La proposition d’écriture N° 69 vous a inspirés: c’est le pied!

J’ai adoré lire vos textes avant de les publier. 

Il est vrai que le français regorge d’expressions avec le mot “pied“: c’est incroyable quand on en prend conscience! 

Voici vos textes. Je vous en souhaite une belle lecture.


De Christelle de France

Marc, parisien, avait hérité de son père une vieille bâtisse à la campagne. Cela aurait pu faire un pied-à-terre pour les week-ends ou les vacances, cela malgré la réticence de sa femme Sylvie qui préférait la mer.
Ils avaient donc fait des pieds et des mains pour la rendre habitable mais au fur et à mesure des travaux onéreux et pénibles, ils ne prenaient plus leur pied.
Ils levèrent le pied et comme ils avaient les pieds sur terre, ils en vinrent à la conclusion que cela avait été une mauvaise idée de s’installer là. Leur seule distraction : des promenades qui consistaient à aller à pied au milieu des champs, rien d’intéressant à voir. D’autre part, il leur fallait prendre la voiture pour se rendre à dix kilomètres au village le plus proche pour faire leurs courses.
Ils mirent donc la maison en vente dans toutes les agences de la région et ne mirent plus les pieds dans la demeure. En attendant ils travaillèrent d’arrache-pied pour acheter une maison dans une station balnéaire.
Quelques années plus tard, après avoir vendu la vieille bâtisse et mis de l’argent de côté, ils achetaient une maison aux Sables d’Olonne et télétravaillaient dorénavant chez eux : c’était le pied !

De Lucette de France

Ce matin je me suis levée du pied gauche, je traîne les pieds en pensant à la journée qui m’attend…
Je dois aller à pied faire les courses de la semaine, ma voiture est en panne. Le supermarché n’est pas loin, j’arrive un peu trop tôt, alors j’attends l’ouverture de pied ferme. Tout ce monde qui arrive, à qui passera le premier, j’ai envie de donner un coup de pied dans cette fourmilière humaine. Qui suis-je pour les juger, pourtant ma mauvaise humeur aidant, j’ai envie de faire un croche-pied à l’un d’eux.
Ah ! bonjour Emilie, il y a longtemps que l’on ne s’est pas vues. Avec mon air maussade, je lui fais comprendre que je n’ai pas trop envie de parler. Elle tourne les talons, ça lui fera les pieds de faire sa mijaurée, elle est bête comme ses pieds, avec moi, ses minauderies ne prennent plus. Elle peut se jeter à mes pieds, maintenant j’ai trouvé chaussure à mon pied, et celui-là, qu’elle ne s’avise pas de me le piquer. A bon entendant, attention, j’ai bon pied bon œil… Au fait, lui dis-je, tu m’as rendu service en t’appropriant celui que je croyais unique, certes, tu m’as coupé l’herbe sous le pied, mais grâce à toi j’ai rencontré l’amour, le vrai, tu m’as retiré une belle épine du pied, puisque vous n’êtes déjà plus ensemble. Après avoir eu les pieds et les mains liés, j’ai pris mon temps, en ne me jetant trop vite aux pieds de quelqu’un.
Si tu voyais notre beau pied à terre, je t’assure qu’avec notre bébé, je prends mon pied. Maintenant j’ai les doigts de pied en éventail, je n’ai pas eu les deux pieds dans le même sabot pendant des mois et des années. Tu as beau faire des pieds et des mains, tu ne remettras plus les pieds chez moi. Tu m’as trahie, tu peux te jeter à mes pieds, je sais où je vais, tandis que toi, tu ne sais pas sur quel pied danser…
Au lieu de te pavaner en faisant la belle, mets-toi donc le pied à l’étrier, ou si tu as le pied marin, prends donc les voiles. Tu as des larmes, tu me dis méchante, peut-être, je te le dis en face, je veux te voir six pieds sous terre, tellement tu m’as fait souffrir. Ah ! tu crânes moins hein ! Tu perds pied, tu ne sais pas quoi répondre, tu es au pied du mur, alors que moi je suis tellement heureuse, je prends mon pied avec ma petite famille.
Tu croyais que j’allais sauter à pieds joints, et que tout allait repartir entre nous, tu peux me supplier à pied, à cheval ou en voiture, tu peux te mettre à mes pieds, rien n’y fera, chacune chez soi.
Je n’ai pas encore un pied dans la tombe, l’heure n’est pas encore sonnée pour moi de partir les pieds devant, alors laisse-moi tranquille, passe ton chemin, je te donne l’autorisation de me remplacer au pied levé, tu sais si bien le faire…
Je lui ai tourné le dos, tout en lui faisant un pied de nez, je lui ai mis les pieds dans le plat. J’ai fait mes courses, motivée, quel soulagement de lui avoir dit ce qui me pesait depuis si longtemps. Je reviens, serre très fort mon bébé, son sourire a chassé ma mauvaise humeur. Je prends la poussette, et mon chien qui sent la promenade proche. Je marche dans les vignes en chantonnant, je siffle, ça y est « Max » a encore pris la poudre d’escampette en courant après un lièvre dans les vignes. D’un coup je le vois surgir de nulle part, je lui crie,
« Max! Aux pieds ». Il s’approche tout penaud, je fais semblant d’être en colère, la journée se termine dans la bonne humeur.
Tiens ! et si je faisais un petit poème pour me relaxer tout en comptant les pieds, pour que ça sonne bien à l’oreille. Je le lis à mon chéri, affalé dans le canapé, les pieds dans les charentaises, lui aussi prend son pied…

