Cette semaine, la proposition d’écriture N° 59 vous a bien inspirés: “la femelle oiseau qui couve”. Entre mésange, hirondelle, coucou et divers oiseaux, vous avez le choix! Ils sont tellement merveilleux en ce moment dans nos jardins! Ils mettent tant d’ardeur à faire entendre leur beau chant!Voici vos textes.Je vous en souhaite une belle lecture.


De Sylvie de France

Je me présente : je suis une ravissante merlette au très joli plumage brun dont les reflets tirent sur le roux. Les mâles prétendent être les plus beaux. Moi, je prétends l’inverse. Monsieur Merle a beaucoup de charme, certes, avec son plumage noir de jais et son bec d’un beau brillant jaune orangé. Mais tout de même, moi, je me trouve tellement plus belle lorsque je me découvre sur le miroir ondulant d’un ruisseau dans lequel je me désaltère. D’ailleurs, n’est-ce-pas ma beauté qui a séduit l’oiseau de ma vie ?
En ce mois de mai ensoleillé, je suis confortablement installée dans notre nid, déployant mes ailes sur quatre superbes œufs, tous d’une jolie couleur bleu-vert. Mes chers petits verront le jour d’ici une dizaine de jours. Le temps pourrait me paraître long, mais pas du tout. Je profite de ce repos bien mérité pour penser à cette saison qui est, entre toutes, ma saison préférée. Après un hiver souvent trop long, les camélias, le lilas, les magnolias et mille autres magnifiques arbustes fleurissent de toute part. Leurs couleurs éclatantes habillent magnifiquement le vert tendre de la nature qui renaît. Voici maintenant le muguet, les pivoines, les roses, le chèvrefeuille… Une farandole de lumière, de gaieté et de parfums tous plus agréables les uns que les autres ! Je savoure chaque instant en souhaitant parfois que le temps s’arrête.
Je songe également aux efforts que j’ai déployés pour la construction de ce petit nid douillet dont je suis si fière aujourd’hui.
Monsieur Merle et moi-même sommes des citadins. Au début du printemps, nous avons longuement cherché un lieu idéal pour notre installation. Il nous fallait le calme et de la nourriture à profusion. Nous avons enfin trouvé l’endroit rêvé. Nous avons élu domicile dans le grand jardin d’une humaine, à l’abri du vrombissement incessant de ces drôles d’engins dont le bruit et les odeurs qu’ils dégagent sont insupportables. Quand il m’arrive de voler trop près d’eux, je me mets à éternuer d’une façon incontrôlable !!! Mon bec s’ouvre alors et je perds tout ce que j’avais picoré. A ce propos, pour une raison que j’ignore, depuis un certain temps déjà, la vie dans cette ville habituellement si mouvementée, s’est soudain mise à l’arrêt ! Quel bonheur ! Ce calme va peut-être durer pour toujours… Les humains ont peut-être enfin compris qu’ils empoisonnent notre si belle Terre avec leurs machines infernales et que nous, les oiseaux, finirons par ne plus avoir notre place au milieu de leur civilisation destructrice.
J’entends enfin, sans avoir besoin de tendre l’oreille, les chants mélodieux de mon compagnon.
J’ai donc entrepris courageusement la construction du logement qui allait voir naître notre progéniture. J’ai bâti notre petite maison, faite d’herbes, de mousse, de petites racines, de brindilles et de boue, sur les hautes branches d’une haie de charmes, dans un grand jardin, un peu à l’écart de la ville. Pendant la construction, Monsieur Merle, lui, s’est contenté de chasser à coups de bec furieux les éventuels voisins qui auraient eu la mauvaise idée de squatter sur notre territoire. Il y a décidément des opportunistes partout ! Il m’a laissé travailler seule mais n’était jamais bien loin, au cas où j’aurais eu besoin de son aide. Tenant ensuite son rôle d’inspecteur des travaux finis, il s’est contenté de garder notre logis pendant que je récupérais les derniers matériaux nécessaires à la fin de la construction.
Et maintenant, grâce à mon travail acharné, je profite pleinement de ce répit dans un lieu qui m’est si cher le temps d’une saison, jusqu’à la naissance de nos oisillons, repos qui sera de courte durée. Car dès qu’ils pointeront le bout de leur minuscule bec, il me faudra reprendre le travail avec leur père : les nourrir sans cesse et faire le ménage quotidiennement, pour qu’ils grandissent harmonieusement dans un endroit toujours propre. Et puis un jour, les soins que nous leur aurons donnés avec tendresse leur permettront de quitter le nid à leur tour, de voler de leurs propres ailes. Alors, je profite de chaque instant dans le silence inhabituel de la ville endormie. Monsieur Merle prend soin de moi, j’ai l’impression d’être une princesse. Je me plonge également avec délices dans les souvenirs du printemps dernier. La construction d’une nouvelle maison chaque année pour y accueillir nos oisillons qui grandissent en toute confiance avant de s’envoler à leur tour dans le tourbillon de la vie. Je me laisse parfois, un court instant, happer par une pointe de nostalgie. Que sont devenus mes enfants ? Sont-ils encore tous vivants ? Je préfère imaginer que oui et qu’en ce moment précis, loin de moi, ils sont eux aussi dans les préparatifs des naissances, miracle de la vie, prolongement indispensable de notre passage en ce monde terrestre.
Les jours s’écoulent paisiblement et ne sont troublés que, de temps en temps, par les aboiements furieux d’un drôle d’animal poilu. Au début, ses aboiements me faisaient un peu peur mais j’ai vite compris que c’était sa manière à lui de défendre notre territoire lorsque d’autres humains tentent de s’en approcher. L’humaine avec laquelle il cohabite s’adresse alors à lui d’un ton ferme pour tenter de le faire taire. Elle doit savoir que je n’apprécie pas d’être dérangée par un tel brouhaha ! Mais lui ne semble guère y prêter attention. Alors, elle crie un peu plus fort. Il se décide à entrer, la queue basse, dans un truc énorme et laid qui semble leur tenir lieu de nid. Comment les humains peuvent-ils construire des choses si affreuses ? Je ne me méfie pas de cet animal poilu car, malgré la façon bruyante avec laquelle il s’exprime, il ne sait pas grimper aux arbres, ne représentant aucun danger pour notre famille. Contrairement à une autre catégorie de mammifères à quatre pattes, qui, sans prévenir, a déjà semé la terreur chez certains de nos congénères.
Je ne vois, d’où je suis, dans une immobilité quasi-parfaite, que le feuillage tendre de la haie, qui bruisse doucement au gré d’un léger vent printanier. J’entends parfois des humains s’arrêter tout près. Ils écoutent avec ravissement les chants des oiseaux qu’ils semblent redécouvrir, mais aucune mélodie n’est aussi belle que celle de mon compagnon. Comme moi, je les imagine fermant les yeux et se laissant transporter par la magie de cette musique merveilleuse.
J’écoute l’oiseau de ma vie chanter toute la journée pour m’encourager dans l’attente des éclosions et dont les visites fréquentes pour me nourrir sont à chaque fois source de joie. Il m’apporte une grande variété d’insectes, vers, fruits et graines qu’il a choisis avec tout son amour et que je savoure avec une profonde reconnaissance.
Et lorsque chaque soir, perché sur la plus haute branche d’un liquidambar voisin de la haie de charmes, il siffle à en perdre haleine, mon cœur éclate de bonheur.

