Vous autorisez-vous à écrire quelques mots maladroits? Vous autorisez-vous à scribouiller quelques lignes de ci de là, au hasard de votre temps? Vous autorisez-vous à écrire un paragraphe en attendant le bus?

La pratique de l’écriture n’est parfaite que dans la fiction (et encore!!) et dans les livres d’histoire. De grâce, ne vous empêchez pas d’écrire une histoire, sous prétexte que vous la trouvez mauvaise!

La plupart des aspirants en écriture abandonnent en début de parcours. Agissez autrement! N’abandonnez pas parce qu’écrire est difficile! Croyez-vous que de s’entraîner à courir le marathon n’est pas difficile? Bien sûr, tout demande des efforts, du temps, de l’engagement.

Pour progresser dans toute activité, il convient de persévérer!

C’est quoi la réussite en écriture?

La réussite quand vous commencez à écrire, c’est déjà de finir vos histoires, de ne pas trouver de faux prétextes pour arrêter au bout de quelques semaines. Plus vous écrivez, plus vous finissez d’histoires, plus vous développez votre imagination, plus vous découvrez comment écrire fonctionne.

Quand vous commencez à écrire, c’est de poursuivre votre activité avec rigueur et discipline. Sans ces deux points-là, je ne vois pas comment vous pourriez progresser dans votre pratique.

Bien sûr, écrire demande plus d’engagement que vous ne pensiez au départ. Bien sûr, cela demande plus de temps que prévu. Bien sûr, cela demande pas mal d’abnégation. Bien sûr, votre ego en prendra un coup si vous ne gagnez pas des concours d’écriture ou si les éditeurs refusent votre manuscrit.

Tout le monde a cette fausse idée terrible que tout doit être maîtrisé à la perfection pour se lancer. Pourquoi s’infliger de telles croyances qui vous privent de ce que vous aimez faire? Les auteurs à succès ne s’encombrent pas de telles considérations: ils choisissent un axe de travail et se rendent excellent sur cet axe.

Choisissez ce qui est important pour vous dans votre pratique d’écriture, sans vouloir copier les autres, leur ressembler ou vouloir absolument devenir Victor Hugo ou rien d’autre! Vous risqueriez d’aller de désillusion en désillusion et de passer à côté de ce qui fait sens pour vous dans votre vie!

Si vous vous sentez quelques faiblesses, dites-vous bien qu’une intrigue excellente fera oublier aux lecteurs un style pauvre. Un style magnifique au contraire éclipsera une intrigue quelque peu défaillante. Des personnages denses et vivants supplanteront un univers plat.

Définir ses priorités

Dès que vous commencez un projet d’écriture, il est évident que vous devez choisir vos priorités et les fixer. Vous organiser est la première des priorités, sans abandonner votre famille à son triste sort. Fixez-vous des horaires d’écriture et respectez-les sans dépasser.

Définissez pour quoi et pour qui vous écrivez: pour vous? Pour un atelier d’écriture? Pour un concours de nouvelles? Pour écrire un roman? Ce point est crucial car votre organisation dépend de ce choix. L’impact du temps d’écriture ne sera pas le même.

Dans votre vie, pour être efficace, savoir prioriser est une compétence indispensable à cultiver. Vous organiser dans votre pratique d’écriture vous fera gagner du temps et vous serez ainsi plus efficace. Bernard Werber, par exemple, écrit tous les jours de 8 heures à midi. Pas au-delà, même s’il prend des notes. Il s’aère l’après-midi et participe à d’autres activités.

En priorisant vos objectifs d’écriture, outre le gain de temps et d’efficacité, vous réduirez votre stress. Un esprit organisé est toujours plus serein. En agissant ainsi, vous finirez aussi avec la procrastination: vous prendrez votre projet d’écriture à bras le corps et vous travaillerez vos mauvaises habitudes.

En vous fixant un plan de travail avec des objectifs quotidiens ou hebdomadaires clairs et atteignables, vous saurez quelle tâche mettre en priorité. Votre travail d’écriture sera structuré et vous pourrez fonctionner l’esprit plus libre.

En agissant ainsi, vous vous détacherez peu à peu de toutes vos croyances qui vous limitaient jusqu’à présent. Vous développerez aussi votre intelligence émotionnelle, car votre perception des choses ne sera plus mitée par tous les à-côtés qui vous vident de votre énergie.

Trouver du temps pour écrire

Les jours et les semaines passent, et vous remettez toujours à plus tard ce que vous aimez: écrire! Vous vous laissez peu à peu envahir par votre travail, la fatigue, les injonctions de toutes parts, etc. Et écrire devient alors difficile, voire impossible.

Quand vous commencez à écrire, arrêtez immédiatement de vous juger. Soyez bienveillant avec vous-même. Ne culpabilisez pas si tel jour, vous n’avez produit aucune ligne. Accordez-vous le droit de déroger un peu à la règle de travail que vous avez établie.

