Lire des livres nous emporte vers des voyages incroyables à travers les époques. Le lecteur peut s’immerger dans des mondes auxquels il n’a pas accès. Il peut être ailleurs. Il peut d’évader par la lecture.

Il en va de même avec l’écriture. Ecrire, c’est créer un monde. Ecrire, c’est penser. Ecrire, c’est se réinventer. Ecrire, c’est aussi jouer avec le pouvoir des mots. Ecrire, c’est aussi comprendre qui on est. Ecrire, c’est mieux saisir son identité.

Quand nous écrivons, nous partageons des histoires communes avec les autres. Nous donnons du courage aux gens de se rassembler et peut-être d’agir. Nous travaillons la langue en choisissant les mots justes, les mots nécessaires, tout en faisant fonctionner le rythme de nos phrases.

La fiction donne de la profondeur à nos vies et elle peut nous rapprocher. Elle permet de mettre les choses en perspective sans aucun doute. Les histoires unifient au lieu de diviser. Elles repoussent les frontières au-delà de toute querelle.

La responsabilité de l’écrivain

Lire est une joie. Ecrire est un plaisir.

Ecrire, c’est aussi une responsabilité. C’est aussi engager sa responsabilité d’écrivain. Ce dernier transmet des idées, et cela n’est jamais anodin. L’écrivain détient en sa plume un grand pouvoir: celui de changer le monde dans lequel nous vivons!

Prenons l’exemple de Jules Verne: il a imaginé les sous-marins et a permis qu’ils existent. Il a imaginé un voyage “De la Terre vers la Lune”.

Jules Verne

Aldous Huxley nous a avertis dans son “Meilleur des mondes “ du danger du clonage.

Aldous Huxley

Isaac Azimov nous a alertés sur les dangers de la robotique.

Isaac Azimov

Ce pouvoir de l’écriture offre de nombreuses possibilités, quasi à l’infini!

Ecrire pour comprendre le monde

Ecrire permet de mieux appréhender et comprendre le monde. Bernard Werber parle de la boîte de Pandore que nous ouvrons quand nous commençons à écrire.

Bernard Werber

Beaucoup de romans qui annoncent des catastrophes ont plus de succès que les autres. Pour un auteur, il est fort intéressant de prévoir des sorties de secours pour les situations inextricables dans lesquelles peuvent se retrouver les personnages.

Bernard Werber aime bien les romans où le lecteur sourit, car au fond de lui, il n’a qu’une envie: rendre le monde meilleur!

Le roman possède une fonction bénéfique. C’est comme un outil qui peut permettre aux enfants de préparer un monde qui va vivre de manière plus raisonnable. Un roman est interactif, dans la mesure où il rend les gens plus intelligents. Le roman fonctionne comme un miroir: chacun s’y retrouve à sa guise!

Repousser les frontières du réel

Les gens écrivent pour toutes sortes de raisons, mais l’art a une fonction primordiale: celle de reculer la peur de l’autre. Le geste créatif, quel que soit l’art en question, donne du sens à la vie. Parce que les artistes, et les écrivains en particulier, ont du mal à supporter le monde tel qu’il est. Ce monde n’a pas de sens à leurs yeux. Ils créent ou écrivent pour repousser ce réel, parce qu’il n’y a pas que la réalité dans la vie.

Ecrire, c’est voguer dans le monde de l’imaginaire, côtoyer une certaine forme de liberté. Les écrivains ne se contentent pas de ce qui est. Ils s’enferment dans une étrange pratique, isolés avec leurs personnages imaginaires pendant de longues périodes. Mais, ils ne font que cristalliser des choses qui existent à leur époque. Ce sont des témoins silencieux mais ô combien précieux!

Les écrivains proposent une interprétation du monde aux autres, une façon de regarder le monde. Ils permettent aux lecteurs de rêver d’ailleurs, de vivre l’ailleurs, de vivre d’autres cultures, de connaître l’autre, ceux qui sont différents, par la lecture de leur écriture.

Partir en écriture, c’est aussi s’ouvrir aux rencontres, Ecrire, c’est s’ouvrir aux différents mondes. C’est aussi se nourrir de textes, d’autres cultures et d’autres littératures. C’est chercher des mots nouveaux et en trouver, chercher des phrases différentes, trouver son propre style.

Ecrire, c’est explorer les frontières entre le réel et l’imaginaire, tout en restant chez soi. Ecrire, c’est penser un autre rapport au réel. C’est choisir de faire regarder le monde autrement par le lecteur.

