Pour cette proposition d’écriture N° 45, cette pauvre vieille dame, présente dans la consigne de la semaine passée, a été mise dans des situations cocasses et a vécu d’incroyables aventures. C’est hallucinant de voir où nous emporte notre imagination: une femme libérée après la mort de son mari, un canular à la sauce charentaise, un quiproquo de cinéaste amateur, plus un voyage en Californie! Rien que ça, s’il vous plaît!

Je vous souhaite une belle lecture.

Voici vos textes:

 

D’Annick de France
 
Toute la soirée, il avait tenté de noyer son chagrin, en vain. Après un dernier verre, il avait pris sa voiture et roulé au hasard. Fatigué, il s’était arrêté pour dormir un peu. C’est le chant des oiseaux qui l’avait réveillé au matin, à moins que ce ne soit sa vessie. Après s’être soulagé dans la haie, il reprit sa place au volant et alluma un cigare. Fumer lui permettrait de calmer la sensation de faim qui commençait à poindre. Il regarda sa montre : 8 heures. Le paysage ne lui était pas inconnu. Ces vignes n’étaient qu’à une cinquantaine de kilomètres de chez lui. Un véhicule chargé de bagages passa, des aoûtiens. Partaient-ils ? Rentraient-ils ? Etaient-ils heureux, eux ? Il ne le saurait jamais. Soudain, il tressaillit, un petit bip lui indiqua qu’il avait un message sur son portable.
“Pardonnes moi, je n’aurais jamais dû te parler comme je l’ai fait. Je n’avais rien compris. Je sais maintenant que c’est toi que j’aime, comme tu es. Reviens, je t’attends. Ce que pensent les autres de tes robes et de tes perruques, on sera deux à s’en fiche !”
 