De Catherine de France

Les pieds dans l’plat

Assis sous la tonnelle de son nouveau pied à terre, il prenait son pied à savourer sa belle victoire, les doigts de pieds en éventail dans ses sandales de cuir. C’est qu’il avait bataillé sec, combattu pied à pied, fait des pieds et des mains, pour arracher ce bien aux convoitises des parisiens qui attendaient avec impatience que l’ancien propriétaire ait enfin un pied dans la tombe.
Finalement, il avait réussi à mettre un bon coup de pied dans la fourmilière des prédateurs, en les prenant de vitesse. Il avait fait ami-amie avec la fille de Petit Louis, le propriétaire, qui venait souvent assister son père. Il s’arrangeait toujours pour que les séances de kiné du père coïncident avec la venue de la fille : bref, pendant des années, il s’était tenu sur le pied de guerre, guettant tous les signes d’une arrivée prochaine de l’héritière, puis plaisantant et bavardant avec elle, l’invitant sur son bateau alors qu’elle n’avait pas le pied marin, faisant le pied de grue dans la rue pour la croiser « par pur hasard » (qu’elle coïncidence !) à la sortie d’un magasin, et lui offrant de temps à autre un bon dîner au restaurant. Il coupait ainsi stratégiquement l’herbe sous le pied à tous ceux qui bavaient devant cette belle bâtisse de plain-pied au charme inéluctable, avec vue imprenable sur la mer, pour laquelle il se devait de batailler d’arrache-pied.
Louise et lui étaient devenus de vrais amis, et il ne lui cachait plus son attirance pour la maison, n’hésitant pas à réaliser de petits travaux pour le papa, pour rendre service, mais aussi parce qu’il n’avait pas les deux pieds dans le même sabot et n’oubliait pas son objectif. C’était sa manière à lui de prendre pied dans la vie de Petit Louis et de Louise, pour qu’après on pense à lui, devenu si essentiel pour eux deux.
Petit à petit, l’état de Petit Louis s’était dégradé, nécessitant de plus en plus de soins. Louise se rapprochait de plus en plus de son ami le kiné… Et puis un jour, c’est arrivé sans crier gare: ils ont perdu pied et se sont embrassés. Pieds au plancher, ils entamèrent une belle histoire d’amour qui les surprit eux-mêmes. Lui n’avait pas prévu cette issue dans ses plans : il avait juste envisagé de se faire bien voir pour avoir la préférence entre tous les futurs acheteurs potentiels. Maintenant, le destin lui faisait un sacré pied de nez et le piégeait avantageusement, mais surtout amoureusement : parce qu’il se retrouvait pieds et poings liés par son attachement inattendu à Louise, elle-même éperdument entichée de lui.
Tout fut fait pour remettre Petit Louis sur pied, mais rien ne put l’empêcher de se retrouver six pieds sous terre. Finalement, lui et Louise se retrouvèrent sur un pied d’égalité face au chagrin, et il leur fallut toute la force de leur amour pour retomber enfin sur leurs pieds.
Louise hérita de la maison pour laquelle il s’était transformé en véritable casse-pieds, et ils se marièrent un an après les obsèques de Petit Louis. Aujourd’hui, assis sous la tonnelle de son nouveau pied-à-terre, il savoure le cadeau que lui a fait la vie : ce n’était finalement pas la maison, mais son grand amour pour Louise, dans lequel il aimait se noyer sans jamais avoir pied.

