Voici vos textes. Je vous en souhaite une belle lecture.

De Jacques (proposition d’écriture sur le printemps)

Printemps

Partir

Laisser la place

Aux bourgeons qui arbrent

Et qui bientôt feuilleront

Partir

Laisser la place

Parce que la neige n’a pas neigé

Claires éclaires, étincelles

Partir

Laisser la place

Le noir du jour, au jour le jour

Vastes sont les champs

Qui sèment l’âme et poussent l’avenir

Partir

Laisser la place

Vitrail aux entrailles ouvertes

Bercé de couleurs, de douceurs

Vastes sont les chants

Du vol et du migrant

Outardes et oies blanches

Au rivage du fleuve

Partir

Laisser la place

Après avoir enfanté le printemps.

De Corinne

En guise de cadeau surprise fin décembre, j’ai reçu un courriel de l’administration fiscale, m’informant que maman, qui va bientôt fêter ses 91 ans, a reçu un avis de taxe d’habitation. Comment cela est- il possible, sachant que toutes les résidences principales en sont dorénavant exemptées, que maman, non imposable à l’impôt sur le revenu, bénéficiait déjà de l’exonération totale de cet impôt et que de plus, à la suite à la vente de sa maison au mois de janvier, elle n’est propriétaire d’aucun bien immobilier ?

Nous ne sommes pas le premier avril, ce ne peut donc pas être un poisson du même nom… non, non ! Tout ceci ne doit juste qu’être une façon bien cavalière de souhaiter un Joyeux Noël à maman.

De retour à la maison, après les fêtes passées en famille chez ma sœur, je me connecte le 31 décembre sur l’espace personnel de maman et je découvre avec stupeur son avis de taxe d’habitation, émis par le centre des impôts de son ancienne résidence principale. L’avis précise cocassement que toutes les résidences principales sont dorénavant exemptées de cet impôt, mais qu’il s’agit ici d’une taxe sur résidence secondaire. Tout cela est tout à fait logique : maman a signalé son changement d’adresse et a bien sûr donné l’adresse d’une maison, qui est sa résidence secondaire, dont elle n’est pas propriétaire. Cherchez les erreurs ! Maman doit donc plus de deux milles euros de taxe d’habitation pour sa résidence secondaire, située à l’adresse de mon domicile, où elle est hébergée, dans la maison dont je suis conjointement propriétaire avec mon compagnon. Il ne mes reste plus qu’à passer quelques minutes de cette journée d’avant le réveillon de la Saint Sylvestre, pour rédiger sur la messagerie sécurisée du site internet des impôts, un courriel demandant le dégrèvement total de cette taxe totalement indue, sans oublier d’y joindre l’attestation d’hébergement à titre gratuit à mon domicile et de solliciter la résolution du problème autant que faire se peut, bien avant la date limite du paiement fixée à la saint Valentin.

Début février, n’ayant toujours reçu aucune réponse du service des impôts, après de multiples tentatives, d’appels téléphoniques pareillement infructueux à l’ancien, comme au nouveau centre des impôts dont dépend maman, profitant d’une fin de semaine pluvieuse et grâce aux adresses trouvées sur internet, je décide  d’utiliser le courriel comme nouveau moyen de communication pour réitérer ma demande d’exonération auprès du centre qui a émis l’avis d’imposition, avec copie à l’actuel centre des impôts de notre résidence principale partagée.  

Le lundi suivant, avant que huit heures ne sonnent au clocher de notre village, je reçois un message de notre centre fiscal actuel, signé par un agent principal ! Je ne tarde pas à être très déçue, quoique très amusée par la teneur de sa réponse, qui m’avait, je dois bien l’avouer, tout d’abord surprise tout autant par sa promptitude que par son caractère matinal: « Cette messagerie n’est pas destinée aux usagers. Je vous engage à utiliser la messagerie sécurisée de votre espace fiscal ». Ah mais oui, bien sûr ! la messagerie sécurisée, celle que j’ai utilisée en fin d’année dernière, je n’y avais pas pensé… je suis désolée d’avoir osé vous déranger… « Bizarre, vous avez dit bizarre ?  Cette messagerie, elle doit être drôlement bien sécurisée ! tant et si bien, que même les employés de notre administration fiscale ne peuvent sans doute pas y accéder si facilement… voilà sans aucun doute ce qui explique l’absence de réponse…»

Quelques questions me taraudent toutefois :

Est-ce vraiment honorer son grade supérieur d’agent principal que de, sans même prendre la peine de lire le courriel reçu, se contenter d’appuyer sur un bouton pour envoyer un message formatté, certainement créé par l’intelligence artificielle ? Cette sacrée intelligence artificielle, « ensemble de théories et de techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence humaine », selon la définition du Larousse, ne devrait-on pas plutôt la renommer bêtise naturelle ? Il me semble en effet qu’elle est plus apte à reproduire l’idiotie des hommes qu’à imiter leurs capacités intellectuelles.

Quel est l’intérêt d’utiliser la technologie pour augmenter la complexité des relations des usagers avec l’administration, tout en décuplant la vacuité, l’absurdité des échanges et les délais de traitement des demandes ?

Je passe rapidement sur le nombre incroyable de courriels échangés sur la messagerie sécurisée du site internet des impôts et sur les ascenseurs émotionnels ressentis à chaque fois que j’étais informée de la réception d’un message, dont l’expéditeur était toujours différent, la lueur d’espoir d’une résolution tant attendue, éteinte dès la lecture de la réponse, qui bien que clôturant le dossier, était toujours accompagnée d’une demande supplémentaire et illogique de justificatif, la requête de la copie du compromis de vente de la maison de maman, venant, par exemple, un bon mois après l’envoi de l’acte de vente … Il est évident que personne ne prend connaissance de l’historique du dossier…. Il faut dire que même lorsque la réponse à votre demande contient elle-même une question, comme quelqu’un vous a répondu, le dossier est automatiquement clôturé et vous devez pour répondre, créer une nouvelle demande….