 
De Catherine de France
 
La clandestine

La Volvo grignotait les kilomètres entre Chalons et Rilly. Au volant, Hélène, les yeux encore humides de toutes les larmes versées pendant la nuit, avait hâte de retrouver ses vignes, puisqu’il ne lui restait plus que ça.
Et pourtant, elles lui avaient coûté cher, ses vignes, car elle leur avait sacrifié sa vie. En cette terrible journée d’Août, la route vallonnée sillonnait des coteaux couverts de belles rangées de ceps, aux raisins gorgés de soleil. Cette année serait une belle cuvée, car le soleil avait été au rendez-vous quand il le fallait, et ni la grêle, ni les pluies diluviennes des années passées n’étaient venues perturber la belle maturation des grappes. Penser à ses vignes lui faisait du bien. Elle leur avait consacré toute sa vie de femme, en se mariant avec Léandre, le propriétaire d’une des deux plus grandes caves de Rilly La Montagne. En l’épousant, elle avait aussi épousé la vigne, pour laquelle elle avait appris à se passionner : la vinification n’avait aucun secret pour elle. Quand Léandre était décédé dans un terrible accident de la route en 1994, elle avait hérité de tout et mené les affaires de main de maître, avant de passer les rênes, il y a quelques années, à son fils aîné.
A mesure qu’elle approchait du village, elle se sentait de plus en plus apaisée. Le soleil du petit matin commençait à éclairer les vignobles d’une lumière chaude qui faisait luire les lourdes grappes de Merlaut. Alors, elle décida de garer sa voiture sur le bas-côté, pour profiter encore de la beauté du paysage. Elle en avait un grand besoin, pour absorber sa profonde tristesse. L’endroit choisi n’était pas anodin. La route séparait deux splendides vignobles, désignés par de luxueuses pancartes. D’un côté, la pancarte portait le nom de son défunt mari : Léandre Béricourt et son champagne connu dans toute la région. Hélène ressentit de la fierté en contemplant l’immensité de ses terres, striées de mille rangées du meilleur cépage. Dans quelques semaines, la vigne grouillera d’une centaine de vendangeurs, occupés à couper méticuleusement les grappes qui feront la renommée de la cuvée 2019, car, ici, on vendangeait exclusivement à la main, le maître de chais certifiant qu’un millésime ne pouvait naître que d’une cueillette manuelle, ce dont elle était aussi persuadée.
Hélène sortit de son sac un énorme cigare, véritable havane, qu’elle alluma tranquillement, prenant le temps de sacrifier au rituel inhérent aux fumeurs amateurs de ces célèbres «barreaux de chaise ». Elle ouvrit la vitre de la voiture et aspira de grosses bouffées de fumée malodorante mais aux goûts subtils et variés. Un long moment, elle ferma ses paupières pour savourer l’instant, puis , les yeux à nouveau embués de larmes, regarda le coteau du haut, qui n’était pas chez elle, et portait un nom qui lui vrilla le cœur : Champagne Guy Périgault.
Guy ! Ah, Guy ! Mais Guy n’était plus : Guy venait de l’abandonner cette nuit. Comme d’habitude, ils s’étaient retrouvés la veille dans la garçonnière de Guy, à Chalons en Champagne, qui abritait depuis plus de vingt-cinq ans leurs amours clandestines. A soixante-dix-huit ans, Hélène et Guy étaient toujours amoureux fous l’un de l’autre, mais personne ne connaissait rien de leur liaison. Il y avait plusieurs raisons à cela. D’une part, les deux familles étaient rivales depuis de nombreuses générations, se détestant et se jalousant. C’était les deux plus gros producteurs de Rilly, et la concurrence était rude. Alors, aucun Béricourt ne côtoyait jamais un Périgault. A ce jour, plus personne ne pouvait dire pourquoi tant de zizanie entre les deux familles, mais on continuait par tradition. Au début de son mariage, Hélène avait respecté scrupuleusement ces codes relationnels, sans se poser de questions. Mais un jour, lors d’une grande fête du Champagne à Epernay, elle s’était retrouvée par hasard en présence de Guy et tous les deux avaient ressenti immédiatement un immense coup de foudre, auquel ils avaient longtemps essayé de résister, elle s’accrochant à son mari et lui à son épouse. Mais l’attirance avait été plus forte que tout, et ils s’étaient d’abord donnés rendez-vous dans un bar, puis plus tard, dans un restaurant, puis un hôtel, puis Guy avait acheté cette garçonnière, où ils se retrouvaient deux fois par semaine, Hélène prétextant d’aller jouer au bridge chez son amie Suzanne, à Chalons. Après le décès de Léandre, elle avait provisoirement cessé ses escapades, mais l’empressement de Guy avait fait céder ses scrupules.
La tête basculée en arrière, Hélène soufflait de larges volutes blanches dans l’habitacle de la voiture. C’était Guy qui lui avait enseigné l’art de fumer le cigare et c’était devenu leur rituel, accompagné d’une coupe de leur meilleur champagne. Se retrouver était si doux. Leur clandestinité les faisait beaucoup rire, et jamais ils n’avaient envisagé de changer leur statut et déclarer leur amour aux yeux de tous. Cette vie secrète les faisait se sentir jeunes et légers, et fiers de mettre à mal la tradition de haine ancestrale entre les deux familles.
Mais, à partir d’aujourd’hui, tout allait changer. A nouveau, ses yeux se brouillèrent, son chagrin trouvant un apaisement provisoire dans l’aspiration de la fumée du cigare. La veille au soir, Guy avait fait un grave malaise cardiaque, alors qu’ils discutaient, tranquillement lovés dans les bras l’un de l’autre. Elle avait appelé le SAMU et suivi l’ambulance jusqu’à l’hôpital où elle s’était présentée en tant que femme de Guy. De longues heures d’inquiétude, et puis, on était venu lui annoncer qu’il était décédé. Elle était restée longtemps prostrée auprès de lui, puis, en partant, avait avoué à l’infirmière qu’elle n’était pas sa femme, mais qu’il fallait maintenant appeler la légitime épouse. Puis, elle avait pris la route de Rilly pour affronter, d’une part, le vide qu’allait être sa vie pour les quelques années qui lui restaient, et d’autre part, les foudres familiales, qui ne manqueront pas de s’abattre quand son fils apprendrait sa trahison au long cours.
Elle était prête, car elle n’avait pas du tout l’intention de cacher son chagrin. Finie la clandestinité : elle allait assumer son amour à titre posthume, et se nourrir des milliers de souvenirs hors-la-loi, qui lui donneront chaque jour du baume au cœur. Et elle fumera le cigare aux yeux de tous, avec arrogance et détermination.
Elle entendit huit heures sonner au clocher de Rilly, dans le matin silencieux. Le cigare aux lèvres, Hélène redémarra la voiture, et se mit en route en direction du Domaine, pour annoncer son deuil et assumer son légitime manque de regrets.
 