Ecrire, c’est repartir aux sources de l’émerveillement que nous avons toutes et tous connues dans notre enfance quand nous écoutions des histoires. Ecrire permet aux écrivains de nous faire accéder à des découvertes et à des connaissances. La littérature va à l’assaut des frontières.

L’écrivain exprime, d’une manière ou d’une autre, tout ce qu’il veut transmettre aux lecteurs. C’est la raison pour laquelle, souvent, il se permet de dépasser les limites conventionnelles.

Pourquoi s’évader dans des mondes imaginaires?

L’imaginaire, comme son nom l’indique, est le fruit de l’imagination, du rêve, de la création intellectuelle, spirituelle et artistique. N’oublions pas que, parfois, l’imaginaire est aussi un moyen d’accepter ou de faire face à une future réalité.

Pour Vladimir Nabokov, les frontières entre le réel et l’imaginaire sont extrêmement perméables.

Vladimir Nabokov

Le réel nous propose déjà tant de possibilités de nous évader, des pistes de réflexion. Alors, pourquoi avons-nous besoin de nous évader dans des mondes imaginaires? Certains auteurs contemporains affirment qu’ils ne sont que des faussaires, des fabricants plus ou moins habiles qui entretiennent leurs lecteurs dans l’illusion.

Pour Orson Scott Card, auteur américain de science-fiction, l’auteur de ce genre plonge le lecteur dans un merveilleux mensonge. Il pose la question: pourquoi ne pas se contenter d’être le reflet réaliste de son époque? Le genre de la science-fiction, entre autre, est né de la nécessité impérieuse de repenser le monde à la lueur des nouvelles avancées scientifiques.

Orson Scott Card

L’irruption massive de la science et de la technologie engendre l’espoir utopique d’une société meilleure. La concrétisation des rêves les plus fous, par l’écriture, semble facilement réalisable. L’écrivain peut utiliser des moyens crédibles pour voler et vivre sur d’autres planètes, faire le tour de notre monde, voguer sous les mers, découvrir le centre de la terre, etc.

Les auteurs débordent d’imagination. Celle-ci autorise toutes les audaces dans l’écriture. H.G Wells a exploré le temps à l’aide de sa célèbre machine et invente le premier conflit entre Terriens et une race extraterrestre.

H.G Wells

Les sources de l’imaginaire

L’imaginaire reprend à son compte les interrogations fondamentales des humains, qui ont, de tout temps, traversé l’humanité, par les mythologies, les contes, les récits, les légendes ou les poèmes épiques. Les humains ont toujours tenté de définir leur relation au monde, de trouver leur place dans l’univers. Cela concerne tous les continents et toutes les cultures.

L’imaginaire n’est pas un genre nouveau ni un produit des temps modernes. Il puise ses racines les plus profondes dans la mythologie, dans les textes religieux, dans le vieux chaudron celte d’où furent tirées les aventures du Graal. L’imaginaire de notre époque ne fait que suivre les traditions antiques, notamment façonnées par Homère et ses semblables.

Homère

Quand un héros se met en marche, c’est parce que son monde va mal, parce que le pays est victime d’une malédiction, que le roi se meurt, que le royaume décrépit, qu’une guerre est sur le point d’opposer deux orgueilleuses cités, qu’il manque une toison d’or ou qu’il reste une mer périlleuse à traverser pour retrouver une épouse harcelée par des prétendants parasites.

Le récit mythologique ou légendaire part toujours d’une dysharmonie, d’un constat d’échec ou d’une menace. En fait, il part d’une contre-utopie. Dans les contes, la famille est trop pauvre pour nourrir ses enfants, les fées jettent des mauvais sorts, la belle s’est endormie, la marâtre complote pour éliminer la princesse rivale et honnie, etc.

L’imaginaire part, presque toujours, de constats dystopiques pour inciter le héros à tenter, à sa façon, après une succession d’épreuves initiatiques dignes des douze travaux d’Hercule, de ramener l’harmonie. Le futur se révèle souvent sombre, voire effrayant, pour mieux dénoncer les dérives dans le présent.

Il y a une vraie dimension héroïque, donc initiatique, dans la littérature de l’imaginaire. Cela provoque un certain vertige chez les lecteurs qui ouvrent un livre de science-fiction, de fantasy ou de fantastique, genres qui ont le vent en poupe en ce moment.

