L’histoire du loup et des trois petits cochons vous a bien inspirés pour cette proposition d’écriture N° 103.
 Il y a parfois quelques ressemblances ou petits détails communs, mais ce n’est jamais la même histoire. C’est en cela que l’écriture représente vraiment un univers fascinant! 

Voici vos textes. Je vous en souhaite une belle lecture.   

De Bruno

Mon loup

J’ai vingt ans et j’ai construit ma maison en paille.
J’habite et j’en profite.
Et il en profite aussi, mon grand méchant loup.
Il souffle : envolée, ma maison.

Ignorance… mais expérience.

J’ai trente ans et j’ai construit ma maison en bois.
Moins de fente, plus de charpente, mais pas de fondation.
Il souffle : résistante, ma maison.
Il souffle fort : … brisée, ma maison.

Violence… mais expérience.

J’ai soixante ans et je n’ai pas fini de construire ma maison en brique.
Si je n’habite pas pour profiter,
Si je construis pour vraiment habiter :
Mon loup ne souffle pas.
Il rôde toujours autour de moi.
Sans porte, il me voit et je le vois.

Persévérance… et alliance.

De Bernard

Les cochons noirs et le loup gris

Les 3 frères gascons, aimaient bien la compagnie.
Ils savaient cuisiner et recevoir des amis.
Dans le quartier pour se loger, ils n’avaient pas chômé,
Tous les matériaux récupérés les ont aidés à s’installer.
Dans le village, bien intégrés avec leur jolie peau foncée,
Chacun venait leur demander des conseils bien avisés.
Ils avaient pour ami un voisin, qui les saluait tous les matins.
Il n’était pas dans le besoin et aimait leur prêter la main.
Il racontait le sud des Alpes où il avait passé sa jeunesse,
Un vrai bosseur et malgré son agilité il aimait aussi la paresse.
Il n’était pas vraiment d’ici, ses parents venaient d’un autre pays.
Il leur parlait d’autres coutumes et de la prière du samedi.
Lui était plutôt un solitaire et gardait toujours son manteau gris
Et tous ses amis pour lui plaire, l’avait élu à la mairie.

De Lucette

Le loup et les trois petits cochons

Depuis ma plus tendre enfance, on parle du loup, le méchant loup qui a mangé la grand-mère du Petit Chaperon rouge, le loup qui dévore les brebis, le loup affamé qui ne fera qu’une bouchée de nous si on le croise la nuit, le loup garou légende qui pourtant a fait frémir bien des jeunes enfants… Bref, cet animal a la réputation des plus horribles. Il fait encore trembler de nos jours les bergers, quand le matin, ils comptent toutes leurs brebis étranglées par le vilain loup. Il est aussi la bête du Gévaudan, la bête qui fait peur, la bête à abattre…
Alors, ce loup m’a stupéfiée avec toute ma classe verte, dans la campagne Rhodanienne. Nous avions entre 10 et 14 ans, les moniteurs nous avaient promis une surprise, et bien effectivement, elle nous a épatés.
Très tôt le matin, on nous réveille, car aujourd’hui c’est la fête, on doit prendre un car, pour aller… et bien on ne le sait pas encore.
Peut-être que l’on va voir un film ? Peut-être une pièce de théâtre ? Peut-être un vrai pique-nique et qu’ensuite on dormira dans des tentes, des yourtes ou des cabanes dans les arbres…Bref, on a hâte d’arriver au but. Après avoir chanté à tue-tête, certains se sont assoupis, d’autres font la causette en flirtant gentiment, d’autres sont malades et font grise mine.
Nous sommes sur les quais du Rhône à Lyon, tous étonnés. Des badauds sont assis regardant tous ces bateaux amarrés, qui n’attendent que leurs « capitaines ».
On monte sur la passerelle d’un bateau qui semble nous attendre. Tous joyeux à l’idée de faire une virée sur le Rhône pour découvrir Lyon au fil de l’eau… On rentre dans une grande pièce sombre, on s’assoit, et soudain la lumière jaillit et nous sommes dans un théâtre. Sur la scène en décor, c’est une cabane en bois. Et soudain, on entend la chanson des trois petits cochons. Ça alors !!! Ils arrivent déguisés en gendarme Pandore, en Madelon qui est la Mère la Grogne, en Gnafron, et surtout en Guignol et son gourdin. Et la comédie se met en place. Chacun construit sa maison plus ou moins solide, mais le grand méchant loup est là, il les guette sournoisement, en pensant déjà à son dîner. Oui mais, Guignol est futé, il l’attend de pied ferme en regardant sa télé.
Sans bruit, il arrive à pas de loup, hurlant de sa grosse voix, mais Guignol et ses frères sortent de leurs cabanes enhardis comme jamais. Le loup stupéfait essaie de fuir, il pensait voir des cochons, et c’est ce foutu Guignol qui passe pour ne pas être tendre. Trop tard, les petits frères l’immobilisent en lui mettant des liens serrés aux chevilles et aux mains. A la façon des Sioux, ils tournent, dansent autour de lui, l’aguichent, lui lancent des sarcasmes, et tout ceci pendant près de deux heures. Le loup n’en peut plus. Il leur demande « pardon », jure qu’il sera le meilleur ami du monde. Il se lamente en parlant de ses louveteaux qui l’attendent, croyant attendrir Guignol en versant des larmes de crocodile. Rien n’y fait Guignol, Madelon et les autres rient tellement que le loup est complètement dépité. Guignol fait participer les enfants dans la salle qui se bidonnent, qui crient contre le loup. Pour eux, la situation est nette, il faut faire disparaître le loup, ce méchant, ce vorace, ce loup affreux…Un feu de joie étincelle au centre de la scène, le loup n’en peut plus, il tremble, il a peur, il voit sa dernière heure arriver. Que vais-je devenir ? Il pense à ses enfants…
Les assiettes sont prêtes, la musique lugubre pour tendre un peu plus l’atmosphère résonne. Le loup les supplie, il fera ce qu’ils voudront, mais qu’ils lui laissent la vie…Guignol le menace avec son gourdin « Non S.V.P, pas ça Non ».
Ses liens sont coupés, il l’approche du feu, Guignol demande aux enfants, « On le jette au feu» et dans un dernier sursaut d’ humanité, à l’unanimité, ils ont demandé « grâce pour le loup ».
Ainsi les petits cochons ont retiré leurs costumes, assis en face du loup qui n’en menait pas large. Ils l’ont invité à partager leur repas « une bonne soupe à base de blé, d’orge, enfin une soupe pour cochon quoi ». Maître loup, n’a pas osé dire « non », lui qui aime tant la chair fraîche, il avala en ayant des hauts le cœur, des nausées. Il les remercia très humblement, il repartit la queue basse, en les invitant à son tour à partager l’armistice entre eux tous.
Les petits cochons n’ont plus peur du loup, le loup respecte sa parole en leur rendant visite avec des glands ramassés par ses soins, et même des truffes dont ils raffolent.
Comme quoi les opposés s’attirent à en devenir « amis » L’amitié sans confiance, c’est comme une fleur sans parfum…

Poème d’Henriette Major, « A quoi ça sert, un poème ? » proposé par Françoise T

À quoi ça sert, un poème ?
Ça sert à jouer des mots
comme on joue de la guitare,
de la flûte ou du piano.

Ça sert à faire savoir
qu’on est gai ou qu’on est triste,
ou bien d’humeur fantaisiste.

Ça remplace quelques larmes,
ça faire rire ou ça désarme.
Ça sert à parler de soi,
ou bien de n’importe quoi.
C’est un voyage intérieur,
un moyen d’ouvrir son cœur.

À quoi ça sert, un poème ?
Au fond, ça ne sert à rien,
mais ça rend la vie plus belle,
comme un tour de magicien,
un sourire, un arc-en-ciel.

À quoi ça sert, un poème ?
Ça sert à dire ” Je t’aime “.

De Gilles

Les 3 Petits Cochons et leur ami !

Les trois petits rejetons de Dame Truie et sieur Goret étaient enfin devenus adolescents et chacun, un peu à regret, devait maintenant quitter le giron familial afin de réaliser leur vie. Ils avaient été frères de lait, mais n’étaient plus vraiment des cochons de lait. Il leur incombait de se faire une place dans la société, en ayant leur propre habitation et une activité personnelle.
Le plus facile pour eux étaient de trouver une occupation journalière. Le premier s’engagea à récolter, dans les bois, des châtaignes, pour en faire du gras profitable à tout le monde. Le second, un peu moins téméraire, décida lui de trier les grains de blé, après la récolte par les humains de sa connaissance. Quant au troisième, l’âme et l’esprit poète, il hésitait à se lancer dans un quelconque travail harassant.
« Je serai humeur de truffes, mon esprit vagabond y trouvera son compte ».
Pour les activités, c’est réglé. Cependant, père et mère leur ont demandé de se bâtir un logis. Plus facile à imaginer qu’à faire. Ils ne pouvaient pas, décemment demander à leurs parents de les aider au regard de leur âge avancé. Alors à qui pourraient-ils s’adresser pour les aider, car les trois porcinets n’y entendaient rien dans la construction. Ils se mirent à réfléchir et recensèrent les bipèdes et autres quadrupèdes susceptibles de les assister. Les trois petits cochons se réunirent sous le grand chêne, trônant majestueusement au centre de la cour et, tout en palabrant, ils avaient le loisir de sustenter de glands bien ronds, rutilants sous le soleil.
« Nous n’allons pas demander à l’agneau. Il est encore trop faible et mal à l’aise sur ses pattes. L’âne nous portera les matériaux, j’en fais mon affaire » dit l’aîné.
« L’araignée nous sera d’un très grand secours. Ses fils nous permettront de hisser les faîtes des toits » repris le cadet.
« Le cerf se servira de ses bois comme un étai, le temps de solidifier les ouvertures des portes et fenêtres » annonça le benjamin.
Le père Goret s’approcha d’eux et les écouta, en silence. Il constata que ses petits étaient censés et résonnaient de bons sens. Ils n’étaient pas si bêtes. Prenant part à leur conversation, il leur indiqua que ni le bœuf, ni le cheval n’étaient disponibles actuellement, étant très pris par les travaux des champs. Quant au bouc, il était de mauvais poil, les brebis se refusant à lui.
« Je verrais bien la cigogne déposer le chapeau des cheminées de nos modestes maisons » reprit l’aîné.
« Maintenant que nous avons nos sous-traitants, quels matériaux choisir ? » s’inquiéta le benjamin.
« Moi, je vais aller au plus simple. Après la récolte des blés, je récupère les tiges et je me fais une coquette résidence de paille ».
« Humm, un peu léger par grand vent ou forte pluie ».
« En récoltant les châtaignes, j’ai amassé suffisamment de fagots de bois mort pour construire, reconstruire. Défaire et faire, c’est travailler ».
« Et toi, le cadet, qu’as-tu choisi ? ».
« J’hésite encore, mais je veux du solide. J’ai repéré, au fond de la grande, un gros tas de briques qui me convient. Pour autant, le plus dur sera de faire les fondations ».