Enfin, début mars, un avis de dégrèvement total est visible sur le site des impôts, suivi quelques jours plus tard d’une lettre de relance pour défaut de paiement avant la date limite, assortie de dix pour cent de pénalité….

Je me suis donc fait de nouveau l’extrême plaisir de consacrer encore un peu de temps et d’énergie pour réclamer cette fois le dégrèvement des pénalités et la compensation des avis de taxation et de dégrèvement, plutôt que le paiement suivi d’un remboursement.

En ce jour du printemps, la dernière réponse reçue confirme l’annulation automatique de la majoration, du fait de l’émission du dégrèvement. Mais bien sûr cela est évident ! bien que ne soient stipulés sur les avis que les articles qui rappellent, que même en cas de contestation, il faut d’abord payer et qu’ensuite advienne que pourra et qui vivra verra !!!!

Il n’empêche que maman a tout de même reçu, comme si les avis d’imposition et de dégrèvement disponibles sur son espace « dédié » ne suffisaient pas, les mêmes documents par courrier postal, immédiatement suivis par la lettre de relance de paiement avec pénalité. Dédié ? Dédié ? Encore un barbarisme, anglicisme bien vide de sens, comme le prouvent les péripéties de cette petite mésaventure fiscale.

L’affaire n’est donc pas terminée, quasiment trois mois après ma première demande ! Tant d’inefficacité et de lenteur ne peuvent apporter que démotivation au personnel de l’administration et frustration aux usés, pardon ! aux usagers de cette dernière…. 

Heureusement que maman ne vit pas toute seule et que tous les détails de cette affaire lui ont été épargnés. Je me demande comment peuvent se débrouiller les personnes âgées ou simplement isolées, dépourvues de matériel ou de connaissances informatiques et paniquées dès qu’elles reçoivent un courrier ou une notification sur laquelle figure Marianne dans ses beaux atours tricolores. 

Fiscalement vôtre !

De Nicole

Mes années d’administration

Peut-être pire qu’être un administré, travailler dans une administration.

Dans les années 80, après une période de chômage et un petit examen national, me voilà embauchée à la Maison Communale (Mairie) de la ville, nous étions cinq « gagnants ». Il s’agissait pour nous de mettre en ordre les fichiers de habitants dès 12 ans, en vue de délivrer les nouvelles cartes d’identité européennes.

Des meubles immenses avec rotations, d’une lourdeur et fiches classées par ordre orthographique aléatoire. Tout encoder sur ordinateur, que de secrets entrevus, de convocations non suivies d’effet. Que de photos refusées, d’habitants frustrés, déçus, et de colères, insultes parfois.

Pensé d’un bureau de ministère, comment toucher les bateliers, les prisonniers, les soldats, les personnes des homes etc.

Que dire de l’ambiance de travail ! Des personnes placées par favoritisme politique, qui bavardent, se lèvent tardivement pour servir les habitants. Manque de courtoisie, de politesse, moqueries, potins, cancans.

Crainte de devenir comme eux. Et puis, cerise sur le gâteau, l’invention des cartes de sécurité sociale des ouvriers du bâtiment, soi-disant pour éviter les fraudes.

Encore pensé d’un bureau. Lorsque l’ouvrier travaillait, il devait l’avoir sur lui. En chômage technique ou intempéries, elle devait être à la Maison Communale.

Impraticable, les bureaux ouvrent à 8H30 et les ouvriers travaillent beaucoup plus tôt. Les syndicats sont intervenus et le système a été abandonné. Mon contrat de cinq ans terminé, j’étais contente de m’en aller.

De Pierre

Les fonctionnaires, comme on le dit couramment, représentent l’administration a pour mission de faire fonctionner les institutions et de servir le peuple dans le respect des lois de la République votées par les représentants élus dudit peuple. Voilà en toile de fond ce que je peux exprimer. 

Que des comportements bureaucratiques dignes de Courteline soient constatés et déplorés, c’est un fait certain. La raison essentielle étant la complexité des lois et règles ainsi que le passage de la paperasse à l’informatique et enfin au numérique sans pour autant supprimer le papier.  

Si le pays souhaite maintenir son fonctionnement et l’état providence tel qu’il est aujourd’hui, l’administration est là pour encadrer, distribuer, punir parfois. En matière de dérive de l’administration, je me permets de citer ce qu’il m’est arrivé début 2000 :

A cette époque, je venais de perdre mon épouse, décédée le 31 décembre 1999, une date mémorable pour tous, car c’était le jour de passage au siècle suivant mais pour moi, cette date était douloureuse et je le ressens encore. Début janvier 2000, je reçois une réclamation du service des Impôts me sommant de faire deux déclarations de revenus pour 1999 dont une arrêtée au 30 décembre bien que mon épouse n’ait aucun revenu, puisqu’elle ne travaillait pas et l’autre uniquement pour le jour du 31 décembre 1999.

UBUESQUE cette requête administrative !  Sans tarder et sans rendez-vous, j’ai forcé les portes du local des impôts et me mis à hurler semant la panique.  Je fus immédiatement reçu par un fonctionnaire très compréhensif, qui me fit savoir que l’informatique et le passage aux 35 heures entrainant des dysfonctionnements, étaient en cause de cette demande totalement inepte … Le dossier fut immédiatement classé.