De Julie de France

Prali était installée confortablement dans son nid qu’elle avait mis des semaines à confectionner pour le plus grand bouleversement de sa vie et la plus belle chose qui puisse lui arriver : la naissance de ses nouveaux-nés. C’est ainsi qu’après avoir pondu, elle prenait son rôle de maman très à cœur. Elle gardait ses œufs comme si elle protégeait un énorme trésor car rien n’était plus précieux pour elle que ses bébés. Elle avait pondu quatre œufs et savait comment elle allait les appeler : Ruby, Saphir, Emeraude et Diamant. Elle n’avait qu’une hâte, c’était de les voir sortir mais en même en temps elle était très inquiète. Quand elle irait chasser, qui veillerait sur ses petits ? Et si quelqu’un voulait du mal à ses précieux enfants, elle ne pourrait rien faire si elle est loin d’eux. Et s’ils sortaient du nid et tombaient du peuplier sur lequel elle avait élu domicile que ferait-elle? Pour Prali, il était hors de question de les laisser seuls et pourtant il fallait bien qu’elle subvienne aux besoins de la petite famille. Il n’y avait pas que ça qui la préoccupait. Elle se demandait bien comment allaient être ses quatre enfants. Est-ce qu’ils seraient en bonne santé ? Ce serait trop dur pour elle de voir ne serait-ce qu’un de ses enfants mourant, il valait mieux ne pas y penser. Elle allait devoir aussi les apprendre à chasser, tout ce que sa maman lui avait elle-même appris et qui lui disait sans cesse “aies confiance en ton instinct”. Elle ne savait pas si elle serait à la hauteur pour accomplir cette tâche à haute responsabilité. Et puis, un jour, ils seraient assez forts et prendraient leur envol, allaient-ils se souvenir de leur maman ? Elle espérait qu’ils ne l’oublient pas parce que elle n’oublierait jamais ses enfants adorés.