Le lendemain, chacun, individuellement, accompagné par leur assistant personnel, se mit à construire son chez-soi. Et c’est ainsi que l’on vit l’âne et son bât, l’araignée et sa tisse de fils, la cigogne, le bec rempli, même le chat qui ne put s’empêcher de venir en curieux.
Un autre curieux, voyant de loin se manège à trois, Garou, le loup, bienveillant, leur proposa, gracieusement, de faire les fondations avec ses grandes griffes pour la maison de briques. Quand il eut fini, il participa à l’entrelacement des fagots de bois et aida au montage des ballots de paille, tout en sifflotant. Il en fit tant et tant dans sa journée, qu’il fut fourbu quand la nuit fut venue.
L’écureuil, ravi de ce spectacle inédit et improbable, roula des noisettes fraîches vers les trois maisons, que tous les constructeurs dégustèrent avec beaucoup de gourmandise. Comme un signe, une colombe vint se poser sur les faîtes des habitations où les rires et les chants durèrent jusqu’à l’aube.

« Foi de loup, qui vit en paix avec lui-même, vit en paix avec l’univers ». (Marc Aurèle)


Poème d’Elodie Santos, « Comprendre » (2011), proposé par Françoise T

Écrire un poème c’est
comprendre le jour
comprendre la nuit
comprendre l’amour

Comme une fleur qui s’est fanée
J’ai oublié la belle histoire
qu’on me racontait quand j’étais petite
Une histoire simple
Une histoire bleue

Comme le vent qui s’est mis à souffler
j’ai volé à toute vitesse
Par-dessus la prairie
Par-dessus la maison

Comme la vie qui ainsi continue
Je continue de croire
Qu’il faut
Comprendre

De Catherine

Fi des codes !

Petit Loup rentre de l’école, le pas sautillant, et fredonnant une mélodie qu’on ne saisit pas bien, car il tient entre ses dents la queue d’une jolie fleurette cueillie en chemin. Sans doute rentre-t-il dans sa maison où papa et maman loup vont l’accueillir avec un bon goûter, comme, par exemple, un petit cuissot de lapin ou deux-trois poussins, ou bien…
Mais que fait-il ? Il se trompe de chemin ! Hé, Petit Loup, ce n’est pas par-là chez toi ! Prends à droite !
Mais Petit Loup n’écoute pas et continue son chemin … qui mène direct… chez les cochons !!! Il va faire un carnage, c’est sûr ! Un Loup, même petit, est un carnivore féroce ! Bien sûr, il ne pourra pas manger les trois, son estomac est encore trop petit, mais un seul cochon ne lui fera pas peur : son père lui aura enseigné tout l’art de la chasse et de la dévoration. Pauvres cochons qui vont encore avoir la peur de leur vie !
Cependant, Petit Loup, toujours chantonnant, paraît de très bonne humeur. Serait-ce la perspective de son futur festin ? Le voilà en vue de la grande maison des cochons qui, la sagesse acquise, vivent ensemble et en bonne entente, dans cette bâtisse conçue au moins pour trois. Oh là là ! Petit Loup ouvre la barrière du jardin des trois frères, et interpelle le cochon qui y bine les carottes. Ça va barder, c’est sûr !
« Coucou, papa, c’est moi, je suis rentré de l’école ! »
Ai-je bien entendu ? Petit Loup serait-il tombé sur la tête ?
Le cochon interpelé se redresse et répond :
« Ah ! Bonjour, fiston ! Tu as passé une bonne journée ? Rentre vite à la maison, il y a une surprise pour le goûter ! »
Ai-je bien entendu ? Est-ce moi qui suis tombée sur la tête ? Pourquoi Petit Loup ne se jette-t-il pas sur le cochon ? C’est une blague ? C’est sûr, on me fait une blague !!? Continuons …
Petit Loup rentre dans la maison sans frapper et crie :
« Bonjour, mes deux papas , c’est moi, je suis rentré de l’école ! »
Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Rien ne se passe comme d’habitude ! Qui est l’auteur? Ne connaît-il pas les codes ? Un Loup, ça fait peur, ça mange les autres ! Ce n’est pourtant pas compliqué d’appliquer cette théorie vieille comme le monde !
Les deux cochons, qui lisaient tranquillement dans le salon, se lèvent prestement pour accueillir Petit Loup les bras ouverts, le soulageant de son cartable et de sa veste d’écolier.
« Bonjour, Petit Loup, comment s’est passée ta journée à l’école ?
— Bien , papa ! (Alors là, j’hallucine !) J’ai bien travaillé et maîtresse cochon m’a donné une image ! (Quoi ? On aura tout vu ! Petit Loup va à l’école des cochons ? Complètement débile, cette histoire !) Qu’est-ce qu’il y a pour le goûter ? »
— On t’a fait ton gâteau préféré, aux carottes et aux noisettes.
— Oh, merci, mes papas chéris ! Je vous aime très fort !
J’en perds mon latin ! J’ai beau me frotter les yeux, je n’arrive pas à y croire : un Loup habite chez les trois petits cochons ! Comment est-ce possible ? Il faut que j’en ai le cœur net : allons voir le cochon qui jardine !
« Bonjour, Monsieur Cochon ! »
— Bonjour Madame, que puis-je pour vous ?
— Il y a quelque chose que je ne comprends pas : est-ce que j’ai bien vu un loup rentrer chez vous ?
— Vous voulez parler de Petit Loup ? C’est notre fils !
— Votre fils !? Mais comment est-ce possible ? Vous avez toujours eu des problèmes avec les loups …
— C’est notre fils adoptif ! Asseyons-nous sur ce banc, je vais vous raconter…
Vous vous souvenez du gros problème que nous avions avec ce grand méchant loup du temps de nos trois maisons ? On a fini par lui cramer le postérieur et on a eu raison de lui : à l’heure qu’il est, il doit courir encore ! Il était en couple avec la louve qui a avalé goulûment la mère-grand et le Petit Chaperon Rouge. Elle aussi a mal fini ! Un jour, en allant tous les trois aux champignons, on a entendu pleurer dans un buisson très épais, et on a découvert un bébé tout poilu et tout affamé. Il était si mignon et il pleurait tant qu’on a eu le cœur chaviré et qu’on a décidé de s’en occuper. On savait que c’était le fils du grand méchant loup parce qu’il avait la même tâche blanche dans le cou : mais il était orphelin, alors on l’a adopté. On l’a élevé comme un cochon, avec de bons légumes et de bons principes, et il fait notre fierté.
— Vous n’avez pas peur que, plus grand, il vous dévore, parce que son instinct de loup pourrait ressortir à n’importe quel moment ?
— Aucun danger. Petit Loup est adorable et tout le monde au village l’a adopté. Il vit et raisonne comme un cochon, comme nous, quoi !
— C’est incroyable ! Merci de vos explications. J’ai dû manquer un épisode dans la série ! Finalement, cette histoire me plaît bien ! Je vais en continuer la lecture !
— Vous avez bien raison, dit le cochon. Vous ne serez pas déçue, et je suis certain que vous allez vous attacher à Petit Loup ! Bonne lecture !
Bon, ben… je présente mes excuses à l’auteur que j’ai un peu agressé tout-à-l ‘heure. Monsieur l’auteur, vous avez eu une riche idée de rendre ce Loup très gentil, car il est vrai qu’il ne faut jamais se fier aux apparences, ni céder aux préjugés. Allez, je cours lire la suite !

