Pour cette proposition d’écriture N° 39, Dracula et l’Abbé Pierre étaient au rendez-vous, entre chats, cabanes perchées et voyages à n’en plus finir, il y en a pour tous les goûts!
L’imagination débridée ouvre toutes les portes…

Je vous souhaite une belle lecture.

Voici vos textes:

De Catherine de France
 
Dracula est revenu !

Dracula est revenu ! Je reconnaîtrais son cri rauque de bagarreur entre mille : rien de mélodieux dans ces hurlements de prédateur assoiffé de domination ! Il avait disparu depuis quelques mois, mais nous savions qu’il reviendrait encore perturber notre quiétude. J’aurais dû me douter que son retour était proche : L’Abbé Pierre avait un comportement bizarre ces derniers jours, et moi je n’ai pas su décrypter ses signaux d’alarme.
Il est quatre heures du matin, mais il faut que je prévienne les autres. Sans doute ont-ils entendu eux aussi, mais il n’y a pas de temps à perdre : il nous faut un plan en urgence.
Alors, malgré l’heure, je prends mon téléphone et compose plusieurs numéros. À chaque appel, la même conversation :
— Allô ! Vous avez entendu ? Dracula est revenu ! On ne peut pas continuer à le laisser nous pourrir la vie et celle de nos adorables petits amours ! On fait comme on a dit : rendez-vous chez Léon à 9h00 ! Bonne fin de nuit, enfin… si vous arrivez à vous rendormir !
Le plan hors sec est ainsi déclenché ! Il y a trop longtemps que Dracula fait régner la terreur et verse le sang dans le quartier ! Pas question que L’Abbé Pierre revienne encore tout lacéré et sanguinolent comme il y a 6 mois : il avait fallu des points de suture et il avait bien failli perdre un œil dans l’histoire ! Heureusement qu’il avait été bien soigné !
Il n’y a pourtant pas plus doux que L’Abbé Pierre, ni plus gentil, ni plus câlin : tout le monde l’adore dans le quartier. Je ne peux quand même pas le séquestrer pendant des heures parce que Dracula rôde dans le coin ! Lui, d’ailleurs, on ne sait pas d’où il vient, mais personne ne l’aime ici : pas parce que c’est un vilain rouquin et qu’il est obèse, mais parce que deux fois par an, il revient cerner le quartier et menacer nos bébés d’amour et la tranquillité de nos nuits. C’est nous qui l’avons appelé Dracula, car ce nom traduit bien la peur qu’il inspire et le niveau de sa violence.
Je m’aperçois que L’Abbé Pierre a perçu le danger, car il gratte à la porte de ma chambre. Quand je lui ouvre, il se précipite du mieux qu’il peut sur le lit, compte-tenu de son grand âge. Je le sens inquiet et le caresse en lui parlant doucement pour le rassurer. Peu à peu, il se détend, son ronronnement parvient à mes oreilles et il se met à pétrir les couvertures de ses deux pattes avant, pourtant pleines d’arthrose.
L’Abbé Pierre, c’est mon compagnon depuis de nombreuses années. Il est venu un jour dans mon jardin, caché derrière les roues de ma voiture. Il est resté plusieurs jours en observation, depuis sa cachette, puis, un matin, il a décidé que chez moi était chez lui et nous ne nous sommes plus quittés. C’est moi qui l’ai appelé ainsi : il me faisait du bien et me donnait sa chaleur et son amour inconditionnels, comme son grand homonyme faisait du bien aux gens dans le besoin. Pelotonnés l’un contre l’autre, nous finissons tant bien que mal notre nuit.
A neuf heures tapantes, je rejoins les autres voisins chez Léon, ancien colonel dans l’armée. Il sera notre chef de mission et le planificateur de nos actions. En véritables conspirateurs, nous nous installons autour de la table, et Léon expose le plan d’attaque anti-Dracula. Nous avions tous un ou plusieurs chats à protéger des griffes et des dents de ce monstre poilu, excité par la nature exacerbée de son rut bi-annuel.