De Lucette de France

Une femelle oiseau qui couve


Je ne peux absolument pas m’étendre sur la femelle « coucou », pour qui sa couvaison est unique. Le moins que l’on puisse dire, est que ses rites ne sont pas des plus courtois. En effet, c’est un oiseau gris qui ressemble au pigeon. On ne la voit que très peu, bien trop occupée à surveiller une acolyte d’une autre espèce, qui quitte son nid pour se nourrir. Monsieur « oiseau » est sans doute parti batifoler ailleurs… Cette future maman coucou n’a aucun scrupule à pondre ses œufs dans un nid déjà occupé. Si elle n’a pas assez de place, « ni vu ni connu », elle éjecte un œuf de sa rivale, qui elle, pas méfiante pour 2 sous, revient quelques minutes plus tard, sans rien remarquer d’étrange, et bonne pâte, elle couve l’œuf de l’intruse. Elle se décharge entièrement de l’éducation de son rejeton. Elle a fait son travail en squattant le nid d’une autre, et c’est l’ingénue qui nourrira son petit comme s’il était le sien. La nature est ainsi faite, mais ses mœurs de « coucou » n’inspirent pas l’engouement pour elle. D’ ailleurs, elle nous annonce de la pluie quand on entend son « coucou », donc, n’étant pas sympathique à mes yeux, j’arrête là mon bavardage, pour passer à une femelle beaucoup agréable…
C’est l’hirondelle, c’est la grâce, la légèreté, la finesse incarnées. Elle nous annonce le printemps. Dès leurs premiers vols au-dessus de nos têtes, on sait que l’hiver est terminé. A peine arrivée, avec son mâle, ils se démènent pour fabriquer le futur logis de leurs hirondeaux.
C’est un couple fidèle qui perdure dans le temps, fidèles aussi dans les lieux des années précédentes. Soit dans une étable ou une écurie, soit protégé sous la toiture des maisons. Malheureusement, beaucoup sont détruits par l’humain à cause de leurs déjections qui sont de moins en moins acceptées.
Avec persévérance, c’est toute la journée qu’avec sa moitié elle cherche des brindilles, de la boue, de l’herbe sèche, et qu’elle façonne son habitation avec amour. Ses œufs sont pondus, c’est en maman attentive qu’elle prend soin de ses futurs bébés. Son mâle la nourrit souvent, mais de temps en temps, il la relaie dans le nid, pour que « Madame » puisse un peu profiter des airs. Avez-vous déjà admiré un vol d’hirondelle ? Majestueuse dans le ciel, ses ailes bleues déployées, sa gorge blanche, c’est un spectacle, quand elle pique sur un moustique ou un papillon pour l’avaler. Elle va, elle vient, monte, fait des spirales, surveille, et la perspective d’engloutir un bon dessert la motive en restant toujours en éveil pour le futur élu de son estomac…
Les petits arrivent les uns après les autres. A peine nés, ça piaille de partout. Ils crient famine, leurs petits becs sont ouverts aussi larges que des fours à pain. Les allers et retours de maman hirondelle ne l’épuisent pas. Elle donne la becquée à l’un, elle repart aussitôt, elle en nourrit un deuxième, puis un autre. Elle gardera ce rythme pendant une trentaine de jours, jusqu’à ce que ses petits voraces aient la force de s’envoler.
C’est une maman prévenante, aux petits soins pour sa progéniture.
Mais déjà, l’été se termine, elle doit penser au retour en Afrique. Tous ses compagnons de migration se donnent rendez-vous en tourbillonnant dans le ciel. Ils se rassemblent sur des fils électriques. Je suis triste de leur dire « A l’année prochaine, revenez vite ».
Une dernière révérence avant la nuit, le lendemain au réveil, je cherche cette noble silhouette, mais elle a préféré partir dans la discrétion comme à son habitude…
Au bout de 10.000 kms, elle reprendra sa vie africaine, pour revenir nous annoncer le renouveau dans notre vie la saison suivante…
Pour moi, c’est un porte-bonheur.
Pourtant, que la campagne est belle, comment peut-on s’imaginer, qu’en voyant un vol d’hirondelles, que le printemps vient d’arriver…

De Catherine de France

« A la cîme d’un grand arbre,

Ti-ti-ti-tan-ti-tireli … »

Depuis ce matin, j’ai cette chanson qui tourne en boucle dans ma petite  tête. Cette chanson, je la tiens de ma mère, qui la tenait elle-même de sa mère, qui avait l’habitude de faire son nid dans un peuplier près d’une cour d’école. J’aime bien cette ritournelle qui a bercé ma vie d’oisillon, entre mon cocon-œuf et mon premier envol. Elle me revient systématiquement à chaque fois que je couve mes œufs. Et justement, je suis confinée au nid depuis presque vingt jours, pour m’occuper de mes trois œufs que je dois bien tenir au chaud. Et, croyez-moi, c’est long, vingt jours sans quitter mon lieu de villégiature, pourtant très confortable. Mon mâle est un vrai spécialiste pour faire les nids. Tous les ans, il s’active fort et me commande : « Prends ça !…Mets-ça là !… Attends, ce serait mieux là ! … » : il a toujours raison. La boue qui tapisse le fond du logis est parfaitement lissée et douce à mon ventre ; les radicelles entrelacées et mêlées de crins forment une parfaite isolation . Il a poussé le chic du chic en mettant par ci, par là, des petits éclats de miroir dans lesquels j’arrive à voir mon œil ou un bout de mon bec.

« A la cîme d’un grand arbre,

Ti-ti-ti-tan-ti-tireli

A la cîme d’un grand arbre

L’ageasse a fait son nid

L’ageasse a fait son nid »

J’ai dit que mon mâle avait toujours raison, mais moi, je n’étais pas d’accord pour qu’on fasse le nid ici, dans un jardin, sur les plus hautes branches d’un bouleau, mais pile en face de la fenêtre de la chambre de Marie-Claire, l’humaine qui habite cette maison … d’humains ! Elle a une vue directe sur le nid : tu parles d’une intimité ! Comme je rouspétais, Pica-Pica (c’est comme ça que j’appelle mon mâle) a renforcé l’épaisseur du nid côté maison, et il a même construit un joli dôme au-dessus. Comme ça, la Marie-Claire ne peut rien voir, mais moi si ! Je la vois qui se hausse et s’étire pour voir si  on a des petits, mais je vois bien aussi qu’elle est toujours déçue, car bredouille !