De Françoise V

Quand j’étais enfant, ma grand-mère me racontait des contes dont l’histoire d’une famille de trois petits cochons et leur maman vivant paisiblement avec un méchant loup ne pensant qu’à les dévorer….
Trouvant cette version trop cruelle dans ce monde de brut, ayant une âme pacifique, je vais vous raconter à ma manière l’histoire de trois petits cochons et de leur ami le loup.
Il était une fois, une famille de trois petits cochons et leur maman vivant au voisinage de leur ami Jeantilou. En tant que facteur, il habitait dans le haut de la vallée et distribuait le courrier. C’était un loup à la barbe courte, toujours bien entretenue et aux moustaches en « accroche cœur ». Il sentait toujours très bon et se montrait fringant et sympathique. Il adorait son métier, avait le souci de distribuer le courrier tous les matins à ses amis préférés. A chacun de ses passages, un petit cochon lui offrait le café.
– Entre mon bon ami. Viens t’asseoir vers moi. Humm ! Comme tu sens bon aujourd’hui.
– Eh oui mon cher, j’ai un rendez-vous galant après ma tournée…
– As-tu le temps de me raconter un conte de Perrault, réécrit par la nouvelle écrivaine, Framboise ? Tu sais, « La belle au bois dormant », l’épisode 3, saison 2 vient de paraître dans le journal local.
– Bien sûr, je prendrai ce temps, pour toi, cher ami !
« Il était une fois une princesse qui vivait dans la vallée de la Moselle… »
Quand Jeantilou apportait une mauvaise nouvelle, alors il essayait de réconforter chacun des petits cochons. Il lui rendait service et l’accompagnait dans ses travaux : pour Cochonpaille, l’agriculteur, il lui liait ses bottes de foins, ramassait les fétus de paille, pour Cochonbois, le menuisier, il lui sciait son bois de chauffage, et pour Cochonbric, le maçon, il l’aidait avec la truelle pour réparer son mur.
Un jour du mois d’août, une tornade détruit toutes les habitations du village, dont les trois maisons des petits cochons, épargnant celle de Jeantilou.
– Venez donc chez moi, mes amis préférés. Je vais vous héberger le temps de la reconstruction de vos maisons. J’ai assez de place pour vous trois, mes louveteaux sont partis depuis longtemps.
Il faut savoir, que cette maudite tornade non seulement détruisit les maisons mais noya leur chère maman en la faisant passer de vie à trépas par l’écrasement d’un arbre sur elle au bord de la mare aux canards.
Cochonpaille, Cochonbois, et Cochonbric se retrouvèrent orphelins, sans toit, et privés de leur métier du fait de la campagne rasée et dévastée. Une véritable catastrophe naturelle. Devant leur grand chagrin et leur désarroi, nos trois amis n’hésitèrent pas à accepter l’offre de Jeantilou, si gentil soit-il. Cette âme salvatrice tomba à pic, bien que ne leur rendant pas leur maman.
Jeantilou ne s’arrêta pas à cette proposition : à l’automne, il acheta un billet de loto. Il gagna 50 000 euros. !
– Mes amis, nous voici en possession de quelques milliers d’euros. Je vous propose alors un voyage distrayant au-dessus des Vosges en montgolfière. Qu’en pensez-vous ?
– Comme tu es doux cher Jeantilou, tu es notre acolyte ! Tu penses à nous, tu nous gâtes… Comment allons-nous te remercier ?
– Ne t’occupes pas de cela, c’est sans ambages et avec beaucoup de cœur que je vous propose cette escapade. Il faut rebondir, trouver des idées pour vous redonner espoir.
Sur ces belles paroles, les voilà partis en montgolfière…. Au-dessus de la forêt Vosgienne.
Ils admirèrent tous les quatre des paysages fabuleux, des vues incroyables du ciel, surplombant villages, rivières, bois et champs… aux couleurs de variations de jaunes, de pourpre, de vert, et d’orangé. La nacelle fut difficile à diriger et nos amis voulaient éviter la forêt pour atterrir au profit d’un champ…. Mais ce voyage se termina sur la commune de BUSSANG, vallée de la Moselle, dans le massif des Vosges, aux pieds des sapins. Leur nacelle se posa juste derrière le Théâtre du Peuple, théâtre en sous-bois dont l’ouverture du fond de scène s’ouvre grâce à deux grandes portes coulissantes afin d’assainir l’art au contact de la nature. Ils atterrirent en pleine représentation d’une comédie d’un conte de Perrault : « La Belle au bois dormant » retranscrite par une auteure contemporaine connue de nos quatre amis.
Le directeur du théâtre trouva cette intrusion fort originale et les firent participer à l’improviste à la scène qui était en train de se jouer. Nos quatre amis voyageurs surent dans l’instant se produire intelligemment sur les planches, connaissant le nouveau conte de Perrault, réécrit et réédité récemment par la nouvelle écrivaine Framboise dont ils avaient lu la pièce de théâtre dans le journal. Ce fut un jeu d’enfant, un succès. Tous les spectateurs applaudirent leurs talents.
Le directeur du Théâtre du Peuple réagit positivement :
« Un succès ! c’est un succès… votre prestation improvisée est géniale. Je vous embauche comme comédiens. Seriez-vous d’accord ? »
Dans le contexte présent, que pouvait-il arriver de mieux qu’une embauche pour les trois petits cochons ? Et le loup, me direz-vous ? Qu’a-t-il décidé ? Jeantilou ne pouvait plus se passer de ses amis. Il décida d’abandonner son métier de facteur et se projeta à l’aventure sur les planches avec ses tendres compagnons. Tous les quatre s’installèrent définitivement dans la vallée, dans une ferme en brique et sous le même toit. De nouvelles aventures les attendaient…. Avec une troupe de comédiens… Et comme l’avait dit Monsieur de La Fontaine : « On rencontre sa destinée souvent par des chemins qu’on prend pour l’éviter ».

De Bérengère

Depuis trois générations, l’histoire originale des trois petits cochons résonne dans la mémoire de tous les cochons du monde, ce qui fait d’eux, tous des cochons vaillants et persévérants. Alors, quand ce jour-là du 07 juin 2021, un grand loup noir approche tout près du lieu-dit “la briquerie des trois petits cochons, les frères Nouf, Nif et Naf Juniors, chacun installé confortablement dans leur maison bien briquée, sont prêts à lui botter les fesses!

D’une voix peu rassurante, le loup s’efforça de ne pas trop gémir : ” S’il vous plaît, ouvrez-moi la porte pour l’amour de Dieu. Depuis une semaine, j’ai l’estomac dans les talons, j’ai la gorge si sèche que je n’arrive plus à hurler, je suis tout seul, mon clan m’a chassé. Croyez-moi, je suis la honte de la famille des loups car je suis… je suis…je suis un loup GENTIL.
Je suis incapable de tuer le moindre oiseau, veau, vache, cochon, poulet. Mes mâchoires sont de petites castagnettes, et mes griffes des fingers à caresses.
AU GRAND DESESPOIR ! JE SUIS UN LOUP GENTIL QUI A FAIM ET QUI NE VOUS VEUT QUE DU BIEN.

Nouf Junior, le premier petit cochon s’est bouché les oreilles dès les premiers mots et n’a rien entendu de la tirade du grand loup. Il verrouille à double tour sa porte et se précipite sous les couvertures de son lit avec la chair de poule. Puis, comme il ne voit rien venir, Il grelotte de froid et a vraiment peur car il entend à plusieurs reprises le loup hurler à mort.

Nif Junior, le deuxième petit cochon, a tout écouté et est très ému quand il verrouille à double tour sa porte. Il se couche le cœur serré et la gorge nouée et a vraiment pitié de ce pauvre loup. Il aurait bien voulu lui donner un morceau à manger et à boire, mais rien ne peut passer sous sa porte et hors de question d’entrebâiller quoi que ce soit ni même la fenêtre. Toute la nuit, il sera tracassé et entendra à plusieurs reprises le loup hurler de désespoir.
Naf Junior, le troisième petit cochon est plus que touché par le récit du grand loup et souffre de le voir ainsi. Les larmes lui montent aux yeux et il ressent une forte chaleur qui vient du cœur et qui se répand dans tout son petit être. Alors, comme s’il avait besoin d’air au risque de sa vie, il ouvre sa porte, sourit et tend la main au loup pour le faire entrer dans sa maison et l’invite à sa table pour partager son repas. Donnant chacun de leur gentillesse, ils passèrent une soirée d’exception pleine de bons sentiments. Naf s’installa au piano et tout doucement se mit à chanter « qui a peur du grand Mimi loup”. Mimi Loup l’accompagna en scandant la mesure en hurlant de joie pour la toute première fois. Ce fut un duo si magique qu’ils s’endormirent tous les deux, côte à côte, main dans main dès la dernière note.

On ne saura rien de leurs confidences ce soir-là, mais dès le lendemain matin, Naf, la tête sur les épaules, alla voir ses frères, qui eux avaient toujours la tête à l’envers à cause de leur nuit agitée, pour les informer que le gentil loup Mimi allait être leur nouveau voisin et ami pour toujours.

Quant à Mimi le loup, à partir de ce jour, il revendiqua son droit d’être gentil, de ne pas être un carnassier, quitte à passer par un nul ou pour une poule mouillée. C’est décidé, Mimi mangera des fruits et des légumes, comme ses nouveaux voisins les cochons, voire un œuf ou deux et allez…à l’exception ! Un petit mulot déjà mort au barbecue avec des frites.

Une chose est sûre se dit Mimi le loup “je persévèrerai dans ma conviction que ma différence fait ma force. Un jour, les familles loup raconteront peut-être mon histoire à leurs enfants ? ».


