La marcheuse sur la mousse, pour cette proposition N° 30, a foulé le chemin de Saint Jacques de Compostelle par deux fois, s’est perdue en forêt et a revêtu les traits d’une championne.
Entre souvenirs, sensations et admiration, la marcheuse a fait des envieux!

Je vous souhaite une belle lecture.

Voici vos textes:

 
De Catherine de France
 
 
What’s up, c’est quand même bien ! Grâce à cette application, on reçoit régulièrement des nouvelles de Martine, partie depuis 3 semaines déjà, sur les chemins de Compostelle. Et, grâce à elle aussi, on lui envoie des encouragements et des nouvelles de notre petite vie relativement tranquille, ponctuée de marche nordique bi-hebdomadaire, à raison de 13km à chaque fois, alors qu’elle en fait 20 par jour, avec des dénivelés importants. Je ne sais pas si elle a besoin de nos encouragements, car, sur les selfies qu’elle envoie, elle semble vraiment radieuse.
Partir sur les chemins de Compostelle n’est pas forcément une démarche mystique, mais plutôt une démarche personnelle pour retrouver son vrai Moi, en dehors de toutes contraintes sociétales, pour chercher ses propres limites et valeurs, ou se confronter à soi. Certains partent après un événement douloureux, affectif ou de santé, d’autres pour se prouver qu’ils sont encore bien verts, alors que l’heure de la retraite vient de sonner.
Pour Martine, c’est la violence d’un divorce subi et subit qui l’a mise sur ce chemin. Elle est mue par le besoin de retrouver son estime de soi, et de se prouver qu’elle est capable de dépasser des épreuves et de vivre avec moins d’avoirs matériels. Toute l’année, elle s’est préparée en marchant avec nous, un sac de 20 kilos sur le dos pour s’habituer au poids, et des chaussures neuves qu’elle a faites à son pied les 3 ou 4 dernières randonnées.
Elle force mon admiration, car elle est partie seule, avec sa tente et son réchaud, sans avoir de points de chute fixés à l’avance : elle voulait être libre de son temps et de sa vie. Moi, j’aurai craint de planter ma tente n’importe où, à la merci potentielle de n’importe quel pervers, de marcher seule et de tomber dans un ravin sans que personne ne sache où je suis, de ne plus avoir de batterie pour mon téléphone et donc de ne plus pouvoir donner ou recevoir de nouvelles, de ne pas trouver de quoi me ravitailler … Chacun devine bien là mon grand côté aventurier !
Alors, forcément, je ne peux que l’admirer, cette Martine insouciante, fonceuse et dynamique. Je la vois fouler la mousse d’un pas décidé avec ses nouvelles chaussures, sa tenue de randonnée et ses bâtons de marche nordique. Je la vois, malgré le poids de son sac, marcher de ce pas de danseuse qu’on lui envie tant et qu’on n’a jamais vraiment su imiter malgré son enseignement. Elle semble frôler le sol de son pas léger et subtilement déhanché, fichant fermement le bâton près de son pied en avant, pour pousser dessus et le lâcher gracieusement en arrière, puis le reprendre énergiquement pour recommencer. Je la vois avaler sans essoufflement le chemin, et savourer tous les cadeaux de la nature, s’arrêter pour profiter, ou pour grignoter, ou pour bouquiner, allongée dans l’herbe, le temps d’un court repos : bref, jouir du temps présent, de sa liberté et de la nature.
De temps en temps, elle s’arrête dans un camping, ou dans un gîte pour pèlerins, pour la lessive, la douche, pour recharger son portable ou s’offrir le luxe d’un vrai lit, mais elle ne renonce surtout pas à ses spots rencontrés au hasard du chemin et qu’elle s’approprie le temps d’une nuit : un petit champ en bordure d’un ruisseau, un auvent de chapelle…
Dans une semaine, elle arrivera à Roncevaux, sa dernière étape pour cette année. La partie espagnole, plus dure et plus longue, elle la fera l’année prochaine.
En tous cas, sur les photos qu’elle envoie, elle est si radieuse qu’on sent qu’elle a déjà trouvé quelque chose de fort, d’intense, d’intime, sans doute ce qu’elle était allé chercher. L’Espagne sera son bonus vers une nouvelle vie. Mais, quand même, il faut aimer marcher encore et encore ! La question du moment est : saura-t-elle s’arrêter de marcher, car elle semble si heureuse et si invincible sur le chemin de son Moi intérieur ?
 
