Pour cette proposition d’écriture N° 32, le tarot vous a inspirées, Mesdames, pour écrire vos textes.
Ce qui est fascinant, c’est de découvrir dans quelles voies nous nous dirigeons à partir d’une même consigne.
Le tarot peut donc vous aider à débloquer une situation dans vos histoires, peut vous conduire sur une autre piste à laquelle vous n’auriez pas forcément pensé.
Je vous souhaite une belle lecture.

Voici vos textes: 

De Carole de France

Il était une fois dans un village, une petite fille prénommée Caroline, elle avait le visage fin, les
yeux marron, les cheveux blonds avec une légère tendance à bouclé les yeux bleus, elle vivait
dans une ferme avec ses parents. Ce matin, Caroline jouait dans sa chambre avec un jeu de cartes et
l’une de ses poupées.
Caroline, depuis son plus jeune âge, avait toujours eu une grande imagination. Elle n’avait que 8 ans au
moment où commence cette histoire. Ce jour-la, une idée lui vint. Elle saisit son jeu de cartes et les
regroupèrent en quatre paquets, puis les disposèrent en losange.
Après quoi, elle se mit à s’esclaffer en voyant sa création. Au même moment, elle prit sa petite
poupée et lui dit :
« – Tu vois, le monde que j’ai créé », fit elle en montrant sa création à sa poupée.

Pour Caroline, sa poupée ainsi que la plupart de ses jouets, avaient dans sa tête le don de parler,
voilà pourquoi elle pensait que sa poupée lui répondait :
-« C’est vrai qu’il est très beau » , fit elle comme si elle parlait à quelqu’un.

Puis elle parla encore à son jouet :
-« Quoi, tu veux que l’on aille le visiter, mais je ne sais pas comment faire pour y entrer ! ».

Soudain, Caroline, posa sa poupée au sol et l’observa comme si le jouet lui disait que pour arriver
dans cet univers, elle devait tourner sur elle-même, les bras en l’air.
« Tu crois, Bon ! D’accord ! ».

La petite se leva et mit les bras en l’air, et commença à tourner sur elle-même. Alors qu’elle dansait
en rond, elle ne se rendit pas compte qu’autour d’elle, le décor commençait à se transformer.
Peu à peu, Caroline constatait que le paysage qu’elle voyait de sa fenêtre habituellement avait
changé.
D’habitude, de sa fenêtre, elle pouvait apercevoir un agréable, un champ dans lequel ses parents
faisaient de l’élevage et des cultures. Ce jour-là, Caroline vit un tout autre paysage : le soleil brillait
de plein feu. En voyant le paysage qu’elle avait sous les yeux, Caroline, tout à coup, fut alors prise
d’une légère peur.
D’abord, une chose étonna Caroline. Dans le monde dans lequel elle venait d’arriver, le jour commençait à
se lever. Elle sortit de sa chambre et au lieu du salon habituel, elle se trouva face à une porte de type
ancienne. Intriguée, elle ouvrit la porte. Quelle ne fut pas la surprise de la petite fille en constatant
que le jardin avait fait place à une très grande plage !
L’enfant voulut aller chercher ses parents pour leur montrer le paysage qu’elle avait sous les yeux.
Elle fit quelques pas afin d’ouvrir, mais une inquiétude l’envahit soudain. Elle ouvrit la porte de sa
chambre, au lieu du couloir habituel et elle fit face à un escalier en bois qui menait à la plage. Elle
contempla la plage un moment, puis prudemment, elle se dirigea vers l’escalier et le dévala. Elle
s’aperçut alors que la plage était une plage de petits cailloux assez fins.

En marchant, un moment sur la plage, elle vit de loin une silhouette, elle s’approcha et demanda.
« Excusez-moi ! ».

La personne se retourna doucement, et Caroline découvrit alors un homme assez grand, qui avait les cheveux assez courts et légèrement bouclés. Il avait des yeux bleus en amande ainsi que des
lunettes aux verres en forme d’étoile. Sur la tête, il portait un chapeau pointu dont le sommet était
orné d’un grand soleil.

