Bonjour à toutes et tous,

Cette semaine, il convenait d’écrire un texte autour de mots sonnant avec le même terminaison et d’insérer toutes les trouvailles dans une histoire.

C’était très amusant à concocter, pour ma part.
D’ailleurs j’ai choisi le son ‘ar’. Mon personnage Gérard en voit de toutes les couleurs.

Voici les textes:

De Lucette de France

Les rimes. J’ai choisi la terminaison en “ier”

Je m’appelle Olivier, mon père est officier, fils d’un grand financier. Je suis privilégié, puisque je prends des longs courriers, je vogue de ci de là à des milliers de kilomètres, vouvoyer le monde entier. Je suis né avec une petite cuillère en argent dans la bouche, que dis-je, carrément un argentier. Je lève le petit doigt, et je suis sur un glacier à m’extasier sur une descente, ma parole je me prends pour un licencié…
Je me suis rallié à mes équipiers en train de skier. A un moment, je me suis dissocié du groupe, voyant un vol d’éperviers, fasciné par tant de légèreté, des sangliers fuyants sur les sentiers forestiers enneigés. L’accident est arrivé, je me suis estropié, et me suis réfugié frigorifié à me calomnier d’être aussi écervelé. Avec les pompiers, pas de quartier, direction centre hospitalier. Quel merdier…
Je suis humilié pour leur avoir fait courir un tel danger, mais pour eux, leur métier, c’est côtoyer le danger, leur devise est « sauver ou périr ». Ce n’est pas sorcier, j’ai pris mon chéquier pour les remercier.
M’étant retapé, je suis devenu boutiquier. Chaque matin, que d’escaliers à monter pour me rendre dans mon atelier. Pour authentifier mon aventure, j’ai pris mon encrier, me suis appliqué avec les pleins et les déliés, même si ce n’est pas bien orthographié, personne ne pourra le nier.
Je me suis réfugié dans un modeste centre hôtelier, je suis réconcilié avec les amandiers, les abricotiers. Je cueille les pommes, les pose dans mon panier d’osier. Je me vois encore en train de m’extasier devant un cerisier. Je suis émerveillé, un arbre, des fruits. Je suis terrifié à l’idée d’être passé à côté de tant de beauté…Moi, qui ai toujours dédaigné un ouvrier, un cantonnier, ne sachant même pas qu’un bousier pouvait exister…
N’étant toujours pas routinier, d’un caractère très irrégulier, les mois printaniers arrivés, je fais le dépensier avec mon voilier, j’évite les écueils, les énormes pétroliers, les contrebandiers, afin d’étudier les fonds marins, et avec l’univers, me marier…
Une fois bien rassasié, je rentre au port avec humilité, je revois mon barbier. Bien assis sur mon fessier, je me surprends à me confier. Un regard m’attire du côté de la vitre, je vois un routier me supplier avec une feuille genre « papier de cahier d’écolier » ; il se met à crier… Mais que veut-il ce cachottier ?
Il me tarde de revoir mon fermier, et m’installer face à lui pour me délecter de son breuvage, à côté d’un beurrier et d’un compotier. Devant tant d’amitié, je me suis réconcilié. Je m’étire, je baille, et d’un coup je repense que ce soir je sors avec ma fiancée, parée de sa belle robe bustier, je serai son cavalier pour se régaler chez le crêpier…
J’ouvre un œil, je me réveille, mais j’ai rêvé. Mais oui c’était bien un rêve, j’ai voyagé… Je me retourne, et me rendors mon nez enfoui dans mon oreiller…

De Nicole de Belgique

  1. Partie en cavale
    Elle se cassa l’astragale
    Elle en raconta l’histoire
    Sa célébrité fut phénoménale
    Elle s’appelait Albertine.
  1. Théodule c’est ridicule, ridicule!
    Tu circules par cette canicule et bien que ce soit le crépuscule, la température avoisine les 37°.
    Accroche bien ta tunique sur la clavicule avec la fibule, comme Hercule.
    Sans scrupule attaque cet homoncule, cette crapule qui démantibule le vestibule des Dieux noctambules que l’on adule.
    Ecoute sur la virgule du temps l’oiseau qui zinzinule.
    Suis la libellule, cueille renoncules et aspérules, elle te mènera dans la capsule spatiale où t’attend la belle Ursule.