De Roselyne

Agence de

Déambulations infinies comme un

Mécanisme sans fin avec un

I itinéraire incertain

Nuit au fond des dossiers

Incognito, illusoire

Suivi sans garanti

Traitement à minima

Récapitulatif sommaire

Attristant et attestant une 

Tendance lascive

Intolérable et incompréhensive aux

Obligés des services

Napoléoniens

Votre femme doit être présente, je viens de vous dire qu’elle est malade, donc indisponible.

Oui, mais, elle doit être présente, j’peux rien pour vous, il faudra revenir, j’vous dis que c’est la

PRO-CE-DU-RE , LA PROCEDURE QUE JE VOUS DIS… suivant….

Telle est l’administration que l’on nous fait miroiter. Certes, elle l’est peut-être ! Mais heureusement, il y a aussi des personnes très compétentes comme dans tous les secteurs qu’ils soient de l’état ou privé.

De Sylvie

Lettre à vous, Madame…

Madame la salariée de la Sécurité Sociale,

Je ne connais pas votre nom, je ne connais pas votre prénom. Je ne connais pas votre histoire. Probablement que l’on ne s’est jamais croisées. Nos voix se sont rencontrées ce matin au téléphone.  Vos mots m’ont heurtée à tout jamais. J’essaie de me convaincre que vous n’aviez pas conscience des flèches que vous avez tirées.

Comme vous avez vu dans mon dossier, je suis tombée enceinte de deux petits garçons. Malgré la peur, j’ai accueilli ce petit Maxime et ce petit Baptiste en mon sein. Avec les mois qui passaient, les inquiétudes s’apaisaient et avec mon mari, nous nous étions projetés dans une aventure à quatre. La vie n’est décidément pas un long fleuve tranquille. Il y a quelques jours, j’ai donné la vie à Baptiste, mais j’ai aussi donné la mort à Maxime. Je vais devoir apprendre à vivre avec cette nouvelle histoire. Personne ne peut rien y changer.

Ce matin, je vous ai appelé car je ne sais pas ce qui va se passer. Ai-je droit à mes vingt et une semaines de congé maternité restantes ou pas. Y a-t-il des formalités à remplir ?

Tout va si vite. Je dois aider mon fils qui se bat pour sortir du service de néo-natalité. Je viens d’enterrer son frère, mon fils. Je vous accorde le fait que je vibre sur une corde fragile et très sensible. Mais pourquoi tant de froideur, voire de violence.

« Bonjour Madame, je vous appelle car je suis en congé maternité. J’ai accouché il y a quelques jours. Cela ne s’est pas bien passé, un de mes garçons est mort-né. (Pourquoi dit-on mort-né et pas né-mort ? Il n’est pas né. Il est mort !) Pouvez-vous me dire si cela change quelque chose pour mon congé maternité ?

-En effet Madame. Votre congé maternité est réduit à un congé maternité classique, c’est-à-dire 10 semaines après l’accouchement. Si votre enfant avait vécu ne serait-ce que cinq minutes, vous auriez pu bénéficier des vingt-deux semaines initiales. »

Madame, ce soir je vous écris car j’ai besoin de vous exprimer toute ma peine et toute ma colère. Oui, je suis en colère contre vous. Je n’attendais qu’une simple réponse administrative. Vous auriez pu me dire que mon congé allait être réévalué selon les modalités prévues. Je n’aurais pas discuté. Mais cette phrase a été comme un coup de poignard supplémentaire. Vous avez donné la mort, vous auriez dû donner la vie… Voilà ce que j’ai entendu. Jamais je n’oublierai cette phrase « Si votre enfant avait vécu quelques minutes, vous auriez gardé vos droits au congé de maternité initial. »  Suis-je coupable ? Êtes-vous juge ?

Madame, nous ne sommes pas que des dossiers avec des numéros. Nous sommes des hommes, des femmes comme vous, avec nos blessures, nos souffrances, nos maladies. A votre échelle, vous faites partie du système de santé des patients. Ne vous cachez pas derrière des numéros. Regardez-nous.

Madame, ouvrez votre cœur. Vous serez plus riche.

Prenez soin de vous et des autres.

Sylvie

Avec cette lettre que vous ne lirez jamais, j’espère être sur le chemin du pardon…

De Manuela

Je suis née dans une petite ville, sans histoire,

Mes parents étaient de braves gens, sans histoire,

J’ai eu une enfance heureuse, sans histoire,

Mon éducation s’est déroulée, elle aussi, sans histoire.

J’ai rencontré mon futur compagnon à l’âge de 18 ans. A 28, mes 3 enfants étaient nés, sans histoire.

Les administrations que j’ai côtoyées, toujours sans histoire, sauf peut-être Pôle Emploi maintenant : maintenant France Travail.

En 2011, j’ai quitté les services de la Poste, une administration bien connue de tous. Il me fallait me reconvertir au plus vite – ma pension était faible. Il me faut aller d’après eux à l’AFPA qui pourront m’aider à m’orienter professionnellement. Trois séances plus tard, ce sont les métiers de l’immobilier qui ressortent nettement. Je suis fière d’avoir réussi cette épreuve. Mon horizon s’éclaire. Je dois maintenant apporter le compte-rendu à ma conseillère. Je suis gonflée à bloc. Je m’entends dire qu’il n’y a pas une seule formation dans ce domaine dans leurs brochures qui commencent dans les mois à venir. Je l’entends toujours me dire avec sa voix grave : « cherchez sur internet, on trouve de tout sur le net ». Mon moral baisse… Allez sur internet, quelle histoire !

