La proposition d’écriture N° 105 a dérouté certaines et certains d’entre vous, d’après ce que j’ai pu lire dans vos messages.
Ce qui est intéressant dans une proposition d’écriture qui déroute, c’est justement d’aller fouiner dans notre créativité pour arriver à produire quelque chose.  
En écriture, comme dans les autres activités, sortir du balisage habituel est formateur. Si les consignes d’écriture ou une pratique sportive proposent toujours des choses faciles à réaliser, les progrès ne sont pas possibles. On finit d’ailleurs par s’en lasser…  

Voici vos textes. Je vous en souhaite une belle lecture.   

De Bernard


Je n’ai rien vu, rien entendu, j’étais pas là
Depuis la fenêtre de ma rue, j’vois pas en bas
Et si personne ne m’a cru, j’regarde les toits.
Si des bruits me sont parvenus, j’serais d’mauvaise foi.
Il se serait passé quelques choses, pas au courant,
Sûrement qu’j’avais dû faire une pose, en regardant.
Etre témoin, ça je ne l’ose, un faux fuyant.
Je pourrais signer cette prose tout en mentant.
Un accident, un meurtre, un viol, j’ai pas regardé,
L’action d’un fou ou bien d’une folle, j’ai tout raté.
Les flics vont suivre un protocole, j’vais m’absenter
Et puis, même si j’en rigole, j’en suis navré.
Alors d’abord je suis parti, me cherchez pas, j’me suis enfui.
J’ai trouvé un bon alibi, avec des complices et amis.
J’dirai que j’étais à Paris qu’à la fenêtre c’est un sosie.
Si on m’crois pas et bien tant pis, après tout j’risque pas ma vie.
J’utiliserai un vieux langage et ils croiront que je suis bête.
J’laisserai tomber le bavardage et je n’pourrai rien reconnaître.
Pourtant depuis qu’j’suis dans l’grand âge, c’est vrai que j’guette
En matière de faux témoignage, je suis honnête ».


De Françoise V


En tant que Lapin de Garenne, savamment nommé, oryctolagus cuniculus, je soutiens ma communauté lagomorphe de la famille des léporidés et je suis féru des courses entre « cousins » de cette famille de lièvres et de lapins. On m’a nommé reporter sportif.
Je suis le maître référent, du phénix de ces bois, des « coureurs aux grandes oreilles », chassés par l’homme, un prédateur redoutable depuis la nuit des temps. Honnêtement, on fait confiance à mes commentaires dans le journal local « Courses des dimanches ».
La communauté du « Bois de Peu » a lancé un pari entre mon ami le Lièvre, professeur émérite et une Tortue du pays d’O, une vendeuse de salades. Une course est annoncée. Sangliers, biches, cerfs, furets, martres, mulots, campagnols, mésanges, corbeaux et j’en passe… étaient au rendez-vous de cette énigmatique course… du jamais vu.
Ainsi, Lièvre et Tortue se mesurèrent dans les bois.

« Je vous parie que le Lièvre gagnera » avais-je écrit en avant-première, la veille du concours.
Mais c’est la tortue qui eut les honneurs devant lui, à ma grande déception.

Mon article le lendemain devait démentir, avec regret, ce que j’avais avancé, et j’étais bien obligé d’écrire la victoire de cette testudine. Mais je ne pouvais pas laisser mon Lièvre être humilié de la sorte. Il fallait contrebalancer l’évènement et raconter ce que j’avais vu. Je ne supporte pas l’injustice. Il fallait annuler la victoire de cette Tortue.

C’est ainsi que je me retrouvai au banc des accusés, comme un criminel qui avait rapporté de fausses informations au profit de ma communauté. Monsieur le Juge, le Sanglier me rua dessus.
– Vous êtes passible d’une amende de 75000 euros d’amende et de cinq ans de prison pour faux témoignage.

– Alors ça ! c’est la meilleure !! répliquai-je.

– Lapin, dit je juge en remontant ses lunettes, vous avez écrit un faux témoignage, votre article est trompeur. La tortue a gagné mais le lièvre n’a pas agi de la sorte ! C’est avec des milliers de pas que la tortue brava son partenaire, essoufflée… mais en vie ! Et de surcroît, la première. Le plus rapide ne se pressant pas à partir, car il riait, se roulant dans l’herbe regardant celle qui transportait sa lourde maison sur le dos, avec tout le mépris qu’il a pour elle. En quatre pas le lièvre aurait pu atteindre l’arrivée. Mais c’est son orgueil qui lui a causé préjudice. Vos accusations vis-à-vis de Dame Tortue ne sont pas fondées.
Votre article est salissant, vous avez menti !