De Karine

Il était une fois, trois petits cochons qui vivaient dans une ferme. C’est la seule chose qu’ils possédaient. Très jeunes, ils avaient perdu leur papa et il y a bientôt deux ans qu’Elizabeth, leur maman, était morte. Depuis qu’Elizabeth s’était fait dévorer par un loup, les petits cochons n’arrivaient plus à vivre dans la maison familiale. Le méchant loup avait tout saccagé dans la maison. Alors, avec le peu d’argent qu’ils avaient reçu pour héritage, Fiona, l’ainée, Zack et Ricky les jumeaux avaient décidé de vivre ensemble, de réparer une vielle ferme abandonnée et devenir fermiers. Ils étaient pauvres, mais ils étaient ensemble et cela suffisait à leur bonheur. Ils cultivaient du blé, du maïs, de l’orge, du soja, du colza et des pois.
Quand ils récoltaient suffisamment, ils en vendaient un peu, pour avoir de l’argent ce qui leur permettait d’acheter un peu de sel, très important pour leur santé. Ils travaillaient très dur, car ils faisaient tout à la main. Ils étaient trop pauvres pour avoir un tracteur ou une faucheuse. Ils se levaient tous les jours très tôt le matin, avant même le soleil et ils se couchaient très tard après que celui-ci soit dans les bras de Morphée. Ils surveillaient toujours les alentours de la ferme, car derrière la grande colline, il y avait une meute impressionnante de loups. Par conséquent, ils étaient toujours sur le qui-vive.
Non loin de la ferme, il y avait un petit cabanon, où vivait Alfred dans une tanière. Alfred était un loup solitaire, rejeté par les siens, car il refusait d’être méchant, de tuer des êtres vivants pour manger. Il préférait être un charognard plutôt qu’un assassin. Il avait déjà mangé des pommes, et des poires. Il trouvait même que ce n’était pas si mauvais que ça, finalement. Depuis quelque temps, il surveillait les trois cochons, car il voulait s’en faire des amis, mais il était timide. Alors, il les observait pour mieux les connaître et les comprendre. Encore quelques jours et il irait les voir pour se présenter et discuter avec eux. Il espérait qu’ils allaient bien s’entendre tous ensemble.
Le jour J était arrivé. Alfred respira à fond, se gonfla de courage et partit saluer ses voisins.
À peine arrivé à l’entrée de la ferme, un comité d’accueil lui fit barrage. Fiona fourche en avant, Zack lance-pierre pointé dans sa direction, et Ricky torche enflammée à la main firent front pour repousser cet étranger dangereux, sanguinaire, qui leur voulait forcément du mal, comme tous les loups.
– Bonjour, je m’appelle Alfred.
– Dégage de là, sale loup, tu ne nous mangeras pas.
– Mais je ne veux pas vous manger, je veux être votre ami. Je n’habite pas loin d’ici, je suis seul et j’aimerais faire connaissance avec vous et tisser des liens.
– Des amis mon œil ! Tu vis seul, mon œil une deuxième fois ! Les loups vivent en meute, jamais seuls. Tu es un loup, un mangeur d’êtres vivants, assoiffés de sang, c’est tout !
– C’est vrai, si ça se trouve, c’est toi qui as tué notre mère !
– Non, ce n’est pas moi.
– Si ce n’est pas toi, c’est donc quelqu’un des tiens ! Vous êtes tous pareils !
– Fous le camp, on ne veut pas de toi ici. Tu as dévoré notre mère, jamais on ne pourra être ami avec un loup.
– Je suis franchement navré que votre maman se soit fait dévorer, mais je ne suis pas comme eux. C’est pourquoi je suis seul, ils ne veulent pas de moi, car je refuse de tuer.
– On ne veut pas de toi, alors houst ! Ripe tes galoches !
– Oui, ripe tes galoches ! On ne veut pas d’étranger ici, et encore moins un loup !
– Déguerpis vite ou je tire avec mon lance-pierre. Tu feras une superbe cible !

Alfred fit demi-tour, et s’en alla tout penaud. Il se retourna et dit :
“Si un jour, vous avez besoin de quoi que ce soit, je serai toujours là pour vous. Je vis près du cabanon, là-bas.”
Plusieurs jours ont passé.
“Il se passe quelque chose, ce n’est pas normal, les cochons ne sont pas levés, ils ne travaillent pas, que se passe-t-il ?” se demanda Alfred.
Il décida d’aller voir discrètement sans faire de bruit. Il se dirigea vers la fenêtre et sans se faire voir, il regarda ce qui se passait à l’intérieur de la maison. Il vit les trois cochons au lit, très pâles, dégoulinant de sueur, avec des difficultés pour respirer, et il entendait des toux sèches et quinteuses. Il décida d’aller prévenir Isko, le Saint-Bernard, qui exerçait le métier de toubib, en qui il avait une totale confiance.
Il lui expliqua ce qu’il avait vu et lui demanda d’inventer une histoire sur le fait de sa venue. Il lui raconta le fiasco de la première prise de contact, et expliqua qu’il voulait garder l’anonymat. Isko comprit la situation et jura qu’il garderait le secret.
Après avoir frappé chez les cochons, en disant qu’il passait dans le coin, il les examina et donna son diagnostic ainsi qu’une ordonnance pour les soigner. Il leur précisa que vu l’état dans lequel ils se trouvaient, il irait chercher lui-même les médicaments et viendrait les amener dès qu’il pourrait. Il frapperait et les poserait devant la porte.
Il sortit, discuta avec Alfred et lui expliqua qu’ils avaient la grippe porcine, qu’ils avaient 41° de température et qu’ils seraient cloués au lit pendant environ 10 jours. Il expliqua le stratagème qui avait mis en place pour les médocs. Alfred partit à la pharmacie, il sonna et posa les médicaments devant la porte sans que les cochons ne sachent que c’était lui qui avait été les chercher.
Les cochons étaient tellement mal qu’ils ne pensaient même pas à la récolte. De toute façon, ils ne pouvaient pas bouger, déjà allez prendre les médocs à la porte, c’était un effort “surporcin”. “Dix jours, c’était trop long, il y avait la moisson, elle ne pourra pas attendre” se dit Alfred. Il voulait faire quelque chose de plus pour prouver qu’il était gentil, sincère et qu’il voulait vraiment être leur ami et non les dévorer. Il cherchait comment faire quand soudain, il eut une idée géniale ! Il décida de faire la moisson à leur place. N’ayant jamais moissonné de sa vie, il décida d’aller observer, dans le village voisin, les fermiers. À son retour, le soir, il prit la faux, la ficelle pour faire les bottes avant de les entreposer dans la grange. Il savait qu’il faudrait extraire les grains, mais d’abord, il fallait faucher. C’était parti !
Il travailla pendant quatre nuits et quatre jours entiers, le temps que les cochon étaient cloués au fond du lit. Puis le cinquième jour, Isko passa revoir Fiona, Zack et Ricky pour constater leur état. Il signala à Alfred qu’ils se remettaient doucement, et que s’il ne voulait pas être découvert, il ne pourrait finir le travail en journée. Il travailla donc uniquement les nuits en faisant très attention que les cochons ne le surprennent pas.
La fratrie s’était enfin remis. Ils sortirent voir les récoltes et eurent l’immense surprise de voir que la moisson était finie et bien faite. Isko passa pour voir comment ils allaient. Fiona demanda au toubib :
– Qui a fait la moisson pendant que nous étions malades ? Est-ce vous ?
– Non, je n’ai vraiment pas le temps.
– Si ce n’est pas vous, c’est qui ?
– Je ne sais pas, un ami sûrement…
– Mais nous n’avons pas ici, nous sommes seuls.
– Vous êtes sûr de n’avoir vu personne ?
– Tout ce que je sais, c’est que pour faire un tel travail, seul en si peu de temps, c’est forcément quelqu’un de gentil, qui vous veut du bien, sur qui on peut compter en cas de besoin, donc un ami, je ne vois que ça !
– Quelqu’un qui serait toujours là… et qui nous aiderait en cas besoin de quoi que ce soit… ça me rappelle quelque chose, ces mots.
– Oui, ce sont les paroles du loup ! Ce n’est pas possible. Dites-nous Isko, c’est lui ?
– Je ne vous dirais rien, je vous dis juste au revoir, j’ai encore des patients qui m’attendent pour leur apporter les médicaments, car ils n’ont personne, eux.
– C’est lui ! J’en suis sûr, il n’y a qu’à voir votre regard. Vous étiez complices tous les deux.
Isko sourit et partit en regardant le cabanon avec les yeux remplis de tendresse.

Les cochons n’en revenaient pas. Ils avaient été odieux avec Alfred, car ils avaient peur de lui. Ils l’avaient traité de sale loup, d’étranger, ils avaient été racistes envers lui, eux qui se disaient tolérants. Par peur, ils avaient choisi la facilité, ils avaient préféré l’insulter, l’accuser à tort. Ils avaient fait un amalgame de toutes les histoires concernant la mauvaise réputation des loups, combinée à leur douloureuse expérience vécue. Ils s’aperçurent de leur erreur, se disaient qu’ils auraient dû essayer de l’écouter, de voir la sincérité dans ses propos, de le comprendre et de lui faire confiance. Bref, lui permettre de révéler qui il était vraiment, et pourquoi pas devenir un ami au final, comme il le souhaitait.

L’actrice Catherine Deneuve a dit un jour : “L’amitié, comme l’amour, demande beaucoup d’efforts, d’attention, de constance, elle exige surtout de savoir offrir ce que l’on a de plus cher dans la vie : du temps !”.

Il en avait offert, Alfred, du temps, de l’attention et des efforts, pour faire tout seul la moisson. Ils décidèrent d’aller le remercier pour ce qu’il avait fait pour eux, en secret, sans rien attendre en retour. Juste pour qu’ils guérissent et qu’ils ne meurent pas de faim, dans l’hiver. Juste par empathie.
Quand ils arrivèrent au cabanon, ils virent Alfred étendu, gisant sur le sol, exténué, mort de fatigue ! Ils le portèrent, le posèrent dans le lit, bien couvert et ils le laissèrent dormir. Longtemps. Très longtemps, il dormit plus de seize heures. À son réveil, ils se parlèrent tous les quatre, racontant leurs vies respectives. Ils s’excusèrent mutuellement. Ils apprirent à se connaître.
Depuis ce jour, Alfred, Fiona, Zack et Ricky, vivaient dans la joie, travaillaient dans la bonne humeur, riaient aux éclats, toujours ensemble. Malgré leur dur labeur, leur vie était remplie de bonheur.
Isko était content que ces quatre-là soient devenus copains comme cochons.