Le temps passe, le moral trépasse. Je retourne une inème fois sur mon ordinateur, vieillissant mais quand même utilisable. Je trouve enfin, au bout de quelques jours, une petite entreprise de formation dans ce domaine. J’appelle dans les minutes qui suivent, un rendez-vous est pris pour le jeudi matin. Une bonne discussion commence, le directeur me parle de tous les sujets qui seront abordés. Un accord est signé le jour même. Mais, il y a toujours un mais, il me faut trouver la somme de 4 500 euros pour pouvoir intégrer ce centre de formation des métiers de l’immobilier qui débutera dans 6 semaines. 6 semaines pour trouver cette somme plutôt rondelette !

Je prends contact avec Pôle Emploi pour connaitre la marche à suivre. La réponse sèche qui m’est faite : pas de financement possible pour une formation donnée en dehors de notre catalogue. Une nouvelle baisse de moral en vue.

Il me faut écrire une belle lettre de motivation pour ma conseillère, un refus me parvient par la poste. Ils sont durs en affaire mais moi aussi. Je refais à peu près le même courrier pour le conseil régional, même réponse, pas d’argent pour vous !

Je retourne encore et toujours à Pôle Emploi pour qu’ils me motivent ce refus… ce n’est pas à eux de le faire mais au Conseil régional. Je suis furieuse, je bous intérieurement. Le temps passe et toujours pas d’argent. Leur réponse me parvient : pour obtenir le financement, il faudrait avoir à entrer une expérience dans le domaine. Réponse étrange car la formation est justement une formation de base. Je cogite, mes neurones sont très actifs et surtout très chauds. J’en ai vraiment marre, un mail plus tard destiné à ma conseillère adorée l’informe que le lendemain, dès l’ouverture, je serais devant la porte afin d’obtenir une explication de vive voix, en face à face. Je suis gonflée à bloc.

Huit heures tapantes, la porte s’ouvre. Je suis la première et la seule à entrer.  Un homme plutôt costaud est au milieu du hall d’accueil, à côté de ma conseillère. L’homme (j’ai appris plus tard qu’il était le chef d’agence et que normalement, il n’arrivait pas à cette heure matinale) avance sa main à ma rencontre. Une poignée de main virile entre nous…

  • Madame GREGOIRE, je suppose ?
  • Excellent supposition. Il est 8 heures et je suis la seule dans l’agence, dis-je d’un ton glacial.
  • Allons dans mon bureau, nous serons plus à l’aise.

Aucune réponse de ma part, je suis rouge écarlate. Je sors mon dossier sur le comptoir d’accueil – avec sur le dessus la lettre de refus de financement du Conseil régional.

  • Comment peut-on refuser de me payer cette formation diplômante de premier niveau en immobilier au prétexte que je n’ai aucune expérience dans le domaine ?

Je parle rapidement, avec une voix sourde et grave.

  • Madame GREGOIRE ? Vous devez me suive sans histoire jusqu’à mon bureau.
  • Sans histoire, sans histoire, c’est vous qui l’avez créée cette histoire !
  • Venez, suivez-moi, j’ai une nouvelle à vous annoncer.

Une fois dans le bureau, il s’empresse de m’annoncer qu’il a trouvé une solution. Il insiste bien qu’il est le seul et lui seul à avoir résolu mon problème.

  • Votre dossier est complet, l’argent arrivera dans une semaine, et j’ai ajouté un bonus :

Un montant de 7 euros par jour pour les frais de bouche pendant tout le temps de la formation.

Mais pourquoi faut-il s’énerver, se fâcher pour être entendu ? Pourquoi à force de lettres, d’appels téléphoniques, finit-on par se faire entendre, par se faire comprendre ?

A la sortie de l’agence, je souffle, je suis heureuse et soulagée. Je pourrais dès le lundi suivant, intégrer une formation tant espérée.

Rien ne vaut la persévérance ! 

De Saxof

Roland est fou de rage. Voilà la sixième amende à payer pour infraction routière qu’il reçoit. Il analyse toujours chaque texte reçu et ne comprend pas car il n’a jamais été à Blois, ni à Cherbourg et encore moins à Lille. Il est de Marseille et le plus loin où il est allé, c’est à Orange au mariage de sa cousine.

Il a téléphoné pour comprendre, mais s’est trouvé face à un mur qui lui conseille de payer et de réclamer ensuite. Il a pratiqué comme conseillé, mais depuis plusieurs mois, n’a toujours reçu aucune réponse et il ne lui reste que deux points avec ces conneries !!
Il est livreur et ne peut pas se permettre de perdre son permis.
C’est décidé, lundi il se pointe aux impôts à la section « AMENDES ». Son copain José lui a dit que certainement, on lui avait volé son identité. Il n’en revient pas. Comment est-ce possible ?
Lundi, après deux heures d’attente, il est reçu, raconte son histoire, devant un personnage à grosses lunettes qui semble se ficher de ses problèmes. Au bout de cinq minutes, l’homme tend à Roland un document.
 « Monsieur, j’ai bien écouté votre histoire. Vous êtes vraisemblablement victime d’une usurpation d’identité. Remplissez ce document qui permettra de tenir compte de vos réclamations. Mais, je vous conseille de porter plainte auprès de votre commissariat. Cela peut prendre du temps, car il faudra trouver la personne dont vous êtes victime ».
Depuis tous ces épisodes administratifs, rien n’a bougé. Roland a perdu ses points et ne peut plus conduire. Heureusement, son patron compréhensif lui a trouvé une place de magasinier, au sein de la même entreprise. Il se rend au travail à vélo.
Demain il a rendez-vous avec la presse télévisée pour faire bouger les choses.

De Lisa

Inspiré de la chanson de « j’ai un problème » de Johnny Hallyday et Sylvie Vartan

Problème avec F.R..E…

Dis-lui pourquoi elle a un problème

Dis-lui pourquoi elle a un souci

Elle a un problème avec son portable

Mais quand elle appelle l’opérateur F.R….E, on est pas surpris !