– Mais Monsieur le Juge, j’étais là j’ai tout vu, oui j’ai tout vu insista le Lapin en s’essuyant le front. La tortue a tellement amusé le lièvre en imitant les hommes de lois, notamment vous-même, que celui-ci s’est roulé parterre, a dégringolé la colline et s’est retrouvé assis dans la rivière ! Il a voulu grimper jusqu’à l’arrivée le plus vite possible mais une horde de tortues lui a fait un croche en pied et il est redescendu aussi vite qu’il était monté. La tortue l’a nargué, elle est arrivée en effet la première. La tortue est coupable d’une mauvaise stratégie à l’égard de son adversaire, c’est une roublarde dépassant l’imaginaire, c’est elle qui doit être sanctionnée.

– Ce n’est pas possible, Lapin. Moi j’ai vu le lièvre : il broutait se moquait, écoutait le vent et même dormait se sachant vainqueur d’avance. Il a laissé la tortue « aller son train de sénateur », se hâtant avec lenteur. Ce lièvre méprisait une telle victoire en tenant la gageure à peu de gloire. Il est parti trop tard, voilà tout.
Vous faîtes là un faux témoignage Lapin. Votre sanction va tomber.

– Monsieur le Juge du « Bois de Peu », sachez « qu’en matière de faux témoignage, je suis honnête, et mon rapport est à la hauteur de la vérité » : au total, oui le lièvre n’est pas parti en même temps que la Tortue, et c’est Monsieur de La Fontaine qui me l’a confirmé. Mes explications et les raisons de cette victoire sont là pour me défendre ! Soyez juste, tout de même.


De Nicole

Un Homme politique

Mon pedigree d’homme politique commence dès l’enfance.
Issu d’une famille modeste et néanmoins cultivée.
Fan d’opéra, mon père ouvrier devenu contremaître dans une sardinerie en Bretagne, grand-père marin-pêcheur, ma mère femme au foyer, six frères et sœurs.
J’ai pris l’ascenseur social grâce aux études et surtout, je me suis toujours placé aux bons endroits, aux bons moments en bon hypocrite face aux puissants, professeurs, condisciples de « bonnes familles ». Je charme, je m’incruste.
Plutôt joli garçon, grand, mince, de la prestance.
Un physique de gendre idéal, j’ai d’ailleurs épousé l’héritière de la famille Lagardon qui ouvre ses largesses à mes campagnes électorales.
J’ai milité à gauche, jeunesse réformiste, tracts, manifs, je suis devenu indispensable au vieux maire de la ville, dépassé par l’apport des nouvelles technologies.
J’écrivais ses discours.
Je suis vite devenu centriste, ça convenait mieux à mon plan de carrière.
Elu maire de la ville, une information calomnieuse qui fuite, le vieux maire aimait les adolescents…
J’ai promis plus de morale, moins de magouilles me rapprochant ainsi de l’aile droite du parti.
Je suis devenu l’homme qui compte, qui lave plus blanc que blanc.
Un chevalier politique.
Nommé ministre de l’intérieur en 2000, j’ai promis d’assainir les cités, de donner aux policiers les moyens d’assainir la fange.
Ça a plu au petit peuple français frileux et cocardier.
Lorsque je me suis présenté aux présidentielles, je fus élu à une large majorité.
Au plus haut niveau de l’état, j’ai tenu le cap, inscrit un renouveau du « travailler plus pour gagner plus », la fin des 35 heures.
Les grands patrons m’adoraient, me le prouvaient financièrement parlant.
Je ne fus pas réélu. Néanmoins j’exerce encore un poids politique indéniable.
Mes conférences dans différents pays me rapportent un pactole.
Je viens d’être rattrapé par une affaire frauduleuse.
Je joue le vertueux, en matière de faux témoignages, je suis honnête.
Qui suis-je ? Un mix politique ?