De Nicole de Belgique

Pied marin dans une tempête bancaire

Mon père m’avait mis le pied à l’étrier dans la banque familiale.
Je suis entrée de plain-pied dans le système d’économie virtuelle.
Toute ma jeunesse j’ai travaillé d’arrache-pied pendant mes études de Droit commercial et internationalnpour acquérir mon savoir-faire.
Tous les matins dès 9H00, je suis à pied d’œuvre au bureau.
Vêtue de pied en cap de mon armure de working girl.
Aujourd’hui, réunion importante : une enquête “Forests and Finance” initiée par une coalition d’ONG et instituts de recherches pointe la responsabilité de notre banque dans la déforestation tropicale : Amazonie, Asie du Sud-Est et Afrique de l’Ouest.
Nous nous occupons principalement de l’Amazonie et c’est juteux.
Cette enquête est un fameux coup de pied dans la fourmilière.
Cela nous coupe l’herbe sous le pied et pour ne pas nous retrouver dans la position d’un colosse aux pieds d’argile, nous allons retirer nos billes du jeu.
Mettre pied à terre et marcher sur la pointe des pieds.
Mais j’ai confiance, avec notre expérience nous serons sur pied dès demain pour de nouvelles aventures financières.
Nous avons l’avenir devant nous en pharmacie grâce au Covid 19.