— Comme vous le savez- commença Léon, resté debout pour mieux développer sa stratégie, nous aimons tous les animaux, et aucun de nous n’a envie de tuer Dracula, qui demeure malgré tout très dangereux. Et aucun de nous n’a envie non plus de cloîtrer nos amis chats en attendant que Dame Nature arrête de chatouiller notre cible psychopathe. Nous n’avons donc qu’une solution : lui flanquer la plus belle trouille de sa vie, pour lui ôter l’envie de revenir dans le coin, quitte à ce qu’il aille embêter un autre quartier, ce qui ne sera plus notre problème !
Tout le monde acquiesce à ce projet.
— Oui, mais comment lui faire la peur de sa vie ? Il faut que ce soit énorme !intervient Clothilde, la maîtresse de Bella et Sucrine.
— Il faut réussir à le coincer, et après on lui fait peur ! répond Léon.
— Le coincer, le coincer, tu as vu les griffes qu’il a ! Moi, je ne m’en approche pas ! avertit Armand, pourtant soucieux de protéger son Félix.
— Justement, explique Léon, il faut le coincer sans le toucher. Richard, ton beau-frère chasseur doit bien avoir une cage pour piéger les blaireaux ? On pourrait y insérer une petite cage avec des souris vivantes : le gros matou ne pourra résister à l’appel de ces fraîches demoiselles !
— Oui, dit Richard, je m’en occupe dans la matinée. Mais une fois qu’on l’aura attrapé, comment on lui fait peur ?
Léon n’est pas à court d’idées : on voit qu’il a bien potassé le sujet.
— Vous savez que j’ai une petite cabane dans un arbre au fond de mon jardin. Comme mes enfants sont grands, plus personne n’y va, alors j’y entrepose plein de choses, entre autres des fusées et des pétards qu’on avait achetés pour le mariage de notre fils. Comme il a plu pendant un mois, on n’a jamais pu tirer le feu d’artifice. Et bien aujourd’hui, nous fêterons le quatorze Juillet avec quelques mois d’avance. Nous allons tout installer dans le jardin, et, quand le matou sera piégé, nous allumerons les mèches et tout pètera autour de lui. Le fracas et les explosions de lumière devraient lui passer l’envie de revenir !
Tout le monde applaudit ce plan machiavélique et normalement inoffensif. Dracula aura la peur de sa vie, et si tout se déroule comme prévu, il devrait disparaître définitivement. J’espère simplement qu’il ne mourra pas de trouille en faisant une crise cardiaque. Parce que, moi aussi, j’ai grand peur des feux d’artifice, et n’assiste à aucun, si ce n’est à des kilomètres de distance, loin du bruit des pétards.
Léon explique qu’ensuite, Dracula, le bien nommé vu les ravages sanglants qu’il fait dans le secteur, prendra ses pattes à son cou pour fuir cette agression massive autour de lui. Il est convenu que Bettina aille acheter trois souris blanches à l’animalerie du Centre Commercial. Léon, Richard et Armand prépareront le dispositif pour la tombée de la nuit. Nous, les femmes, resterons cachées dans la salle à manger de Léon pour assister, bouchon d’oreilles obligés, à la mėga trouille de Dracula, à qui nous dirons adieu de bon cœur. Qu’il aille sévir ailleurs n’est pas notre problème ! Mais peut-être qu’il aura tellement eu peur que le rut lui sera définitivement étranger, par castration psychologique en quelque sorte !
Nous, notre but sera atteint : L’Abbé Pierre, Félix, Bella, Sucrine et les autres retrouveront paix et sérénité, et nos nuits seront à jamais préservées.