De Roxane


Pas de chance
C’est toujours la même histoire, quand je prévois quelque chose, ça foire automatiquement. J’ai beau tout mettre en œuvre pour que ça se passe bien, rien à faire. Avouez que c’est pas de chance !
Le jour venait de se lever et la nuit avait été longue. Durant trois heures, les flics m’avaient interrogé. Comme si j’étais le coupable, bon sang !
– Qu’est-ce que vous trafiquiez là-bas à une heure pareille ? Qu’est-ce que vous avez vu précisément, entendu, vous êtes sûr, et bla bla bla et bla bla bla…
Ils m’avaient contraint à dire et redire cent fois la même chose. Ras la casquette ! Mon petit Paulo s’était endormi là, recroquevillé sur le lit de camp qu’on lui avait apporté parce que j’avais refusé de me séparer de lui. Pauvre bonhomme, une sacrée frayeur. Il avait fallu qu’il assiste à ça. On s’est simplement trouvé là au mauvais moment, c’est tout. Depuis quelques semaines Paulo me tannait pour m’accompagner à la pêche de nuit, interdite bien sûr, mais j’avais fini par céder. Si j’avais su. Déjà les keufs, c’est pas mes relations privilégiées, mais se retrouver entre leurs mains en tant que témoin d’un meurtre, c’est le cauchemar absolu.
– Bon, on reprend, me dit le grand poilu, une fesse sur le coin du bureau genre Détective Marlowe. Il a dû trop regarder Humphrey Bogart sur Ciné- Club.
– On reprend quoi, je n’ai rien de plus à déclarer que tout à l’heure ?
– Allez-y, recommencez, je veux être certain d’avoir bien compris.
Alors là, mon zozo, t’as pas dû faire bouillir les neurones depuis un moment. Bon, je me calme et je recommence.
– J’ai laissé ma voiture à l’entrée du bois de Méjean, Paulo et moi nous avons marché une dizaine de minutes en direction de l’étang de Vaux. Il faisait nuit noire vu que les nuages masquaient le maigre croissant de lune. La lampe torche éclairait le chemin sur lequel on avançait avec précaution et …
– Et vous avez entendu des bruits, des voix, quelque chose de suspect ?
– Non Inspecteur, rien de rien. Calme plat dans la forêt. Ce n’est qu’arrivés au bord de l’eau que Paulo s’est mis soudain à crier. Moi j’avais rien vu mais le petit, lui, c’est un futé, sept ans et une sacrée tête déjà.
– Ok, ok, ensuite, me claque le faux Marlowe d’un air rude.
– Ensuite, j’ai braqué ma lampe sur la berge d’en face et j’ai aperçu une silhouette qui donnait l’impression de se battre avec une perche enfoncée dans l’eau. J’ai pensé aussitôt à tous ces abrutis qui viennent jeter leurs encombrants. Je ne supporte pas ce manque de civisme. Vous ne pensez pas inspecteur qu’on devrait les faire payer ces voyous ? Détruire la planète comme ça, c’est criminel.
– Ce n’est pas le sujet Luciani, vous jouerez les écolos effarouchés une autre fois. Là, on a un cadavre et qui ne ressemble pas à une vieille machine à laver, je peux vous le certifier. Alors on avance. Qu’est-ce que vous avez fait ensuite ?
– Ben j’ai vu un gars prendre ses jambes à son cou et une voiture a démarré en trombe. Alors j’ai continué à balayer l’étang avec ma torche et j’ai vu le corps remonter à la surface. J’aurais prévenu la police inspecteur, ça c’est sûr, si les gendarmes qui me pistaient pour me prendre en flag avec mes cannes à pêche ne s’étaient pas pointés à la même minute.
– Ouais, ouais… mais vous n’avez pas distingué un détail, un indice qui nous mettrait sur une piste ?
– Non, inspecteur je n’ai pas cessé de vous le répéter…
Là j’en ai un peu marre. Il va comprendre ou pas le flic super intelligent que je ne dirai rien de plus. D’accord il va avoir la pression le mec, ce n’est pas tous les jours dans la vie d’un poulet qu’il faut enquêter sur le meurtre d’un député.
Le moins qu’on puisse dire quand même c’est qu’il n’était pas blanc- bleu le député Bernard. Je suis bien placé pour le savoir. Ah oui, loin d’être un saint le mec. Oups, un saint-bernard ! J’étouffe un rire. Je n’aurais pas dû, le clone de Bogart me jette un regard noir.
– Vous trouvez ça drôle Luciani ?
– Non, inspecteur, une idée farfelue, désolé ce doit être les nerfs.
– De toute façon on va s’arrêter là. Pour l’instant évidemment. Signez votre déposition ici.
Je m’exécute soulagé.
– Vous pouvez rentrer chez vous mais on est appelé à se revoir, ne vous éloignez pas.
Sur le chemin du retour je souffle et je sifflote doucement pour ne pas réveiller Paulo qui dort sur le siège arrière. Il peut toujours me rappeler l’inspecteur, me cuisiner et me re-cuisiner, ce sera peine perdue parce que moi en matière de faux témoignage je suis honnête. Quand je pense qu’il a fallu que cet imbécile de Jeff vienne exécuter sous mes yeux le contrat que j’avais mis sur la tête de Jérôme Bernard. Quelle poisse ! Mais cet abruti a joué et perdu, tant pis pour lui. C’est le risque à courir quand on ne respecte pas la loi du silence ! 

De Marie-Claire

Ma femme, ce n’est pas parce qu’elle m’agaçait que je l’ai tuée, mais parce qu’elle m’encombrait. Ce n’est pas elle qui se plaignait de tout ce qu’Odette me reproche. Ça lui allait bien, à elle, une vie pépère, sans enfants pour criailler à nos oreilles, les chats font moins de bruit. Nous allions au restaurant pour fêter nos anniversaires, toujours le même où ils réussissaient les frites comme nulle part ailleurs, et nous retournions chaque année passer une semaine à Bray-Dunes dans un studio que nous réservions d’une année à l’autre. Le soir, elle m’attendait avec des carbonnades flamandes ou une ratatouille niçoise, des plats faciles à réchauffer qui nous tenaient trois jours. Nous mangions en regardant ‘Questions pour un champion’ à la télé puis nous achevions la soirée devant un film de série, un chat sur nos genoux. Un bonheur tranquille. Et puis, au bureau des contributions où je travaillais, Sabrina est apparue dans une minie robe qui a fait tourner toutes les têtes. La mienne aussi. Si elle sortait manger un lunch dans le quartier, pourquoi pas moi ? Mes tartines sont restées dans le frigo et à la fin de la semaine elles ont pris le chemin de la poubelle. Les collègues ont fait pareil, Sabrina animait toute la table mais c’était moi, oui, moi qu’elle regardait.

