrer.
Il y a maintenant trois bonnes heures que la maison isolée est aux mains des cambrioleurs, comment vais-je la retrouver…
J’arrive devant le portail qui s’ouvre, j’avance avec la voiture. A première vue rien de suspect. Les enfants me demandent pourquoi tout est fermé, je leur dis que c’est à cause du soleil qui est trop chaud. Pensez-donc, le soleil de fin Avril trop chaud… ils ont accepté ma réponse, ils descendent de la voiture et commencent à courir partout, quand tout à coup, le plus jeune crie de toutes ses forces, venez voir, venez voir !!! J’arrive la première sur les lieux du méfait et que vois -je ??? Un jeune chevreuil d’une beauté à couper le souffle, complètement effarouché qui cherche à se sauver dans la direction du gros taillis que j’ai scruté tout à l’heure. Il a fait un bond magnifique sous nos yeux ébahis, le mystère était soulevé, pas de cambrioleur à l’horizon, juste un jeune faon qui mourait de faim, perdu sans sa maman, qui a englouti les croquettes des chats, et vidé le récipient d’eau.
Il est parti, on le l’a jamais revu, qu’est-il advenu de lui ? J’espère juste qu’il a retrouvé les siens pour vivre sa vie en famille…

De Catherine

Frissons

Allongée là, dans le lit douillet, je lisais ce roman, quand tout à coup, la lumière s’éteignit, accompagnée d’un bruit étrange qui provenait de la cuisine, tout au bout du couloir. J’étais arrivée dans ce gîte un peu isolé en bord de mer, quelques heures plus tôt, à la recherche d’un havre de paix, pour faire le vide et trouver les moyens de repartir sur un bon pied. J’étais arrivée avec ma petite valise, à moitié remplie de bons bouquins, avec pour seul programme, des promenades côtières et de la lecture.
Quand la lumière s’était éteinte, j’étais plongée depuis deux bonnes heures dans mon bouquin, et je fus alors plus que surprise… alertée serait plus juste… La lumière, plus ce bruit étrange dans la cuisine, il ne m’en fallait pas plus pour que mon esprit me suggère à toute allure plusieurs raisons à ça, puis plusieurs stratégies à adopter. Finalement, je me cachai sous les draps, le cœur battant, les oreilles en éveil, et réalisai que j’avais laissé mon portable dans le salon, donc impossible d’appeler qui que ce soit. J’étais seule, abandonnée à moi- même, et j’aurais donné n’importe quoi pour avoir des voisins tout près. Je me maudis alors de mes manies de sauvageonne. Que faire ? Fuir par la fenêtre ou affronter l’intrus ? La nuit était noire d’encre et en m’enfuyant, j’étais bien capable de tomber de la falaise et adieu moi. Il ne me restait plus que l’affrontement.
Je me redessinai dans la tête les plans de la maison, car je n’aurais que le choix du « à tâtons ». Il me fallait aussi une arme, un outil de défense ou d’attaque. Je me souvins alors du tas de bois stocké au bout du couloir, près de ma chambre. Je me glissai sans bruit hors du lit, tâtonnai les murs en veillant à ne faire aucun bruit qui puisse alerter le voleur, ou… le tueur. J’ouvris la porte, me faufilai jusqu’au tas de bois qui attendait d’alimenter la cheminée du salon, sélectionnai en imagination celui qui me paraissait, à vue de mains, le plus adéquat pour la mission auquel je le destinais, puis, le dos plaqué au mur, glissai pas à pas dans ma remontée du couloir. L’ennemi ne faisait plus de bruit, ayant sans doute repéré mes mouvements. Normalement, il aurait dû avoir une lampe de poche, sinon, pourquoi aurait-il éteint la lumière ? Mais manifestement, aucun faisceau lumineux du côté de la cuisine. C’était sûr, il m’avait repéré et avait coupé sa lampe pour ne pas me donner d’indices. Du coup, nous étions à égalité : deux combattants aveugles. La victoire serait du côté du plus malin et moi, j’avais un avantage, puisque je connaissais les lieux. J’étais capable de sentir dans mon dos l’encoignure de la porte du salon, de l’éviter sans la faire couiner et de reprendre ma progression. Mon cœur battait à tout rompre à mesure que j’approchais de la cuisine.
L’autre était malin lui aussi, parce qu’il se déplaçait sans rien cogner. Du coup l’image du propriétaire s’incrusta dans mon esprit. Mais oui, bien sûr, il connaissait bien les lieux et il voulait me… violer : j’avais vu une lumière bizarre dans ses yeux quand il m’avait fait visiter la maison avant de me donner les clés. La rage s’empara de moi, autant de désespoir que d’envie de meurtre. Arrivée à la porte de la cuisine, décidée à passer la première à l’attaque, je levai mon gourdin au-dessus de ma tête et m’apprêtai à me ruer sur mon violeur, quand soudain, la lumière fut et éclaira toute la scène.
La cuisine était vide, et le lave-vaisselle clignotait sa fin de service, et moi, j’étais ridicule, avec mes bras en l’air enserrant un bout de bois aussi idiot que celle qui le tenait. Avec mes manies de l’hygiène, j’avais mis toute la vaisselle à laver pour ne pas consommer les microbes de mes prédécesseurs et le bruit que j’avais entendu devait être le baroud d’honneur du lave-vaisselle en fin de cycle. Quant à la lumière, ce devait être une panne provisoire de secteur. Harassée, terrassée par tout le stress vécu en quelques longues et interminables minutes, je me laissai choir sur le carrelage, haletante et honteuse.
A force de lire des thrillers, je m’étais laissée envahir par les angoisses vécues à travers mes lectures, et me retrouvais chiffe molle ridicule, sur un carrelage d’un autre âge. Dès le lendemain matin, je courus chez un libraire acheter un roman et délaissais pour un temps mes lectures à frissons.