-« Salut petite fille », fit alors le personnage.
-« Qui es-tu ? ».
– « Vois-tu petite, je suis le magicien du soleil ! ».
«  Le magicien du soleil », sourit Caroline.
– « Oui, regarde », dit-il.

Le magicien leva son bras en direction du soleil et en bougeant doucement la main, il parvint à
rendre le soleil légèrement plus brillant.
– « Comment fais-tu ça ? ».
– « Je suis un magicien ! ».
– « Tu veux me faire un autre tour ? ».
– « Regarde ! ».

L’Illusionniste tendit le bras et le soleil se fit alors momentanément éclipser par la lune.
– « Tu es fort ! ».
«L’Oracle amusé demanda.
– « Mais, dis-moi jeune fille, quel est ton joli nom ? ».
– « Je m’appelle Caroline. »
– « Que viens-tu faire par ici, déjà comment es-tu arrivée ici ? ».
– « Je ne sais pas pourquoi je suis ici, tout ce que je sais, c’est que je suis arrivée ici en jouant dans
ma chambre et que je me suis retrouvée ici ».

L’Oracle continua :
-«  Comment comptes-tu retourner chez toi ? ».
-«  Je ne sais pas ! ».

Le magicien l’observa un instant et enchaîna.
– « Si je peux te donner un petit conseil, tu dois d’abord explorer et parcourir ces quatre
territoires, afin d’obtenir quatre clés afin de pouvoir rentrer chez-toi. »
-«  Comment les obtenir ses clés ? ».
– « Si tu suis la plage devant toi, tu arriveras au premier royaume. »
– « Comment s’appellent ces royaumes ? »
– « Trèfles, Cœur, Carreaux, Piques. Une fois que tu auras les quatre clés, tu pourras rentrer chez toi. »
-«  Je vais y aller alors. »
– « Bien, bon voyage »
– « Au revoir Magicien.»

De Lucette de France

Voici les cartes sélectionnées : L’impératrice- Le pendu- Le pape- La maison de Dieu