 
De Nicole de Belgique

 
Barthélémy se considérait comme un pèlerin de l’étrange, plus communément appelé touriste, terme qu’il réfutait.
Ses pérégrinations commencèrent à l’adolescence.
Ses lectures l’entraînèrent vers les Cathares, Zoroastriens, Bohumil, les Templiers et leur supposé trésor, les alchimistes et l’œuvre au noir.
Il ne manquait pas de moyens financiers, aussi dès qu’il le put, il se mit à voyager.
Il visita Rennes-le-Château, la Tour Magdala et l’église rénovée de l’Abbé Saunière.
Plutôt kitsch et où dernièrement une femme vêtue de blanc, d’un voile et d’un masque vénitien décapita la statue du diable Asmodée, soutenant le bénitier, au nom de la Syrie. Il visita les Commanderies des templiers, la Couvertoirade en France, puis l’Angleterre, l’Espagne, le Portugal,
la Jordanie et la forteresse de Kerak, l’ancienne St-Jean d’Acre et le Château Pèlerin en Israël.
Il revécut la scène où Jacques de Molay dans sont habit blanc et sa croix vermeil sur la poitrine brûle sur l’ancienne île aux Juifs à Paris.
Il partit vers l’Est, attiré par les crimes de sang et les vampires.
En Hongrie, sur les traces de la comtesse sanglante Elisabeth Bathory, dont la rumeur disait qu’elle se baignait dans le sang de jeunes filles tuées afin de préserver sa jeunesse.
Actuellement, il voyage en Transylvanie. Couleur locale, il se rend en calèche pour découvrir le château du Comte Dracula, le vampire immortel.
Son voisin, un prêtre vêtu d’une soutane, d’une pèlerine et d’un béret noirs est un sosie grandeur nature de l’Abbé Pierre jeune.
Un homme disert au langage fleuri et poétique, bien documenté sur la région.
Ils traversent un village et s’arrêtent pour acheter du pain. Le boulanger pétrit la pâte à la main, son pain gris aux graines de cumin est un délice.
“Dracula sera au-delà des forêts” dit le guide.
Il fait de plus en plus froid et la nuit tombe. Un air mélodieux et triste en provenance des arbres met le cocher en émoi. Il rejoint ses clients. “Il est là, il rôde, il faut partir, vite”.
Barthélémy et l’abbé fuient à travers bois. Après une heure de marche rapide, ils sont épuisés.
L’i-phone de Barthélémy éclaire soudain une cabane dans un arbre. Ils décident d’y passer la nuit.
Au petit jour, la mélodie devenue joyeuse les conduit sur la route.
Ils visitent enfin le château de Dracula, deux voyageurs parmi les autres.
Ils se rendent compte que tout était convenu, donner peur aux touristes, après tout c’est ce qu’ils recherchent, non ?
Barthélémy redescend vers le village, un gamin fait rouler une roue de voiture dégonflée jusqu’au garage.
L’abbé lui propose un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle pour se remettre de leurs émotions.
Une aventure d’un autre ordre, de belles rencontres en perspective…

 
De Lucette de France

 
Dans notre cabane perchée dans un arbre, construite de bric et de broc, nous rêvions. Notre arbre était un chêne » robuste, herculéen, c’était « lui » le roi de la forêt. Il en a vu passé des règnes, il était aussi imposant que celui que Marie-Antoinette avait planté au château de Versailles, et que l’on avait admiré, lors d’un voyage, il y a peu d’années. Avec mon frère et des copains, chacun y avait mis de sa sueur. Une scie « empruntée » à notre père, des clous, des cordages chez un autre, puis encore des grosses toiles épaisses chez le suivant. Bref, nous étions munis on ne peut mieux. Chaque après-midi pendant nos vacances scolaires, on se retrouvait, et c’était à celui qui avait la meilleure idée, l’étincelle que les autres n’avaient pas eue. Les couches étaient en fougère, nos jeux étaient naïfs et pleins de tendresse avec le recul dû à notre âge…Moi, munie de mon transistor qui diffusait pendant des heures des airs mélodieux sur lesquels nous dansions, nous nous trémoussions, c’était vraiment entraînant, et nous aimions ça. Nous dégustions un café « imaginaire », un autre lisait, et un autre se chamaillait voulant avoir le dernier mot. Les caractères s’affirmaient déjà, dès le plus jeune âge. Il y avait les meneurs et les menés…
Que de bons moments nous passions dans notre antre, bien cachés à l’insu des parents. Nous avions « un chez nous », les adultes n’étaient ni autorisés ni invités, ça va de soi.
Un jour, l’un de nous adorant les histoires fantastiques, arriva grimé. Du noir sur le visage, des yeux exorbitants, du rouge autour de la bouche. Quel effet magique il a eu sur nous ! Quel beau thème pour combler un après-midi banal ! Ce qu’il ne savait pas, c’est qu’il imitait le Comte de Dracula, et que cet odieux personnage avait existé par le génie d’un écrivain. Alors, nous cherchions son histoire dans la bibliothèque, (internet était encore loin de toutes nos pensées) et nous avions déniché ce vampire immortel, ce mort-vivant, qui nous faisait tressaillir, et malgré tout, nous voulions finir ce roman. Il était plus vrai que nature, et donnait des frissons de tous ses méfaits. On tremblait en l’imaginant suçant notre sang, laissant des traces rouges dans notre cou. Il était né en Roumanie, c’était le fils du diable. A l’époque où il vivait, les automobiles n’étaient même pas concevables, sauf peut-être dans l’imaginaire de Léonard de Vinci. Il pouvait éventuellement tenir une roue de chariot, mais impensable pour une roue de voiture…