Vous comprenez, maintenant, que ma femme était encombrante et que je devais la supprimer ? Je ne regrette rien, elle est partie sans souffrir, juste quelques petits hoquets avant de s’effondrer dans le fauteuil, les yeux grands ouverts. Tout le mal que j’ai eu, c’est de traîner son corps au fond du jardin près des tombes de nos chats et de creuser un trou dans le sol durci par la sécheresse de l’été. Ni vu ni connu : elle n’avait pas d’amies, elle était en attente d’un emploi improbable depuis des années et elle faisait toutes ses courses au supermarché. Qui s’inquiéterait de ne plus la voir ? C’est le terrier du voisin qui a vendu la mèche. Quand il s’est mis à aboyer, j’ai compris que quelque chose n’allait pas. Il avait creusé sous la haie, s’acharnait sur la zone que j’avais retournée, une épaule émergeait déjà de la poussière. Le voisin, un sacré curieux celui-là, a passé son nez par-dessus la haie et a découvert le pot-aux-roses. Je ne vous dis pas le ramdam qu’il a déclenché !

Au tribunal, j’ai eu beau dire que c’est ma femme qui avait transvasé un fond d’antigel dans un carton de lait, elle ne supportait pas le gaspillage, et que les premiers symptômes d’un Alzheimer juvénile la touchaient, c’est Odette qu’on a crue, et le voisin. J’aurais dû creuser plus profond.

Si j’ai fait tout ça, c’est pour l’épargner, ma femme. Elle n’aurait pas compris que je m’en aille, que je la trompe, elle aurait été humiliée, elle aurait souffert. Sabrina, je l’aurais épousée, il faut être honnête. Pas une fois elle n’est venue au parloir. Pourtant, quand je me regarde dans le miroir, j’ai l’air d’un type bien.

De Lucette 

Ce sont deux « poivrots » devant leurs énièmes bières, qui refont le monde.

-Moi, dit Eugène, c’est à l’insu de mon plein gré que je picole.
-Arrête, dit Achille, je vais essayer de trouver un moyen pour te dire que tu as des goûts de chiottes.
-Si tu n’arrêtes pas, lui répond Eugène, je vais te tuer, jusqu’à ce que tu sois mort.
-A « Monsieur fait de l’esprit ! ». Eh bien moi je bois pour oublier que je suis un ivrogne.
-Tu vois, la subtilité, l’honnêteté, dit Eugène, « je dis toujours la vérité même quand je mens ».
-Bon, et ben, toi tu n’es pas moi, lui rétorque Achille. Ne m’énerve pas avec tes discours à la c.., là, au fond de moi, je suis calme comme une bombe. Tu sais, moi, je sais que je suis un pochon, et comme une tartine, je tombe toujours du côté complètement beurré. Alors qu’est-ce que t’en dit, hein ?
-Laisse tomber, tes balivernes je les connais. Un ivrogne, ça raconte n’importe quoi, surtout la vérité. Ah ! ça c’est vrai, un ivrogne remplit plus facilement ses verres, que ses engagements.
-Moi, dit Achille, j’ai 8 gosses, tous intelligents, avec 4 mères différentes. Si tu les avais connues, « des déesses » et moi, elles me comparaient à Apollon. Alors, écoute moi bien, « les gens intelligents sont pleins de doute, alors que les « sans noms » sont pleins de certitudes ».
-Moi, je te répète « que c’est cruellement fatigant d’être intelligent, crois- moi sur parole, tu me vois, à cause de ça, je suis fatigué à un point, que je ne peux même plus travailler, le moindre boulot me fatigue.
-Ah ! ça je te comprends, pour moi c’est pareil…
-Oui, je change de sujet, tout d’un coup je repense à Francis le belge. Mais te rappelles-tu comment est mort Francis le belge ?
-Non ! j’ai oublié, et ben, il est mort tragiquement « une minute avant sa mort, il était encore en vie ».
– Là, tu dis des conneries. Le Francis est mort d’avoir trop bien vécu. Il est parti au paradis des embrouilles, c’est vrai qu’il faut profiter, car la vie est trop courte pour être petite.
-A toi, t’es fort, un vrai philosophe, rien qu’à t’écouter, j’en pleure de bonheur. Avec tout ça, maintenant j’ai chaud, je suis en train de trembler. Je n’aime pas dire tu mal, t’es plutôt gentil, mais quand le vin entre, c’est la raison sort.
-Non !, moi je dirai, « boire du vin, c’est boire du génie » T‘as peut-être raison…