A cause de la panne, elle se sent triste comme la perte d’un enfant

Oh ! Par sa faute, elle pleure qu’elle ne voit plus « ses amis »

On ne sait pas où ça l’emmène

C’est de la malchance, c’est de la folie !

Si ce n’est pas de l’amour, ça lui ressemble

Comme l’objet est bien plus précieux qu’un amoureux

Quand il s’éloigne, son coeur est malheureux

Les pompes funèbres risquent d’être là pour son petit au pieu

Elle a un problème, elle sent qu’elle l’aime

Oh ! Elle a un problème, c’est qu’elle est folle de « lui »

Mon cher opérateur, répondez à l’appel

Sinon les pompes funèbres reprendront l’intérim

Elle a un problème avec son portable

Mais elle n’arrive pas à les joindre

Un répondeur dit « L’attente est de 20 minutes »

On lui met de la belle musique

Car son bébé « le portable » s’est évanoui

Si ce n’est pas de l’amour, ça lui ressemble

Comme l’objet est bien plus précieux qu’un amoureux

Quand il s’éloigne, son coeur est malheureux

Les pompes funèbres risquent d’être là pour son petit au pieu

De Nathalie

Il y a quelques temps, j’ai réalisé que je pouvais partir à la retraite avant l’heure ! Vous pensez bien que j’allais tout faire pour y parvenir. Alors pour que vous compreniez bien, il fallait que je remonte plusieurs années en arrière, quand j’étais institutrice. Le terme est important, vous allez comprendre pourquoi.

Un beau jour, j’apprends que le statut va changer, les instits devront progressivement laisser la place aux professeurs des écoles. Pour cela deux options, passer le concours pour accéder plus vite au nouveau grade, ou rester instit le plus longtemps possible et tenter d’atteindre quinze ans d’ancienneté. Ce que j’ai choisi de faire, sachant que cette ancienneté me permettrait plus tard, beaucoup plus tard, de partir à la retraite à 55 ans.

J’ai donc refusé tant que j’ai pu le changement de statut, jusqu’au jour où l’administration a décidé de faire passer d’office tous les derniers récalcitrants professeurs des écoles. Je n’avais pas réussi à atteindre les 15 ans…

Des années plus tard, à l’âge de 55 ans, je me rends compte en jetant un œil à mon dossier en ligne, que pour atteindre ces fameux 15 ans, il me manque exactement 8 jours, 8 petits jours de rien du tout. Cela fait vite son chemin dans ma petite tête de prof d’école fatiguée de son quotidien auprès de parents hargneux, d’élèves de plus en plus difficiles à gérer et de collègues à l’humeur changeante.

Je me dis qu’il faut faire quelque chose, sachant que le départ à 55 ans a été décalé à 57 ans. Je suis donc dans les temps ! Pleine d’espoir, j’écris au Rectorat, qui me demande d’abord pourquoi il me manque ces 8 jours. Est-ce qu’ils ont oublié de les compter, ou est-ce que je demande une faveur ? Une faveur ? On peut faire ça ? Mais ouiiiiiiiiiiii bien sûr je la demande ! J’ai commencé à travailler le 08/09/1991, et dès l’année suivante, toutes les rentrées ont commencé le premier septembre, d’où les 8 jours manquants.

Eh bien, ils me l’ont accordée cette faveur, je n’en revenais pas. Après maints échanges avec le conseiller de l’enseignement privé dont je dépendais, j’ai fini par obtenir un papier signé de la rectrice attestant de mes 15 ans d’ancienneté dans le grade instituteur. A moi la retraite !!!!!

J’ai dû me syndiquer tout de même cette année-là, pour être sûre d’avoir les bonnes informations au bon moment, car bien entendu, j’avais le droit de partir, mais avec quel montant de pension ? Mystère et boule de gomme, aucun simulateur n’a jamais voulu de moi car je n’entrais dans aucune case. Tous me faisaient partir à 64 ans…

Une gentille dame du syndicat s’est déplacée jusqu’à mon domicile, est restée deux bonnes heures pour m’expliquer les méandres de l’administration pour une demande de départ à la retraite anticipée, avec une jolie perte de revenus bien entendu. Elle a fini par calculer avec son collègue le montant exact que je devrais toucher.

Mais sans aucune garantie Madame, ce n’est qu’une estimation.

Bref, j’ai rassemblé tous les papiers demandés, rempli les formulaires de toutes les couleurs en plusieurs fois, envoyé le tout par voie postale, normal à l’ère d’internet, c’est plus simple !

Je me suis retrouvée obligée de signer pour mon départ le premier septembre 2023, sans connaitre le montant de ma pension ! J’étais décidée à partir, à privilégier ma qualité de vie plutôt qu’un salaire passablement correct, mais quand même ! C’était un grand saut dans le vide…

Le temps a passé, et la Réforme des retraites a pointé le bout de son nez. Je n’avais aucun retour de ma demande, on me disait c’est trop tôt, on traitera votre dossier le moment venu… Je commençais à m’inquiéter, car la réforme devait commencer le même jour que mon départ. Alors j’ai envoyé un mail au Rectorat pour savoir si j’étais concernée par cette réforme, et on m’a répondu que oui, potentiellement.  Avec ça, j’étais renseignée… Impossible d’en savoir plus, je ne pouvais rien faire de mon côté qu’attendre.

J’ai attendu, attendu (j’ai failli aller siffler sur la colline ! ) et puis j’ai lâché prise. On était au mois de juin, il fallait préparer l’année suivante, faire les commandes, ce que j’ai fait, persuadée que ma demande serait refusée. Mon poste était mis au mouvement, celle qui prenait ma suite est venue se présenter, sans se douter une seconde que je risquais fort de ne pas partir… Niveau stress et déception, j’étais au top.