C’était un jeune garçon, né dans les montagnes noires du Massif Central. Qu’allait-il advenir de lui ? Quel serait son destin ? Sans doute voué à reprendre la succession misérable de son père…
Ses parents en 1550 étaient pauvres, ils subvenaient péniblement à l’éducation de leurs quatre enfants, tant la nourriture était rare, à cause de toutes les famines, dues, déjà à la rigueur du climat. Ou trop chaud, trop sec, trop froid ou trop rigoureux.
L’unique pièce était chauffée par le bœuf et les trois chèvres.  C’était déjà une certaine condition dans la hiérarchie. L’odeur, ils n’y faisaient plus attention, ils étaient dans la norme du moment. Les guerres se succédaient, et le jeune Urbain s’était engagé pour fuir sa condition et se fit remarquer par ses bravoures face à l’ennemi. Les blessures ne l’avaient pas épargné. Au bout de dix ans sur les champs de bataille, il rentra chez lui. Il ne reconnut pas ses proches, quel changement depuis toutes ses années !
Il essaya de reprendre ses habitudes, mais plus rien n’allait ; il était devenu un étranger au milieu des siens. Il apprit à lire et à écrire, alors que les siens restaient toujours dans leur condition paysanne, monde qui n’évoluait guère.
Après quelques mois d’une impossible réadaptation, il décida de prendre sa vie en main. Il avait rencontré un aumônier nommé Paul pendant ses années de guerre qu’il l’avait fortement impressionné par son savoir. Paul avait maintenant réintégré son abbaye de « la Chaise Dieu » au Puy en Velay. Donc, Urbain prit son bâton de pèlerin et le voilà parti à sa rencontre. Celui-ci le reçut à bras ouverts, et tout de suite la complicité renaquit entre eux. C’était une vraie alchimie.
En cours de route, il rencontra une diseuse de bonne aventure, qui lui prédit un destin hors du commun, tout en lui donnant quelques conseils. Il n’y croyait pas une seconde, et pourtant elle avait semé une petite graine…
A côté de son bienfaiteur, qui lui enseignait l’amour de Dieu, le bien, le mal, il se passionna et apprit très vite. Pourtant, il s’était fait recadrer plusieurs fois par son « Maître », se sentant supérieur aux autres novices. Il était tombé dans le piège de la morgue. Il était revenu très vite sur terre, s’était remis la tête à l’endroit, et trouva sa voie dans l’humilité, dans l’écoute des uns et des autres, avec toujours une parole bienveillante pour la misère qui l’entourait.
Son « Maître Paul » lui apprit à faire un travail sur lui-même en profondeur. Des années plus tard, le voilà devenu prêtre. Au fur et à mesure, les décennies passèrent, il gravit tous les échelons, pour enfin servir le Pape. Une distinction suprême, qui aurait imaginé une telle ascension ? D’un petit Auvergnat, servir la plus haute dignité de l’Eglise, si ses parents savaient…
La vie continuait, le pape était devenu une sommité reconnue dans le monde entier, mais il vieillissait. Un jour d’hiver glacial, il prit froid, malgré les soins prodigués à l’époque. Il s’éteignit, entouré de toute la cour de cardinaux, qui déjà convoitait le trône…
Urbain, lui, s’estimait déjà hautement privilégié d’être arrivé à ce poste, il souhaitait juste garder sa place…
Il ne pouvait rien faire contre le destin, envers et contre tous, il fut élu « Pape » sans avoir rien sollicité. Etait-il préparé à un tel destin ?
Il faut souvent se méfier des flatteurs. Lui, le pur, l’honnête, avait fait trop confiance aux flatteries, aux courbettes venues d’hypocrites qui voulaient sa perte. Ces faux dévots avaient réussi à manigancer un complot dans lequel Urbain serait l’instigateur d’une vaste conspiration en empoisonnant tous ses rivaux, alors que lui, n’était qu’amour…
Il fut roué de coups, écartelé, mourut dans des souffrances abominables, sans se plaindre. C’était la fin, la destruction d’un homme qui n’aurait jamais dû être aussi haut au vu de son statut de gueux…On l’avait fait tomber au plus bas, en l’humiliant. Mais il était parti en leur pardonnant. Sous sa cape blanche, on avait retrouvé un parchemin sur lequel il avait écrit sa devise « Un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le cœur que la violence et la barbarie »…

De Catherine de France

  1. le personnage : le soleil
    2. L’aventure : le pendu
    3. L’aide : l’impératrice
    4. Ce qui n’aide pas : le monde
    5. Comment cela aboutit : la papesse