De Laurence D

Trois petits cochons revus et corrigés

Trois petits cochons vivaient paisiblement dans une jolie clairière. Il y a fort longtemps, ils avaient dû quitter leur pauvre mère qui n’était plus capable de les élever correctement, à son grand regret. Elle savait qu’ils seraient morts de faim s’ils étaient restés avec elle. Ils s’installèrent au cœur de la forêt. Chacun construisit sa maison à sa convenance. Le premier habitait dans une maison en paille, le second en bois et le troisième construisit une maison en briques. Si danger il y avait, les deux premiers venaient se réfugier chez le troisième, certains d’être en sécurité et de ne rien risquer. Peu de temps après leur installation, ils eurent maille à partir avec un loup qui terrorisait la région. Avec ruse et intelligence, ils le chassèrent à tout jamais de leur contrée et de leur existence.
Depuis cette aventure, la vie s’écoulait tranquillement. Chacun vaquait à ses occupations : la pêche, la lecture, la cuisine et diverses activités.
Un soir, en hiver, après une journée glaciale, chacun, à leur tour, entendit des sanglots, sanglots qui semblaient venir de la réserve de bois, située derrière la maison du troisième petit cochon. Tous les trois se dirigèrent avec prudence vers l’endroit d’où provenaient les pleurs.
Quelle ne fut pas leur stupéfaction de trouver un tout jeune louveteau, recroquevillé, qui grelottait de froid et qui pleurait toutes les larmes de son corps.
– Morbleu, cria le troisième cochon, le plus avisé des trois, ne l’oublions pas, que fais-tu là par un temps pareil et à une telle heure ?
– Je suis perdu, ma mère est partie et je suis resté au bord du chemin. J’ai très froid et je me sens si seul …
Il faisait peine à voir. Mais les trois cochons étaient également très méfiants. Ne serait-ce pas un piège, auquel ils devaient faire face. Le loup leur paraissait sincère et claquait des dents, cela faisait peine à voir.
– Rentrons- nous mettre au chaud. Tu nous conteras ton histoire. Mais attention à toi si tu nous joues un tour pendable, il t’en cuira !
Ils regagnèrent la maison en briques où le jeune animal se réfugia au cœur de la cheminée, quitte à se brûler les poils de sa fourrure. Réchauffé et un peu rassasié par le verre de lait qu’on lui donna à boire, il leur raconta son histoire, qui n’était pas sans leur rappeler la leur. Abandonnés tous les trois, ils ne devaient leur salut qu’à la présence des uns et des autres. Ils n’avaient jamais été seuls, ni isolés, contrairement à leur jeune visiteur. Il n’était qu’un pauvre loup solitaire, loin de la meute. Seul, il ne survivrait pas. Il était trop inexpérimenté.
Un drôle d’arrangement se mit en place. La maison en brique était de loin la plus spacieuse des trois maisons. Ce fut tout naturellement que Petit Loup (il avait bien fallu lui donner un nom !) s’installa.
Il mit un point d’honneur à s’occuper de la recherche du bois mort dans la forêt. Il alla pêcher de belles perches dans l’étang situé sur leur domaine. Il s’improvisa cuisinier. Il leur confectionna de savoureuses tartes aux myrtilles. Myrtilles qu’il cueillait dans les fourrés aux alentours de la maison. Il ne s’arrêta pas là. Il apprit à faire une soupe d’orties avec des petits croûtons frottés à l’ail. Cette soupe délicieuse les réchauffa durant cet hiver rigoureux.
Les soirées étaient occupées à de longues parties de cartes, de Scrabble et de Monopoly. Les parties se terminaient fort tard dans la nuit.
Les trois petits cochons s’habituèrent bien vite à leur nouveau compagnon de vie, bien qu’un peu insolite. Le temps passait. Heureux et confiant, tout ce petit monde cohabitait avec un plaisir renouvelé chaque jour qui passait.
Mais un beau matin survint dans leur belle clairière un chasseur équipé d’un long fusil et accompagné de ses deux chiens. Ce fut Petit Loup, qui les vit le premier.
Branle-bas de combat dans leur petite communauté. Il fallait se débarrasser de cet intrus le plus rapidement possible avant qu’il utilise son engin de mort sur Petit Loup.
Le troisième petit cochon, celui qui habitait la maison en briques, celui qui était également le plus malin, se rappela une très ancienne histoire que sa grand-mère lui avait racontée. C’était l’histoire d’une petite fille qu’on appelait le petit chaperon rouge, où il était question d’un chasseur, d’un loup et d’une petite fille habillée tout en rouge. Cette petite fille avait rendu visite à sa grand-mère malade. Le loup l’avait suivie après avoir avalé la mamie, il souhaitait avaler la petite. Une histoire que notre rusé petit cochon avait l’intention de transformer un tantinet. Il fallait attirer le chasseur dans un piège, puis s’en débarrasser afin qu’il ne revienne jamais plus. Et c’est ce qu’il mit en place …
Dans sa chasse au loup, le chasseur entendit des pleurs qui venaient d’une pauvre maison. Il frappa. Une petite voix lui répondit :
– Entrez !
Il entra dans la pénombre et ne put distinguer qu’une forme allongée dans un lit. Il lui sembla voir une vieille femme. Elle lui raconta que sa petite fille adorée, le petit chaperon rouge, avait été emportée loin, très, très loin dans les montagnes par un affreux loup. Très chevaleresque, le chasseur décida sur le champ de partir à sa recherche.
On raconte qu’il se perdit dans la montagne, qu’il était probablement tombé dans une crevasse, on ne sait pas très bien mais ce qui est certain, c’est qu’on ne le revit plus jamais dans le coin au grand bonheur de nos quatre amis.

De Marie-Josée

Le Royaume des Sept Lots

C’était jour d’allégresse au Royaume des Sept Lots
Trois coups de canon pour la naissance de Hugo
Un petit prince pour le château
Un petit frère pour Margaux.
Le roi annonça des festivités
Des banquets seront organisés
Tous les habitants y seront conviés
Personne ne sera oublié.
Les tables furent dressées sur des tréteaux
On alla chasser la caille et le perdreau
Cette nouvelle terrorisa Margaux
Ses amis animaux y laisseront leur peau.
Le cor de chasse résonna
Le cri strident du putois s’y mêla
Le peuple de la forêt fut en émoi
Cerfs et biches étaient aux abois.
Plus de temps à perdre, il fallait réunir le conseil illico
Cette tâche a été confiée à son fidèle corbeau.
La nouvelle a été relayée par tous les oiseaux
Le rendez-vous a été fixé au Hameau.
Elle harnacha du cuir serti d’émeraudes sa belle licorne blanche
Les écureuils l’accompagnèrent de branches en branches
Les sept nains laissèrent leur pain sur la planche
Les elfes l’attendirent assis sur un tapis de pervenches.
Trois maisons se trouvaient dans la clairière
Une en paille, une en bois, une en pierre
Cendrillon avait abandonné sa serpillère
La fée clochette commença l’inventaire.
Tout le monde était prêt à aller au front
Le petit poucet arriva avec son baluchon
Les lutins s’étaient munis de lampions
Il ne manquait que deux petits cochons.
Le verrat maçon déplora l’absence de ses frères
Ils allaient souvent conter fleurette comme tous les trouvères
Danser avec les papillons, charmer les vipères
Jouer du violon pour accompagner les incantations de la sorcière.
Les humains ne se contenteront pas de fromage
Ils en veulent à votre chair et à votre plumage
Il faut libérer les poules de leurs cages
Prévenir les grenouilles dans les marécages.
Les petits cochons seront les premiers à être capturés
Peut-être ont-ils déjà été tués pour en faire du pâté !
A ces mots Blanche-Neige se mit à pleurer
Le Prince Charmant s’empressa de la consoler.
Pour sauver leurs amis chacun avait son idée
Les bottes de sept lieues du chat pour avancer
Le flair du loup pour les renifler
La ruse du renard pour les débusquer.
Ils se mirent en route sans plus tarder
Ensemble ils pourront y arriver
Un essaim d’abeilles les a guidés
Dans le grand pré de la sorcière ils les ont trouvés.
Ils ramenèrent tout le monde juste à temps
L’âne les accueillit avec des hi-han bruyants
Bravos et hourras fusèrent spontanément
Maintenant il fallait tous ensemble élaborer un plan.
Les chiens aboyaient, les chasseurs arrivaient
Dans la maison en paille ils se sont abrités
Mais les chasseurs n’en firent qu’une bouchée
Et tout le monde courut dans la maison en bois se réfugier.
Le répit fut de courte durée, elle fut brulée et partit en fumée
Seule, la maison en pierre serait assez solide pour les protéger
Bien décidés à résister, ils s’y sont barricadés
Espérant que les assaillants s’en iraient découragés.
Pris de panique, les lutins et les nains disparurent sous terre
Les elfes s’envolèrent par la cheminée dans les airs
Cendrillon, Blanche-Neige et le prince charmant s’évaporèrent
Le petit poucet enfourcha le balai et disparut avec la sorcière.
Le loup en grand-mère se déguisa
Le renard derrière Margaux se cacha
Les petits cochons armés de bâtons étaient prêts au combat
Le chat sortit ses griffes, hérissa le poil et très fort miaula.
La fée Clochette, sa baguette magique leva
Lorsque la porte céda, à l’intérieur tout se figea
Le royaume des sept lots dans un livre se coucha
A sa lecture, seul le cœur d’un enfant le réveillera.