-“Mais si la vérité est dans le vin, surtout qu’elle y reste. Bon on trinque au dernier verre. On y a été peut-être un peu fort ce matin? J’en suis à ma 6ème corona.
-Ne me fait pas rire avec ta pisse de chat, pour moi, ce sera une 7ème Kronenbourg. Allez patron, à la der !
– Je fais une fête ce soir, ça ne te dirait pas de venir, je te présenterai à sa sœur.
-Mais il n’a pas de sœur.
-Tu n’as rien compris, je te présenterai à Marlène Sasseur. Il faut toujours te mettre les points sur les « I » …
-Vite, on se dépêche, on ne peut pas rattraper le temps perdu, mais on peut arrêter de perdre son temps.
-A ce soir comme dab, RDV à la même heure…

De Marie-Josée

La fête des voisins.

C’est la fête ce vendredi, les habitants du quartier se sont réunis et chose inouïe, cette année le barbecue se fera sans menace de pluie. La déco est chouette, on a fait des éventails avec les serviettes, ne manquent que les cacahuètes. Sous le vent ondulent les toiles des tonnelles, ne manque plus que Gégé et son piano à bretelles. Mamie Charlotte arbore fièrement son nouveau chapeau de paille. Papi Albert l’a prise par la taille comme au temps de leurs fiançailles. Lilou et Dédé tiennent fermement Lulu en laisse, couché aux pieds de sa maîtresse il attend les caresses. Pauline et Roger ne se sont pas fait prier, ils arrivent les bras chargés de gâteaux et de petits salés. On félicite Caroline et Aline, la bague au doigt elles ont gagné leur combat, de cette société elles sont les nouvelles héroïnes.
Sous les applaudissements, Adèle avec son déambulateur, à presque cent ans, remonte pas à pas la haie d’honneur. Effarouchée, Isabelle regarde autour d’elle, ils ne se rendent pas compte les savants en blanc, les masques c’est pas marrant pour s’intégrer encore moins pour flirter. Chaque année c’est la même galère, tant pis pour les retardataires, on entame le fût de bière. Sans plus tarder, on débouche les bouteilles de rosé, on fait circuler les canapés. Les conversations vont bon train, on se plaint, on se souvient d’une époque où, ce n’est pas si loin, tout allait bien. La bouche remplie de frites, Albert refait mai soixante-huit. Il en était, les pavés il les faisait voler en écoutant les discours de Cohn-Bendit. Charlotte tente une diversion, c’est fini la révolution, Gégé vient à la rescousse avec son accordéon. On esquisse quelques pas de danse, histoire de se prouver qu’on n’est pas trop rouillés. Tout ça c’est du passé, maintenant on a d’autres chats à fouetter, entre deux bouchées, on compatit au sort des Africains affamés. Le problème des migrants qui traversent la Méditerranée est commenté entre merguez et taboulé. Oscar le camionneur, tatoué jusqu’aux dents, tombe à point nommé. C’est lui le mieux placé pour arbitrer, ce ne sont pas quelques quidams qui vont lui en compter. Lui, sillonne la France, il se rend compte de la violence mais vaut mieux pas en parler pour ne pas casser l’ambiance. Ici ce n’est pas pareil, il y a certes quelques incivilités, des pots de fleurs saccagés mais les étrangers sont bien assimilés. Pour preuve, chaque année la famille vietnamienne les régale avec des nems ou encore Mamadou, le petit congolais, tout le monde l’a adopté. Tout ça c’est virtuel, ça se passe à la télé, ici rien à voir, on a su s’adapter. Bien sûr ce n’est pas toujours la concorde, il y a des chicaneries de toutes sortes mais une fois dans l’année on se retrouve et on se réconforte. Lulu a réussi à s’échapper, enfin il peut gambader, bousculer Antoine le boucher, se régaler des grillades éparpillées. C’est l’occasion rêvée pour Isabelle la végétarienne, de donner de la voix, les animaux en saucisses ou à griller devraient être déclarés hors la loi. Antoine, le boucher, dont c’est le gagne-pain, ne le voit pas du même œil et défend bec et ongles son magasin. Il obtient le soutien de Lulu qui semble approuver et qui se lèche encore les babines de la dernière côtelette avalée.
Le ton commence à monter, on s’interpelle, on s’excite entre modérés et ultras, l’unanimité est faite quand résonne Alexandrie-Alexandra. Tout le monde va se trémousser sur les tubes des années quatre-vingts, ils tiennent le choc, convaincus de ne pas être des vieux schnocks. Les jeunes n’en ont rien à faire, ils s’emparent de la sono pour jouer d’autres airs. Dépités, les sexagénaires retournent s’attabler, un petit coup de rosé ou une bière et voilà qu’on parle de l’Europe et de ses frontières. Partisans du Frexit ou fidèles à la Communauté, chacun y met son grain de sel, peu importe tant que l’argent tombe du ciel. Ils savent bien que tout va de guingois, mais ils chantent encore l’Hymne à la Joie. Ils déplorent l’absence de Nico, finissent par s’inquiéter, espèrent que rien ne lui est arrivé. Les plus gourmands veulent passer au dessert, tant pis pour le retardataire, fallait anticiper.
Les décibels ont monté en puissance, la musique devient nuisance, ils ne s’entendent plus parler, va falloir s’isoler. Un vélo électrique s’arrête au milieu d’eux, c’est Nico qui a fini par investir les lieux. Fier de sa récente acquisition, il ne jure plus que par ce moyen de locomotion, sonne le glas des voitures polluantes, promet des lendemains qui chantent. Eoliennes, panneaux photovoltaïques, centrales nucléaires ou thermiques, tout devient matière à polémique. Il tente de trouver des adeptes pour la nouvelle religion, exhorte ses amis à faire acte de contrition, jure que pour sauver la planète, l’écologie est la seule solution. Il a ses convictions, en matière de faux témoignage, il est honnête même si ses propos ne font pas toujours recette. Il est interrompu par un tonitruant « Joyeux Anniversaire », un gâteau à étages avec des bougies feu de Bengale est acclamé, 10 ans déjà, il y a de quoi être fiers, les invités sont impressionnés.
La musique reprend de plus belle, il faut se bouger pour digérer, on a toute la nuit pour s’amuser, personne ne viendra réclamer. La presque centenaire veut rentrer, deux jeunes se proposent pour l‘accompagner, tout n’est pas perdu, il y encore des valeurs et de la vertu. Les enfants piquent du nez, Lulu est affalé, la piste de danse commence à se vider. C’est l’heure de l’extinction des feux, un dernier petit verre même si demain on aura mal aux cheveux. Bras dessus-bras dessous, tout le monde rentre à pieds, on se congratule pour cette belle soirée, rendez-vous est pris pour l’an prochain, c’est quand même bien la fête des voisins.

