Bonjour à toutes et tous,

La petite fille rêveuse vous a inspirées pour cette proposition d’écriture N°24, Mesdames; BRAVO à vous pour ces textes magnifiques!
Quel plaisir de lire toutes ces belles histoires; j’ai franchement adoré!
J’ai aimé mettre mes pas dans ceux de Lewis Caroll ou de tout autre auteur de conte, faire évader cette petite fille dans un univers féérique avant que la réalié ne la rattrape!

Voici vos textes:

De Catherine de France

Un rêve de petite fille

« Adélaïde ? ADÉLAÏDE ? Mais où est-elle encore passée ? On va être en retard !!! Si tu ne viens pas tout de suite, je pars sans toi ! »
La mère d’Adélaïde a beau appeler, personne ne répond à ses sommations impatientes, et surtout pas Adélaïde ! Elle n’a pas du tout l’intention d’aller chez tante Daniela, cette vieille pigron qui lui pince les joues et qui sent la violette à plein nez.
Lasse d’attendre, d’appeler et de tempêter, sa mère décide de partir sans elle : « Mais on parlera de ça avec ton père ce soir ! » l’avertit-elle. Elle s’installe au volant de sa voiture et démarre.
Du haut de son perchoir, Adélaïde entend le véhicule s’éloigner et soupire d’aise. Elle va échapper à un après-midi ultra barbant chez cette très vieille tante où il faut rester assise bien sagement en attendant pendant des heures celle de partir enfin. Elle sait bien que ce soir, il lui faudra affronter les reproches de sa mère, assortis d’une bonne leçon de morale et d’une punition. Mais tant pis ! Pas grave ! Au pire, elle sera privée de télé pendant 2 jours, mais c’est le juste prix de sa liberté d’aujourd’hui.
Son perchoir, c’est son petit bonheur ! Installé en haut d’un arbre, tout au fond de la propriété, dans un petit bosquet, elle y accède par une petite échelle de bois qu’elle a confectionnée avec son grand copain Jeannot. Ils ont réussi à coincer une large planche entre 2 branches bien solides pour s’y asseoir tous les 2, et Adélaïde a toujours hâte de se réfugier dans cette petite bulle très privée et très secrète.
Assise tout là-haut, elle peut voir toute la vallée du Suin, avec la petite rivière qui serpente au milieu des prés et le vieux moulin en ruine. De là, elle peut aussi voir les voitures qui montent au hameau des Buissonnets, et surveiller la progression de Jeannot, en route pour la rejoindre.
Aujourd’hui, elle se devait d’être là et de l’attendre, car c’est le jour où il doit apporter la carte routière, subtilisée à son père. Parce qu’ils ont un rêve à réaliser tous les 2, un rêve qu’aucun adulte ne pourrait comprendre : ils ont appris que des loups étaient arrivés dans la Nièvre et projettent d’aller à leur rencontre.
Depuis leur nid d’aigle improvisé, ils ont longuement devisé au sujet des loups, dévorant plein de livres passionnants, et nourrissant ainsi une véritable fascination pour ces animaux. Ils ont collecté tous les articles de journaux qui relataient leur migration vers la région voisine. De là à rêver d’y aller, il n’y avait qu’un pas. L’étape de ce jour consiste à tracer leur route sur la carte. Ensuite, il faudra préparer la grande expédition, prévue pour cet été. Une véritable aventure quand on n’a que 9 ans !
En attendant Jeannot, Adélaïde se prend à rêver de sa future rencontre avec les loups. Elle sait qu’elle n’aura pas peur d’eux et qu’eux non plus n’auront pas peur d’elle. Ils deviendront amis et elle leur montrera le chemin jusqu’à son petit bosquet où ils pourront s’installer et vivre en secret. Et elle, en secret, deviendra la Princesse aux Loups.
Ce rêve là qui sera bientôt réalité, elle n’en doutait pas, valait bien une privation de télé pendant 2 jours, et même plus, s’il le fallait !
Tiens, voilà Jeannot, là-bas, près du vieux moulin et on dirait bien qu’il a réussi à prendre la carte de son père !

De Lucette de France

Déjà, ce dessin me fait penser aux dessins de Peynet, qui ne dessinait que des amoureux…
Qui est cette petite fille ? A quoi pense-elle ? Est-elle heureuse ?
J’imagine la vie de cette petite fille amoureuse, la lune est grise, un petit nuage les saluent en passant. Quand je dis « les » c’est elle et la lune.
«  Eh Oh !!! Pourquoi es-tu en haut de cette échelle adossée à cet arbre ? Descends, tu vas tomber… ».