« Les petits y font la ronde

Ti-ti-ti-tan-ti-tireli

Les petits y font la ronde

En poussant de grands cris

En poussant de grands cris »

Le dôme n’est pas que anti-Marie-Claire : il sert à décourager les corneilles avec lesquelles nous avons souvent des problèmes de cohabitation. L’an passé, elles sont venues à plusieurs attaquer notre nid, et malgré notre résistance héroïque,  elles ont emporté un de nos petits. Alors, on apprend de ses échecs : cette année, elles auront du mal à rentrer sous le dôme. Et je sais aussi que si Pica-Pica a choisi cet arbre, c’est pour nous protéger des rapaces  qui ne s’aventurent pas si près des maisons. Les mauvaises expériences passées nous servent de leçons, et il est vrai que nous autres avons cette faculté d’apprentissage que n’ont pas tous  les oiseaux.

« Mais l’ageasse a mal de tête

Ti-ti-ti-tan-ti-tireli

Mais l’ageasse a mal de tête

Bien mal à en mourir

Bien mal à en mourir »

C’est compliqué d’être isolée toute la journée, après avoir passé l’hiver dans un dortoir où nous retrouvions tous les soirs nos congénères. Quand on parle de mal de tête, il y avait de quoi, avec toutes ces jacasseries incessantes qui duraient des heures. Des « tchaka, tchaka, tchaka » par ci et des «  tchiatcha, tchiatcha » par là, à vous faire tourner la tête ! C’était si bruyant et si fatigant ! Mais maintenant, ça me manque. Ce silence m’insupporte : Pica-Pica dit qu’il ne faut pas faire de bruit pour ne pas attirer l’attention sur notre nid , alors, on ne parle que très peu, juste pour sussurer un merci quand il me rapporte  de quoi me nourrir. Hier, comme il avait plu dans la nuit, j’ai dégusté une magnifique limace. Que va-t-il me rapporter aujourd’hui ? De quoi aurais-je envie ? Je sais : des œufs de mésanges, ou bien quelque chose de nouveau volé dans les poubelles de Marie-Claire !

De là où je suis, je l’oberve, mon Pica-Pica, qui sautille sous la haie du jardin, à la recherche de ce qui fera plaisir à sa femelle : il est plus beau que tous les autres de notre espèce. Sa longue queue fait pâlir d’envie toutes les autres femelles : il la porte bien  haut quand il sautille, ondulant du cou en saccades à mesure qu’il avance. Et ses plumes ont des reflets métalliques bleus, verts et même violacés : c’est ce que j’aime le plus chez lui, avec son empathie extrème pour moi et ma solitude forcée.

«  Faut chanter à voix plus basse

Ti-ti-ti-tan-ti-tireli

Faut chanter à voix plus basse

Pour la laisser guérir

Pour la laisser guérir »

J’ai à la fois hâte et la crainte que mes petits éclosent, car il faudra redoubler d’énergie pour les alimenter : je n’ai nul doute qu’ils seront affamés toute la journée, et nous devrons  aller tous les deux à la chasse, tout en gardant un œil sur notre nid. On a un plan d’alerte : le premier qui voit le danger approcher crie « Tché tché tché » et s’envole dare-dare au nid.  En attendant, je ne bouge pas de là : pas envie qu’un coucou vienne me faire un cadeau comme il y a deux ans ! Je me suis retrouvée avec  un œuf plus gros que les miens, mais mon instinct maternel  m’a fait l’aimer comme si c’était le mien. Mais quand il est né, il a jeté mes petits hors du nid, et je n’avais plus que de  lui à m’occuper . La nature est rude parfois, et il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur : je l’ai élevé, mais il m’a épuisée ! Cette année, j’entends bien faire en sorte que mes trois petits naissent  et grandissent comme il faut, foi de pie !

Tiens, voilà mon Pica-Pica qui revient avec de quoi me rassasier. Je suis impatiente de me régaler !

« A la cîme d’un grand arbre,

Ti-ti-ti-tan-ti-tireli

A la cîme d’un grand arbre

L’ageasse a fait son nid

   “L’ageasse a fait son nid » (chanson traditionnelle)