Poème de Else Lasker-Schüler, « Fin du monde » de 1917, proposé par Françoise T
 
Il est des larmes dans le monde
Comme si le bon dieu était mort
Et l’ombre de plomb qui tombe
Pèse du poids du tombeau.

Viens, cachons-nous plus près…
La vie gît dans tous les cœurs
Comme en des cercueils.

O! Embrassons-nous profondément.
Au monde frappe une nostalgie
Dont il nous faudra mourir.

Poème d’Annabelle Roussel, « L’écho des empreintes » de 2018, proposé par Françoise T


Conspiration chaque minute
Inspiration chaque seconde
Construire un chemin entre l’Ici et l’Ailleurs,
Le jour, la nuit
Le monde d’hier et celui de demain, le présent
Se forgent à nos passions ouvertes

Ainsi s’essaime la vérité,
Broie nos corps
Comme germe la sentence en terrains arides,

Morcelant l’infinitif des champs possibles,
Émiettant à l’infini nos chimères héritées.

Que dire de ce présent sans lucide partage,
De ce monde dont nos mains ont perdu le langage,
De ce siècle naissant avec pour seule idole,
L’abstraite toute puissance des images figées ?

Que dire de la médiocratie qui règne et se déploie
Sans se laisser panser par les mots en usage ?

J’aimerais inventer des signes pour dire l’éphémère,
Pour capter l’invincible présence des absents,
Chanter l’invisible,
L’inaudible,
La pureté des valeurs immatérielles dont l’expression désuète se capte encore dans le plasma de nos mémoires.


De Catherine

Le singe et la belette

En son royaume de « Facétie »,
Sa Majesté Lion Le Premier
Siégeait en cours de justice,
Pour des litiges de pacotille régler.

Se présentèrent ci devant Lui
Sieur Magot, le singe malicieux,
Et Belette, voisine de cestui,
Pour un vil problème de profit mafieux.

L’un accusait l’autre de tricheries
Et disait de lui pis que pendre.
L’autre accusait l’un de menteries
Et exigeait que Roi justice rende.

Nos larrons point ne se privèrent
De joutes verbales acérées
Et de menaces le poing levé
Faisant fi de Sa Royale Majesté.

Cela fâcha notre beau Sire
Qui réclama silence de suite
Leur enjoignant chacun de dire
Bon argument pour sa défense conduire.

Magot parla donc sans ambages
Et énonça d’une voix tout nette :
« En matière de faux témoignage,
Je vous certifie être des plus honnêtes ! »

Belette s’empourpra et jura
Qu’une vieille fripouille il était
Car cette phrase lui appartenait
Que son « honnêteté » lui déroba.

Excédé, le Vieux Lion trancha,
Et réclama aux deux plaignants
Force contribution au Roi
En espèces sonnantes et trébuchantes.