Et puis un beau matin, fin juin, arrive un mail du Retrep m’annonçant que mon départ est validé ! Suivi d’un coup de téléphone du Rectorat pour confirmer. Je n’en croyais pas mes yeux ni mes oreilles. J’ai dit aux enfants « Tous en récré !! », j’étais incapable de me concentrer sur rien !  Ma collègue du CP a compris et est aussitôt sortie avec ses élèves en récré avec moi. On sautait de joie !!!

J’ai donc pu partir en vacances début juillet, après un formidable départ à la retraite surprise organisé par mon mari (il s’y était collé depuis des mois heureusement que j’ai pu partir !), avec le montant exact annoncé par le syndicat (j’aurais aimé un peu plus mais bon), et le cœur léger après toutes ces péripéties.

Aujourd’hui, je sais que j’ai fait le bon choix, ma nouvelle vie est fantastique et pour rien au monde je n’y retournerais !

De Brigitte

Tracasserie

J’avais pourtant bien tout combiné pour mon dossier administratif de dépôt de statuts de notre nouvelle Association – AGRIP- situé au 18 rue Chatapongue à Corsivaron 98450 France suite à un refus de dépôt des statuts, voici ma réponse destinée à la Préfecture.

Monsieur le préfet,

Vous m’avez retourné le document de dépôt de notre Association au prétexte que le motif n’était pas compatible avec un contexte socio-psycho-familial-parental souhaitable pour notre société française.

Je consens avec vous que le nom peut surprendre puisque AGRIP signifie :

« Grands Parents Indisponibles Potentiellement », toutefois j’aimerais attirer votre aimable attention au fait que si vous aviez un nombre de petits-enfants comme ceux de nos membres, vous seriez sans doute l’un de leur à nos côtés.

En effet lorsque vous comptez les vôtres, plus ceux de votre compagnon ou compagne et que le chiffre s’élève à 22, vous entendrez notre BIEN FONDE ASSOCIATIF dont le nombre des articles est bien inférieur au nombre des petits enfants d’un des membres juste arrivé dans notre association : 38 .

Les arguments développés ci-après sont ceux débattus en AG du mois dernier.

L’article 1 : qu’au vu des nombres de jours dans l’année 2024 qui compte un jour de plus du fait de l’année bissextile, le nombre de jours de garde s’en trouve augmenté ; que la logistique des jouets, livres, couches taille 3 ,4, 5, vêtements des uns et des autres est ingérable. D’autant que les habits garçon /fille se ressemblent et que la confusion entre ce qui est donné et rendu, est totale et obligatoirement source d’agacements des parents qui ont la jupette de la cousine et les chaussures en 24 au lieu de celles en 33 de leurs jumelles, oui car monsieur le préfet nous avons aussi des jumelles.

Article 2 : les parents respectifs n’habitant pas les mêmes villes que leurs enfants et parfois pas dans le même pays , les frais de déplacement valent largement un déplacement à Fort de France en une seule année.

Article 3 : les gâteaux et les bougies d’anniversaire ont parfois l’allure d’incendies volontaires tant les feux éclairent les visages et les intérieurs de nos foyers.

Avant dernier Article : d’autant qu’organiser les repas qui ne se finissent pas toujours nous engraissent presque aussi vite qu’ils grandissent, sans compter les collations du matin et celles de l’après-midi dont nous léchons systématiquement les cuillères (j’attire votre attention sur ce que vous même vous faites avec le fond du pot de Nutella)

Article dernier : LES AGRIP ont aussi droit de se retrouver entre eux, sans les gosses des uns et des autres, pour aller justement aux Caraïbes sans attendre.

Dans l’espoir que vous entendrez ma requête, ma complainte, ma supplique, je vous prie de ……….etc etc

La présidente

Mama Mia et son compagnon le secrétaire Papatua et i chiquitini…

De Jean-Michel

Le père Cepteur, n’en était pas revenu : les impôts lui réclamaient de l’argent alors qu’il avait fait vœu de pauvreté ! Un certain Laurent Tier, inspecteur des impôts de son état, s’était, un beau jour présenté au presbytère parce que le pauvre père Cepteur aurait sous-estimé ses revenus. C’est vrai que posséder trois hectares de terres agricoles au Larzac, ça rapporte beaucoup…

Mais l’inspecteur n’avait rien voulu savoir. Il avait 15 jours pour régulariser sa situation, sans quoi, l’ecclésiastique se retrouverait sur la paille. Vous me direz que le petit Jésus avait vécu pareille situation en son temps…mais quand même ! 15 000€ !  Il trouvait que les impôts ressemblaient davantage au fisc prodigue qu’autre chose. Il avait prié saint Matthieu (de préférence à Judas car ce dernier avait une fâcheuse à délier les cordons de la bourse…). Et le miracle s’était produit ! L’inspecteur qui avait commencé par être dur de la feuille (d’impôts) finit par reconnaître son erreur et, débarrassé du Larzac, le père Cepteur avait pu revenir à ses moutons, toujours à la recherche de la brebis perdue…

De Dominique B

C’était un bien triste jour. Le tonton Finfin et la tata Mizou étaient décédés l’un après l’autre à quelques jours d’intervalle. Mes cousins, déjà âgés de soixante-dix et soixante-douze ans, devaient faire de nombreux courriers pour avertir la Sécurité Sociale, les impôts, la banque, les assurances que leurs parents avaient quitté ce monde. Ils prirent conseil auprès nombre d’entre nous, dont la cousine Sylvie, avocate en droit pénal. Ils mirent tout à plat et envoyèrent, comme demandés, les avis de décès de leurs parents, en recommandé. Même s’ils étaient tristes, ils étaient soulagés d’avoir solutionné la situation. Dormiraient-ils sur leurs deux oreilles ? Que nenni ! Deux mois plus tard, ils trouvèrent dans leur boîte aux lettres commune, car ils habitaient tous dans la même ferme, un courrier. Le courrier stipulait « Madame, Monsieur , nous avons bien pris note et enregistré le décès de Madame Pirfa née Gibus Michelle , et de Monsieur Pirfa Firmin . Cependant il nous faudrait confirmation : peut- être une signature de l’un ou l’autre serait un bon compromis. Cordialement. M. X agent de la caisse centrale des impôts de P.