De Lucette de France
 
Une vieille dame au cigare dans un champ
 
Une de mes amies habite en bordure de forêt. Je reçois un coup de téléphone matinal de sa part me disant d’un air inquiet qu’une voiture est garée à quelques centaines de mètres de chez elle et qu’elle n’ose pas sortir. Elle appelle du renfort pour voir ce qui se passe, pour éventuellement appeler des secours…
Avec mon compagnon, nous la rejoignons en prenant beaucoup de précautions, munis de nos bâtons de marche, d’un aérosol paralysant, et on avance… Pendant notre périple de 3/4 d’heures, que de questions ne s’est-on pas posées. Bien sûr, nous n’avons que des mauvaises idées et nous n’en menons pas large.
Et s’il y avait un cadavre, et si c’était un guet-apens et si c’étaient des voyous ou des voleurs, et si et si et si…
Nous arrivons chez notre amie, elle est dans un état de stress indescriptible. Nous sommes dans le même état, mais on lui cache. Nous parlons avec elle pour faire redescendre la tension. Nous y arrivons tant bien que mal, mais notre mal-être à tous est palpable.
De loin, nous épions cette voiture, voir si quelqu’un approche, si cette personne en sort, et rien ne se passe. On se demande si nous devons avertir la police, mais pour leur dire quoi, qu’une voiture est stationnée à l’orée d’un bois.
Prenant notre courage, tous les trois nous décidons de faire une promenade avec nos chiens. Notre fox-terrier, au doux nom de « Java », elle, mon amie avec son Bearded Collie, répondant au nom de « Popeye », imposant avec sa grosse toison, mais, en fait, s’il sort de chez la toiletteuse, c’est un chien tout à fait normal. C’est un sportif, au bout de sa longue laisse, il est quand même impressionnant, il tire comme un damné, il sent l’air, ce n’est pas normal, il tire encore plus fort en jappant. Nous avançons comme des « promeneurs sereins », on papote, on regarde le raisin, on fait semblant de chercher des champignons, et tout doucement, on arrive bientôt à la hauteur de cette voiture.
 Ne pouvant plus le tenir, par surprise, Popeye fait un bond qui déstabilise sa maîtresse, et le voilà parti comme une fusée. Nous crions, hurlons « Popeye. Popeye », plus de Popeye. On en oublie la voiture et on s’enfonce dans le bois à la recherche de notre fugueur. On l’entend aboyer au loin, dix minutes plus tard, un garenne passe devant nous, il détale à toute vitesse, suivi de notre Popeye… Enfin il est là, après une bonne semonce, mais soulagés de l’avoir retrouvé, nous repartons dans la direction de la voiture qui n’a pas bougé d’un centimètre.
Effrayés, notre angoisse est à son comble, car d’un seul coup, surgit au loin, un homme avec une « mitraillette » en mains… Là, nous voyons défiler notre vie, et voyons notre dernière heure arrivée. Il court auprès de sa voiture, se penche du côté de la passagère. Mais que se passe-t-il, nous sommes figés. Au bout de quelques interminables minutes, il se relève, ses mains sont vides, il a déposé sa mitraillette. Il se poste devant sa voiture, son regard fixé sur nous. Que fais-t-on, on avance, on recule, on réfléchit, étant dans la gueule du loup, on décide d’affronter la réalité…
Nous sommes à sa hauteur, nous le saluons, il nous répond très courtoisement, et entame la conversation. Surpris par les aboiements de Popeye, dit-il, il s’est empressé de revenir pour voir si tout allait bien pour sa femme. Il nous explique qu’il connaît ce bois sur le bout des ongles, ayant crapahuté dans tous les sens étant enfant, puis avec sa fiancée devenue sa femme, il y a bien longtemps. Il y a eu tellement de serments d’amour entre eux dans ce petit coin, qu’à la demande de sa femme devenue impotente, il s’est fait un plaisir d’aller filmer tous leurs endroits secrets. Ici un arbre avec leurs initiales dans un cœur gravé sur un tronc, là, une magnifique clairière où ils ont échangé leurs promesses, ailleurs des chênes centenaires, puis un ruisseau surmonté d’un petit pont, qui serpente entre les feuilles sèches. Les liens avec toute cette nature sont très forts pour eux.
« Mais alors, vous n’avez pas de mitraillette ? », prononce l’un d’entre nous.
 « Non » dit-il, « c’est ma caméra, cadeau de ma femme, je suis caméraman dans le milieu du cinéma ».
 Nous partons tous à rire de ce quiproquo. Nous nous avançons pour saluer cette dame, qui heureuse fume béatement un cigare.
« Cette odeur est envoutante », dit-elle, « c’est mon père qui m’a initiée, ce n’est pas la meilleure chose, mais ça me rapproche de lui… ».
Conclusion : la peur des mots et des pensées conduit à un gouffre de quiproquos douloureux, qui souvent n’ont pas lieu d’être…
 