Pas de réponse, les yeux mi-clos, elle est dans son monde, sans doute auprès de son amoureux qui la fait attendre, ou bien tout simplement, ils ont interdiction de se voir. Trop jeune pour ses parents d’être amoureuse, ou plutôt, son père l’a promise à un vieux seigneur très laid et alcoolique, presque ruiné, mais son nom est à particule…
En attendant que son sort se décide contre sa volonté, elle est dans un décor de rêve, dans la nature de couleur rose et bleu foncé.
« Tiens, j’ai une idée, je vais m’inventer en chevalier blanc, et la ravir sous les yeux de sa famille. Voudra-t-elle me suivre ? Arrivera-t-elle à oublier celui pour lequel son cœur souffre tant ? ».
« Allez ! Je mets ma grande cape rouge, monte sur mon cheval brillant comme du jais, ses rênes sont dorés, ses yeux sont deux agates dans la nuit. J’avance à pas de loup, elle n’entend aucun bruit, toujours plongée dans sa rêverie. Mais pourtant, elle devrait être endormie dans un beau lit à baldaquin ? Allongée dans une grande pièce froide, surveillée par les espions de son père… Après tout peut-être vit-elle un cauchemar, et qu’elle veut se noyer là tout près, dans cet étang aux reflets glauques, qui n’attend qu’elle. Pourquoi cette eau morte l’attire tant ? La brise légère de cette nuit est pourtant faite pour les promesses, les avenirs et les devenirs. »
La lune poétique lui fait un signe qui la sort de sa torpeur, elle baille aux corneilles, elle sort de ses pensées, s’étire et revient à la vie…
Elle me voit, me fait un grand sourire. Comment résister à une si belle avance ? Je saute de mon cheval, cours vers elle, l’enlace. Ce qui devait arriver arriva… L’herbe est fraîche, la mousse est douce, et de cabrioles en baisers volés, nous nous sommes aimés comme si on devait ne plus se revoir, ou peut-être mourir demain…
Un grand bonheur plane sur nous, nous avons oublié tout ce qui nous entoure, cette nuit est magique, romanesque, un souvenir qui restera planté dans mon cœur à jamais…
Nous nous sommes endormis sous le ciel étoilé, quelle nuit poétique. Non ce n’est pas de l’utopie, il y a des miracles, laissez-moi mon rêve…Ne me volez pas mon rêve…
Entre réalité et rêverie il n’y a que quelques mots, quelques phrases, qui n’appartiennent qu’à moi. Alors, S.V.P laissez- moi encore avec elle…

De Nicole de Belgique

Je suis une enfant solitaire de 12/13 ans.
Un carré de verdure face à la maison, un grand arbre seul se dresse au milieu,
Je caresse doucement son écorce rugueuse. Il me parle, m’accueille en son coeur, trois branches en forme de fourche.
Au sortir de l’école, je m’y installe loin des soucis familiaux.
Je rêve ma vie, j’invente des histoires d’aventurière tirées de mes lectures des “Marabout Mademoiselle”.
Je suis Vicky sous la protection du Serpent à plumes et d’un sorcier indien, je fais face à la chaleur étouffante, aux reptiles, à mille dangers.
Je mange mes premiers “beans” réchauffés au feu de bois.
Je suis Sylvie l’hôtesse de l’air, de pays en pays je voyage au gré de péripéties tumultueuses.
Je suis Jennifer, journaliste, le métier que je voudrais exercer plus tard.
Je suis Désirée Clary, un amour de Napoléon.
Je suis Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire.
Je suis une émule de d’Artagnan.
Je lis Line, le journal des chics, premières BD acceptées par ma mère.
Je voyage en Chine avec Pearl Buck.
Je plonge dans les histoires de l’Histoire, souvent mystérieuses, parues dans Historia, un magazine qu’achète ma mère.
Deux trois ans plus tard, je commence à m’intéresser aux garçons de l’Académie des Beaux-arts qui rôdent aux abords du Lycée, un autre genre d’aventure en terre inconnue.