De geindre aucun bénéfice ne peut s’attendre
Lors, compères, mieux vaut à l’amiable s’entendre


De Jeanne (hors proposition d’écriture, variations autour du « si »)


Si je savais écrire je serais écrivaine, auteure avec un « e » parce que je suis une « fille »
Et « on » me publierai

Si j’avais su avant mes 60 ans ce que serait ma vie, je l’aurais pensée autrement
J’aurais visité le monde

Si demain n’existait pas je vivrais mille fois mieux aujourd’hui
Et passerais ma journée à fuir la réflexion, à simplement fouler de mes pieds nus l’herbe folle comme moi

Si mon père et ma mère avaient été différents
J’aurais peut-être eu une vie plus aimante, plus facile, plus pleine de douceur

Si mes frères n’étaient pas « tombés » dans la maladie psychiatrique
Mes jours auraient été plus doux sans doute, eux auraient eu une vie, seraient encore en vie

Si do ré mi ne me rappelait pas sans arrêt mon petit frère Rémy
Je pourrais enfin me défaire de cet amour inutile dont il ne veut plus

Si j’étais née garçon au lieu de fille au milieu de six garçons
J’aurais peut-être été vue comme une personne à part entière, non dévolue au bien-être du mâle

Si mes rêves d’être sage-femme, puéricultrice, psychologue, psychanalyste, bibliothécaire, assistante sociale, femme de lettres, romancière, musicienne, peintre, sculpteuse
Avaient vu le jour je serais la plus heureuse

Si mon empathie et ma soif d’aide tournée vers les autres et eux-seuls
M’avaient montré que j’existais aussi, rien de tout cela ne serait vrai

Si je changeais ma vie maintenant, à cet instant
Que ferais-je ? Sinon me perdre encore sans rien savoir de mon « aujourd’hui »

Si chanter allégeait le monde
Je le ferais sans hésiter, d’heure en heure, je chanterais combien la vie vaut d’être vécue
Même si elle a fait défaut si souvent pour mon bonheur

Si je savais ce que lendemain m’apporte
Je sauterais dans le premier ballon qui m’emporterait vers toi la fille qui soudain a éveillé en moi un territoire neuf et bon

Si mes enfants rêvaient d’une terre simple aimante linéaire
Ils penseraient que bien que rien de tout ça ne leur a été offert, à avoir vécu tous les océans émotions parentales, ils ont subi sans rien deviner la séparation de leurs parents, ils ont survécu cependant dans ce sentier inconnu

Si j’avais pu les épargner
Je l’aurais fait chaque jour, chaque instant, depuis leur naissance, je rêvais d’un monde meilleur pour eux et je n’ai réussi qu’à leur offrir un monde en errance, à devenir eux malgré tous ces chemins tortueux offerts par leur mère (de leur père je ne sais pas pour eux)

Si, si, je devenais une autre
Je n’en voudrais pas, puisque je m’aime comme ça aujourd’hui et ne souhaite pas être une autre

Si j’en arrivais à l’ultime moment où ne rimerait plus ni la vie ni la mort, que ferais-je ?
Et bien j’aimerais partir entourée d’eux tous, enfants, petits-enfants, belles filles, amis(es), tous ceux qui ont traversé ma vie, si nombreux qu’il faudrait un bel espace vert et lumineux, campagne c’est certain, de ces lieux qui accueillent sans rien demander de « visa », de ces lieux où chacun(e) se reconnaît dans sa totalité, dans son intégrité, dans ce qui fait son tout, rien que pour elle et lui, ceux que j’aime.

Si c’est fini
Alors je vous les laisse, ces quelques mots issus d’une accroche AELE
Faite d’ailes, elle offre un panel immense à chacune, à chacun sa prose ou non,
Liberté chérie, SI…. Tout serait « devenir immortel » merci, Rester là tout simplement.

« Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n’est pas simple, son présent n’est qu’indicatif, et son futur est toujours conditionnel »
Jean COCTEAU



De Karine (hors proposition d’écriture)


Qui a-t-il derrière le mur ?
Un fruit, une pomme non, mon petit bonhomme
Un troll, un enfant non, mon amant
Un oiseau, une pie non, l’amour de ma vie
Un clown, un ménestrel non, mon amour éternel

Qui a-t-il derrière le mur ?
Un champ de fleur
Non, une putain de tumeur
Une saloperie de maladie
Une saloperie de cancer
Il t’a mis à terre.
Il t’a ôté la vie.

Qui a-t-il derrière le mur ?
L’amour que j’ai pour toi
Sans discontinu
Notre amour qui dure
Pour toujours, tu seras avec moi
He oui, la vie continue…
Mais sans mon âme sœur
Je suis en pleurs
Derrière le mur.
Derrière le mur ?
Le futur.