Johanna est heureuse enfin ! À 34 ans, elle connaissait le bonheur le plus parfait avec Samir, rencontré neuf mois plus tôt. Entre eux, ça avait été immédiat, comme une évidence, comme s’ils avaient été destinés l’un à l’autre par une force supérieure, inconnue, mais incontestable : c’était Lui, c’était Elle, c’était Lui avec Elle et Elle avec Lui. Leurs regards s’étaient croisés, leurs cœurs s’étaient affolés, ils s’étaient reconnus et ne se quittèrent plus. Depuis neuf mois, ils vivaient ensemble, en vase clos, dans le petit appartement de Johanna. En vase clos ? C’est que le contexte de cet amour était particulier, et leur relation hors norme.
Johanna était assistante sociale, et, en marge de son travail, elle venait en aide à Emmaüs Solidarité pour l’accueil des migrants. Samir était un de ces migrants, fuyant son pays d’origine, la Syrie, dévastée par la guerre civile. Il avait tout quitté : ses parents, sa maison, et son cabinet de dentiste, pour ne pas être enrôlé de force dans l’un ou l’autre des camps protagonistes, dont il exécrait les valeurs et les méthodes. Il avait fait ses études en France, parlait couramment français, et avait gardé en Syrie un style de vie à la française, ce qui ne manquait pas de scandaliser les partisans du pouvoir syrien, mais aussi les envahisseurs barbares. Il n’avait d’autre choix que la fuite vers ce pays qui l’avait déjà accueilli, et en lequel il mettait tous ses espoirs. Balloté d’un lieu d’accueil à un autre, il arriva un jour, avec ses compagnons d’infortune, dans les locaux d’Emmaüs Solidarité. Son regard croisa celui de Johanna, et tous les deux restèrent pétrifiés, sans pouvoir détacher leurs yeux les uns des autres. Au fil des jours, ils tissèrent un lien d’amour si fort que Johanna l’invita rapidement à s’installer chez elle. Il quitta le foyer où il attendait qu’on donne suite à sa demande d’asile politique, et ainsi, ils purent donner suite à leur belle relation en toute liberté, entre les murs de l’appartement, car il fallait rester prudent et ne pas se faire remarquer, pour ne pas mettre en péril la demande de papiers.
Deux mois plus tard, Samir reçut le statut de réfugié pour une durée de 10 ans, ce qui lui permit d’aller et venir plus facilement. Le travail n’étant pas très accessible, il enchaînait les petits boulots au noir pour ne pas être à la charge complète de son amoureuse.
Ils étaient beaux, tout à leur amour. Ils en oubliaient le monde autour d’eux. Johanna avait volontairement omis de parler de Samir à ses parents. Pourtant, eux rêvaient que leur fille trouve enfin l’homme de sa vie. Depuis quelques temps, ils avaient vu combien leur fille rayonnait et se doutaient d’une rencontre encore tenue secrète. Johanna avait conscience que l’homme de sa vie n’était pas du tout celui attendu par sa famille, très conventionnelle et très soucieuse du « qu’en dira-t-on ». Elle avait faux sur toute la ligne : le prénom très connoté, le statut très, trop, marginalisant, l’absence de travail digne de ce nom à leurs yeux de petits bourgeois…
Sa sœur Nadia, par contre, était au courant. Un peu réticente au début, elle s’inclina très vite devant le bonheur de sa sœur, et dut reconnaître les grandes qualités de Samir. Aujourd’hui, Johanna avait besoin de sa sœur, car elle n’allait pas pouvoir se taire plus longtemps : elle venait d’apprendre qu’elle était enceinte. Cette nouvelle la comblait de joie, mais elle ressentait aussi beaucoup de craintes d’en informer ses parents. Nadia lui serait d’un grand secours, par sa présence à ses côtés, et par les arguments qu’elle pourrait avancer pour leur faire accepter Samir.
Elles discutèrent longuement de la stratégie à adopter pour ne pas heurter d’emblée leurs parents, mais Johanna était déterminée à leur faire accepter son choix de vie, son amour inconditionnel pour Samir, et leur futur petit-enfant. Elle ne doutait pas de leur amour pour elle, souhaitant qu’il soit assez fort pour dépasser les obstacles, et espérant qu’ils comprendront à quel point elle était heureuse.
Épaulée par Samir et Nadia, Johanna prit son téléphone, fit le numéro de ses parents pour les prévenir de sa visite imminente. Une, deux, trois sonneries…Son cœur battait à tout rompre : « Allo ? Bonjour maman, c’est Johanna ! Tu vas bien ? »

De Nicole de Belgique (consigne d’écriture N° 31)

Mon nom est Brassica oleracea Var.capitata f.rubra

On dirait presqu’une adresse mail.
Plus simplement, je suis le chou rouge.
D’une belle couleur pourpre, d’un aspect lisse et luisant, ma rondeur de chou cabus est un délice pour les yeux et plus tard pour les papilles.
J’ai passé cet été torride à côté de rangées d’oignons, de tomates et de laitues.
Un peu plus loin des buissons d’absinthe, de romarin, de sauge aux senteurs qui donnent parfois le tournis, quelques soucis orangés aux pourtours des allées éclairent ma fin d’été.
La plupart de mes compagnons m’ont quitté déjà.
Tomates, laitues, oignons ont fini en salades composées ou ont frémi en bocaux de stérilisation.
Alors, mon patron le jardinier m’a vêtu d’un filet aux mailles serrées afin qu’un beau papillon crème aux taches noires appelé Piéride ne s’attaque à moi sous forme de chenilles.
Elles trouent mes feuilles et me sucent tels des vampires.
Il m’arrose quand il faut pour que je ne monte pas en graines.
Je suis sauvé, enfin jusqu’à la casserole finale.