Dans l’imaginaire, les lecteurs doivent accepter de perdre leurs repères pour entreprendre le voyage, de sortir de leur conditionnement, de sortir de leur vie quotidienne, de déposer leurs habitudes comme des valises un peu trop chargées, pour plonger avec ivresse dans un ailleurs qui les enchante, les inquiète et les questionnent.

La création de mondes imaginaires

De la Terre du Milieu du “Seigneur des Anneaux” de J.R.R Tolkien, à la planète Pandora luxuriante dans “Avatar” de James Cameron, ou aux civilisations concurrentes dans “Le Trône de fer” de George R.R Martin, en écrivant, vous pouvez créer de nouveaux espaces géographiques, de nouvelles règles du monde.

L’imaginaire, c’est un terrain de jeux sans bornes, mais qui doit être cadré. La création de mondes imaginaires constitue, peut-être, la forme suprême de créativité littéraire, où toutes les libertés sont accessibles, dont l’héritage, comme je l’ai écrit précédemment, remonte aux grandes mythologies.

Ces mondes imaginaires différents entraînent le lecteur dans une évasion sans précédent, tout en l’invitant à s’interroger sur sa propre humanité et sa vision du monde. Ces œuvres débordantes d’imagination permettent de nous affranchir des a priori culturels et historiques pour aborder, d’un œil neuf, des problématiques potentiellement graves, comme la guerre, l’écologie, le pouvoir, tout en préservant la dimension épique d’une aventure romanesque.

Le monde selon Tolkien

A quoi servent les mondes imaginaires?

Connaissez-vous le nombre d’enfants de Lady Macbeth dans la pièce de Shakespeare? Connaissez-vous le couleur des yeux de Madame Bovary dans le roman de Gustave Flaubert? L’imaginaire pousse très loin l’illusion d’un monde réel. Ce monde va sembler réel au lecteur.

Les mondes imaginaires ne sont pas opposés au réel, et ils doivent rester réalistes et cohérents pour que le lecteur puisse s’immerger dedans. Les mondes imaginaires sont empreints de réalisme.

Les mondes imaginaires sont une alternative crédible au monde réel. Nous finissons par y croire. Car ces univers imaginaires nous permettent de projeter nos fantasmes, de libérer nos tensions. Ce rôle cathartique de l’imaginaire ne contribuerait-il pas, en fin de compte, à la paix dans les sociétés?

Jean de La Fontaine a créé un monde imaginaire en utilisant les animaux pour critiquer la société de son temps. Les philosophes des Lumières utilisaient des pays lointains comme métaphores de la société française, pour contourner la censure, comme “Micromégas” de Voltaire.

Les auteurs, dans leurs récits imaginaires, peuvent également montrer les dangers de nos modes de vie en montrant une société qui les pousserait à l’extrême: “1984” de George Orwell, “Le Meilleur des mondes” d’Aldous Huxley, “Les Cavernes d’acier” d’Isaac Asimov.

Les univers imaginaires, et les œuvres de fiction d’une manière générale, font ressortir des dualités, la plus classique d’entre elles étant la dualité bien/mal. Très souvent, cela peut être la dualité loi/chaos aussi. Cela est valable pour les œuvres de fiction, mais aussi pour les mythologies.

Les Egyptiens de l’Antiquité, tout comme certains jeux de rôle médiévaux-fantastiques, s’intéressent à deux dualités: par exemple, le bien (Horus) contre le mal (Seth), l’ordre (Maât) contre le chaos (Apophis).

Cette lutte entre deux principes étaient pour nos ancêtres une manière de comprendre les aléas de l’existence, avec des bonnes ou mauvaises récoltes, qui pouvaient amener des disettes, qui pouvaient se transformer en révoltes.

En guise de conclusion

Les mondes imaginaires, qu’ils soient dans les livres, dans les films, les jeux vidéos ou la musique, ont permis la création de nombreux mondes fantastiques. Ces lieux sont totalement sortis de la tête de leurs auteurs et qui font fantasmer les lecteurs pendant longtemps.

Comment vivrions-nous sans le monde, entre autres, d’Harry Potter, de la Terre du Milieu, de Retour vers le futur, de Gotham City, de Metropolis, de Star Wars, de Pandora, de Fantasia, de Springfield, d’Alice au Pays des merveilles, du pays imaginaire de Peter Pan, de Dragon Ball, d’Atlantis, du Trône de Fer?

Tous ces mondes ont bercé notre enfance et notre vie. Comment pourrait-il en être autrement? C’est comme notre oxygène. Ces mondes imaginaires sont une création de l’esprit de leurs auteurs, mais ils ne viennent pas de nulle part!


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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