De Laurence de France

Cela aurait dû être le pied de lire toutes vos histoires ! Que nenni ! Vous m’avez coupé l’herbe sous le pied ! Pour démarrer mon histoire, je n’ai malheureusement pas trouvé chaussure à mon pied ! Cette situation m’a empêchée de dormir sur mes deux oreilles et j’ai passé mes nuits à faire le pied de grue pour trouver cette satanée idée d’histoire !
Tous les matins, je me suis levée du pied gauche. Imaginez-vous alors la journée qui s’ensuivait ! Je n’ai même pas pu garder les pieds sur terre, tant j’étais obsédée par l’histoire de la semaine à trouver !
Certains de mes amis ont bien tenté de m’aider mais j’ai refusé de me laisser monter sur les pieds. Et puis quoi encore ! Ils voulaient m’ôter mon inspiration ! Je ne les laisserai pas faire ! Je rêvais d’une belle héroïne qui arriverait, mais comment ? A pied ou à cheval ?
Je la voyais, cette héroïne, arriver à pied, comme de bien entendu, vêtue d’une veste en pied de poule. En damier. Noir et blanc. Etant née en Algérie du temps de la colonisation, c’était une Pied Noir. D’origine. Mais, pas de jugement. L’homophobie, ça craint de nos jours !
Physiquement, mon héroïne était petite, mais psychologiquement, je la voyais plutôt bête comme ses pieds. Pas de chance, me direz-vous ! Elle serait née à Epieds dans le Maine-et-Loire. Elle aurait passé ses vacances à Saint-Jean-Pied-de-Port dans les Pyrénées Atlantiques. C’était son pied-à-terre estival, un chalet de plain-pied, héritée de ses grands-parents maternels.
Mon héroïne, qui d’ailleurs n’a toujours pas de nom arrivée à ce stade de description, aimait aller au restaurant pour se mettre les pieds sous la table, bien évidemment. Elle n’aimait pas cuisiner ! Au menu, elle aurait goûté goulûment des huîtres pied de cheval, des pieds de cochon panés avec des champignons comme accompagnement : des pieds de mouton, bien évidemment ! Le tout forcément arrosé de vin versé dans un verre à pied, en cristal, s’il-vous-plaît ! Elle voulait toujours le même plat, servi par le même serveur, à la même heure. Mon héroïne souhaitait vivre sur un grand pied. Ce n’était pas vraiment le pied pour les employés, mais ça rapportait des sous au restaurant.
Mon héroïne aurait aimé voyager : sur un monocoque de 60 pieds pour pouvoir bronzer les doigts de pied en éventail sur la plage arrière, mais, elle n’avait pas le pied marin, un peu comme moi d’ailleurs.
Pour se connecter à la nature, elle marchait pieds nus, le nez au ciel, mais elle ne savait jamais sur quel pied danser. C’était sa nature profonde, que voulez-vous ! Elle avait même du mal à avoir ses deux pieds dans le même sabot, fabriqué en bois des Pyrénées, cela va de soi ! Elle marchait comme son pied, avec ces sabots en bois. Ce n’était guère pratique sur les chemins de randonnée montagnards. Elle ne savait jamais où mettre les pieds. Cela pouvait être dangereux. Pour ce faire, elle levait le pied en redoublant de vigilance !
Je vous l’accorde, mon héroïne était un peu bête comme ses pieds. Mais, je l’aime bien quand même ! J’ai essayé de la faire travailler d’arrache-pied, mais en vain ! J’ai fait des pieds et des mains, en tant qu’auteure, pour lui faire changer d’avis, mais je m’y suis mal prise. J’aurais dû réagir au pied levé, tant qu’il était encore temps ! Elle, elle a tout pris au pied de la lettre. Le problème, c’est quelle lettre ? J’ai bien tenté de la mettre au pied du mur. J’étais persuadée d’avoir encore bon pied bon œil avec mon héroïne. Vous parlez, elle m’a eue pieds et mains liés. Je ne pouvais plus faire ce que je désirais d’elle. Elle n’en faisait qu’à sa tête, cela la changeait des pieds !
J’ai cru, à un moment donné, que j’avais déjà un pied dans la tombe en tant qu’auteure. Comprenez mon désespoir ! Cette héroïne me cassait littéralement les pieds ! Que faire d’elle ! Et là, je reste polie, eu égard à votre sensibilité de lecteur ! J’ai continué d’écrire d’arrache-pied en donnant un bon coup de pied dans cette fourmilière qu’est mon imagination débordante ! Je peux dire que j’ai été à pied d’œuvre pour faire évoluer mon personnage. Je me demande s’il n’aurait pas mieux valu que je sois six pieds sous terre plutôt que de m’arracher les cheveux avec cette effrontée ! Elle, ce qu’elle voulait, c’était être sur un pied d’égalité avec son auteure, ni plus ni moins ! C’était un sacré appel du pied ou je m’y perds ! Si elle avait été en face de moi, je lui aurais fait un sacré croche-pied pour m’en débarrasser. En attendant, je lui fais un gros pied de nez, c’est toujours ça et ça me fait du bien !
Au lieu de lâcher prise, je vais plutôt lâcher pied car même si je marche sur la pointe des pieds avec cette histoire, vous, mes chers lecteurs, aller finir par me mettre les pieds quelque part ! Vous m’ôteriez ainsi, à vrai dire, une sacrée épine du pied ! Je vous souhaite donc une belle lecture avant de sécher sur pied, pour éviter aussi de me tirer une balle dans le pied !