 
 
 
 
De Lucette de France
 
 
Qui n’aimerait pas s’endormir sur ce coussin végétal, écoutant le joli raffut des oiseaux, admirer le vol d’une abeille ou d’un papillon ? Qui ne serait pas surpris de se voir observer par deux yeux et quatre pattes, se demandant qui est l’intrus qui lui a volé sa litière ?
Et bien non, je vais aller me promener avec mon jeune frère dans cette belle forêt de Compiègne. Avec nos panoplies de marche (chaussures et survêtements de circonstance), d’un pas décidé, nous pénétrons dans cette forêt silencieuse, comme on entrerait dans une cathédrale. Aucun bruit à l’horizon, que des chants d’oiseaux des bois, des pics et leur musique. Certains tapent sur des bambous, eux ce sont des troncs pour y trouver leur nourriture. Tous ces arbres, dont certains sont plus que centenaires, nous accueillent religieusement dans un silence feutré, la paix est de circonstance dans un tel endroit. Ces allées qui vont et viennent dans tous les sens, qui ne nous mènent nulle part, puisqu’à chaque fois on se perd, ces amoureux enlacés qui se cherchent eux aussi une petite mousse bien douce pour échanger leurs serments…
Louis est en « perm » puisqu’il est « mousse » sur un sous-marin basé à Brest. Donc, on profite de ses rares moments pour se rappeler nos jeux d’enfance dans cette forêt. Tout jeune, nous nous déguisions avec les éléments que l’on trouvait, des fougères pour s’en parer, de la mousse sur la tête, des fleurs jaunes appelées « coucou » dans nos cheveux. On se croyait « homme des cavernes ». Des jeux bien innocents, mais ô combien joyeux et plein d’insouciance.
Quand il est ici, il redevient le petit Louis, il oublie tous les soucis de la vie quotidienne. On continue notre promenade… Que de mousse le long des arbres, très néfaste pour leur développement, mais que c’est beau lorsqu’ils sont ornés de petites fleurs par-ci par-là qui poussent dans cette mousse bien verte. Nos regards sont attirés par quelque chose de mystérieux. On gratte avec notre bâton, et on aperçoit un cèpe. Etant prévoyants,  nous prenons toujours un panier en osier pour y déposer délicatement nos trouvailles. Quel beau champignon ! On avance toujours tranquillement, puis deux, puis trois, puis cinq, puis dix. Nous sommes émerveillés par cette trouvaille. Peu de gens doivent y venir, d’où ce miracle. On avance toujours, discutant de tout et de rien, bientôt notre panier sera trop petit, mais on n’arrive pas à repartir. C’est une aubaine d’en trouver autant. Ce soir c’est omelette aux cèpes, nos parents ne vont pas en revenir…
Nos pas nous emmènent encore plus loin, et toujours plus de champignons. Dans une clairière, nous croyons à un mirage, un couple de chevreuils et ses petits. Nous sommes sidérés par tant de grâce, les voir danser vers l’inconnu pour nous, c’est féérique. Que de beauté, de calme, de sérénité. Il y a maintenant quatre heures que nous marchons, on n’a pas vu passer l’heure. Déjà 19 heures, en septembre les jours deviennent plus courts. On reprend le même chemin, enfin le croit-on, on marche et marche encore. Il faut se rendre à l’évidence, nous sommes perdus. Cette histoire date des années 1970, donc, pas de portable. Je commence à paniquer au fur et à mesure que la nuit arrive. Louis semble plus rassuré, il en a vu d’autres. Il tente de me rassurer, mais rien à faire, l’angoisse monte, j’ai du mal à respirer. Au bout de trois heures à chercher notre chemin, (là on avait occulté nos cèpes), on décide de se reposer dans une cahute que l’on s’est fabriquée avec les moyens du bord, branchages de toutes sortes, en espérant qu’il ne pleuve pas, et éventuellement se protéger des prédateurs. La lune nous surveille, le ciel n’est pas menaçant, les étoiles nous narguent en scintillant au-dessus de nos têtes. Nos parents vont s’inquiéter, que vont-ils faire?
Ils ont prévenu des amis, les gendarmes, et tout ce monde réuni est parti à notre recherche dès l’aurore. Louis m’avait enlacée pour avoir moins froid. On a faim, on a soif, on a sommeil. Nous avons été imprudents, on doit assumer…
Les tous premiers rayons du soleil pointent à l’horizon à travers les branchages touffus, donc, nous savons que nous devons prendre cette direction à l’est, là où est notre village. Notre panier sous le bras, on repart plein d’espoir. On avance, on avance, depuis plus d’une heure, et d’un seul coup Louis me dit « tais-toi ».
«  Il est fou, moi je n’ai rien entendu. » « Tais-toi, je te dis ».
 Tout au loin, on entend un petit murmure, on court tout droit vers ce bruit. Il se fait de plus en plus bruyant. Ce sont des bûcherons ? Des jeunes gens sur leurs motos qui saccagent tous ces beaux chemins avec leurs motos ? Là on se sent mieux, enfin on va pouvoir revoir des humains. Ils seront les bienvenus, je vais les embrasser, c’est sûr. Louis me dit de me calmer, c’est toujours plus assourdissant, quand tout à coup, une grosse voiture tout terrain surgit. Ouah !!! Des voisins nous cherchent depuis des heures. Ils nous disent que des équipent sont parties dans d’autres directions pour se donner plus de chance de retrouver. Les premiers qui nous découvrent doivent souffler dans un cor de chasse, dont chaque groupe était muni. Un écho nous a répondu, en une demi-heure, nous étions encerclés par notre famille et nos amis que nous avions alarmés. Les gendarmes nous ont sermonnés, nous pleurons dans les bras de nos parents…
Une fois la tension retombée, chacun reprend son souffle, et tous ont des yeux envieux sur notre cargaison de cèpes. On décide, pour les remercier de les convier pour déguster une bonne omelette aux cèpes, ils l’ont bien méritée. Avant il faut retrouver notre « Dodoche rouge », comme la voiture de la sœur de Fernand Reynaud. On longe la forêt après avoir bien piétiné la mousse, qui nous a perdus par notre ignorance du danger. On finit par la voir qui attend tranquillement. Nous sommes épuisés, mais si heureux de revenir dans la vie.
A dix heures du matin, on discute en expliquant comment c’est arrivé. Une pinte de mousse pour certains, un bon café corsé pour d’autres. Cette omelette a été dévorée en quelques minutes. Notre panier est vide, mais que de souvenirs.
Quarante ans après, on en reparle toujours, mais quelle peur j’ai eue…
 