De Jessica

Allongée là dans le lit douillet, je lisais ce roman, quand tout à coup, les lignes de la page se décollèrent du papier et se mirent à tournoyer devant mes yeux jusqu’à former la silhouette d’une main.
Délicatement, cette main vint saisir la mienne et sembla me dire : « Suis-moi ! ». M’étais-je endormie en pleine lecture ? Je posais ma main dans la sienne sans trop de résistances et me retrouvai bien vite à traverser le jardin, pieds nus, avec pour seul éclairage la faible lumière projetée par la lune.
La main littéraire me mena jusqu’à l’étang d’un petit bois, et me fit asseoir doucement au bord de l’eau, sur un parterre d’herbes et de fleurs. Elle m’invita ensuite à me pencher légèrement en avant afin de contempler mon reflet dans ce miroir aquatique.
Je fus dans un premier temps très troublée ; ce reflet je le connaissais mais il y a bien longtemps que je ne l’avais plus vu. C’était en effet celui de la petite fille que j’avais été, quand innocence et cris de joie inondaient mon quotidien. Cette petite fille que j’avais perdue…
Les lignes qui formaient cette main se mirent de nouveau à tournoyer, au-dessus de l’étang, et se posèrent à la surface de l’eau, m’invitant à regarder de plus près le message qu’elles venaient d’écrire :
– « Questionne la petite fille ! »
Quel curieux message…et comment questionner cette petite fille…je me sentais troublée et désemparée…
Quand soudain, quelque chose m’attaqua par surprise. Je sentis un poids ronronnant contre ma poitrine.
– « Molière ! Tu m’as fait sursauter ! Je sais, je me suis encore endormie les lunettes sur le nez, en pleine lecture…comme toujours… ! ».
J’étais tout de même heureuse que Molière m’ait sortie des bois nocturnes dans lesquels je m’étais enfoncée inconsciemment. Mais cette phrase laissait une empreinte étrange en moi : « Questionne la petite fille ! ».
Que voulait la petite fille qui était en moi ? Je ne le savais pas encore mais cette question allait changer le cours de mon existence…

