Cette proposition d’écriture N°20 vous amenait en vacances, saison propice aux souvenirs d’enfance par excellence.

Cette semaine, nous partons sur la magnifique côte belge, dans un petit village dans le Cantal et nous suivons un trajet pour partir en vacances semé d’embûches et écrit d’un point de vue original!

 

Voici vos textes:

 

De Lucette de France

Les vacances 1990
Onze mois que nous attendons ce jour…
Les valises sont prêtes, à nous la liberté ???
Les chiennes sont à l’affût, que se passe-t-il, pensent-elles. Ils deviennent fous ou quoi, ils sont en train de mettre toute la maison dans leur voiture…Nous, on ne nous demande pas notre avis, on doit suivre. Nous devons partir vers 2 ou 3 heures du matin, mais, notre maître a toujours peur de ne pas y arriver, alors tout compte fait nous sommes partis vers 23 heures. Quelle galère sur ce trajet qui n’en finissait pas. Moi, Daisy la maman, je n’aime pas la voiture, je tremble de tous mes membres. Je suis mal, j’ai peur, et ma fille, « Câline » a honte de moi. Je ne suis pas en très grande forme, ce n’est pas pour autant que ma fille doit prendre ses grands airs en me snobant. Quelle génération, les jeunes veulent prendre le pouvoir, et nous reléguer. Il n’y a plus de respect, ma pauvre dame…
On roule sur le périphérique, toutes ces voitures à droite, à gauche au milieu, des queues de poissons, des coups de klaxon, non mais quelle idée d’être au milieu de tous ces fous. Nous sommes enfin sortis de cet enfer, avons attrapé l’autoroute, il n’y a plus qu’à…
A hauteur d’Orléans, j’entends des bruits bizarres, Vroum ! Vroum ! Vroum !!! Et la voiture s’arrête. C’est ça leurs vacances ? Ça s’énerve, ça crie, ils doivent prendre une décision, ils appellent leur assurance, et une « ambulance » pour voiture arrive, tous ces feux illuminent plusieurs mètres à la ronde. Ce n’est pourtant pas une fête foraine. Je n’y comprends rien. La voiture monte sur une remorque de camion, et nous voilà partis je ne sais où. Oui, mais voilà, il faudra attendre plusieurs heures avant qu’elle ne soit réparée. Bon, mon maître fait un chèque qui le fait grincer des dents, et nous voilà repartis. Grincheux mais quand même soulagé, mon maître décide de rattraper un peu du temps perdu. Il accélère, à cette heure là, il n’y a pas de gendarmes, et les radars dorment…D’un seul coup, un grand flash nous éblouit, et quelques mètres plus loin, un « mec » nous fait signe de nous arrêter. Mais que veut-il? Vos papiers S.V.P. Monsieur vous étiez 30 Kms au dessus. Grosse amende et 3 points en moins sur votre permis. Il ressort une nouvelle fois son carnet de chèques. En remontant dans la voiture, blême de rage, il fulmine. Il nous reste 150 Kms, maintenant, « cool Raoul » mais l’ambiance est tendue.
Bon gré, mal gré, il ne nous reste plus que 25 kms. Nous sommes dans l’après-midi, parce que rappelez-vous, nous sommes partis tôt pour arriver tôt, c’est-à-dire dans la matinée. Et bien avec toutes les péripéties, les pauses « pipi », nous avons mis le double d’heures. Pour terminer en beauté, la canicule s’étant invitée, elle nous a salués par un magnifique orage de grêle. C’était un vrai feu d’artifice, et comme conséquence, des impacts à divers endroits. Là, c’était le summum. Avant de décharger « la maison » qui était entassée dans le coffre, pour relâcher les nerfs, il y a eu des noms d’oiseaux de-ci de-là. Vivent les vacances !!!
Moi, je suis enfin sur la terre, je ne tremble plus. Après une bonne nuit réparatrice, demain sera un autre jour…
Conclusion : Rien ne sert de courir, il faut partir à point…