De Françoise V de France

Cette proposition d’atelier n° 69 me casse les pieds. Voilà, c’est dit. Qu’autrui prenne cette confidence hardie pour une impolitesse – ou carrément un pied de nez, eh bien, d’accord !
Communément, examen ou autre passage obligé, on ne sait jamais s’il faut prendre les directives au pied de la lettre. Le temps de tirer ta propre conclusion, le temps imparti s’est écoulé. T’as plus qu’à botter en touche et tirer ta révérence – façon regrettable, bien que non intentionnelle, de te loger une balle dans le pied.
Ah, l’injustice organisée… C’est vrai, quoi ! (soupir)
Il est des suggestions que l’on peut prendre au pied levé, et même les doigts dans le nez, mais là, franchement, je bâille d’ennui et de perplexité. Parfois, dans la vie, pour une chose ou une autre, ça se joue ainsi : on traîne les pieds, impossible de se mettre à l’ouvrage. Pour soi, un paramètre s’ajuste mal telle la chaussure bas de gamme qui finira au placard. Et si le nœud, qui ne dit pas son nom, se débloque d’un coup alors que l’on avait levé le pied – du moins par l’esprit – pour en finir avec la surtension d’un cerveau indigent, on se retrouve propulsé dans l’urgence et la nécessité de travailler d’arrache-pied pour rattraper le temps. En général, c’est peu payant. Ben oui ! Tous les autres te sont passés devant. Donc, effort ou pas effort, tu l’as dans l’os. (soupir)
C’est marrant, pendant que je fais le pied de grue devant le gouffre de mon inaptitude, y en a qui se mettent martel en tête et font des pieds et des mains pour atteindre à la perfection en un temps record. Les gens installés dans l’écriture de par leur métier sont à pied d’œuvre de façon quasi immédiate. Ils sautent à pieds joints dans l’exercice et y excellent. Pour eux, c’est le pied !
Alors que nous, nous les déclassés…
Que nous ayons bon pied bon œil, rien à faire : avant de pondre une seule phrase qui ait pied, nous pourrions nous morfondre jusqu’à l’asphyxie.
« T’as vu Jojo ces temps-ci ? Avec sa mine de papier mâché, on dirait qu’il a déjà un pied dans la tombe. ».
Petite phrase assassine qui ressemble plus à une épitaphe qu’au lyrisme d’un couronnement ! Guère encourageant… Alors quand j’y repense, à cette injustice des dispositions que l’on a –ou pas…
Voyez le désastre. Toutes mes trouvailles vont à cloche-pied, et mes pauvres vers mal pensés, mal taillés perdent pied avant d’avoir pu atteindre à une intégrité rythmée.
Bon, faut l’accepter : même pour jouer — simplement jouer — on n’est pas sur un pied d’égalité.
Des fois, on me dit : « Jojo, t’as l’énergie d’un va-nu-pieds. Si tu te sentais au pied du mur, quelque chose se mettrait en branle. Une fois le pied à l’étrier, ça roule ! » Ah bon… Même à pied ! (ricanements intériorisés)
Y a plus qu’à trouver un mur d’appui, si je comprends bien. Sûr qu’on s’entraînerait, à deux.
Mais je ne vais pas faire du pied au professeur de Lettres qui habite dans la petite maison de plain-pied qui fait face à l’église. Il m’enverrait bouler, lui qui prépare la rentrée de septembre.
C’est très sérieux, une rentrée. Moi qui ne lui suis rien, se donner la mission charitable de m’ôter l’épine du pied pour une page futile à remplir, ce n’est pas son actualité. De toute façon, ce serait de la triche.
Bah ! Réussir ou pas, la belle affaire. Ma notoriété ne craint pas d’être foulée aux pieds, vu qu’elle attend de naître ! En revanche, s’il n’y a pas triche, l’honneur est sauf. Le miroir acceptera mon image familière et l’illuminera de pied en cap sans flou ni distorsion.
Ho-ho ! C’est pas bien de discutailler sans fin comme ça, Jojo ! … que je me dis. T’aurais le temps de … Et ça repart de plus belle dans ma cervelle… Je fais… je fais pas ?
Tiens, une idée : pour partir d’un meilleur pied, le Petit Robert pourrait m’aider ! Oui, mais…
Bloqué entre d’autres pavés de papier jauni, ça me gonfle de le déloger. Suis jamais assuré de retomber sur mes pieds au moment de redescendre les cinq marches de l’escabeau, surtout les bras encombrés de milliers de pages saturées de tout petits caractères qui vont m’aveugler alors que je cherche un fil conducteur.
Ça vaut-y la peine… Bof… Du coup, je m’exile dans la rêverie : si j’avais les moyens, j’aurais un pied-à-terre en Bourgogne, ou au pied des Pyrénées, j’aurais la place pour de judicieux rayonnages où disposer mes affaires…
Va ! Cause toujours, pauvre Jojo ! Vivre sur un grand pied, c’est un rêve de cigogne ! (Soupir)
Bon, cette proposition… Au fait, elle est facultative, ou pas ? Parce que, un atelier par internet, c’est pareil que d’être masqué. Tu peux te planter sans souhaiter être à six pieds sous terre pour enterrer ta honte.
« Il est bête comme ses pieds », me serinait le paternel, toujours prêt à la détente. Entendre par là : un coup de pied visant le fondement du rejeton jugé mal dégrossi. Mais là, je risque rien ! Si ?
J’ai toujours eu le chic pour mettre les pieds dans le plat. Mais une famille, c’est comme un parti politique, ça tient plus avec des mensonges mitonnés qui se cimentent entre eux que par l’ambition de l’entraide. Que Jojo piétine dans sa vie gâchée ne gêne personne, au contraire. J’ai bien vu le travail de sape qui se fait pied à pied, jusqu’à ce que le ”sans diplôme” se prenne les pieds dans le tapis et se contente des miettes qu’il trouvera dessous.
Et au boulot, pareil. T’es acculé par des petits chefs belliqueux aux pieds d’argile, tu résistes avec tes petits moyens, tu te tiens sur le pied de guerre… Sauf que, si tu te loupes grave, et que l’autre t’a dans le nez, c’est la mise à pied direct, sans un sou vaillant. Car on ne joue pas dans ce monde-là, qui n’est pas celui des Pieds nickelés mais celui des requins sanguinaires ! (soupir harassé)
Partir les pieds devant, non, c’est pas mon heure ; mais je ferais bien un petit somme, les doigts de pied en éventail !

