Visiblement, la 
proposition d’écritrue N° 189 ne vous a pas inspiré. C’est dommage…car vous avez manqué un rendez-vous avec votre imagination.

Il ne s’agissait en aucun cas de connaître l’émission Fort Boyard, mais d’imaginer ce que vous auriez pu vivre et ressentir en y participant. En libérant vos idées, tout était possible, même ce qui n’existe pas dans le jeu.

Voici vos textes. Je vous en souhaite une belle lecture.

De Jean-Michel

Chers amis,

Il faut que je vous raconte une expérience formidable que je viens de vivre : j’ai été sélectionné pour participer à l’émission télévisée Fort Boyard. Autant vous dire que ce fut source de frissons… Je dois même avouer, au départ, que pour moi, c’était plutôt Fort Trouillard… Mais alors, me direz-vous, qu’allait-il faire dans cette galère ? Il est vrai que c’était plutôt une « réale story » …enfin !

C’est donc par un beau jour de printemps que je quitte les pontons de La Rochelle pour naviguer vers l’ile d’Aix, lieu du tournage. Une petite houle nous accompagne le temps de la traversée, prélude à des moments plus chahutés…  Effectivement, à peine débarqués, nous sommes rapidement mis au parfum. Quelques explications et nous voilà sur la sellette !

Nous sommes une petite équipe et chacun sera sollicité en temps utile. Pour ma part, je dois avouer que, sans être arachnophobe, je n’ai pas une prédilection pour ces insectes… sauf bien sûr quand il s’agit d’une araignée de mer ! Mais, en pénétrant dans la pièce, j’ai peur qu’on m’étrille…Effectivement, je dois aller chercher une clef en me faufilant, à plat ventre, au milieu de tarentules, mygales et autres épeires. C’est comme Pierre marchant sur les eaux du lac de Tibériade : quand je regarde devant moi j’avance, quand je regarde mes pieds, je coule… Donc, pas le temps de réfléchir, je fonce et…à un moment, je frôle l’incident diplomatique : si je n’avais fait attention, je me faisais arroser par la mygale des sapeurs-pompiers ! Heureusement, je suis resté imperméable à cet incident et j’ai pu terminer l’épreuve dans les temps.

Si je devais raconter tout, il y aurait de quoi en faire un roman. Je mentionnerai seulement l’interrogatoire du Père Fouras. On le sentait affûté, aussi, fallait-il jouer les fines lames pour que nous ne finissions pas à couteau tiré… Mais, avec un peu de sagacité, l’énigme fut résolue.

Voilà donc, en quelques mots, le récit de cette épopée, entre frissons et abnégation, il a fallu tirer son épingle du jeu, mais cela en valait la chandelle et je ne regrette pas de m’être jeté à l’eau pour une bonne cause.

De Brigitte

Interview Fort Boyard sur TV Frissons

TV Frissons : Vous avez été sélectionnée pour participer à Fort Boyard, quelle a été votre première réaction lorsque vous l’avez appris ?

– Je suis tombée des nues, ce sont mes enfants qui m’ont inscrite… j’étais pas au courant.

TV Frissons : pourquoi ont-ils fait ça ?

– Ils ont dit tous ensemble puisque j’aimais les sensations fortes et que je leur parlais toujours de la jungle amazonienne, donc ils voulaient me voir à la TV au milieu des mygales et des lions

TV Frissons : Alors qu’avez répondu ?

– Ah ah mais vous êtes fous ! ça, c’est juste mes retours de voyage… Ils ont insisté, insisté, alors j’ai réfléchi : forcément les mygales sont inoffensives et pour les lions, je me suis dit qu’ils étaient loin, les serpents aussi sont moins réalistes que dans la vraie jongle ! Alors, j’ai dit : allons-y au carnaval des sensations ! (Rires)

TV Frissons : Vous leur en avez voulu de vous avoir jetée dans cette aventure ?

– Oui et non, car pour la première fois, j’allais me trouver dans un ancien bagne en Atlantique et que ça ce n’était pas « courant » d’être là, après d’autres qui n’avaient pas choisi d’y être, il y a un siècle.  Et puis les gains iraient vers une ONG.