 
 
De Laurence de France
 
 
Pour éviter la file de badauds, Amélie décida de partir sur le CHEMIN, le Camino, à partir du premier jour d’octobre. Elle ressentait le besoin impérieux de se confronter aux éléments, aux forces que la Nature dégageait, au rythme qu’elle imposait.
Elle avait besoin de communier avec la nature, de vivre en son sein, de se plier à ses exigences. Cela ne lui faisait pas peur. Elle en avait besoin. Elle ne supportait plus sa vie actuelle et avait décidé d’arpenter le chemin, pour ENFIN trouver son chemin.
 Elle se sentait perdue, au milieu de cette grande ville dans laquelle elle habitait, envahie par les touristes pendant les mois d’été, et tout le reste de l’année d’ailleurs. Elle possédait cette certitude que cette démarche la changerait à jamais, qu’elle reviendrait soulagée, débarrassée de ses maux, confrontée à elle-même et ne pouvant se fier qu’à sa propre personne.
Saint Jacques, c’était le graal à atteindre ; c’était comme si on lui avait dit « tu marcheras sur la Lune ». Ça paraissait tellement loin, improbable, après l’avoir pensé des milliers de fois dans sa tête, après l’avoir rêvé tant de fois !
Et elle était là, debout devant la cathédrale Notre-Dame du Puy en Velay, n’en croyant pas ses yeux. Cela allait enfin commencer ! Elle avait souhaité prendre le départ à un endroit stratégique, un vrai départ sur les cartes de randonnée qu’elles s’étaient procurées.
« Partir d’Arcachon, c’était trop facile », s’était-elle dit dès la préparation du voyage. Elle aurait simplement traversé les Landes et elle serait déjà arrivée à la frontière espagnole. Le climat est encore doux à Arcachon en ce début d’automne. Elle, ce qu’elle voulait, c’était connaitre les pluies cévenoles, le vrai climat d’automne, le dénivelé entre Le Puy et Figeac dans ces belles Cévennes, avant d’appréhender les Pyrénées au début de l’hiver.
Sa famille avait bien tenté de la décourager, en la prenant pour une folle de partir si tard dans la saison. Ses parents lui avaient sagement conseillé d’attendre le début du printemps. Elle n’en pouvait plus d’être sage, de ne jamais sortir de sa zone de confort. Elle avait décidé, un point c’est tout.
Elle voulait voir du paysage, admirer les causses de Lozère, se délecter des gorges de l’Allier, arpenter le plateau sinueux de l’Aubrac, découvrir Conques, s’éblouir de la vallée du Lot. Elle voulait s’imprégner de ces campagnes mirifiques, loin de tout et de tous.
 
Elle attendait son pèlerinage intérieur avec grande impatience.
 