 

De Nicole de Belgique

De Vacances en souvenirs : La Mer du Nord

Un premier coup de projecteur: mon père, sans son costume bleu foncé, en chemisette, short et sandales lance ce gros ballon si léger, si difficile à rattraper pour mes petites mains.
Sinon, il filme avec sa caméra super-8, des souvenirs perdus à jamais, comme lui…
Après, les vacances se confondent.
De six à quatorze ans, les colonies de vacances Juillet et Août, ma mère travaillait.
Petite à De Haan (le Coq-sur-mer) chez “tante Renée’, des villas blanches, des tuiles rouges, des balcons, une architecture Belle Epoque voulue par Léopold III, le roi colonisateur du Congo. Einstein y a vécu, fuyant les nazis.
Puis ce fut Middelkerke et en fin Sint Idesbald (Saint Idesbald), un ancien village de pêcheurs.
Un musée Paul Delvaux, peintre surréaliste.
Je prenais le train de Liège à Ostende, sur la place devant la gare le Kusttram (le tram de la côte qui dessert toutes les stations balnéaires), il passe devant le Mercator, ancien navire-école.
Des dortoirs de +/- dix lits, des draps tendus, des couvre-lits de grosse cotonnade blanche.
Réveillées tôt, petit-déjeuner, ensuite, des exercices sur la plage cadencés en musique et à ma grande honte, marche et chants sur la digue.
Parfois baignades et glissades sur le brise-lames.
Diner (le déjeuner) sieste obligatoire et bavardages discrets.
Après-midi, cache-cache dans les dunes, des oyats, des buissons d’épineux impénétrables;
Pour goûter les traditionnelles tartines au sable, pain de mie et confiture grattée au millimètre, des grandes cruches de grenadine chaude.
Et le sable qui pénétrait tout, bouche, cheveux, maillot, short.
Chaque vendredi, le marché de Koksijde (Coxyde), à pieds en chantant…
Un kilomètre à pieds ça use, ça use, il y en avait bien cinq.
Avec notre argent de poche nous achetions des cartes postales et des souvenirs hideux.
Une fois par mois – les groupes changeaient, pas moi- nous visitions les ruines de l’Abdij Onze-lieve-vrouw (l’Abbaye des Dunes)
Ma grand-mère paternelle, en visite, m’offrait un coca-cola avec une tranche de citron ,(un goût d’apothicaire disait-elle) à la terrasse d’un café.
Une fois dans le sable, nous avons vu des noyées sorties de l’eau après une baignade en zone interdite, trois belles jeunes- filles, je n’ai jamais connu leur histoire. D’autres fois, ma mère venait avec des victuailles sucrées, nous roulions en cuistax, parfois jusqu’à la frontière française.
Le soir, près le souper (diner) nous avions un peu faim. Une fois, nous menâmes une expédition en cuisine, nous n’avons trouvé que portes fermées et quelques morceaux de sucre.
Trahies par des envieuses nous fûmes punies.
Je rentrais brunie et contente de retourner à l’école.
En définitive de belles vacances.
Plus tard, les vacances m’emmenèrent dans des ailleurs variés…
La Côte belge aux longues plages de sable fin aux dunes mystérieuses, définitivement défigurée par les promoteurs immobilier et les vacanciers, reste belle en automne, hiver et printemps.
Marcher le long de l’eau, sous le vent, revigore le corps et l’esprit.

 

 

De Laurence de France

 

J’avais neuf ans et c’était la première fois que nous partions en vacances en famille en été, c’est-à-dire mes parents et mon frère et moi, plus une de mes cousines, plus âgée que moi. Direction le département du Cantal, et plus précisément le village du Vaulmier. A l’époque, les autoroutes ne sillonnaient pas la France d’un bout à l’autre. Le trajet en voiture de cette époque a du durer un certain nombre d’heures, mais je ne m’en souviens pas.