TV Frissons: Dites-nous comment s’est passé le tournage ?

– Toute l’équipe nous a testés sur notre capacité à résister au stress, tout y est passé, les vidéos avec des épisodes les plus impressionnants, et surtout le simulateur de vertige avec des chutes et des dérapages, j’entendais leur voix dans mon casque ; n’empêche que j’ai dû les rendre sourds tant j’ai hurlé quand ils m’ont lâché virtuellement au-dessus des serpents.

Ensuite, le toubib a souri en disant qu’il n’y avait pas raison médicale pour pouvait empêcher ma participation au jeu. On a tous pris le bateau pour rejoindre le Fort, ensuite on a grimpé à l’échelle de fer rouillée et on s’est retrouvé à l’intérieur enfermés ! Plus moyen d’y échapper !

Puis, ils m’ont amené dans la salle des équipements, et là j’ai compris que rien ne pouvait plus arrêter le processus, j’étais lancée, équipée de casque, de baudrier et de tennis supersoniques pour foncer dans les coursives humides, et obscures. Le pire n’était pas là, mais à un autre moment du tournage …

TV Frissons : ah oui quel a été ce moment ?

– En fait, nous étions arrivés en haut des tours auprès du père Fouras pour résoudre l’énigme, et on a vu que les deux indices à élucider passaient par la cantine. Pour y accéder, on traverse un pont de singe les yeux bandés, tout le pont tremble, on manque de basculer à chaque pas que nous faisons ou que les autres font, finalement on s’approche à tâtons dans un silence de mort, et là on nous annonce que les plats sont disposés devant nous et qu’on doit les goûter pour trouver les indices.

Avec les mains, on effleure les formes :  c’est sec, on renifle :  ça sent la friture, on dirait des chips ou des crevettes, ça croustille … j’ai un doute… rien à faire, rien ne passe !

Tout à coup, l’équipe nous enlève les bandeaux et on découvre des scorpions, des gros vers blancs bien costauds, fourmis géantes, sauterelles ou criquets géants, grenouille, je manque de m’évanouir d’horreur !

Mais, c’est pas fini, il faut boire maintenant le contenu des bocaux, façon bocal à confiture, ils sont remplis d’un liquide jaunâtre écœurant, mais quand je regarde mieux, je vois au fond du bocal un serpent énorme mort avec des reflets rouges et verts ! A trois, vous buvez nous disent les coachs.

TV Frissons : alors qu’est-ce que vous avez fait ? Vous avez accepté ?

– Au moment de boire, j’ai hurlé  STOP !!!!! j’ai trouvé l’énigme : il s’agit d’un rébus sur les insectes grillés et les serpents, voilà ma réponse :

F ourmi géante                               

O rvet                   

R ainette               

T arentule               

B ocal                            

O rvet

Y compris les

A rachnides

R osalie alpine et un             

D oryphore grillé !

Le gong a retenti l’équipe avait gagné !   Ouf ! TV FRISSONS a envoyé le générique de fin. 

Ps : Au fait Fort Boyard existe toujours ? Car je ne regarde plus TV Frissons.

D’Elie (proposition d’écriture N° 187)

Quatorze ans à l’école de la solitude

 Sèmèvo !

Je t’ai rencontré au printemps de mon âge. Sur le chemin escarpé et garni de végétations qui relie nos deux villages :  Gnitin et Tomè. Sur ce chemin, nous partagions nos sentiments les plus intenses et sincères. Enfin, nous avions prêté un serment de fidélité qui aboutit à une alliance pour la vie.

Sèmèvo !

Des lunes de temps se sont écoulées sans que je ne sois piquée par une abeille maligne. Ma vie amoureuse avec toi était la jouissance et la paix. Mais les jours passent et ne se ressemblent pas. Un séisme de la vie a violemment frappé notre idylle. Ainsi, des ténèbres ont assombri ma vie de couple.