De Patrick

Le Roman

Allongé là, dans le lit douillet je lisais ce roman quand tout à coup une intense discussion
m’interpella fortement, cette explication verbale qui montait du jardin au bas de chez moi entre un homme et une femme m’intrigua au plus haut point car chose étrange, ce dialogue animé ressemblait mot pour mot au même dialogue que le roman que je lisais.
Improbable coïncidence ou vivais-je un rêve éveillé ?
Une curiosité infernale et dévorante avec une envie à assouvir me poussa à vouloir en savoir plus et comprendre cet état de fait.
Je me dirigeais dans un premier temps vers la fenêtre quittant la quiétude de mon lit douillet gardant mon roman en main. Ce que je vis à travers les vitres de la fenêtre me laissa pantois, incrédule devant cette scène presque impossible de coïncidence, non cela ne pouvait être possible une femme et un homme se disputaient avec une certaine véhémence mais ce qui relevait de l’improbable, c’est que les personnages et les dialogues correspondaient point par point au roman que je lisais actuellement, non cela ne pouvait pas être possible, aurais-je des visions, mon esprit me jouerait-il des mauvais tours ? Oui je sais, j’adore la lecture de ce roman que j’ai lu j’avoue plusieurs fois, mais de là à croire ou m’imaginer que la réalité rejoigne la fiction…
Je décidai de m’approcher au plus près des protagonistes de cette scène sortie tout droit de ce roman, alors je descendis de ma chambre en dévalant rapidement les marches de l’escalier au risque de chuter, mais il fallait que je sache qui ils étaient et si l’intrigue du roman continuait après cette discussion sous la fenêtre de ma chambre.
Arrivé au bas de l’escalier je vis à travers la baie vitrée le couple s’enfuir dans une auto rouge de marque allemande. Je ne pus identifier ni la femme ni l’homme alors je sortis en courant pour au moins voir le numéro d’immatriculation qui d’ailleurs ne m’aurait pas servi à grand-chose , mais pris soudain d’une folie incompréhensible sur le moment, je cherchai à les poursuivre pour vérifier si l’histoire de ce roman continuait dans ma réalité .
Ne contrôlant plus rien sur le moment à part ma quête de savoir, j’enfourchai un scooter qui était à l’arrêt sur le trottoir et démarrais en trombe à la poursuite de la voiture rouge.
Au loin, j’entendis les cris désespérés du propriétaire du scooter « Au voleur au voleur »
mais moi j’étais comme sourd à sa détresse, je continuais ma course folle sans casque, sans papiers sur un scooter volé juste avec mon roman en poche.
J’arrivais presque à rejoindre enfin la fameuse voiture rouge et son couple énigmatique quand soudain au loin je vis un barrage de gendarmerie, « Merde les flics », disais-je à haute voix , « je suis fait comme un rat».
Sans aucune hésitation en moins d’une seconde, je décidai d’emprunter la petite route forestière qui s’offrait sur ma gauche.
Evidemment c’était inévitable, les keufs m’avaient vu me défiler à leur contrôle routier et sans grande surprise deux motards sirènes hurlantes se mirent à ma poursuite.
C’était la poisse maximum, voleur de scooter sans casque poursuivi par la police et j’avais perdu l’auto rouge et ses occupants qu’il fallait absolument retrouver car si la réalité suivait la trame du roman, ils allaient commettre l’irréparable. Le couple était des amants et leur but était de tuer le mari de la femme comme dans beaucoup d’histoire d’adultère, alors mon devoir était d’empêcher cela à tout prix.
Connaissant parfaitement la région et surtout cette partie de forêt, je m’engouffrais dans un petit chemin forestier et me cachais dans un bosquet très feuillu afin de laisser continuer la maréchaussée de me poursuivre sur cette route où je n’étais plus.
Maintenant que la police était hors-jeu, je devais retrouver ce fameux couple mais où pouvaient-ils bien être ? La réponse est venue en touchant ma poche arrière de mon pantalon où j’avais mis mon roman. « Euréka », l’adresse devait être écrite dans l’histoire bien sûr si la fiction rejoignait la réalité.
Je trouvais dans le livre le lieu de destination des deux amants et décidais sans plus attendre de m’y rendre le plus vite possible, mais pour un peu plus alourdir mes problèmes, la pluie se mis à tomber, pas une pluie fine non, une bonne grosse douche.
J’étais trempé tant pis, je devais aller au bout de ce road movie.
J’arrivais enfin à l’adresse indiquée et là garée devant la maison la fameuse voiture rouge, j’étais bien au bon endroit. La fiction avait bien rejoint, la réalité alors j’allais pouvoir influer sur le destin funeste du mari dans ce roman. Je me dirigeais vers la porte d’entrée légèrement stressé, fiévreux d’impatience mais déterminé. Je sonnais et la sonnerie retentit en écho dans ma tête. J’entendis des pas de femme ; elle portait sans doute des talons, la porte s’ouvrit enfin et là stupéfaction !!!
C’est toi Elise ! Alors c’est moi le mari cocu ?
Allongé là, dans le lit douillet je lisais un roman quand tout à coup un coup de feu claqua et puis plus rien le néant.