De Michèle de France

PETITE AILE


« Petite aile », c’est ainsi que m’appelait maman “voltige”. J’étais si fragile avec mon aile cassée!!
En voulant prouver que, moi aussi, je pouvais voltiger, je me suis heurtée au volet ouvert et mal accroché, du père Léon. Je n’ai pas compris, il le gardait fermé d’habitude. Pendant plusieurs semaines, je suis restée boiteuse et plutôt confinée dans le nid de la famille.
Aujourd’hui, je suis en pleine forme et sortie de l’enfance. Je viens de pondre 3 œufs magnifiques que je garde au chaud sous mon ventre, pour faciliter l’éclosion et les mettre ainsi à l’abri des prédateurs. Je veux devenir une maman aimante, comme me l’a appris Maman Voltige.
Depuis l’hiver dernier, j’ai changé de jardin, en tant que rouge-gorge, je me dois de suivre mon beau ventre blanc. Il m’a fait une parade si belle que je suis tombée sous son charme. J’adorais quand il sautillait de branche en branche et se rapprochait de moi avec sa petite tête de côté comme pour m’ensorceler. Il était devenu tout rouge !!
J’ai quitté le jardin foutoir du père Léon et appris à aimer ce joli coin de verdure appartenant à Mademoiselle virginie. Ce n’était pas difficile, cet endroit est encore et toujours magnifique et odorant, rempli de fleurs variées, d’arbres fruitiers et beaucoup de rosiers, avec une jolie fontaine. Quand je l’ai découvert, c’était l’hiver et il m’avait déjà comblée. C’est un endroit merveilleux pour nicher.
Ventre blanc m’a fait comprendre que je lui plaisais beaucoup. Il souhaitait que je vive ici avec lui. J’étais si heureuse à l’idée de devenir sa compagne. Je n’ai pas hésité à me laisser courtiser. Après quelques jours, quelques heures, je ne sais plus… Nous avons décidé de fonder une famille. Nous nous sommes aimés durant de longues semaines, c’était délicieux. Et durant le temps de ma gestation, je l’ai suivi pour me nourrir de nombreux vers de terres et insectes qu’il m’offrait.
Il m’apportait aussi des plumes, de la mousse, des brindilles, pour que je puisse construire le nid de nos enfants. Il est adorable, je n’aurais pas pu rencontrer meilleur compagnon.
Aujourd’hui, je suis heureuse, avec cette impression que mon cœur va éclater de bonheur. Je me dis qu’il va sûrement exploser quand les enfants seront là, alors que je les regarderai avec tant d’amour.
Ah, j’aperçois Ventre Blanc qui arrive à tire d’aile.
– Merci mon tendre pour ces magnifiques et délicieux vers de terres.
– Tu as besoin de force pour ta couvaison ! Tu vas bien ma douce ? Le temps, ne te parait-il pas trop long ?
– Oh non, je sens que la chaleur de mon ventre nourrit mes petits embryons.
– Alors, je repars voir les copains et te trouver de bonnes baies pour mon retour.
Du haut de son arbre, elle regarde le vol merveilleux de son amoureux qui flotte dans l’air tiède. Elle ferme les yeux, elle a besoin de dormir un peu.
Après quelques minutes, Petite Aile se lève pour tourner un peu ses œufs, remettre le nid en état, comme elle le fait une fois par jour. Sa petite tête, couverte de plumes brunes, fonctionne très bien et beaucoup.
Elle imagine tout ce qu’elle va apprendre à ses petits quand ils vont décider de sortir. Elle va les aider en retirant petit à petit des morceaux de coquille. Puis va leur montrer comment ouvrir le bec pour accueillir quelques insectes et petits fruits. Le plus dur sera l’apprentissage des battements d’ailes, car le premier envol devra être parfait.
Je ne suis pas encore au bout de mes peines, se dit-elle. Mais ils seront si beaux avec leurs petites plumes.
Souvent seule durant ces longs jours, elle pense beaucoup.
Si j’avais de longues ailes avec des rémiges, je pourrais partir loin. J’ai tellement envie de découvrir d’autres contrées, le bord de mer, les grandes étendues froides ou désertiques. Mais je sais que ce n’est qu’un rêve, je ne suis qu’un oiseau de jardin. Tout ce dont je rêve, je l’ai vu dans les pages de magazines de mademoiselle Virginie qui voyage beaucoup.
Si je reste ici, ce serait merveilleux d’être intégrée dans un film long métrage, j’ai tellement de choses à exprimer, avec mes ailes, ma parade amoureuse, et leur montrer que je sais chanter comme un rossignol. Ma voix est très mélodieuse, douce et haute « Petite Aile, Petite Aile de mes amours, dès que minuit sonnera, quand la lune brillera, vient chanter sous…. » J’adore Luis Mariano !
Depuis 14 jours, Petite Aile couve ses petits, rêve et pense…
Voilà que tout à coup, elle sent que ça bouge au fond du nid. Oubliant ses projets utopiques, elle se tourne vers ses œufs qui commencent à se fendiller. Son seul rêve actuel est d’offrir tout son amour à la vie.