Car une femme de petite vertu t’enleva pour une destination inconnue. Dès lors, je suis devenue la cible des fléaux sociaux. La solitude me ronge. Et les humiliations m’enfoncent dans les délires. Pire, des hommes immoraux, à maintes reprises, m’ont agressée.

Semevo, tu es parti pour toujours ?

Dix années sont déjà passées. Je vis seule sans le droit d’avoir tes nouvelles. Je vis seule sans les consolations de tes proches. Et je vis seule grâce au soutien constant de mes proches.

Sèmèvo ! Ma nourriture de toutes les nuits, ce sont les larmes et les sanglots. Les douleurs m’accablent et m’étouffent.

Sèmèvo ! Que Dieu te ramène plus tôt. Viens en hâte ! Viens et guéris-moi.

Par une matinée de jeudi, j’entendis sur la cour extérieure de ma maison des cris d’allégresse et des actions de grâces. J’ouvris le portail et vois Sèmèvo descendre d’un taxi.

Je l’ai méconnu. Il tomba à genoux devant moi et me parla en intimité :

-Angélique, je te demande pardon dix mille fois. J’ai tout perdu ! Ma vie a perdu sa saveur. L’aventure avec cette femme de petite vertu a ruiné ma vie conjugale. Je te remercie pour les ultimes qualités qui t’ont enrichies. Je veux désormais me mettre à ton École. Ton amour, ta patience, ton endurance et ta fidélité valent mieux que les richesses terrestres. Angélique, sois à jamais dans ma vie.

De Francis

Alors voici l’histoire

Après avoir perdu un pari, je me suis retrouvé inscrit à l’émission Fort Boyard. La perspective de cette aventure me terrifie et me ravit en même temps. Je suis impatient d’y participer.

Le jour J, je suis silencieux et pensif alors que nous naviguons vers le fort, secoués par une mer qui n’est pas calme. Je trouve que le bateau est trop lent. Je suis entouré de concurrents tout aussi concentrés que moi.

Une fois sur le fort, le briefe avec l’équipe de tournage ne fait qu’augmenter mon impatience. Après une reconnaissance des lieux, et après avoir enfiler la tenue, le jeu peut commencer.

La première épreuve est remportée par le plus imposant de mes camarades, c’est la mise en jambes annonciatrice d’une joyeuse série et d’un défoulement complet. Mon tour arrive. Je me retrouve dans une cabine téléphonique, des bestioles tombent du plafond et envahissent mon visage, mes mains, un serpent glisse sur mon cou. La panique m’envahit, le père Fouras en rajoute avec des questions. Je perds pied, je ne réfléchis plus, je ne vais pas sortir vivant de ce piège, ils vont me dévorer. Enfin l’épreuve se termine, j’ai perdu la notion du temps et de l’espace. Je n’ai pas la clé. Revenu à l’air libre, je n’ai qu’une hâte, quitter mes vêtements, ça me gratte de partout. Je suis nu, en slip, et je me sens encore trop habillé.

A chaque épreuve exécutée par mes camarades, je prends énormément de plaisir, je crie, j’encourage, je tape du pied, je retourne en enfance et je suis déçu lorsque la clé nous échappe mais quelle joie quand Passe Partout brandit celles que l’on a décrochées.

Entre chaque épreuve, il y a un temps mort bienvenu, car la journée est éreintante. La fatigue s’accumule, rendant chaque défi de plus en plus difficile.

Nous assistons à l’épreuve de la boue, je m’esclaffe, j’encourage, j’y vais de mon conseil. On a la clé, c’est Noël !!!!!!, puis viens celle de la bibliothèque où je retiens mon souffle, mais rien n’y fait, on repart penaud. Arrive le moment où je suis désigné pour celle des seaux. Je dois remplir un vase avec des seaux d’eau accrochés au-dessus de moi, tout en courant sur un tapis roulant. Je chute, je suis trempé jusqu’aux os, j’ai mal aux genoux, rien ne m’arrête, je ne lâche rien, j’ai la rage, je dois gagner, c’est court et long en même temps. Je saisis la clef comme si c’était un trésor. Je suis fier. Je suis ovationné par l’équipe. Le roi n’est pas mon cousin, je suis aussi heureux que si j’avais gagné au loto. Maintenant, j’ai ma place.