Etant enfant, nous entendions parler de l’Abbé Pierre. Cet homme si fragile, ce prêtre fils de nantis, très pieux. Il avait donné toute sa vie aux plus pauvres, les rejetés, les galériens, tous ceux qui étaient « au banc de la société » bien pensante. Et bien lui, leur avait ouvert sa porte, son cœur, sa maison, les avait encouragés à le rejoindre pour abriter les sans-logis qui « crevaient » seuls dans cet hiver de 1956. Cet hiver était considéré comme le plus froid du XXème siècle. Cet homme s’était créé malgré lui une gloire éternelle. Il avait soulevé les foules en lançant un « appel » bouleversant sur les ondes de la T.S.F. Les dons de toutes sortes étaient arrivés en masse. La misère d’après-guerre était immense. Son DIEU était avec LUI et dans LUI, car il aurait dû mourir plusieurs fois. A chaque fois, son état était considéré comme désespéré, et à chaque fois, le miracle s’était produit. A mes yeux, c’était un Saint Homme. Qui ne le connaît pas ? Qui pourrait l’oublier ? Il avait usé ses forces dans le combat, jusqu’à la fin de sa vie. Je le revois encore assis face à un journaliste, dans sa petite chambrette, appelée « cellule », il y donnait une interview. Tout était minimaliste à cet endroit, c’était lui qui avait choisi de vivre dans la pauvreté. Son chapelet dans ses mains tremblantes, tournait, tournait encore et encore, grain par grain. Il parlait à son interlocuteur en même temps ; il ne pouvait s’empêcher de le pétrir. C’était un homme si petit dans l’univers, mais si grand dans notre mémoire collective.
Je vais terminer par deux de ses citations :
« Il faut que la voix des sans voix, empêchent les puissants de dormir… »
« Quand on s’indigne, il convient de se demander si on est digne… »
En écrivant ses mots, j’entends sa voix tremblante et fatiguée me les susurrer dans mon oreille…

 
De Caroline de France

Week-end nature
 
Super, j’arrivais la première pour ce week-end au calme.
Je me tenais devant la cabane de mon grand-père. Elle était perchée en haut d’un énorme chêne.
Avant de grimper au sommet, je devais trouver la clé. Normalement, elle se trouvait sous une roue de voiture, une idée de papy forcement. La clé en main, je montais les marches afin d’accéder à la porte d’entrée. J’étais dans la pénombre, ce qui ne me facilitait pas la tache. Soudain, un groupe de chauves souris apparut. Elles se dirigeaient vers moi. Je les imaginais me sautant dessus et me suçant le sang tel Dracula, mais heureusement, elles passèrent gentiment leur chemin pour s’évanouir dans la forêt.
Maintenant, j’entrais dans la cabane. Je devais allumer les chandeliers pour y voir un peu plus clair. Seulement, il y avait des toiles d’araignée partout. Un petit coup de ménage s’imposait. A l’aide d’un torchon, j’époussetais les cadres. Maladroitement, je fis tomber la photo de l’Abbé Pierre et les morceaux de verre s’éparpillèrent sur le sol, quelle poisse ! J’avais terminé le nettoyage quand j’entendis la voiture de Gaston, mon grand-père. Enfin, il était là. Il me raconta de quelle manière il avait pétri et cuit le pain que l’on allait dévorer pendant ce séjour. Il adorait se servir de ses mains, pas étonnant qu’il ait choisi le métier de boulanger. Nous nous installâmes dans le canapé pour discuter de notre quotidien, nos bonheurs et nos soucis.
Après le dîner, Gaston me demanda de jouer de la flûte. C’était ma passion depuis toute petite.
Je m’émerveillais devant le son mélodieux de cet instrument de musique. Le cœur chaud et rempli d’émotions, je m’exécutais, le temps s’arrêta pendant quelques minutes puis nous allâmes nous coucher. Merci pour cette journée, disais-je à papy, le week-end nature commençait.
 