De Françoise V de France

Vaisseau aérien
se balançant sous ombrage.
Fibres et plumes
cousues bec.
Promesse d’un ciel ouvert, longtemps.
Refermé ? Le monde joue à s’éteindre. Nuit. Patienter.
Lorsque l’aurore reparaît, elle tend ses lumières opalescentes, les étire au-delà de l’horizon.
Levant réchauffé par d’amples tentures saumonées.
L’espace offert, si vaste, si libre ; rempli de bruissements, murmures, clapotis, chants modulés, appels inlassables…
« Va ! … viens donc ! »
― Non.
L’instinct de perpétuation me pousse à l’immobilité. Au repli.
Je me recueille tout entière sur l’énigme oblongue et grège lovée sous mes pattes repliées, que mes duvets ébouriffés emmitouflent au plus près ; plumes lissées couvrant le tout.
Je sais le mystère précieux. Il est à soustraire aux regards trop curieux, aux instincts autres que miens.
À cette heure où je suis souveraine d’un monde à venir, pas encore assuré, je vis en pelote dans le nid rond bâti, tressé, doublé par le travail de deux becs, quatre pattes, deux paires d’ailes vaillantes et déterminées. Construction éphémère sous un ciel intermittent qui donne réconfort ou froidure.
Attendre, prendre soin.
Solitude. Immobilité. Attente.
Confiance et silence.
Demeurer invisible, indiscernable.
Attendre, veiller, défendre s’il le faut.
Attendre comme sachant. Mais en réalité dans l’expectative de l’instant.
L’instinct guide, l’instinct dicte. Pas le savoir.
Écouter.
Mâle et femelle, ensemble. Aux aguets.
Ravitaillement assuré sans avoir à déserter.
Envol nécessaire à tour de rôle pour les forces à préserver de toute faiblesse.
Ne jamais interrompre la chaîne d’intimité et de chaleur dont le nid se nourrit.
Combien de jours… Qu’en dit la lune ?
Jour. Nuit. Jour. Nuit.
Soleil. Bruine. Brise légère. Vent capricieux. Brume encapuchonnante.
Entre ciel et terre, je m’assoupis.
Se tenir là. Vaille que vaille.
Je suis une reine minuscule dans une arche de fortune soutenue par trois arcs en un nœud réunis, trois branches qui vont en s’évasant vers le ciel, lui présentant ses pousses, psalmodiant d’élégantes strophes rythmées. Car dessus, dessous, de tous côtés, des parasols mousseux et frissonnants se sont déployés, que des souffles en cascade agitent.
Concert polyphonique, affairement. La vie déborde, inonde, se presse d’accomplir.
Bercée, je suis. Jamais seule tout à fait. Car je les distingue, ceux de mon groupe ; je les entends.
Tandis qu’ils quadrillent l’espace reverdi, je capte au loin nos refrains :
Krii-Krii-Tu-Tuit… Krii-Krii-Tu… Krii-Krii-Tu-Tuit…
Les saisons elles-mêmes inspirent en nos gorges les accords mélodiques appropriés, le nombre de mesures, pauses et séquences.
Notre chant de perpétuation ne saurait s’éteindre.

De Nicole de Belgique

Mère mésange

Mésange bleue, Avril en ville.
Un beau mâle paradait sur cet arbre au feuillage vert tendre.
Il m’offrit de la nourriture, me fit visiter son nid douillet. Séduite.
C’est devenu mon nid : de la mousse, des herbes sèches et de doux poils d’animaux.
J’ai pondu dix œufs que je couve délicatement.
Je couve, je rêve.
Douze jours crac-crac, ils montrent leurs becs, leurs petites têtes, déjà ils pépient de faim.
Leur papa s’occupe du ravitaillement : des lépidoptères, des chenilles bien grasses.
Je répartis la nourriture sans faire de jaloux.
A vingt jours, ils voleront mais il leur faudra attendre quatre semaines pour l’émancipation.
Pour le moment, je suis en mode défense.
Les prédateurs: écureuils, pies ne me font pas peur. Je suis une bagarreuse de première.
Déjà, ils sont si beaux mes petits, un magnifique plumage bleu clair sur la calotte, la queue, les ailes, un beau ventre jaune, des joues blanches cernées d’une fine ligne noire.
Nous sommes très appréciées des jardiniers, nous engloutissons coléoptères, mouches, punaises, pucerons.
Dès l’hiver, ils nous installerons des boules de graisse garnies de graines grasses de tournesol, arachides, noix…
Mes petits partent bientôt vivre leur vie de leur côté.
Des naissances futures viendront remplir le vide de leur départ.
Je suis mère mésange bleue.

De Caroline de France

Mia, la mésange bleue.

Je pense que vous connaissez, le poussin, piou!
Dans le cas contraire, rendez-vous avec votre ami Google, vous allez bien rigoler.
Et oui, on vous espionne, nous aussi.
Nous connaissons toutes vos petites habitudes.
Désolée d’être moqueuse mais parfois, ça nous fait bien rire.
Ah excusez-moi, je me présente, Mia, la mésange.
Allez, je vais vous raconter ma vie. Ou plutôt un passage, je n’ai pas trop le temps là.
En ce moment, je ne chôme pas, je cours à droite à gauche.
Bientôt, je vais perdre la boussole. Cette année, j’ai eu cinq petits sur sept œufs. Oui, il y a souvent de la “perte” mais ne vous en faites pas la nature est comme vous, elle est parfaite. Avec mon compagnon, nous avons deux nichées par an. La première entre fin avril et mai et la seconde courant juin. Mon amoureux est très appliqué, il effectue toujours une parade nuptiale qui me séduit à tous les coups. Concernant la création de notre petit nid douillet, il est minutieux, c’est toujours le grand confort. Pour cela, nous préparons le nécessaire pendant l’hiver. Nous récupérons des brindilles et de la mousse, ça prend du temps. Par contre, cette année, nous avons investi un vieux cerisier. En effet, celui-ci comporte des branches cassées, ce qui nous a permis d’installé notre nid bien au chaud presque au cœur de ce bel arbre.
Bien entendu, nous lui avons demandé la permission avant. On ne va pas se fâcher entre voisin tout de même. Le voisinage c’est important, j’ai besoin de calme quand je couve mes amours pendant 14 jours. Durant ma couvé, je prends un peu de poids. Ma moitié ne se pose jamais dans le nid, c’est mon travail. Il m’apporte des fruits, des insectes ou des graines. Lorsque les œufs éclosent, nous les nourrissons ensemble. Voilà pourquoi, je cours partout en ce moment.
Nous avons cherché des prénoms, cette année a été inspirante.
Nos petits s’appellent, Virus, Tonus, Coronus, Foutus et le petit dernier Sauvus, voilou. Bon, ça n’est pas que je ne vous aime pas, mais là je dois sauver. Bonne continuation et surtout restez zen.