Puis suivirent les circulaires permettant à Monsieur et Madame Pirfa Firmin de faire le vaccin contre la grippe. Et le remboursement des trois dernières opérations subies par Firmin. Les cousins Marie et Paul se replongèrent sur les écrans d’ordinateur, prirent leur téléphone et demandèrent à rencontrer le percepteur des impôts, les agents de la Sécurité Sociale et même le conseiller de la banque de leurs parents. Chacun fut bien aimable mais personne ne semblait comprendre qui avait pris l’initiative de ces courriers. Selon chacun des représentants des différentes administrations et organismes, tout serait rapidement réglé. C’est vrai ! Mais parfois Marie et Paul trouvent, dans la boîte aux lettres, un gentil courrier de la caisse primaire d’assurance maladie , conseillant à Michelle et Firmin de remettre à jour leur carte vitale pour bénéficier des meilleurs soins.

De Dominique L

La maison qui rend fou.

En consultant le relevé de mon compte courant, je constatais des prélèvements bancaires que je n’avais pas faits. Il ne faisait aucun doute que des indélicats avaient réussi à détourner quelques euros de mes économies. Ma carte bleue semblait avoir été piratée. Des ponctions modestes, sans doute pour ne pas trop attirer trop mon attention, mais réelles. Sans perdre un instant, j’entreprends d’en informer ma banque. Le téléphone portable en mains, je compose le numéro d’urgence.

Quelques sonneries retentissent puis un répondeur qui me débite sa litanie préenregistrée.

— Bienvenue à la banque « machin », si votre appel concerne une opération bancaire merci de composer le : 1. S’il s’agit de produits financiers faites-le : 2 et après douze options plus loin, j’entends celle qui semble me concerner, parler à un conseiller faites-le : 12.

Bien discipliné et attentif, j’attends patiemment le moment de placer mon : 12. Mais, un message laconique m’annonce ; « je n’ai pas compris votre demande, veuillez recommencer », Bip, Bip, Bip.

Je tente un nouvel appel mais, avec cette fois un avantage non négligeable, je sais qu’il me faudra faire le : 12 au moment fatidique. Nerveusement, j’attends et à l’invite de la machine, je fais le 12… Le robot inflexible… « Je n’ai pas compris votre demande, veuillez renouveler votre appel ».

Je sens la moutarde me monter au nez mais bon, il est inutile de se rebeller contre une machine.

Tout à ma frustration je raccroche, de toute façon j’ai prévu de sortir en ville ce matin, je passerai directement à l’agence, au moins j’aurai quelqu’un avec qui m’expliquer.

Bon, de quoi ai-je besoin ? Ma carte bancaire, ma carte d’identité et quelques pièces de monnaie pour affranchir le courrier qu’il me faudra régler tout à l’heure à la poste. J’enfile un manteau et je me mets en route. À peine quelques centaines de mètres plus loin, voilà la pluie qui s’invite. Je presse le pas car je ne me suis vêtu que d’une veste légère. Au loin, se profile la devanture de l’agence, encore un petit effort et j’y suis ;

— Bonjour Monsieur, je voudrais faire une opposition à ma carte bancaire, je crois avoir été victime d’une arnaque. Le banquier me répond :

— Je vais enregistrer votre demande mais vous devez déposer une plainte au commissariat ! C’est une démarche obligatoire, quand vous aurez votre récépissé, on pourra officialiser votre dossier. En attendant, je fais le nécessaire pour qu’on ne puisse plus prélever sur votre carte bleue.

— Très bien Monsieur, je vais de ce pas au commissariat et je vous tiens au courant.

Le poste de police n’est pas très loin, ça ne devrait pas me prendre trop de temps. Je me mets en route, une rue à traverser, quelques pas encore et me voilà arrivé aux marches du commissariat.

Tiens, le rideau de fer est fermé ! Approchons-nous, je lis la pancarte affichée, « La police est en intervention, en cas d’urgence appelez le 15, pour une démarche administrative merci de contacter la police municipale ».

Décidément, ce matin n’est pas mon jour de chance. Ne cherchons pas à comprendre et rendons-nous de ce pas chez les municipaux. Situé près du commissariat, je n’ai pas une grande distance à parcourir. Arrivé devant la porte à doubles battants, je sonne à l’interphone :

— Je voudrais déposer une plainte pour fraude.

Une hôtesse d’accueil vient m’ouvrir et m’invite à entrer, elle me prie de patienter en me présentant un siège. Elle décroche son combiné téléphonique et appel l’un de ses collègues.

— Le brigadier ne va pas tarder.

Elle m’invite à patienter en me présentant des brochures de sécurité. Un quart d’heure plus tard, j’ose un — Vous ne m’avez pas oublié ?

—Non, le brigadier arrive, encore un instant s’il vous plaît.