La journée n’est pas finie et nous avons trois prisonniers.

Je redoute un passage chez Willy. Je ne veux pas l’affronter.

Ce qui devait arriver, arriva. Je maudis celui qui m’a désigné. Aujourd’hui encore, en fermant les yeux, je revois cet œil au fond du plat et la mixture infâme qui l’accompagne. C’est dégoûtant, mon estomac commence à se tordre, mes mâchoires sont bloquées, ma langue s’enfonce au fond de ma gorge. Je bois, je me pince le nez, mes dents s’enfoncent dans le tissu visqueux, ça dégouline à la commissure des lèvres avec de la bave. C’est au-dessus de mes forces, j’ai des hauts le cœur, le supplice dure, dure, il faut que j’y arrive mais je ne peux pas, c’est au-dessus de mes forces. Je promets que désormais je mangerai avec appétit le foie de veau préparé par maman.

Willy est tellement sympathique que je lui jette un regard amical en sortant de sa cambuse.

La journée a été longue, les chevilles ont tenu le coup, la tête est restée froide. Malgré quelques écorchures et douleurs dorsales, je ne regrette rien car nous avons rapporté une somme conséquente à notre association.

Je garde un très bon souvenir du tournage. Je regrette le montage qui lisse la réalité des aventures, mais comment faire quand il faut arriver à un spectacle agréable à regarder dans son fauteuil.

De Pierre

Pour les raisons que j’évoque un peu plus loin, je n’ai aucune chance d’être sélectionné pour participer au jeu « Fort Boyard » car je ne fais pas partie d’une certaine élite et en fait, je n’en ai pas le profil. A vrai dire je ne suis pas un fanatique du jeu télévisé « Fort Boyard » qui a eu ses heures de gloire dans les années quatre-vingt-dix et qui tient encore l’antenne sur France 2, chaîne publique.

Je n’ai rien contre les jeux télévisés d’ailleurs, quand j’étais jeune j’aimais bien « Intervilles » avec ses animateurs inégalés et ses vachettes…jeu qui avait une forte participation du public. J’aimais bien également le jeu « la tête et les jambes » alliant sport et culture générale, animé par Pierre Bellemare, un grand de la radio et de la télévision. Je n’aime pas trop « FB », car les participants à ce jeu ont d’ores et déjà un nom dans le monde des médias, du sport, du show business, voire de la politique. Leur apparition sur l’antenne et plus précisément à « FB » ne peut pas faire de mal à leur carrière, bien au contraire en clair, je ne vois aucun citoyen « lambda » y participer.

Je n’aime pas trop « FB » pour les épreuves que subissent les participants, moi qui suis d’une nature très sensible, pas du tout sportif, craignant le vertige, détestant araignées et serpents, mais il est vrai, que le jeu est très original et qu’il a dû s’exporter en dehors de l’hexagone. Ne croyez pas que je sois un intellectuel, loin de là, je ne suis qu’un humble autodidacte qui s’est fait lui-même.

A mon humble avis, le « challenge » de la télévision et ses engagements à venir, malgré la multiplication des chaînes depuis dix ans, seraient bien de proposer des programmes destinés à un large public sans pour autant les enfermer dans un carcan de médiocrité et peut-être serait-il opportun d’envisager une très large enquête auprès du public sur leurs souhaits en matière d’audiovisuel, sans doute « FB » aurait une bonne place ?  

Sinon, bravo aux valeureux participants à « FB », qui osent braver leurs frayeurs et montrer ainsi qu’ils sont capables d’accomplir des prouesses.

 NOTA : « FB » = Fort Boyard

De Manuela

Mon réveil sonne de très bonne heure. J’ai rendez-vous aux studios d’enregistrement de France 2 pour l’émission Télématin. L’émission commence à 6 heures 30 précise, il faut être au moins une heure avant le début. Quelqu’un vient me chercher à l’accueil et nous nous dirigeons directement vers la salle de maquillage et d’habillage.