Vous avez placé l’écriture au cœur de vos préoccupations. Si vous n’arrivez pas à produire une histoire tel matin ou soir, il n’est pas nécessaire d’y passer toute la journée ou toute la nuit, au risque de vous épuiser et de vous dégoûter. Allez vous ressourcer au contact de la nature, sans tout remettre en question.

Pour écrire efficacement, prenez aussi en compte votre planning. Nous avons tous des périodes plus ou moins chargées, ou des périodes où nous avons plus ou moins d’énergie. Il peut être compliqué de trouver du temps pour écrire régulièrement.

Il existe une réelle différence entre ceux qui s’épanouissent dans leur activité d’écriture et ceux qui se laissent tout le temps déborder. Les premiers prennent le temps d’accomplir l’objectif qu’ils se sont fixé. Tout est une question de choix, nest-ce-pas?

Pour poursuivre votre travail d’écriture, il est peut-être nécessaire de limiter vos sources de distraction. Réduire les distractions vous permettra de rester concentré sur votre objectif. Nombreux sont ceux qui ont du mal à rester focus sur leur tâche d’écriture pendant de longues périodes.

Quand vous écrivez, éteignez votre téléphone portable, éloignez-vous des réseaux sociaux, laissez la télévision de côté ainsi que Netflix. Votre esprit n’en sera que plus clair! Vous trouverez votre propre méthode pour ne pas vous laisser distraire!

Il est important aussi d’optimiser votre temps en toute circonstance et en tout lieu. Ayez toujours à votre disposition de quoi noter. Par exemple, si vous êtes bloqué dans une salle d’attente ou dans les transports en commun, prenez le temps de réfléchir à des idées d’histoires ou de personnages et notez-les!

L’inévitable imperfection de votre écriture

La peur de l’erreur, d’être jugé ou de ne pas se sentir à sa place freine beaucoup d’auteurs. Malheureusement! Inévitablement, les imperfections se glisseront dans vos écrits, même si vous les entourez de garde-fous, de sécurités, de balises.

Vos peurs ont moins à voir avec la qualité de vos histoires qu’avec l’image que vous renvoyez de vous-même et le fragile sentiment de légitimité que vous éprouvez à l’égard de votre pratique d’auteur. Vous vous sentez encore peut-être cet écolier traumatisé ou humilié par ses fautes d’orthographe sur tel ou tel devoir? Il est temps pour vous de dépasser tout cela!

Avez-vous considéré une seule fois si l’imperfection de certains de vos textes, qui en fait leur intérêt soi dit en passant, pouvait être considérée comme une marque de votre singularité? Rappelez-vous aussi qu’il est impossible d’emporter l’adhésion universelle et que toute histoire aura ses détracteurs.

L’histoire que vous écrivez, c’est le chemin intérieur, émotionnel, psychique du personnage que vous avez choisi. Il va d’un point A à un point B. Vous faites des choix. Alors, si vous avez des maladresses stylistiques, quelques incohérences contextuelles, quelques faiblesses documentaires, dites-vous bien que même les écrivains à succès connaissent ces problèmes-là.

Vous pouvez passer 20 ans à écrire le livre parfait et ne jamais y parvenir. Ou vous pouvez passer 20 ans à écrire 20 romans imparfaits mais qui existent et dont les histoires touchent vos lecteurs – et peut-être changent leur vie. Et la vôtre par la même occasion!

Vous pouvez décider de vous préoccuper d’une poignée de lecteurs psychorigides incapables de se satisfaire d’une histoire forte ou vous pouvez vous concentrer sur les lecteurs sensibles au langage universel. Vous pouvez donc devenir un excellent bâtisseur d’histoires ou vous soucier perpétuellement de la surface de vos récits.

A vous de voir!

C’est en finissant vos textes que vous deviendrez un meilleur auteur, et en ajoutant une à une de nouvelles compétences à votre savoir-faire. Mais, finir signifie publier -d’une manière ou d’une autre. Vous changez de regard sur votre oeuvre qui devient alors publique, soumise aux yeux des autres. C’est à ce moment-là que vous commencez à intégrer les leçons de votre expérience. Et seulement à ce moment-là que vous comprenez comment être plus pertinent pour vos prochaines histoires.

Accepter votre imperfection dans votre écriture vous procurera plus de bonheur que vous ne le pensez. Bien que tout dans notre société actuelle nous incite à atteindre la perfection, rien ne vous oblige à vouloir tout maîtriser. Vous avez le droit de vous tromper et d’être imparfait, même en écriture!

En guise de conclusion

A mes yeux, l’essentiel est que chacun parvienne à utiliser au mieux ses capacités et à développer pleinement son potentiel. Tout le monde possède des forces et des faiblesses. Alors tant pis pour nos faiblesses! Elles font partie de nous.

En acceptant d’être imparfait, nous pouvons nous concentrer sur nos forces et faire de notre mieux pour utiliser toutes nos ressources et toutes nos capacités. Miser sur nos forces va nous permettre d’être réellement nous-même, et donc d’accéder au bonheur, celui d’écrire comme nous le sentons au fond de nous!


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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