 
De Nicole de Belgique
 
Cigare et vin
 
8H00 du matin au mois d’Août quelque part en Californie.
Une vieille Mercedes rouge aux chromes rutilants a quitté la California State Route 29 qui traverse la Napa Valley.
Au volant une vieille dame s’est arrêtée devant un champ de vignes près de la Route des Vins, la Silverado Trail.
Elle fume son cigare les yeux au loin.
C’est Carmen Ursan, la propriétaire de la California Vineyard. A sa mort son époux, Livio, lui a légué l’hacienda de 600 m2 et le domaine au grand dam de son frère Antonio, Maître de Chais attaché à la qualité irréprochable de la production et de sa touche italienne.
Carmen est une excentrique. De son ascendance gitane elle a gardé le goût des couleurs, elle porte un diadème de fleurs rouges, elle fume de très bons cigares et boit du whisky 20 ans d’âge.
Une main de fer dans un gant de velours, elle mène ses employés par le bout du nez.
Elle a un nouveau projet que condamne Antonio. Elle veut s’associer à Mondovino et produire un vin plus léger, distribué en canettes comme un soda destiné aux plus jeunes dans le but de les fidéliser.
Une qualité moindre sans doute mais un rendement efficace.
Elle a rendez-vous avec le Directeur commercial de Mondovino  à l’hacienda dans une heure.
Elle a trouvé le nom du produit “Cali One”.
Et tant pis pour Antonio, la petite gitane venue d’Europe compte bien devenir très riche…
 
 
De Laurence de France

 
Aymeric aimait travailler de bon matin dans ses vignes, du côté de Cognac. C’était l’été, il faisait chaud déjà à huit heures du matin de ce mois d’août caniculaire, l’air était sec, il deviendrait sans doute irrespirable dans l’après-midi.
Il possédait plusieurs hectares de vignes, héritées de son grand-père, qu’il exploitait avec passion. Il avait d’abord été œnologue avant de s’intéresser de plus près aux ceps et de les manipuler comme des objets précieux. Il aimait ses vignes comme on aime un enfant. Il bichonnait ses ceps, ses grappes, ses rangs, les admirait et en était fier.
Il était huit heures, Aymeric venait de finir un rang et se posa quelques minutes pour admirer la vue de là. Cette parcelle se trouvait un peu en hauteur, et il pouvait apercevoir la ville de Cognac en contrebas, sa ville de naissance, si chère à son cœur. Il aimait sa Charente natale, et il avait été heureux de revenir sur les terres de son enfance après un tour du monde œnologique, qui l’avait mené dans différents pays et qui l’avaient ouvert aux cultures étrangères.
 
Puis, d’un coup, son œil fut attiré par une voiture garée à trois rangs de là. Une vieille voiture, une vieille Fiat, dont la couleur était passée quelque peu. Comme il était assez proche, il put distinguer une femme d’un certain âge au volant de son bolide italien, pour ne pas dire une vieille femme, aussi vieille que la voiture dans laquelle elle se trouvait. Il remarqua tout de suite un détail qui le frappa et qu’il trouva bizarre : cette femme fumait tranquillement un cigare, en plein mois d’août, sur le bord d’une route, peu passagère certes, au milieu de la campagne charentaise.
Il n’y avait que lui et elle dans les parages. Pas d’âme qui vive dans les environs. Aymeric arrêta de travailler pour se concentrer sur la situation cocasse qui se déroulait devant ses yeux.
 
Que venait faire cette femme à huit heures du matin sur ses terres ? Bizarre !
Pourquoi avait-elle l’air aussi dépenaillée, voire fripée ?
S’était-elle échappée de chez elle, suite à des violences conjugales ?
D’où sortait-elle ? Il ne l’avait jamais vue !
Etait-elle en panne d’essence ?
Avait-elle un problème mécanique ?
Pourquoi fumer un cigare, enfermée dans la voiture ?
Que ou qui fuyait-elle ?
Pourquoi s’était-elle arrêtée précisément sur ses terres alors qu’elle aurait pu le faire dans les parcelles d’en face, appartenant à son voisin ?
Allait-elle sortir de sa voiture toute pourrie ?
Possédait-elle un flingue dans son pot de yaourt ?
Etait-ce une criminelle en fuite ?
 