Mes parents avaient loué une maison typique. Internet n’existant pas au début des années 70, des guides spécialisés proposaient des locations et il suffisait d’appeler ou d’écrire pour réserver. Autre époque, autres moyens.

Ce village du Cantal se situe en moyenne ou petite montagne, au choix. Je me souviens des montagnes environnantes, de la verdure. C’était aussi la première fois que je voyais ce genre de paysage. Nous vivions dans le nord de la banlieue parisienne, qui n’a plus rien à voir avec ce qu’elle est actuellement. C’était encore un coin tranquille, sans avion, ni déploiement de toutes les infrastructures actuelles.

Le Vaulmier contrastait étrangement avec notre décor quotidien : pas de pavillons, mais des fermes, des champs avec des vaches comme occupantes des lieux, des prairies verdoyantes, une petite rivière du nom de Mars. Ce village était tout petit et ses habitants avaient un accent pas trop compréhensible pour les enfants que nous étions.

Comme tous les villages de France, une église se dressait sur la place au centre du bourg, composée d’un élégant clocher de style roman. D’élégantes maisons avaient été construites dans les parages, mais semblaient abandonnées. Ce village avait connu dans son passé une économie plutôt florissante, mais paraissait moribond pour mes yeux de fillette, qui restait ébahie malgré tout de découvrir autre chose. Mes yeux frétillaient de plaisir à chaque découverte.

Même en vacances, ma mère nous concoctait des petits plats comme à son habitude. Dans ce coin d’Auvergne, les restaurants ne figuraient pas sur la liste des sorties. Dans la maison de location, tout le confort de la vie moderne de l’époque était disponible. Les deux petits que nous étions mon frère et moi,  plus ma cousine, nous dormions dans la même chambre.

Dans cette région montagneuse, le climat peut être hasardeux, même l’été,  mais j’ai le souvenir de belles journées ensoleillées qui nous emmenaient au bord de la rivière. Le mars était d’ailleurs plutôt un torrent peu profond, parsemé de ci de là de rochers chauffés par le soleil. L’eau était froide, mais on s’amusait bien. Mais, par une après-midi chaude, on a eu très peur, car on a aperçu des vipères nageant tranquillement dans les eaux torrentueuses. Cela nous a même refroidis dans nos jeux d’eau. Ma mère surtout a craint le pire, avec sa peur des serpents. C’était la première fois que j’en voyais un en vrai. Ça faisait peur mais c’était fascinant.

Je me souviens aussi des toits en lauze descendant jusqu’au niveau du sol caillouteux. On m’avait expliqué que c’était à cause de la neige l’hiver ; cela m’impressionnait, moi qui voyais peu de neige en cette saison.

On a du aller marcher dans les vallons au-dessus du village. On a même grimpé le Puy Mary, situé non loin du village, un des sommets culminants de la chaîne des volcans d’Auvergne. Je me souviens d’un chemin étroit pour accéder au sommet et d’avoir eu peur à cause du vide des deux côtés des flancs de la montagne. La vue d’en haut était époustouflante : autant de montagnes quand on est petit, cela impressionne.

Ces quelques semaines dans ce lieu qui me paraissait enchanteur m’avait fait un bien fou, après la maladie des oreillons virulente attrapée en juillet, juste au début des vacances scolaires.

 

C’était il y a presque cinquante ans, et le souvenir de ces vacances est resté imprégné dans ma mémoire.

 

 

 

Vous allez devoir faire preuve d’une grande imagination pour partir dans le futur de la proposition d’écriture N° 21. 

Pour cela, laissez-vous guider par votre intuition, votre imagination, votre envie d’écrire!

C’est un jeu de créativité.

Laissez filer vos idées avec des mots!

Pensez à m’envoyer vos textes via la rubrique “me contacter” ce ce blog.

J’ai hâte de lire vos créations.

 

Créativement vôtre,

 

LAURENCE SMITS, La Plume de Laurence

 

 

 

 

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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