De Laurence de France

Moi, je suis fière de ne pas être comme tout le monde, de subir une couvade imposée par ces mâles ! Je ne construis pas de nid donc, je n’aime pas qu’on m’impose un confinement de quelques semaines, bloquée sur un tas de trucs qu’il faut se donner du mal à trouver d’ailleurs, par les temps qui courent ! Je ponds directement dans un autre nid, rapidement, à l’insu des autres, dans l’après-midi ou en début de soirée, quand les futurs parents sont moins attentifs et partis chasser ! E hop, je lâche un seul œuf dans un seul nid, et me voilà tranquille ! Je le fais bien car mon œuf passe inaperçu et éclot avant le reste des autres œufs, comme ça, il a la priorité, étant plus gros ! Au passage, je gobe un œuf dans le nid que je choisis, et hop, un de moins !
Je trompe mes victimes, et alors ? Je suis la championne de la mystification, et alors ? Je suis une intruse, et alors ? Je parasite des nids, et alors ? Je ruse, et alors ? Je suis une voleuse, et alors ? Je berne mes congénères, et alors ? Je squatte des nids, et alors ? Je détourne mon attention de la couvée, et alors ? Je ne couve pas, et alors ? Je suis une nuisible, et alors ? J’imite le cri des rapaces et les autres se font avoir, et alors ? J’attends que les autres femelles couvent pour déposer mon offrande, et alors ? Je suis une imitatrice née, et alors ? Ils ne sont pas beaux mes œufs ? Je suis une camoufleuse, et alors ? Je ponds furtivement, et alors ? Si je ne choisis pas le bon nid, je laisse mon petit mourir de faim, et alors ? Surtout s’il tombe dans une famille de granivores, alors que nous, nous sommes des insectivores de haute volée !
Quelle réputation les humains me font ! Pourtant, je les débarrasse des chenilles, notamment celles de la race processionnaire !

Je surveille mon descendant de loin, et je regarde mon rejeton à sa naissance. Mon Dieu, qu’il est laid : il nait aveugle et nu. Mais, je n’éprouve aucune pitié, encore moins d’instinct maternel, ce n’est pas mon genre !
Je suis telle une aristocrate du XVIIIe siècle, je n’élève pas mon petit moi-même. A quoi bon ? C’est fatigant, je tiens à ma liberté, moi ! A ma progéniture, je cherche des parents adoptifs, qui n’ont pas le choix d’ailleurs : je leur impose ! Eux, les autres, gaiement élèvent leurs petits, ils se donnent à fond, corps et âme, au détriment de leur vie ! Pas moi ! Je ne vais pas renier ma liberté pour un œuf ! Ah que non, de plus, je tiens à ma ligne, à pouvoir chanter à ma guise, même quand la bise est venue ! Eux, les parents que j’ai choisis, ils seront tranquilles au bout de trois semaines, li va dégager mon rejeton, il sera trop gros et trop lourd pour rester dans leur nid.
J’ai du temps pour chanter pendant ce temps-là, car mon mari est polygame : il a plusieurs femmes, le pleutre ! Il déambule dans son harem, à sa guise, et moi, je dois fermer mon bec ! J’admire le paysage, coucoule à loisir, surtout pour annoncer le mauvais temps ! Je déteste les humains et en retour, ils me détestent pareillement !
Mon chant est sonore et clair, moins beau que celui des mâles, forcément, mais je suis fière. J’aime ma solitude, j’aime être tranquille moi, la cuculidée des cimes vertes ! Vous l’aurez bien compris, je ne nidifie pas, je me désintéresse de ma progéniture, mais je suis fière d’annoncer le printemps, invisible aux yeux des autres, fière d’être un présage de bonne fortune. Je suis fière d’être une usurpatrice, vous en connaissez d’autres de mon espèce qui font ça? A quoi bon se préoccuper des petits oiseaux innocents qui voient périr leur descendance grâce à mes bienfaits ? Je n’ai pas de scrupule, et alors ? Suis-je la seule à agir ainsi ? On me considère comme un parasite, et alors ? On me pense cruelle, et alors ?
Moi, on ne me chasse pas, je suis une espèce protégée, je suis si singulière ! Je suis fascinante, je le sais, j’ai inventé d’innombrables stratégies de survie ! Et vous, les humains, vous en êtes où en ce moment ?
Moi, la femelle coucou, bien que j’ai l’habitude de ne pas me faire remarquer, vous me permettrez d’ouvrir mon bec : vous m’avez foutu la paix pendant huit magnifiques semaines pour me permettre de procréer au calme, pourquoi vous revenez avec tous vos problèmes?