Cela faisait désormais quinze jours qu’Amélie marchait, randonnait, entre sueurs froides, averses, ampoules, douleurs dans son corps, mais elle était si heureuse ! Elle irradiait et elle acceptait avec dévotion tout ce qui se présentait à elle dans le ciel et sur terre.
En apercevant un bois au loin composé de grands arbres aux teintes automnales colorées, elle se sentit divinement bien. En pénétrant dans le sous-bois, quelle ne fut pas sa surprise de voir comme un tapis de mousse recouvrant le sentier ! Elle ne put résister à l’envie de se déchausser et de marcher pieds nus dans cette mousse encore verte, jaunissant par endroits, mais tellement douce et confortable.
Elle se sentait légère, tellement jeune et pleine de vie qu’elle sautillait, comme une enfant joyeuse. Les arbres virent alors la randonneuse fouler la mousse d’un pas décidé mais léger, avec ses nouvelles chaussures de marche et sa tenue de randonnée. Ils savaient, eux, qu’elle adorait marcher dans la nature.
Elle ressentait une harmonie attachante et libératrice. Elle arpenta longtemps ce doux duvet ; elle avait les pieds complètement mouillés, peu lui importait. C’était tellement bon ! La mousse cédait la place à des fougères un peu plus loin, derrière lesquelles elles auraient pu se cacher, certaines mesurant près de deux mètres de haut.
Qu’elle était revigorante cette forêt ! On s’y sentait bien, léger, les pieds respiraient et devenaient moelleux comme la mousse elle-même, qui étouffait les pas d’Amélie. Elle observait aussi comment le tapis vert sur lequel elle évoluait prenait l’empreinte de ses pas. Au fur et à mesure de son avancée, les traces disparaissaient et la mousse reprenait son aspect habituel, comme si rien ne s’était passé.
Amélie avait en tout cas pris plaisir à découvrir de nouvelles sensations sous la plante de ses pieds, qui, dans son ancienne vie, étaient enfermés dans des escarpins à talons aiguille. Que c’était doux, le velouté de la mousse, la lourde terre emplie des pluies précédentes ou les copeaux de bois humidifiés.
Elle avait pleinement réussi à abandonner le confort de la civilisation, à perdre ses repères et à en créer de nouveaux chaque jour. Depuis quand n’avait-elle pas été aussi libre en plein air deux semaines d’affilée ?
Sa vie d’avant ployait sous les contraintes, l’emprisonnant dans une cage doublement fermée, dans un carcan qui l’étouffait.
Depuis deux semaines, Amélie voyait défiler les bois, les arbres, les vignes, comme une sorte de garrigue et la montagne au loin. Elle était bien loin de ces villages de vacances au bord d’une mer cristalline à l’autre bout de la planète, dans lesquels elle avait pris l’habitude de passer ses vacances.
Elle était riche désormais des premières découvertes qu’elle faisait et réalisait aussi que la vraie vie se tenait là, chaque jour différente. Elle développait également tous ses sens. Ses sensations passaient aussi par l’odorat, avec toutes ces senteurs d’arbres, de feuilles en décomposition, de cet automne qui était bien lancé. L’ouïe n’était pas en reste avec tous ces sons d’oiseaux, le bruissement du vent dans les feuilles, le grincement des arbres qui concoctaient une ambiance particulière. Elle apercevait, de temps à autre, des écureuils la regardant et elle s’attendait, d’un moment à l’autre, à voir surgir des petits lutins. Elle se tenait en permanence en haleine, impatiente de découvrir ce qui l’attendait au pas suivant.
 
Tout cela conférait à ses pérégrinations un éternel parfum de vacances. Et ce n’était que le début.
Amélie savait qu’elle irait au bout, qu’elle irait s’agenouiller devant la statue de Saint Jacques en guise de remerciement.
 
 
De Nicole de Belgique
 
Une gazelle sur le chemin
 
Je la vois fouler la mousse d’un pas décidé avec ses nouvelles chaussures et sa tenue légère de randonnée, elle adore marcher et surtout courir sur ce chemin forestier qui descend du promontoire rocheux vers la mer et l’anse où se trouve amarré le bateau.
J’aime la regarder descendre lorsqu’elle se met à courir.
Ses foulées sont longues, elle touche à peine le sol telle la Gazelle noire, Wilma Rudolf, elle en a l’élégance aérienne, c’est une magicienne.
Je suis un admirateur absolu de son énergie, sa puissance et sa détermination.
Tous les matins, elle s’arrête, pas loin de moi. Ses étirements déploient ses muscles fuselés.
Et voilà, la magie fait place belle à la réalité de sa vie et de la mienne.
Je l’attends à bord du bateau avec un café fumant, nous allons commencer notre journée de pêche en mer.

Chaque semaine, vous recevez une proposition d’écriture, pourquoi ne pas vous lancer?
Il n’y a que le premier pas qui coûte…

Chaque proposition d’écriture est un jeu de créativité!
Laissez-vous guider par votre intuition, votre imagination, votre envie d ‘écrire!

La proposition d’écriture N° 31 vous propose de vous mettre à la place d’un légume du potager.
J’ai hâte de lire vos créations.

Pensez à m’envoyer vos créations dans la rubrique “me contacter” du blog La Plume de Laurence.

https://www.laurencesmits.com/contact/

Créativement vôtre,

LAURENCE SMITS, La Plume de Laurence
 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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