De Maïla

Le roman de Krys

Allongée, dans le lit douillet, je lisais ce roman quand tout à coup la lumière se mit à vaciller.
Les quelques watts de ma lampe de chevet jouaient à présent les absents, j’y suis , je n’y suis plus.
Déconcertée, je relis la phrase, « essaie encore », me dit mon petit guide intérieur.
En temps normal, cette défaillance électrique m’aurait irritée, m’incitant de suite à une remédiation.
Mais là, ce soir, j’y vois comme un clin d’œil et c’est avec une certaine joie que mes pensées sortent du champ du texte, pour virevolter vers d’autres horizons.
Je pense à Krys, la collègue qui m’a conseillé ce roman avec tant d’aplomb, « tu vas adorer ! » avait été son unique explication.
A n’en point douter, elle savait que je plongerai facilement vers l’ Inde et ses mystères.
Avait – elle souvenance de mon voyage qui m’avait tant chamboulée, entre grandeur et magnificence de ses palais, de sa culture et pauvreté si tangible à chaque coin de rue. Je ne sais si Krys se rappelle qu’à mon retour mes commentaires ne pouvaient se résumer à une dichotomie beau / pas beau, mais qu’une tonne de mots enchevêtrés ne suffisaient pas à exprimer mes ressentis, partageant alors avec mon interlocuteur toutes mes interrogations.
Pour sûr, Krys me connaît un peu, depuis le temps que nous travaillons ensemble, elle sait que la découverte d’autres cultures m’intéresse. Toutefois, comme cette lumière qui ce soir s’amuse à perturber mon précieux moment de répit, bien installée à lire sous la couette, Krys se jouerait – elle de moi en me guidant vers un lointain voyage, peuplé d’inattendus et de rencontres bouleversantes ?
Soit, me voilà embarquée, happée au fil des pages. Je ne résiste pas à l’envie de souligner, commenter de points d’exclamations, astérisques et autres ponctuations dont moi seule ai le code.
Imaginez la scène, je tourne les pages, je souris et pointe un mot, coche une phrase et poursuis mon ascension ! La lumière fait des siennes, mais n’entache pas ma détermination. Là – pas là, comme un jeu de « coucou-caché » où l’enfant jubile lorsqu’il retrouve le visage familier, l’alternance électrique me fait sourire. J’entre dans le jeu et poursuis pas à pas ma lecture. Je me délecte, je savoure les mots. Je déguste les idées qui résonnent en mon for intérieur, comme des galets que l’on s’amuse à faire ricocher sur l’eau.
Mais voilà que la lumière s’est stabilisée et pourtant les lignes se brouillent devant mes yeux. La fatigue me gagne, la nuit est déjà bien avancée. Il faut que je me résigne à une escale salvatrice.
Promis Krys, demain je repartirai à partir de mon kilomètre zéro !

Poème d’Elodia Turki, « L’Infini désir de l’ombre »
(Poète franco-tunisienne, qui nous a quittés le 30 novembre 2020) diffusé par Françoise T

Je poursuis l’onde lente
le contre-songe de notre histoire

C’est de tous les souvenirs le plus doucement triste
Quelque chose rouge quelque chose fort en mes doigts dénoués
Tu cherches un contour – un dieu pour l’implorer
Qu’espères-tu qui ne soit en toi depuis le premier souffle ?
Seul interdit – ce moment suspendu perplexe –
un peu –
qu’un liquide brûlé enfin délivre

De Laurence

Du rififi dans la chambre

Allongée là, dans le lit douillet, je lisais ce roman, quand tout à coup, les personnages du livre en question sortirent de leurs pages. Ils me regardaient ébahis, mais tellement heureux de prendre enfin l’air.