De Nathalie

Les trois petits cochons et les trois petits louveteaux

Il était une fois trois petits cochons qui vivaient dans une forêt. Leur maman leur avait demandé de partir car elle ne pouvait plus les élever, elle était devenue trop pauvre. Ils avaient construit une petite chaumière et menaient une vie heureuse malgré tout. Leur maison était en briques pour être sûre d’être protégé du loup. Cependant, depuis qu’ils vivaient tous les trois dans la forêt, ils n’avaient jamais vu l’ombre d’un loup. Ils avaient pourtant, lors de leur escapade en forêt, vu des traces de pattes qu’ils connaissaient bien.
Puis un matin, Coco l’aîné des trois cochons, remarqua que quelques provisions avaient disparu de la petite cabane construite près de leur chaumière. Pourtant, il prenait le temps de la fermer tous les soirs avant de se coucher. Il y avait bien des traces de pattes, mais ils ne les connaissaient pas.
Un soir, alors que la forêt était calme, un petit louveteau, s’avança sans bruit près de la cabane et y pénétra pour récupérer de quoi manger. Il repartit sans bruit retrouver ses deux petits frères louveteaux. Ils avaient tous les trois construit une tanière dans la forêt, celle-ci était cachée derrière un énorme rocher, si bien que personne ne pouvait la voir.
Mais un jour, alors que le petit louveteau s’approcha de la maison des trois petits cochons, Coco le surprit et lui asséna un coup aux pattes si bien que le petit louveteau ne pouvait plus marcher.
Les trois cochons ligotèrent le louveteau.
– « Mais pourquoi vous me faites cela ? » demanda le petit louveteau.
– « Car depuis plusieurs jours, nos provisions disparaissent et nous allons finir par ne plus rien avoir à manger ».
– « Mais c’est pour nourrir mes deux petits frères. Nous vivons dans la forêt et notre maman est morte il y a quelques jours et nous n’avons plus rien à manger ».
Les trois petits cochons furent très étonnés car leur maman leur avait toujours dit qu’il fallait faire attention au loup qui vivait dans la forêt car il pouvait les dévorer tout cru.
– « Mais tu es un loup, et la légende dit que les loups mangent les petits cochons dodus comme nous ».
– « Mais nous ne connaissons rien de la vie. Nous sommes tout jeunes et notre maman n’a pas eu le temps de nous initier à cette vie-là. Nous ne vous voulons aucun mal, simplement nous avons très faim ».
Les trois petits cochons restèrent très surpris car on leur avait toujours dit que les loups étaient des carnivores.
– « Ben, vous ne pouvez pas manger toutes nos provisions sinon nous n’aurons plus rien à manger ».
– « Oui mais nous n’avons pas appris à chasser, comment faire alors pour nous nourrir ? ».
Les trois petits cochons se demandèrent s’ils ne pouvaient pas partager avec les louveteaux. Ils avaient une basse-cour. Ayant été éduqués par leur mère, ils trouveraient toujours le moyen de se nourrir.
– « Bon » répondit Coco. « Nous allons partager mais vous devez avant tous apprendre à chasser pour vous nourrir. Nous avons appris comment se nourrissaient les loups et nous pouvons vous l’enseigner».
Si bien que les trois petits cochons éduquèrent les louveteaux. Leur papa cochon leur avait tout dit sur les loups et ils pouvaient transmettre leur savoir. Ils leur apprirent à chasser le gros gibier, à se servir de leur odorat et de leur vue. La seule condition était qu’ils ne devaient pas s’attaquer aux chèvres et aux brebis car l’homme donnait tout son temps pour élever ces animaux et les louveteaux seraient alors traqués.
C’est ainsi que les trois petits cochons et les trois louveteaux devinrent amis pour la vie.

De Claude

APPÂTS DE LOUPS

« Tu sais que je t’aime, mon gros loup ! ». Je suis sûr que vous n’allez pas me croire, mais je vous assure que c’est vrai : j’ai surpris cette conversation intime entre Peggy, la truie, la mère de Nif-Nif ; Naf-Naf et Nouf-Nouf, les trois célèbres petits cochons (vous connaissez surtout Naf-Naf qui a réussi dans le prêt-à-porter) et un gros loup, en fait un loubard de banlieue, répondant au doux nom de Aff, et que ses potes appellent « Aff le loup ».
Il a enfin décidé de se ranger des voitures après avoir fait plusieurs séjours dans des commissariats parisiens et des jours entiers de travaux d’intérêt général. C’est maintenant un jeune loup aux dents longues à qui on prédit une belle carrière dans la finance.
Aff est veuf et cherche désespérément l’âme sœur.
C’est à une fête, chez des amis communs, que Peggy et Aff se sont rencontrés. Ils ont bu, mangé et dansé plus que de raison. Vous vous rendez-compte ? Danser avec les loups ? Il est vrai que tous les deux avaient, ce soir-là, envie de faire la noce et, la soirée finie, ils étaient devenus copains comme cochons. Peut-être même plus si j’en juge par les échanges de regards et de mots doux que j’ai pu surprendre.
Mais, vous vous en doutez, Peggy avait déjà vu le loup depuis bien longtemps ! Mais elle avait été abandonnée par le père de ses enfants, un gros porc qui l’avait quittée pour une truie plus jeune. Cela avait détruit leur mariage mais Peggy avait pu obtenir la garde de ses gorets adorés.
Nos tourtereaux se sont tous deux découverts végétariens et adeptes du bio et ce, bien avant la mode du bio à toutes les sauces. Ils adorent le fromage et se délectent à tous les repas aussi bien de Porc Salut que de Loup Pérac. Ils se sont aussi trouvés des goûts communs, Peggy comme Aff aiment lard abstrait et l’informatique ; pour elle, cela lui vient de son père, un ingénieur informaticien, un geek qu’on surnommait : le porc USB.

Et tous les deux adorent regarder Nicolas Canteloup sur tf1 ou « Porc-traits » sur la 3.

Aff avait séduit Peggy non seulement par ses attentions : il était opticien, pardon, aux petits soins pour elle. Mais aussi par son humour ravageur, racontant sans cesse des blagues désopilantes du genre ; « Quel est le contraire d’un cochon triste ? (Un porc tout gai) ou «Que doit présenter un cochon lorsqu’il passe une frontière ? (Un passe porc) ». Ce qui faisait rire Peggy aux larmes.

De même lorsqu’il entrait avec sa belle Porsche décapotable dans un parking, il demandait invariablement et sans rire, au gardien : « Je me gare où ? »
Il faut également noter que les louveteaux (impeccables dans leurs tenues de scouts) et les gorets s’entendaient à merveille. Pas question pour les uns de jouer un tour de cochon aux autres ou d’imiter les méchants loups. Leurs beaux-parents les auraient vivement réprimandés. Ils jouaient donc, très pacifiquement et très convivialement, à « Promenons-nous dans les bois », au « cochon qui rit » ou à la pétanque.
Evidemment, ce concubinage étrange, complètement loufoque pour certains, n’était pas du goût de tout le monde, chez les porcs comme chez les loups. Pourtant, si on les interrogeait individuellement, chacun, dans la famille Cochonou, voulait bien reconnaitre qu’Aff était affable, mais toujours affamé, affectueux, aussi. Mais tout loup a dans son coeur un cochon qui sommeille. Et Peggy affolait bien des mâles.
De plus, Aff avait sauvé Nif-Nif d’une noyade certaine lorsque ce dernier, voulant impressionner ses camarades de jeu, s’était imprudemment jeté dans la Seine alors qu’il ne savait pas nager. Pourrait-on qualifier Aff de loup-ange ?
Du côté des Lupus, on reconnaissait à Peggy une belle allure et surtout un petit groin de fantaisie. Mais aussi qu’elle était un vrai cordon-bleu bien qu’évidemment, elle ne cuisinât jamais les cochonnailles.

Et puis, à la maison, les enfants étaient certes turbulents, mais adoraient être ensemble.

D’ailleurs, la devise des gorets était : « Un esprit sain dans un porc sain » et celle des louveteaux : « Toujours prêts ! ».

Quant aux beaux-parents, c’était l’entente parfaite. Bien sûr, et c’est inévitable dans tous les couples, il y avait parfois (rarement, il faut le dire) quelques disputes à propos de futilités et l’on entendait Aff hurler sur Peggy, mais il faut dire aussi qu’elle avait un caractère de cochon. Il l’aimait cependant telle qu’elle était, ce qui, en soi, est déjà une belle preuve d’amour.
Comme Aff était bilingue, il s’autorisa même à lui dire un jour : « I louve you ». Tout en ajoutant, sur le ton de la plaisanterie, en pensant au repas de midi : « Du porc :no ! »

Et il s’était juré de ne pas faire aux truies ce qu’il ne voulait pas qu’on lui fasse. Pour conclure, je crois qu’il est temps d’en finir avec les préjugés.
Bien sûr, dans la famille Cochonou, on n’oubliera jamais qu’un grand méchant loup avait dévoré l’arrière-arrière-grand-mère à une époque de grande famine. De même, chez les Lupus, on se souvient encore, même si cela remonte au règne de Louis XIV, sous Loup-vois, je crois, qu’un lointain ancêtre avait été empoisonné par de la viande de porc avariée.
Mais le fond de l’affaire reste la question de la couleur : faut-il, comme certains le pensent, ne voir la vie qu’en rose… ou en noir? Le rose et le noir feraient-il scandale ? Les avis divergent sur ce point-là, d’autant que, de plus en plus, on entend des slogans tels que «black lives matter », ce qui, en gros, signifie : les noirs ne comptent pas pour du beurre.

Maintenant, après cette histoire édifiante, c’est à vous de vous faire une opi- -nion.
Mais qui vivra verrat…

PS : J’ai renversé mon café sur ma page…que j’ai cochonnée. J’espère en tout cas, n’avoir pas loupé mon objectif.