Puis une autre personne me dirige vers les studios… encore des consignes : quand le voyant rouge s’allume, c’est à vous de parler. Vous attendez que l’on vous pose des questions et là seulement, vous avez droit à la parole. On ne bronche pas, on ne se coupe pas la parole, on sourit. Le calme est le maître mot sur un plateau de télévision. Si vous respectez toutes les consignes, ça devrait bien se passer.

Tous les animateurs et les invités s’installent sur leur siège. Je suis la seule à avoir participé à fort Boyard, les autres sont des politiciens ou des sportifs. Une voix nous indique : trente secondes et le compte à rebours débute… Je stresse, le voyant rouge s’allume. Thomas Sotto nous souhaite la bienvenue. Il débite tout le programme de la matinée. Mon interview devrait passer sur les ondes de la radio vers huit heures, juste après les infos.

Je me calle dans mon siège et je fais le point dans ma tête : parler de l’émission de Fort Boyard, des animateurs et des différentes épreuves à laquelle j’ai participé. Un temps court est accordé à chacun. Mon tour arrive… il me faut dire beaucoup de choses en si peu de temps.

  • Bonjour, mademoiselle Céline Minion.
  • Bonjour à vous aussi.
  • Pouvez-vous vous présenter à nos téléspectateurs ?
  • Je m’appelle Céline. J’ai fait une école de théâtre dans ma jeunesse et depuis, j’enchaine des rôles un peu au cinéma mais surtout dans des théâtres locaux.
  • Merci. Quelles ont été vos impressions pendant tout le jeu ?
  • A l’arrivée sur le fort, j’étais inquiète, inquiète d’arriver en bateau, inquiète de franchir la passerelle glissante, inquiète de rencontrer tous les animateurs parfois très costauds.
  • Et pour la suite, vous vous êtes calmée ?
  • Bien sûr, Olivier Minne nous met tout de suite à l’aise avec sa voix douce. Nous avons visité tout le rocher sur lequel a été construit le fort (fort maritime construit au XIXème siècle, sous l’ère de Napoléon) tous les niveaux et même les cachots – cachots sombres et humides.
  • Qui choisit les épreuves que vous allez faire ?
  • Je ne sais pas, je pense que c’est décidé avant notre venue. L’émission a l’air bien huilée.
  • Auriez-vous volontiers changé les épreuves que vous deviez faire ?
  • Non, au départ, un peu d’appréhension, mais une fois dans le vif et comme le dit l’expression, quand il faut y aller, il y faut y aller.
  • Donc, votre première épreuve se nomme : les jarres. Vous pouvez nous en dire plus ? Vous sembliez être très à l’aise.
  • Les animaux, tels que les araignées, les souris et tous les autres insectes ou rongeurs qui se trouvaient dans les jarres ne me stressaient pas.
  • Pas stressée par toutes ces bestioles ! Et pourquoi avez-vous décidé de commencer par la jarre de la fin ? Ce n’est pas ce qu’il y a de plus logique. Vos coéquipiers vous hurlaient de mettre la main dans la première jarre et vous n’avez pas tenu compte de leur avis !
  • En rentrant dans la pièce, une idée m’est venue : la clé ne pouvait pas être dans les jarres vers la porte, trop simple. Donc, j’ai mis la main dans le récipient du fond rempli d’araignées, mais pas de clé. Déception, je file rapidement vers la cruche suivante, celle des souris. Je retiens mon souffle… je passe ma main, je pousse violemment les souris et très facilement, je trouve la clé. Je sors en courant, tout le monde me félicite pour mon initiative, je donne ma clé et nous continuons notre chemin à travers le fort.
  • Une question pour vous mademoiselle Minion, savez-vous pourquoi vous avez été invitée sur notre plateau ? Parlez-nous de vos deux jours complets passés sur place, sans électricité, sans nourriture, sans couchage ? L’horreur était à votre porte.
  • Vous exagérez, Monsieur Sotto, ce fut un mauvais moment à passer. Je ne suis pas prête de l’oublier, ni toutes les personnes sur place et encore moins les téléspectateurs, je crois.
  • Racontez en quelques mots, s’il vous plait ?
  • Nous sommes tous partis, par groupe de trois, pour chercher tout ce qui pourrait nous manquer. On n’avait aucune idée de la durée de la panne du groupe électrogène. Certains ont trouvé des couvertures, d’autres un peu de nourriture, certes périmée, et de l’eau. Un autre groupe a ramené du bois pour faire fonctionner une cheminée encore opérationnelle.
  • Pourquoi pleurez-vous, Mademoiselle Minion ?
  • Restez trois jours et deux nuits dans ce fort lugubre et humide, le feriez-vous Monsieur Soto ? Pas de lit pour dormir, pas de table pour manger, l’angoisse nous a tous envahis. Certains se mettaient à chanter, d’autres à réciter des poèmes ou des pièces de théâtres. C’était une période noire de mon existence.
  • On me fait signe en coulisse que votre temps de parole est terminé. Vous nous avez été d’une grande aide. Une petite page de publicité avant la météo et je reviens vers vous, cher public.