De Laurence de France

Etiennette aimait s’aventurer dans les arbres qui bordaient les terres de son père, propriétaire terrien dans le Limousin. C’était l’été, tout était calme. Il faisait chaud ; l’horizon offrait des vaguelettes nuageuses, et le lendemain serait sans doute encore torride.
La jeune fille voulait se rafraîchir à l’ombre de son arbre préféré qu’elle avait baptisé « Figolin », car c’était un figuier qui fournissait des figues succulentes à toute la famille. Elle grimpa tout en haut de sa cachette préférée, loin de l’agitation de la ferme. Elle n’avait jamais eu peur de grimper aussi haut par l’échelle en bois quelque peu vermoulue du grand-père. On n’a pas peur quand on a huit ans !
Quel délice de se retrouver seule, tranquille, à rêvasser, loin des corvées imposées!
Elle avait passé la matinée à nourrir les volatiles du poulailler et elle désirait ardemment un peu de quiétude, seule, pour se délecter du paysage de la nature et rêver. Elle aimait se plonger dans une espèce de rêvasserie, dans une torpeur bienfaisante, où personne ne la dérangeait. Dans ces moments-là, Etiennette arborait un second visage, celui d’une petite fille qui inventait des histoires comme Alice au Pays des Merveilles.
Comme le personnage du roman de Lewis Caroll, elle aurait aimé voir un lapin surgir de nulle part. Il lui aurait fait signe de la suivre pour arpenter des mondes inconnus, mais tellement féériques. Ou alors ils auraient fait un tour de barque sur la rivière minuscule de son village, qui, dans ses rêveries, devenait un fleuve intrépide, tel la Loire. Les arbres du coin se seraient pliés en deux pour la saluer, telle une princesse des champs dorés d’un village perdu au fin fond de la campagne limousine.
Le lapin agile aurait ramassé des pierres de taille dans le lit de la Sédelle pour les sculpter afin de lui construire un château. Un édifice en dur, aussi beau que le palais du facteur Cheval. Tous les animaux du bois voisin auraient chacun rapporté quelque chose pour consolider son castel. Ils étaient ses amis, elle leur parlait toujours longuement, leur racontant ses rêves d’une autre vie que la sienne de paysanne, coincée sur ses terres loin de la ville.
Une des oies du poulailler familial serait venue la rejoindre et elle aurait pris place sur son dos. Elle aurait accompli le plus beau des voyages, un périple merveilleux, elle qui n’était jamais partie de son coin natal. Elle aurait fait comme Nils à travers la Suède sur le dos d’une oie sauvage. Elle aurait vu sa région de haut, aperçu la grande ville, Limoges, dont elle entendait toujours parler comme un lieu de dévergondage et de libertinage, qui ne convenait pas à une jeune fille sérieuse. Etiennette était bloquée dans la ferme de ses parents, qui la partageaient avec leurs propres parents. Aucun espace de liberté. La liberté, pour elle, c’était vagabonder avec les enfants du village dans les chemins de traverse, à pied ou à bicyclette, à ramasser les fleurs sauvages, à tresser des couronnes avec certaines graminées.
Perdue dans ses pensées songeuses, elle continua son voyage en bonne compagnie. L’oie volant trop vite, elle serait tombée en chute libre sans se faire mal, mais la peur au ventre.
« Ouf ! Je m’en suis bien sortie », penserait-elle, « j’ai cru que j’allais m’écraser. Sales bêtes, à part jacasser pour un oui, pour un non, elles ne savent rien faire. Je dois rentrer à pied maintenant. Je fais comment ? Je ne sais pas où je suis, moi ! », finirait-elle sur un ton déconcerté.
Puis, un prince charmant, qui aurait pris les traits du plus beau garçon du village et qu’elle aimait en secret, serait arrivé au galop sur son cheval bai, l’aurait attrapée dans sa course et l’aurait ramenée au bercail après lui avoir donné son premier baiser.
« Toinette, où es-tu ? C’est l’heure du goûter. Toujours à gambader cette gamine, c’est pénible tout de même. », cria sa mère, comme tous les jours.
La réalité se rappelait à elle, fini le rêve, du moins pour cette journée. Elle ne raconterait rien de ses aventures imaginaires, car on lui aurait intimé l’ordre de cesser ces enfantillages immédiatement, qui, pour l’entendre maintes fois, n’étaient plus de son âge. La couture et les confitures l’attendaient, comme tous les après-midis d’été, depuis son enfance.

Vous pouvez voir la proposition d’écriture N° 25  sur ce blog, il vous est proposé de repartir dans des souvenirs d’endroits où vous avez dormi!

Je vous souhaite une belle lecture.
Chaque proposition d’écriture est un exercice de créativité.
Laissez-vous guider par votre intuition, votre imagination, votre envie d’écrire!
Ecrire est un plaisir et un jeu de créativité!
Laissez filer vos idées avec des mots, même simples!

J’ai hâte de lire vos créations.

Pensez à m’envoyer vos créations via la rubrique me contacter” du blog La Plume de Laurence.

Créativement vôtre,

LAURENCE SMITS, La Plume de Laurence

 

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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