De Laurence S  

« Hé, les gars, n’ayez pas peur, je suis votre ami ! », dit le loup aux trois petits cochons enfermés dans leur enclos de peur d’être dévorés.
« Je ne vous veux aucun mal. Je veux jouer, avoir des copains. Ben oui, tout le monde me rejette, personne ne veut de moi. Je suis un pestiféré. Pourtant, je suis gentil, vous le savez bien, vous. », insista le canidé aux longues dents.
« Ben nous, on te fait pas confiance. Tu as déjà dévoré des petits cochons et d’autres animaux dans la forêt. Nos parents nous ont interdit de sortir. Alors, va-t-en avant que notre père sorte son fusil pour t’envoyer une balle ! », répondirent en chœur les trois frères, morts de peur d’avoir osé parler au loup.
« Aucun loup ne mange plus les animaux de la ferme. On veut la paix, on ne fait plus la guerre. On veut vivre en liberté à vos côtés, jouer avec vous, devenir de vrais citoyens. On nous chasse de partout, on nous lance des pierres. Mais, ça, c’était avant ! On est pacifiques et pacifistes maintenant. Les gens haïssent notre race, mais ça, c’était dans les contes et dans les légendes de dans le temps. Il ne faut plus avoir peur de nous comme ça », riposta l’animal supposé rusé.
« D’accord, mais comment on peut te croire sur parole, nous ? T’es sûr que tu ne vas pas nous dévorer et nous faire rôtir pour toute ta famille ? », répliquèrent les porcinets.
« Avant, il y a très longtemps, mes ancêtres, il est vrai, se repaissaient de chair humaine, mais plus maintenant. La plupart d’entre nous, on est végétariens. Nous mangeons les légumes que nous récoltons. On ne tue plus. On cultive ! On n’est plus le loup des Fables de La Fontaine, croyez-moi. On aime la liberté comme vous. On veut respirer librement sans que les autres nous regardent de travers à cause des histoires anciennes. J’ai envie de me lier d’amitié avec vous. Je vois bien comment vous jouez et comment vous rigolez ensemble. J’en ai marre moi d’être confiné dans mon secteur sans pouvoir jouer avec les autres jeunes du quartier. Je n’ai plus d’instinct féroce, j’aide mes parents à cultiver notre potager. Je ne suis pas fier comme mes ancêtres. Et puis, je n’ai jamais eu de vrais amis », renchérit la jeune bête.
« Oui, mais pourquoi nous ? » tentèrent de comprendre les trois frères, sans argumenter plus avant.
« Parce que je vous vois souvent jouer ensemble et ça me fait envie, même si on est différents et que nos familles ne s’apprécient pas. Je voudrais juste changer les choses et qu’on arrête de se regarder de travers. Ce n’est pas une vie, ça et ça me rend triste ! », se défendit le jeune loup.
« Tu veux la paix, mais nous, on a peur de toi. Nos parents nous interdisent de te parler. On fait quoi alors si on veut devenir copains ? Il va falloir que nos parents enlèvent les barrières électrifiées et qu’ils arrêtent de recharger le fusil à chaque fois qu’ils aperçoivent un de ta race », expliquèrent les petits porcs en devenir.
« Moi, j’ai une idée. Et si on mangeait tous ensemble dehors autour d’un bon repas ? Comme les premiers Américains ont fait avec les Indiens : ils ont célébré Thanksgiving pour les remercier de les avoir aidés ! », proposa le petit loup dont les connaissances stupéfièrent les frères.
Et ce fut ainsi que les familles loups, chaque année, festoyèrent avec les autres habitants du quartier autour d’un repas convivial qu’ils surnommèrent La Fête des lupus-groins. C’est mieux que de se faire la guerre, non ?

De François

Le Petit Chaperon Rouge, Grand Loup et les Trois Petits Cochons


Dans la forêt, une agitation affolait arbres, bosquets, oiseaux et jusqu’aux taupes et tout animal raisonnable. La Petit Chaperon Rouge courait en tous sens à la recherche d’une aide. Et jusqu’au sommet des feuillages on pouvait entendre son cri.
— Vite, à moi, à l’aide !
Et ses plaintes, à qui voulait l’entendre.
— Au secours, au secours !
Grand Loup qui rôdait dans le coin ne manqua pas de s’immiscer dans ce drame.
Le Petit Chaperon Rouge tomba nez à nez avec sans adversaire millénaire.
— Qu’as-tu à crier, petit bouchon ?
— La Mangeuse de Conte est dans les parages
— La Mangeuse de Conte ?
— Oui, la Mangeuse. Quand elle rencontre une histoire qui se fait, qui se joue, eh bien, clac, elle saute dessus, elle met tout le monde dans un grand sac, un tour de passe-passe malicieux, et hop, elle en sort une sorte de gâteau, un feuilleté aux pommes ou un pâté gras et elle les déguste. Et là, elle se prépare à manger Blanche Neige…
— Les sept nains ?
— Non pas encore. Mais elle cherche la belle au Bois Dormant. Il y a danger.
— C’est quoi cette histoire, c’est moi l’horrible, le terrible. Je ne suis pas d’accord, c’est de la concurrence déloyale, dans le conte, je suis le méchant, c’est moi qui mange tout le monde et qui sème la terreur et elle, elle arrive comme une fleur, avec sa superbe des grands jours. Et elle me vole mes quatre heures. Il faudrait que je me laisse faire ? Ah non alors ! Je vais aller me plaindre, oui, je vais me plaindre.
— Mais l’heure n’est pas aux plaintes, mais à l’action.
Grand Loup ravala sa rage et écouta pour une fois le Petit Chaperon Rouge. Elle avait un plan, il fallait que le loup devienne son complice et accepte le deal.
— Je veux bien tout, à condition que je redevienne le héros, le personnage principal, le méchant des méchants.
— D’accord, d’accord.
Puis arrivèrent les Trois Petits Cochons. Grand Loup se précipita, par instinct, sur cette chair fraîche qui se pointait devant lui. Le P. C. R. l’arrêta net.
— Mollo, mollo, ça sera pour plus tard.
— OK, OK !
Et le P. C. R. exposa son plan à l’assemblée ainsi réunie.
— Bon, maintenant on passe à l’action.
Un cirque fut vite monté avec l’aide d’un ami illustrateur qui travaillait souvent sur les contes à éditer. Et la Mangeuse qui traînait dans les parages s’immobilisa devant une telle splendeur.
— Un cirque, chouette. Encore un conte qui se prépare, je sens des personnages, de la mise en scène, des costumes des décors, de la magie, ça me donne faim. Il faut que j’entre.
À l’intérieur tout le monde était en place et le P. C. R. commença son speech.
— Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs. Je suis Mme loyale. Vous allez assister à la plus grande représentation du monde.
Et la Mangeuse de Conte de se satisfaire de cette intro.
— Vite et après je veux des sushis à la sauce aigre douce. Et tout de suite.
Le P. C. R. coupa court à l’intervention.
— Et Maintenant, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, laissez-moi vous présenter un numéro extraordinaire. Le célèbre trio de fildeféristes, Fifer, Fiddler and Practical Pig plus connus en France sous le nom de Nif-Nif, Naf-Naf et Nouf-Nouf. Alors, vas-y.

Et arrivèrent les Trois Petits Cochons en costumes de sylphides antiques, tunique flottante et couronne de laurier sur la tête. Leur numéro fascina tout le monde tant par la souplesse, la légèreté et l’élégance qui illustraient leur prestation acrobatique. Des jeux de passe main, de roulade et de saut de l’ange, se succédaient avec grâce et précision.
La Mangeuse s’extasiait et une envie gourmande commença à la prendre. Et le P. C. R. s’en aperçut et passa au numéro suivant.
— Et maintenant, la fameuse dresseuse, Animalia et son célèbre Lion Dégusto.
Le P. C. R. prit une veste de lumière ainsi qu’un fouet. Et Grand Loup entra en rugissant, l’écume aux babines. Il grogna comme un vrai fauve. Le P. C. R. l’accueillit en faisant claquer son fouet.
— Doucement, j’ai les jarrets fragiles
— Observez le style. Il faut des années de travail pour arriver à ça. Allez, on y va.
— Je suis le Lion Dégusto, le plus terrible, le plus dangereux et celui qui fait le plus beau des numéros. Archhh
— Cette voix, je connais cette voix
— Non, tu ne me reconnais pas, je suis le Lion, le méchant Lion, le terrible Lion.

Il se précipita sur la Mangeuse.
— Mais qu’est-ce qu’il fait, pourquoi il me mange les chaussures. Les orteils. Les chevilles.
Les mollets, et tout le gras autour. Personne pour le retenir. Un dompteur. Un dresseur, vite un dresseur. Personne ! Mais retenez-le, votre lion. Ah ! Sale bête, fiche le camp. Mais il me mange. Il me dévore. Il m’ingurgite. Arrête ! Arrête ! Arrête ! Il me mange en entier. Au secours, au secours.

Et c’est ainsi que se termina l’histoire de la fin lamentable de la Mangeuse de Conte, la méchante dévoreuse de conte. Grand Loup les regarda, fier de sa réussite.
— Z’avez vu le travail ! C’est du beau et du bien fait. Burp ! Elle me pèse sur l’estomac, celle-là. Burp ! Un peu lourd ce menu, m’faudrait un bon bouillon pour faire passer.
Tous se précipitèrent sur le Grand Loup pour le remercier, on libéra aussi les prisonniers du sac. Les Trois Petits cochons sautèrent au cou de leur sauveur. Et le P. C. R. se tourna vers lui.
— Viens là mon bonhomme, tu es gentil, oui bonne bête, tu auras un su-sucre et un petit gâteau pour quatre heures, le reste d’un petit pot de beurre et d’une galette.
Mais le caractère du loup reprit aussitôt le dessus.
— Ah non ! Pas les arlequins de Mère-grand. Je suis le plus méchant des loups, le plus terrible.
— Alors tu ne restes pas ?
— Tu me prends pour qui ? Je préfère courir dans les bois, car je crois que la Pinocchio, la Belle au Bois Dormant sont en balade dans la forêt, il y a de la viande fraîche à se mettre sous les babines. Alors, bon vent. Je vous épargnerai toi, le P. C. R. et vous le trio de danseur de corde.
Burp ! J’y vais doucement, je me sens un peu ballonné. Burp !