La lumière rouge s’éteint. Je me lève, remercie tous les participants. Finalement, je n’ai que très peu parlé de mes épreuves pendant l’émission de Fort Boyard. Si les téléspectateurs veulent en savoir plus, il leur faudra regarder le replay. Moi, mon but est atteint, je suis passé à la télé, à la radio et dans les journaux. J’ai eu de nombreux appels de producteurs… Je sens que ma notoriété revient. A se revoir sur les planches…

Poème de Joan Baez, « J’ai besoin de rêver », proposé par Françoise T (hors proposition d’écriture)

J’ai besoin de rêver

Chaque jour s’étrécit le champ de mes possibles,
Mes utopies d’ado sont devenues risibles,
Enfant, je me voyais volontiers missionnaire
Pour observer de près l’éléphant débonnaire.

J’ai besoin de rêver

Ainsi donc j’ai quitté pour découvrir le monde
Ma Normandie natale aux côtés d’une blonde,
Rêvant de méditer sur le mont Uluru,
L’espoir se déclinait un peu façon guru.

J’ai besoin de rêver

Mais quand votre compagne en enfants est féconde,
Le moulin des besoins en exigence abonde.
J’ai juré de trouver, avec ma descendance,
L’œuvre un temps remisé, à l’ odeur un peu rance.

J’ai besoin de rêver

Quand partent les parents, vous seul tenez le cap,
Une carrière consacrée au handicap
On oublie l’Amazone, on oublie les toucans,
Et la folie de voir l’éruption de volcans.

J’ai besoin de rêver

Par exemple espérer que se tienne tranquille
Cet eczéma et que le tremblement, docile,
Se calme un peu pendant que le matin j’écris,
Ne pas devenir sourd au monde et à ses cris.

J’ai besoin de rêver

Ce qu’il me reste à vivre, oh qu’importe combien,
Si c’est peu, mais du moins je le veux vivre bien,
Je suis prêt à partir pour le dernier voyage,
L’âme légère, une chanson pour tout bagage.

Voici le lien si vous souhaitez écouter le chanson.

youtube.com/watch?v=fofsNJqfYjg

Cela m’a bien arrangé de ne pas avoir 30 pages à lire et corriger comme d’habitude, car je souffre d’une bronchite carabinée et je suis très fatiguée. Le canapé est devenu mon meilleur ami depuis mercredi. 

Je suis donc contrainte de me poser et de me reposer. Malgré tout, ayant réservé, je passe le weekend sur l’île d’Oléron. J’espère qu’en respirant les embruns, mes poumons vont se décrasser! Quelle poisse! J’essaie de me soigner avec des remèdes naturels, car ce n’est qu’un méchant virus. 

Je vous souhaite une pause bienfaitrice pendant ces deux semaines sans atelier d’écriture.

Je vous souhaite d’aller bien et continuez à écrire malgré tout!

Portez-vous bien, prenez soin de vous et unissons-nous pour un meilleur monde!

Créativement vôtre,


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture. L'écriture est devenue ma passion: j'écris des livres pratiques et des romans.

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