Un des personnages, plus véhément que les autres, me formula la pensée du groupe :
« Vous comprenez, chère lectrice, nous sommes confinés dans ce livre depuis tant d’années ! On n’en peut plus ! On veut vivre ! ».
« Je ne comprends pas bien la situation, vous vivez à travers l’histoire que je lis. Vous existez dans mon imagination. Je vous perçois bien », tentai-je d’expliquer pour les rassurer.
« Non, vous ne comprenez rien. Personne ne nous comprend en fait. On en a marre d’être enfermés dans des lignes. Que nous arrive-t-il une fois que le lecteur a fini son roman ? Il passe à un autre. Et pour nous, c’est fini. On reste enfermés jusqu’à ce qu’un nouveau lecteur ouvre de nouveau les pages. Pendant ce temps-là, nous, on végète, on suffoque sous la poussière, les pages jaunissent. On a peur de finir dans les oubliettes, ce n’est quand même pas trop dur à comprendre, non ? ».

Je ne sus que répondre, interloquée que j’étais par la situation. Moi, d’habitude si prolixe, ma bouche était vide de mots. Que dire à des personnages sortant de mon livre ? Premièrement, je ne pouvais plus lire. L’intrigue avait disparu ! Pourquoi leur dire puisque les personnages ne comprendraient pas mon désarroi. Deuxièmement, j’avais maintenant peur de refermer le livre et de les enfermer à jamais dans une prison de papier ! Troisièmement, je craignais qu’ils mettent à sac ma chambre.
Bizarrement, j’avais la drôle d’impression d’être dans un film, comme « La nuit au musée ». Je devenais folle ou quoi ? Pourtant, je n’avais rien consommé qui eut pu justifier cette impression. Ou alors, je rêvais et je n’arrivais plus à sortir de mon songe. Ou alors, j’étais passée dans la troisième dimension et me retrouvais dans un monde parallèle.
Les personnages de mon roman avaient envahi mon lit. Ils dansaient, chantaient à tue-tête, virevoltaient, faisaient des cabrioles sur ma couette. J’étais fort contente que mon imaginaire, fort développé certes, puisse trouver sa place un soir d’hiver.
Tout prenait vie devant mes yeux dans un monde féérique. C’était presque comme quand j’étais gamine, je découpais des personnes dans les catalogues de vêtements pour les faire vivre et inventer des histoires. Là, je n’avais même pas eu besoin de découper ces créatures, elles venaient à moi, je ne savais pour quelle raison.
Etais-je victime d’un sortilège ? Devrais-je prononcer une formule magique pour sauver mes personnages et moi-même par la même occasion ? Ces personnages ont-ils un secret à me révéler ? Que devais-je faire pour sauver mes petits amis et leurs histoires de leur ennui perpétuel ?
Je comprenais bien que ce n’était pas parce que ils étaient inventés qu’ils n’existaient pas !
Je les regardais s’ébattre sur ma couette, et je partis dans une de mes réflexions, dont j’étais coutumière. Au bout de quelques instants, l’illumination vint. Je savais ! J’avais trouvé la solution ! J’allais faire en sorte que les personnages sortent réellement du livre pour leur donner vie, pour les faire surgir devant les yeux ébahis des futurs admirateurs.
Au fil des mois, je me transformais en créatrice de papier. J’avais toujours été passionnée par les vieux livres. Aussi, je me rendis régulièrement dans le grenier de ma grand-mère pour lui subtiliser de vieux livres. J’eus l’idée de découper avec méticulosité les dessins illustrés des récits pour les faire émerger de manière 3D des pages. C’était dans ces vieux livres que je trouvais la matière nécessaire à mes créations. Ces ouvrages anciens me servaient dans ma pratique artistique.
Cela devint ma passion. Je quittai mon travail de bureau ennuyeux pour me convertir corps et âme à mes personnages. Voilà que ce les personnages d’un soir avaient à me dire ! Changer de métier, changer de vie et vivre de ma passion !
Je sortais des livres d’un grenier poussiéreux et oublié pour venir raconter des histoires fantastiques aux gens. J’entrainais les gens dans un monde féérique dans lequel les livres devenaient des scènes de théâtre. Je finis par ouvrir ma boutique et j’exposai mes œuvres de papier.

Je vous souhaite une belle semaine créative.

Portez-vous bien et surtout, prenez soin de vous!

Créativement vôtre,

LAURENCE SMITS, LA PLUME DE LAURENCE

Création de Susan Hoerth (ici, un livre des contes de Grimm)

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