De Marie-Laure

L ‘ éco- quartier de la famille Lupo

Il était une fois, trois frères qui avaient hérité de l’entreprise familiale. Leur père avait été un célèbre entrepreneur de la région, il travaillait dans le BTP et avait décroché de beaux contrats pour la construction d’immeubles HLM où logeaient notamment ses ouvriers, mais aussi ceux de la laiterie et de l’usine qui fabriquait des plastiques pour l’automobile. En ces temps-là, ces constructions avaient une connotation d’ascenseur social à côté des maisons du bourg que l’on se passait de génération en génération. Ils avaient toutes les commodités : une salle de bain, le chauffage central et même un salon où venait vite trôner la télévision.
Jasper Ounochoc, le père, avait mis du temps à accepter l’idée de la retraite, cela n’avait pas été simple pour lui de se retirer des affaires. S’il avait cédé, à part égales, son entreprise à ses trois fils Joël, Justin et Jérémy, il avait longtemps gardé un œil sur la trésorerie, mais pour ce qui était des techniques et des matériaux de construction, il se sentait maintenant bel et bien dépassé. Il devait l’admettre, c’est ce que lui rabâchait sans cesse Joséphine, son épouse.
Joséphine, Lagrue de son nom de jeune fille, était un sacré petit bout de bonne femme, les tempes déjà bien grisonnantes, mais toujours très énergique. Elle avait repris la scierie de son père et avait très vite réussi à se faire respecter dans ce monde masculin, elle ne craignait personne. Enfant déjà, elle parcourait la forêt aux côtés de son aïeul et de sa grand-mère, pour repérer les arbres au tronc bien droit qui feraient de jolis meubles. Elle connaissait les bois comme sa poche, le moindre chemin, le plus petit cours d’eau, tout était enregistré dans sa mémoire. Il eût été impossible de la perdre ! Elle aussi avait pensé transmettre l’entreprise à ses fils, mais ses rejetons avaient flairé la bonne affaire en revendant la quasi-totalité de leurs parts à un loup de la finance. Le cash dégagé devait permettre d’innover et de réfléchir à la conception de nouveaux modes d’habitats.
Joël, l’aîné, s’était tourné vers la construction de maisons en briques. Il avait maintenant une main d’œuvre qualifiée et ses projets s’orientaient vers le développement de maisons à énergie passive. Certes, ces maisons avaient un certain coût, mais le cachet de la brique rouge en façade n’avait, à ses yeux, pas d’égal.
Justin, le cadet, celui qui avait été longtemps le plus chétif et surprotégé par sa mère, avait développé la construction de maisons à ossature bois. Loin de la cabane au fond du jardin, il s’était entouré d’architectes pour développer des projets d’habitat très moderne, qui s’inséraient bien dans la nature. En plus de la rapidité de mise en œuvre, il voyait là un argument de taille pour séduire ses clients.
Jérémy, le benjamin, sortait tout juste de sa campagne de zadiste à Notre Dame des Landes. Il avait rejoint l’entreprise familiale avec des idées plein la tête, car lui voulait développer l’habitat le plus écologique possible, à base de paille et de terre.
Dans ce qui avait été autrefois la grande cour de l’entreprise, chacun avait construit une maison témoin, qu’il pouvait faire visiter aux potentiels acheteurs. Ils ne se faisaient pas vraiment de l’ombre, car ils savaient qu’ils touchaient chacun une clientèle différente, avec des priorités et des desiderata spécifiques.
En ce jour de début juin, ils étaient tous les trois affairés, chacun à superviser un chantier en cours, lorsqu’un grand monsieur, à l’allure très gentleman se présenta aux portes de l’usine. Sans plus se concerter, ils allèrent tous les trois à sa rencontre pour le saluer.
Monsieur Pulo, Jean – Loup de son prénom, rejoint par son épouse Marylou, leur exposa son projet. Il avait une grande famille, des moyens conséquents et plutôt que de voir son héritage dilapidé, il souhaitait investir dans la pierre. Ses trois enfants avaient toujours été très gâtés, ils avaient toujours eu de quoi se mettre sous la dent, mais ils n’étaient pas de grands travailleurs. Ils étaient même plutôt du genre à attendre que les poulets rôtis tombent du ciel, comme le dit l’adage. Il savait bien qu’à son départ, son compte en banque serait lessivé en deux temps trois mouvements. C’est ce qui l’avait décidé à faire construire pour chacun d’eux une maison. « Entendons-nous bien, pas un HLM, pas une maison basique non plus » avait -il précisé, car il fallait bien respecter le standing de la famille ! Avec Marilou, ils imaginaient de belles demeures, spacieuses, car en tout ils avaient dix petits-enfants. « Une vraie meute quand ils débarquent tous à Noël » s’était écriée enjouée Marilou !
Il y avait pour Monsieur Pulo, juste un petit hic qui le contrariait, ses trois enfants étaient des écologistes militants. Le respect de l’environnement, les maîtrises d’énergie et tous ces nouveaux concepts relevaient du chinois pour lui. Il avait entendu parler de la diversification de l’entreprise du Père Ounochoc, avec lequel il avait d’ailleurs été en affaires autrefois, c’est ce qui l’avait conduit ici aujourd’hui.
C’est autour d’un thé pour Marilou et d’un verre de blanc pour Jean- Loup que chacun son tour, les trois frères exposèrent leur conception de l’habitat moderne. Si Jean – Loup demandait des précisions en termes de coefficients de ci ou de ça, Marilou se sentait comme un coq en pâte au milieu de ces jeunes gens plein d’entrain et de convictions. C’est sur un ton badin qu’elle lança à la cantonade : « Et si on regroupait chacune de vos réalisations sur le même terrain, on serait des pionniers à construire le premier écovillage du secteur ! », « enfin, façon de parler » s’excusa-t-elle.
« Ma maison s’intègre parfaitement dans un écoquartier », renchérit Jérémy. « Il en va de même pour ma conception avec ossature bois » répliqua Justin. « Si ma maison a un aspect plus classique, sa réalisation tient compte des économies d’énergie » affirma Joël en développant plus avant ses études sur la maison passive.
Connaissant bien le caractère de chacun de ses enfants, Monsieur Lupo s’imaginait déjà quel type de maison pourrait correspondre à chacun et de la boutade de son épouse germait déjà un beau projet, celui du vivre ensemble en respectant les convictions de chacun.
Rendez-vous fut pris pour une grande concertation avec la famille Lupo au grand complet, dans la cour de l’usine de la famille Ounochoc. A n’en pas douter, un beau projet verrait le jour dans les mois à venir ! 

 De Jacques  

Dérive

Grise atmosphère
Parfum diesel
Regard baissé
Sous masque covid
Une dérive, abri-bus
Hasard trajet
Celui Lazare
Aller où, aller quand, aller combien?
À La Croissanterie
Croissant café pour perdre l’air de nuit
Face Relay
Magazine et roman : « C’est arrivé la nuit »
Lire et où?
Caen, Cherbourg
Sur un bout de calendrier
Les chiffres comme des lettres
Quelques jours
L’humain de la conquête
Sa tapisserie
Aux hommes et aux dames
Du Vaugueux

Déambuler d’hôtels en terrasses
En attendant le signal
Un café bien tassé
Assis sur ces tabourets
Pour chercher l’ensemble
Jambes croisées, refaire le monde
En quelques clopes, en quelques pintes
Jaser de droite et de gauche
De la croix au croissant
En passant par celle de David
En gesticulant et jurant contre ce supérieur
Qui se déboutonne de l’acné
Un tremblement de tête
Avant de sombrer
Puis l’éveil dans le bus

Aller où? aller quand?
Ligne 27, départ du Luxembourg
Beauté jardin
Pourquoi y revenir?
Mais l’Opéra, pourquoi pas?
Mirer la porte, sortir du bus
Humer l’air, aimer l’air
Comme un doublement d’espace
Beauté, chaleur
Marcher vers la gare de Lyon
Puisque la route à la mer est ouverte
Belle Nice, cœur au réchaud
Pour oublier sa peine et son amour

La route est longue
Des passants étirent les trottoirs et la journée
Gitanes en fumée
Musique, souvenirs, place de la Bastille
Le Canal qui s’engouffre
Bateau bombé de gens
Voir, avoir imagé une fraction de la lumière

Voir dans le regard des autres,
Les autres joies qui manquent
Rapide en continue
Ligne réservée, l’Antares
Quelques jours, quelques soirs
Café croissant
Bar à vin, la Part des anges
Et s’envoler, l’esprit clair enfin
Pour l’heure des choix
Pour y rester? Lire, écrire, peindre

Plage de galets
Pour aspirer, pour s’inspirer
La mer, le soleil les engloutir
Telle une explosion filmée lentement, si lentement
Comme si on reconnaissait les visages, les noms
Et s’étire le sourire, ce bonheur de suivre le regard
Feu d’artifice d’une fin d’année
La promenade, la seule que son nom dénote
Pouvait-elle en avoir?
Et puis, et puis
S’y trouver bien
La vue, la mer, l’Italie pas loin
L’avenir, ce projet qui secoue la tête, le cœur

L’éveil, un autre rêve
Un tournant, toujours vers Nice
Mais pourquoi? Pourquoi cet avant
L’amont du destin
Est-ce bien Nice l’étape?
La finale, pourtant bien loin
Cagnes-sur-Mer, pourquoi pas?
Y aller, y trouver l’amour, y trouver une vie
Ailleurs que lors d’une promenade dans sa tête

   Ces histoires vous ont plu? Alors, vous aussi, vous pouvez vous mettre à écrire: rien de plus facile. Ecrivez votre histoire, envoyez-là avec le lien ci-dessous et je publie de manière quasi anonyme. 
Et c’est plaisant d’écrire, croyez-moi mais aussi celles et ceux qui participent à cet atelier d’écriture gratuit! 
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 Je vous souhaite une belle semaine créative. 
Portez-vous bien et surtout prenez soin de vous

 Créativement vôtre, LAURENCE SMITS, LA PLUME DE LAURENCE

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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