De Laurence S

« En matière de faux témoignage, je suis honnête, monsieur le Juge. D’ailleurs, je jure sur la Bible. », assura Nicolas Franzousky.
« Cessez cela, Monsieur. Le faux témoignage, vous le savez bien, mène tout droit à la case prison. La loi punit celles et ceux qui prêtent serment et s’autorisent des faux témoignages », tonna le juge, très en colère contre cet ancien avocat qui se retrouvait devant la barre du tribunal pour blanchiment d’argent.
« Mais, j’essaie d’être crédible, monsieur le Juge. Personne ne me croit quand je dis quelque chose. Je ne voudrais pas que notre système judiciaire commette une nouvelle erreur à mon égard. Ce serait une indignité indigne ! », rétorqua le prévenu.
« La plainte contre vous semble avoir été fondée sur le faux témoignage de votre ancien trésorier, le dernier qui occupait ces fonctions dans votre parti politique », affirma le juge.
« Monsieur le Juge, vous ne comprenez pas. Il était jaloux de ma position et voulait ma place. Il voulait être khalife à la place du khalife. Il n’est pas crédible, vous n’allez quand même pas croire ses allégations malhonnêtes et mensongères », répliqua l’accusé.
« Si je comprends bien, tout le monde ment, personne n’est crédible. A qui se fier donc ? A vous ? Sur la base que vous avez occupé de hautes responsabilités au sein de l’Etat ? Vous avez été accusé, Monsieur Franzousky suite à une investigation poussée de nos services d’enquêteurs. Vous nous servez simplement une histoire qui vous arrange. Je vous rappelle l’article 441-1 du Code Pénal : “Constitue un faux toute altération frauduleuse de la vérité, de nature à causer un préjudice et accomplie par quelque moyen que ce soit, dans un écrit ou tout autre support d’expression de la pensée qui a pour objet ou qui peut avoir pour effet d’établir la preuve d’un droit ou d’un fait ayant des conséquences juridiques.
Le faux et l’usage de faux sont punis de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende.”, expliqua l’homme de loi.
« Vous essayez de m’embrouiller pour que je dise n’importe quoi, parce qu’il vous faut un coupable pour rentabiliser cette procédure. Alors, je suis le coupable idéal : je suis connu, j’ai été élu par les Français, et forcément, mon procès attire les médias. Vous ne soulez pas rester bredouille, je peux le comprendre, mais pourquoi moi ? Ça fait des années que vous me cherchez des poux sur la tête. Je peux savoir pourquoi ? », finit par dire l’inculpé d’une voix lasse. « J’ai fait de la garde à vue, on se rit de moi, surtout les humoristes dont je tairai le nom. Dans la rue, les regards obliques se tournent. On me désigne coupable avant d’être jugé. J’ai vécu déjà deux perquisitions à mon domicile depuis deux ans. J’ai subi des confrontations sans fin. Mon ancien trésorier a retiré sa plainte, mais le procès se tient quand même. C’est une histoire rocambolesque, vous l’avouerez. Qu’est-ce que vous me voulez ? Je suis innocent mais tout m’accuse. Le scénario dont on m’accuse est sacrément pimenté. Mais, le dossier reste creux. Pas de preuves ! Voilà la vérité ! Je ne peux tout de même pas avouer un crime que je n’ai pas commis ? Vous voulez que je disparaisse, c’est ça ?. J’ai la nette impression de subir plutôt un règlement de comptes par la magistrature que j’ai voulu réformer en mon temps. C’est une vendetta, pas un procès. Ce seront mes derniers mots, monsieur le Juge ! », prononça monsieur Franzousky pour se défendre.

Le juge ne répliqua rien, de peur de mettre en branle un scandale devant tous les journalistes réunis, qui en auraient fait les choux gras dès l’audience levée.
Finalement, le prévenu aura gain de cause et sera déclaré non coupable à l’issue du procès. Il repartira donc libre.


De Jacques

Transparence

Douce transparence
Verres et rêveries
Ciel sans nuage
L’eau cristalline
La laisser désirer
Comme pour étancher sa soif
Par peur que le soleil voit sa tristesse
Pour une dérive de routes en déroute
De moment en songe
Petit, tout petit chargé d’innocence
Une sorte de truquage de l’esprit
Sans regrets, langue marionnette
En forme de bouclier qui n’a foi en rien

Raconter une histoire
Fausse vraiment?
Vraiment fausse
Un sifflement, puis bientôt un cri
Et la foule crédule
Et la foule transgresse
Pour l’horizon d’un sourire
Et dire, que dire?
Tout cela pour dire que j’aime le brocoli
Or, en matière de faux témoignage, je suis honnête.

  Je vous rappelle que l’atelier d’écriture fermera ses portes pour une pause estivale le samedi 3 juillet, qui sera le dernier envoi pour vos textes concernant la proposition d’écriture N° 106.
Nous reprendrons l’atelier, si vous le voulez bien, début septembre. 
D’ici là, si vous voulez écrire sur ce que vous voulez, ce que j’espère, et que vous désirez publier vos textes, n’hésitez pas à me les faire parvenir et je les publierai.  

Pensez à envoyer vos textes à l’adresse mail suivante:https://contact@laurencesmits.com 

Je vous souhaite une belle semaine créative. 

Portez-vous bien et surtout continuez à prendre soin de vous!  

Créativement vôtre,

Laurence Smits, LA PLUME DE LAURENCE



   
 


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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