 
De Laurence de France
 
 
Le yin et le yang
 
Dracula, le noir ou le yang, et l’Abbé Pierre, le blanc ou le yin, ne s’appréciaient pas du tout. Et ne s’étaient jamais appréciés. Ne dit-on pas que le blanc et le noir s’attirent, comme le yin et le yang ? Henriette ne voyait pas les choses ainsi !
L’un (le blanc) était arrivé sur le territoire de l’autre (le noir), et ce dernier l’avait très mal pris. Dracula était un chasseur et un défenseur de territoire, qui n’hésitait pas à se bagarrer pour arriver à ses fins : chasser les intrus !
Le pauvre Abbé Pierre n’avait pas d’autre solution que de se contenter de cheminer dans le jardin de leur maîtresse, d’aller voir un peu en face chez la voisine, quand Dracula furetait ailleurs. Henriette avait appelé ce chat, trouvé au bord d‘un sous-bois ainsi, car il semblait doux, câlin. Il était tellement petit et sans défense, qu’elle l’avait gardé. Elle ne s’était pas résolue à le donner. Arrivé dans sa vie comme une pépite que l’on trouve par hasard au bord d’un chemin, elle avait décidé de l’appeler « Abbé Pierre », en raison de sa fourrure, de sa barbichette blanche et de ses ronds gris autour des yeux, ressemblant aux lunettes du célèbre personnage.
Dracula portait bien son patronyme. Il était tout noir, adorer croquer dans les souris bien fraîches, et crachait quand quelque chose ne lui plaisait pas. Il était souvent d’humeur maussade, et quand l’Abbé Pierre est arrivé dans la vie d’Henriette, il lui en a voulu à mort : il a craché comme un petit dragon pendant plusieurs mois, a feulé contre sa maîtresse très longtemps, jusqu’à ce que l’Abbé Pierre prenne un peu de consistance et de poids.
Dorénavant, il le supportait, mais il ne le fréquentait pas. On ne mélange pas les torchons avec les serviettes, même dans un monde de félins ! Dracula était plutôt hautain, dédaignait les inconnus, ignorait de rentrer à son domicile les jours de pleine lune, même en plein hiver.
L’Abbé Pierre, quant à lui, aimait se réfugier dans la cabane haut perchée, tout en haut de l’acacia, non pas pour se cacher. Il avait une passion secrète : attraper les oiseaux à la cime de l’arbre ! Alors, la cabane, construite pour les enfants qui avaient, depuis, bien grandi, lui servait d’observatoire. Il se trouvait à l’abri de tout et pouvait agir à sa guise, caché aux yeux de tous.
Quand il en avait assez de jouer, il rentrait à la maison se blottir dans les bras de sa gentille maîtresse. Il adorait lui pétrir ses pulls, comme sur le ventre de sa maman. Après tout, Henriette lui servait de maman. Il n’avait connu qu’elle depuis qu’elle lui avait sauvé la vie. Une fois l’étape du pétrissage finie, il offrait un ronronnement mélodieux, qui avait le don d’endormir le monde alentour. Il pouvait se passer n’importe quoi dans le monde, tant qu’il était dans les bras de sa maman, il jouissait d’une douce torpeur.
Pendant ce temps-là, Dracula attendait, l’air maussade, derrière une roue de voiture, dans le jardin, face à la maison. Il pleuvait, il avait fini sa journée de garde et attendait le nuit tombée pour rentrer, passant toujours inaperçu et se faufilant quand personne ne l’attendait. Henriette sursautait toujours à son approche.
Henriette vivait heureuse avec ses chats, seule, sans enfant. Ils comblaient tous deux sa solitude et son besoin d’affection, malgré le caractère peu avenant de Dracula. Cela la faisait rire et elle se sentait parfaitement comblée de vivre aux côtés du yin et du yang !

Chaque semaine, vous recevrez une proposition d’écriture, pourquoi ne pas vous lancer? Il n’y a que le premier pas qui coûte…
Chaque proposition est un jeu de créativité.
Laissez-vous guider par votre intuition, votre imagination, votre envie d’écrire!
C’est un jeu de créativité.
Laissez filer vos idées, laissez les mots sortir tels qu’ils sont tout simplement ; c’est tellement mieux et spontané !
Ecrire, c’est se sentir libre.
Ecrire, c’est la liberté d’imaginer.

J’ai hâte de lire vos créations!

Pensez à m’envoyer vos créations dans la rubrique “me contacter” de mon blog, La Plume de Laurence.

Créativement vôtre,

LAURENCE SMITS, La Plume de Laurence

 

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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