De Patrick de France

L’oiseau


Fais comme l’oiseau ça vit d’air pur et d’eau fraîche un oiseau d’un peu de chasse et de pêche un oiseau , mais jamais rien ne l’empêche l’oiseau d’aller plus haut.
Cette chanson de Michel Fugain, mélodie à la rythmique Brésilienne entendue sur les ondes Hertziennes d’une station de radio, m’a ensorcelé les oreilles et cette obsession entêtante se traduit par un sifflotement de cette mélodie comme une rengaine durant la journée.
Et tout en sifflotant la dite chanson, je pensais à tous ces beaux oiseaux qui griffent de leurs ailes le ciel lavande de Provence, région de ma villégiature.
D’ailleurs, oh combien de poèmes de chansons ont célébré la liberté de ce peuple des airs.
Le majestueux vol du goéland planant sur l’immense océan, le flamboyant flamand rose colorisant les étangs de Camargue.
Mais aussi, le joli petit colibri sur l’île fleurie de Martinique et l’aigle seigneur imposant des montagnes et bien sur tous les oiseaux de nos jardins, de nos forêts et de nos villes qui écaillent de leurs chants nos vies quotidiennes.
J’imaginais ces grands oiseaux du peuple migrateur partant pour des contrées lointaines en toute liberté planant sur le fil du vent de voir le monde d’en haut peut-être plus beau.
Une fée leur a donné le don de voler. Cette fée, c’est la « portance », alors que pour nous humains, elle s’appelle « gravité » et nous oblige à rester au sol et voir le monde d’en bas nous laissant dans l’embarras.
Mais un jour ou peut-être une nuit ( Non ce n’est pas du tout la même histoire et puis c’est un aigle noir.)
Donc, un jour, un oiseau m’a dit en songe : « Prends ma place et viens couver mes œufs ».
Viens humain vivre le quotidien d’un oiseau , oui viens rencontrer ses peurs ses angoisses, son dur labeur pour éprouver de la joie à l’envol de ses oisillons.
Surpris, mais tout en étant ravi qu’un oiseau me parle même en songe.
Bien sûr, je ne pris pas physiquement sa place mais nous fusionnâmes nos esprits et nos âmes, oui pendant un moment magique j’étais devenu « L’oiseau ».
D’abord, avant de pondre et de couver, l’important c’est la nidification , chercher un abri pour établir un nid douillet à l’abri des intempéries mais surtout être hors de portée des prédateurs, tous ces voleurs d’œufs et ils sont nombreux .
L’humain ne nous facilite pas la tâche, coupant arbres et haies, étendant de plus en plus son espace de vie nous laissant peu de place. L’humain croit que la terre lui appartient et oublie le partage et devient pour l’oiseau un redoutable prédateur.
Une fois trouvé l’endroit idéal pour établir le nid, il est temps de pondre nos œufs que l’on va protéger comme un trésor inestimable. C’est le temps de la couvaison, de l’incubation.
Couver des œufs n’est pas un travail simple et facile non loin de là, c’est épuisant , contraignant et inquiétant.
Épuisant, car les œufs couvés doivent recevoir une chaleur douce et agréable et cela, malgré les aléas du temps la pluie, le vent , le froid de la nuit ou l’ardeur du soleil pendant son activité diurne.
Contraignant, car il faut rester à sa tâche coûte que coûte, de nuit comme de , ne jamais laisser les œufs sans chaleur ni protection le temps de l’incubation.
Inquiétant, car il faut se méfier de tous ces mangeurs d’œufs , ou de ce fainéant de la couvaison qui par un tour de passe-passe couve par procuration.
Devenu oiseau le temps d’un songe, j’imaginais à quel futur pensait un oiseau pendant la couvaison.
Demain ,après-demain, dans 10 ou 20 jours, les oisillons casseront leur coquille et à peine sortis de l’œuf, ils réclameront avec insistance leur pitance, donc, après la dure épreuve de la couvaison car donner une chaleur constante envers et contre tout est épuisant ; oui il sera impératif de chercher de la nourriture à ces petits affamés jusqu’au premier envol vers leur liberté.
Pas d’oisiveté pour l’oiseau , ce que l’on croit n’est pas toujours ce que l’on voit.
Me réveillant ce matin-là sous le ciel bleu azur du pays de Mistral et face à la montagne de Cézanne, les chants de la vie bourdonnaient intensément , un petit oiseau malin vint se poser pas très loin de moi sur branche basse du mûrier en me regardant tout en pétillant et son chant semblait me dire
« Tu as compris c’est cela ma vie !» dit l’oiseau.  

Rendez-vous est pris la semaine prochaine avec le tableau “L’intrigue “du peintre belge James Ensor. Amusez-vous à écrire, laissez votre imagination aller là où elle vous entraînera, ce sera un moment de bonheur!


Créativement vôtre,


Laurence Smits, La Plume de Laurence


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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