De Laurence de France

Mon tirage : 1) le personnage : la force
2) l’aventure : le pape
3) ce qui aide : la justice
4) ce qui n’aide pas : l’arcane sans nom
5) l’aboutissement : la roue de la fortune

Jonathan était heureux dans son métier d’ingénieur informatique. Jusque-là.
Il avait adoré ses cinq années d’étude à Brest. Il avait été un étudiant studieux et sa formation avait dépassé ses espérances. Il avait facilement trouvé un poste stable, directement en CDI, à Paris.
Il avait rêvé de la capitale, pour fuir sa campagne charentaise. Paris, c’était le rêve ultime, vivre dans une grande ville ; il n’y voyait que des avantages. A l’époque.
Il voyait les choses en grand dans sa vie. D’abord travailler dans une entreprise, puis créer la sienne et devenir son propre patron. C’était son but dans la vie. Il s’était fixé un cap : trente ans.
Il se sentait sûr de lui, de ses capacités et de son évolution probable dans la société. Et pourquoi pas faire de la politique un jour ? Toutes les options étaient possibles ; c’était comme cela que Jonathan envisageait la vie. Aller d’étape en étape. Comme un saut de haies.
Au début, vivre à Paris représentait le nirvana à ses yeux. Jonathan passait son temps libre à visiter les monuments et les musées, à arpenter la ville dans tous les sens. Mais, cela le lassa assez vite. Il pensait en avoir fini avec les ‘ploucs’ de province, comme il le pensait, mais il constatait que les mentalités étaient bien pires à Paris. A son grand désarroi.
Il tombait de haut. Pas d’entraide. Pas de conversation avec les voisins sur le palier. Chacun dans son coin, à ignorer les autres. Comment se faire des amis dans ce contexte, en dehors du travail ? Sans parler de comment trouver une petite copine ? Il papillonnait à gauche et à droite, en fonction des rencontres faites sur des sites Internet. Cela lui suffisait, mais l’amure commençait à se fissurer peu à peu.
Le rythme « métro, boulot, dodo » commençait à lui peser. Les gens qui se pressaient comme des sardines dans le métro en tirant une tronche digne d’un espadon, se bousculant de manière effrénée les uns les autres sans s’excuser jamais, la puanteur du métro parisien, accentuée les jours de forte chaleur estivale, la grisaille parisienne pendant six mois de l’année au minimum, les grèves perlées dans les transports, la violence dans certains quartiers, le coût de la vie bien plus élevée qu’ailleurs, l’exigüité des logements ; bref, l’attrait de la capitale avait perdu de ses couleurs.
Jonathan s’en rendait compte ; il maugréait, comme les autres ; il râlait, comme les autres ; il était stressé, comme les autres ; il mangeait mal, comme les autres ; il dormait mal, comme tout le monde !
Pour se calmer les nerfs, il avait commencé à fumer. Cela était un bon prétexte pour descendre les trente étages de la tour de la Défense dans laquelle il officiait. Il prenait l’air par la même occasion. N’ayant que très peu de place dans son appartement pour cuisiner, il achetait tout. Il avait pris du poids. Son emploi du temps infernal ne lui permettait pas de pratiquer une activité sportive régulière.
Puis, arriva ce qui devait arriver. Par un matin glacial au beau milieu du mois de janvier, Jonathan glissa sur les pavés de la chaussée pour se rendre à son travail. Jambe cassée, hospitalisation, immobilisation, béquilles. Il en avait pris pour deux mois. Plus la rééducation.
Il pestait contre lui-même, contre les trottoirs défectueux de sa ville, contre le mauvais temps, contre l’hiver. Il se sentait pris au piège dans ses minuscules vingt mètres carrés. Il tournait en rond, comme un lion en cage.