Sur ce, Aymeric se traita d’imbécile de se faire des films de la sorte, alors que, visiblement, cette pauvre femme n’avait absolument pas l’air inquiétante. Mais, il n’osa tout de même pas s’approcher d’elle, même éventuellement pour lui demander si elle avait besoin d’aide. Il était plus ou moins pétrifié, alors que la femme dans la voiture semblait à l’aise, elle.
Malgré tout, cela lui faisait une diversion, une histoire croustillante à raconter à sa femme au déjeuner, lui qui ne parlait toujours que de ses vignes et qui soulait tout le monde avant même que les gens n’aient bu quoique ce soit !
Au fil de ses pérégrinations mentales, Aymeric se répéta que c’était quand même bizarre et qu’il manquait de cran face à une situation somme toute assez ridicule. Mais, il ne bougea pas. La vieille dame non plus. Aucun bruit n’émanait du véhicule, ni aux alentours. Tout était calme, dans la volupté de ces matins estivaux, où un franc soleil inondait et dominait le pays. Une légère brume de chaleur s’était formée depuis un certain temps, promettant des heures torrides. Pour l’instant, c’était dans la tête d’Aymeric que c’était torride, ainsi que dans son dos. Son tee-shirt était trempé, pas seulement par le travail. Il avait la trouille devant ce tableau inattendu, lui qui se trouvait toujours seul dans ses vignes.
Il était indécis, il avait bien envie d’aller voir ce qui se passait pour en avoir le cœur net. Il pensait aux faits divers dans lesquels des gens, hommes ou femmes, s’étaient fait tuer, sur leur parcours de jogging matinal.
Alors, pour ne pas se montrer, Aymeric se mit à quatre pattes et avança, pas à pas, sans faire de bruit, pour surprendre la dame et avoir l’avantage sur elle. Il était presque arrivé à hauteur des roues arrière, toujours pas de bruit ni aucun mouvement. Il commença à penser que la passagère était victime d’un malaise. Il se redressa, se trouva idiot de s’être laissé emporter par sa peur. Il voulut ouvrir la portière, mais celle-ci tomba sur le sol avec fracas. Au même moment, il entendit des rires tonitruants avec des bruits de tambour, précédant des gens qui marchaient entre les rangs de vigne.
Il se dit que ce matin d’août était vraiment bizarre et se demandait même s’il n’était pas parti dans une autre dimension. Et là, il aperçut sa bande d’amis, qu’il connaissait depuis le collège, lui hurler « JOYEUX ANNIVERSAIRE AYMERIC ». Il ne voyait pas bien le rapport entre la scène de la voiture et ses potes qui débarquaient assez bizarrement, de nulle part, puisqu’il ne voyait aucun véhicule garé à proximité.
Et là, ça fit ‘tilt’ dans sa tête : il comprit que ses amis lui avaient joué une farce pour ses 40 ans. Ils lui avaient dit qu’ils préparaient quelque chose, mais il ne s’en était pas plus soucié que ça. Tout était faux, en fait. La vieille dame était un de leurs épouvantails qu’ils fabriquaient pour la fête de fin août au village. La voiture était celle de son voisin, qu’il gardait comme une relique, lui venant de son grand-père italien.
Aymeric se mit à se tordre de rire, comme cela ne lui était jamais arrivé. Pour sûr, il se souviendrait de ses 40 ans ! Quelle bande de farceurs ! Il avait vraiment eu la trouille !
 
 
Je tiens à rendre aussi cette rubrique participative: si vous avez des idées de propositions d’écriture, pensez à me les envoyer via le blog et je les proposerai de temps à autre.
Chaque semaine, vous recevrez une proposition d’écriture, pourquoi ne pas vous lancer? Il n’y a que le premier pas qui coûte…
Chaque proposition est un jeu de créativité.
Laissez-vous guider par votre intuition, votre imagination, votre envie d’écrire!
C’est un jeu de créativité.
Laissez filer vos idées, laissez les mots sortir tels qu’ils sont tout simplement ; c’est tellement mieux et spontané !
Ecrire, c’est se sentir libre.
Ecrire, c’est la liberté d’imaginer.
Créer demande du courage !

J’ai hâte de lire vos créations!

Pensez à m’envoyer vos créations dans la rubrique me contacter” de mon blog, La Plume de Laurence.

Créativement vôtre,

LAURENCE SMITS, La Plume de Laurence

 

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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