De Laurence de France

Gérard, Picard d’origine, est chauffeur d’autocar depuis des années. Après sa tournée de ramassage des élèves, il range son véhicule dans le hangar prévu à cet effet, dans la ville de Miramar dans le Gard. Il n’a jamais eu d’oscar pour sa conduite, il est toujours en retard et il ne se méfie pas souvent des radars. Ce n’est pourtant pas un chauffard ni un zonard, mais plutôt un ancien banlieusard qui a gardé certaines habitudes de toquard.
Quand il a fini sa journée de travail, il s’occupe de ses canards. Gérard ne gagne pas des milliards avec son métier, alors il en élève une petite quantité, qu’il vend sur le quai de la gare. Cette passion l’accapare beaucoup. Il gave les bêtes, mais cette pratique n’est pas aussi barbare qu’on le pense. Ses volailles, d’une race bulgare assez rare, se promènent sur des hectares.
Gérard aurait peu être steward, mais il est un peu pleurnichard en avion. Il s’est résolu à travailler dans un autre mode de transport.
Quand il part en vacances, Gérard rejoint sa famille dans les îles Baléares. Il se la coule douce et devient pantouflard et flemmard pendant quelques semaines. Il oublie le costard qu’il porte pour chaque tournée et s’allonge dans son hamac, le regard légèrement hagard, à cause de la chaleur. Il joue au lézard, qui devient un peu son avatar.
Il prend le temps de cuire du lard au barbecue, accompagnés des épinards du potager de sa cousine. Assez rondouillard, Gérard aime manger comme un tsar de Zanzibar avec mouts sauciflards en apéritif accompagné du sacro saint Ricard. S’il peut se le permettre, il agrémente le tout de caviar russe qu’il étale façon tartare sur du pain rare. Il ne rechigne pas à payer en dollars dès qu’il s’agit de se restaurer façon gastronomie.
Tout le monde le connait dans le village de Minorque, il se prend un peu pour une superstar, sans être snobinard, comme on pourrait le penser, bien qu’il ne porte que des sportswears ringards. Il aime blaguer avec les vieillards, un peu trouillards et pas trop gaillards à cause de son apparence de taulard. Il raconte sur un ton pendard des histoires, dont il n’est pas avare, au sujet de politcards un peu véreux. Il aime mettre le bazar, en baragouinant quelques mots d’espagnol. Les habitants ont l’impression de vivre un Trafalgar, car quand Gérard est présent, c’est le cauchemar.
Sur la plage, Gérard aime lorgner sur les femmes aux nibards à l’air, qu’il effare par son comportement d’ignare, comme un hussard d’antan. Pour aguicher la gente féminine, il joue au motard ou au montagnard, selon les jours. Son ton franchouillard en effraie plus d’une, qui refuse tout rancard. A chaque fois, ça lui donne un coup de poignard dans le dos, comme des estocades. Il a l’impression fâcheuse d’être comme au mitard, lui qui se sent une âme de léopard ou de guépard à tous les égards. Il déclare à tous vents qu’il se sent comme un cathare, anéanti. Ses conquêtes sont rares.
Pour compenser ces déboires, il se rue sur les petits cigares fabriqués sur l’île, qu’il garde précieusement dans des Tupperwares dans le placard de sa chambre. La fumée lui ôte son air grognard et furibard.

Ne vous fiez pas aux apparences, Gérard est un bon gars, pas le malabar que vous croyez. Personne ne se risquerait à le considérer comme un phare dans la vie, mais il mène sa barque tranquillement comme une gabare sur la Sarre.

 

De Michelle de France

 Devant ma dépendance à la bouffetance, je prends l’assistance auprès de Garance, une diététicienne pleine de vigilance et de tolérance pour m’aider à régler mon accoutumance avec obéissance. Car depuis quelques mois la gérance de mon poids glisse dans la désespérance.
J’arrive au cabinet en avance, m’adresse en téléassistance à la secrétaire qui au travers de l’écran a tendance a être pleine d’autosuffisance et qui me regarde avec une certaine persistance comme si elle voulait montrer sa puissance, son importance.
Je m’assieds sans croiser les jambes pour la bienséance et éviter toute exubérance.

Garance m’appelle, oui, c’est mon tour en toute vraisemblance. Près d’elle, je hume les fragrances de son parfum. Je sors ma carte vitale en prévoyance et m’assois avec prestance dans un joli fauteuil parfait pour l’ambiance du cabinet.
Devant mes doléances, entre nous s’installe une confiance et en moi une vraie réjouissance. Les question soutenances, les réponses sans méfiance s’enchaînent jusqu’à ce que Garance en alternance écrit ou pianote sur des touches en résonance.
Elle fronce les sourcils, prépare une correspondance qu’elle me remet pour un autre médecin plus de circonstance.
Il semblerait que ce que je prenais pour une pitance en luxuriance n’était qu’une prédominance à mon état. Plus de répugnance ni de résistance, puisque mon corps en pleine mouvance se préparait tout simplement à une naissance.

 

 

Pour la semaine prochaine, je vous propose de vous mettre dans la peau d’un animal.
Je trouve ça fascinant d’imaginer qu’on pense à la place d’une bête, si petite soit elle!

Laissez alors aller votre plume et votre créativité!
Tout le monde peut se mettre à créer et à écrire de courts textes.

Je vous souhaite une bonne lecture et une belle semaine créative.

Pensez à visiter mon blog, La Plume de Laurence.

Créativement vôtre,

LAURENCE SMITS, La Plume de Laurence

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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