L’horloge de l’officine affiche 10 h 30, voilà plus d’une heure et demie que je suis en route, et moi qui pensais n’en avoir que pour une heure, tout au plus. La porte du brigadier s’ouvre, enfin il va pouvoir s’occuper de mon affaire. Il remet à l’hôtesse d’accueil un dossier confidentiel qu’il lui demande de classer et me rejoint ;

— Que puis-je faire pour vous Monsieur ?

— La banque m’a demandé de déposer une plainte pour ce que je pense être une fraude à la carte bancaire.

Le brigadier est très surpris et m’interrompt en me disant ;

— Mais, on ne vous a pas dit que ce genre de plainte doit se faire par internet de nos jours ?

Le rouge de colère me monte à la tête, mais je m’efforce de respirer calmement, je ne dois pas me laisser déborder par les émotions, de toute façon je serais forcément le perdant. Ma bonne éducation prend le dessus et je m’excuse presque de les avoir dérangés. Je n’ai plus qu’à reprendre le chemin de la maison et retrouver mon ordinateur. Sur la route du retour, j’irai à la poste afin de faire affranchir ma lettre. Elle attend depuis si longtemps d’être envoyée.

Le bâtiment jaune et bleu apparaît, je m’en approche mais. Non, ne me dites pas que ce n’est pas vrai, comme dirait le célèbre humoriste ; la poste est fermée pour rénovation, j’ai peine à y croire.

Ah, j’aperçois un panneau ; « bureau de poste provisoire à 300 mètres », ouf en avant pour ce nouveau jeu de piste. Arrivé devant les préfabriqués qui leur servent de locaux provisoires, je pousse la porte du bureau. Un préposé sympathique au demeurant, m’accueille :

— Je voudrais affranchir un courrier urgent, pas de problème.

—Suivez-moi, me dit-il.

Nous nous dirigeons vers les automates et il pose ma lettre sur la balance et me dit :

— Ça fait deux euros et cinquante centimes.

Je prépare ma monnaie et là j’entends :

— Je suis désolé monsieur, nous n’acceptons que les paiements par carte bancaire pendant la durée des travaux !

Je fulmine, je bous, je vais exploser, que faire, que dire ? Je me sens si impuissant et tellement énervé mais, c’est comme ça. Je range ma monnaie et je renonce à lui expliquer que ma carte a sans doute été piratée et que je galère depuis ce matin pour trouver une solution.

Arrivé à la maison, trempé comme une soupe car la pluie a redoublé, je branche l’ordinateur, c’est un vieux modèle et il lui faut du temps pour se mettre en vitesse de croisière.

Ça y est, il est prêt, je clique sur France-connect, le site du service public qui me demande mon identifiant et mon mot de passe, je ne le retrouve pas, bien évidemment. Je cherche dans mon carnet, ah le voilà ouf ! Je reprends mon ordinateur, mais il s’est déconnecté, il me faut recommencer depuis le début. Bon, ça y est, j’y suis de nouveau, sur quoi je clique ; « autre demande », je ne la vois pas, je perds la connexion, je reclique ; votre mot de passe ? Je clique, je reclique et à nouveau je dois tout recommencer. Me voilà de retour sur le site, je reprends tout. Ça ne marche pas ! Heureusement qu’il y a la rubrique aide et contact. Je clique mais, il faut se reconnecter à France-Connect !

De guerre lasse, j’essaie de trouver un numéro de téléphone mais non, rien, rien d’aussi simple qu’un contact humain, je me sens si seul. J’ai une envie soudaine de tout envoyer promener, balancer l’ordinateur contre le mur et partir à la campagne. Je peste contre l’administration française et puis finalement, j’éclate de rire quand je repense au film « Les douze travaux d’Astérix et Obélix », confrontés aux tracas de la « La maison qui rend fou ».

Une fiction, vraiment ?

Poème de Isadora Waltz, « Un jour je tairai le monde », proposé par Françoise T (hors proposition d‘écriture)

Un jour je tairai le monde
La rumeur des autres
Le bruit de ce qui n’est pas nous
Les romans imparfaits
Les amours inachevées
Puis je me tairai moi
Et t’aimerai comme une statue
Le cœur battant la pierre
La larme arrêtée
La main inoublieuse de ton corps
Je te tairai enfin
Comme on donne sa foi
Son autre
Sa caresse
Son écueil
Et quand nous serons tues
Le monde pourra recommencer.

Le rapport sur le bonheur dans le monde vient d’être publié pour cette année 2024 (provenance: ONU). La position de la France n’est pas si mal: 23e sur 143 pays. Le 1er étant la Finlande, comme de bien entendu. 

Je n’ai pas regardé pour les autres pays francophones, mais je vous invite à trouver ce rapport sur internet.

Chaque pays a des atouts extraordinaires et des difficultés à surmonter. Je plains les habitants du dernier pays classé, soit l’Afghanistan. J’ai une pensée sincère pour ses habitants, surtout les femmes et les filles, qui sont privées d’éducation scolaire notamment.  

Nous avons la chance, dans les pays occidentaux, de vivre comme on l’entend et de pouvoir vieillir heureux et en relativement bonne santé. Ce qui n’est pas le cas partout sur notre planète. 

Il est fort intéressant de savoir pourquoi la Finlande se classe en tête depuis 7 années. La proximité avec la nature, un bon équilibre entre le travail et la vie privée constituent, entre autres, la clé de la satisfaction des Finlandais. Ils possèdent un sentiment de confiance renforcée et de liberté à un niveau élevé. Ils bénéficient d’un niveau de vie élevé. A méditer …

Je vous donne rendez-vous samedi prochain pour d’autres textes.

Je vous souhaite une belle semaine créative.

Portez-vous bien, prenez soin de vous et célébrons la liberté et le bonheur ensemble.

Créativement vôtre,


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture. L'écriture est devenue ma passion: j'écris des livres pratiques et des romans.

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