Cela lui prit du temps, mais il commença d’envisager les choses autrement. A force de réfléchir à sa vie depuis cinq ans dans la capitale, il se rendait compte que sa vie à un rythme soutenu ne pouvait plus continuer. Il devait changer, sous peine de subir un épuisement professionnel et personnel qui le laisserait sur le carreau. Il commençait à comprendre que son corps lui avait envoyé un sacré message. Un sérieux message. Il devait changer de vie.
Pour ce faire, il profita de son temps libre forcé pour établir un bilan de compétences. Puis, peu à peu, se dessina en lui l’idée de devenir professeur des écoles. En province. Il voulait fuir cette région au plus vite. Il avait les diplômes requis. Il avait une bonne culture générale et il adorait les enfants. Il savait qu’il allait devoir renoncer à son salaire plus que confortable. Il savait aussi qu’il voulait vivre une vie plus apaisée et apaisante.
Une fois remis sur pied, Jonathan fit le nécessaire pour s’éloigner de son rêve de jeune homme. Il allait sous peu célébrer ses trente ans. Il constatait que le bilan était malgré tout positif, mais il avait tout de même laissé beaucoup de plumes derrière lui sur le plan de sa santé physique et pshychique. Le tout restait fragile.
Il allait devoir retourner vivre chez ses parents pour se préparer au concours. Il avait bien touché une somme conséquente après avoir négocié son départ. Il allait aussi percevoir une substantielle allocation de chômage. Mais, il ne voulait pas de préoccuper des aspects matériels de sa vie. Il avait assez à faire comme cela.
Il entama donc le cursus de formation par correspondance. Dans sa tête, cela paraissait si simple. Mais, cela n’avait rien à voir avec son métier d’avant. Il devait apprendre les bases de la pédagogie, faire des stages dans des écoles maternelles et primaires. Le rythme était soutenu, mais il était loin de Paris. Il pouvait souffler. A Angoulême, la vie était quand même plus douce. Plus d’encombrement ; des gens sympathiques, même dans la rue. Jonathan avait du se déshabituer de ses mauvais réflexes, prendre le temps de vivre et de penser à lui. Il était hors de question de se présenter devant de jeunes élèves, stressé, fumeur et en surpoids de surcroît. Parallèlement à sa formation, il avait pris les services d’un coach de vie pour retrouver son corps d’antan et d’une diététicienne pour apprendre à se nourrir correctement.
Tout cela fut déstabilisant pour le futur instituteur. Cela lui prit un an pour se refondre dans une autre vie. Il réussit le concours avec brio.
Jonathan avait réussi sa reconversion et son pari, par la même occasion, ce qui le rendit fier comme Artaban.
Le reste viendrait à lui tout seul. Calmement. En son temps !

Vous avez reçu une nouvelle proposition d’écriture N° 33 où il est question de mensonge….
Alors, à vos plume, tout est permis, en espérant que le nez de vos personnages ne se transformera pas en nez de Pinocchio!

Chaque semaine, vous recevez une proposition d’écriture, pourquoi ne pas vous lancer?
Il n’y a que le premier pas qui coûte!
Chaque proposition est un jeu de créativité!

Laissez-vous guider par votre intuition, votre imagination, votre envie d’écrire!
Liassez filer vos idées, laissez les mots sortir tels qu’ils sont tout simplement; c’est tellement mieux et spontané!

Ecrire, c’est se sentir libre. Ecrire, c’est la liberté d’imaginer.

J’ai hâte de lire vos créations;

Pensez à m’envoyer vos créations dans la rubrique “me contacter” du blog La Plume de Laurence.

Créativement vôtre,

LAURENCE SMITS, La Plume de Laurence


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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