De Patrick de France

La Révolte des Pieds


Nous demandons au pied levé…
Aux pieds du monde entier ,pied bot ,pied noir, pied nickelé, pied d’argile ,pied tendre ,ou pied de cochon pied plat et tous les pieds de bonne volonté de se tenir sur le pied de guerre et lutter pied à pied contre toutes ces expressions blessantes voir infamantes nous ridiculisant.
Oui, nous sommes victimes d’injustice dans la langue française et c’est pour cela que nous mettons les pieds dans le plat et nous attendons des réponses de nos linguistes de pied ferme.
Nous ne lèverons pas le pied et ne perdrons pas pied et nous lutterons pied à pied jusqu’à la victoire finale, pas de repose pied.
Certains vont dire que nous prenons ces expressions au pied de la lettre ou que l’on s’est levé du pied gauche, que nous faisons des pieds et des mains pour avoir un pied dans la place alors , que devrions marcher sur la pointe des pieds car nous risquons une mise à pied et d’ajouter cela vous fera les pieds mais, quelle injure !
Sautons à pieds joints, retombons sur nos pieds et partons d’un bon pied pour nous expliquer sur ces expressions impliquant le pied .
Bête comme ses pieds ? Pourquoi nous ? Tout cela parce que nous sommes les plus éloignés de monsieur le cerveau .
Chanter comme un pied ? Encore nous dans une expression nous rabaissant mais à part les cordes vocales qui chante ?
Prendre son pied , c’est le pied . Expression de joie de contentement tout cela car au XIXe siècle l’unité de mesure pour se partager le butin chez les corsaires c’était le pied, rien avoir avec nous les pieds.
Faire un pied de nez .Cette moquerie faites avec les mains et le nez, nous n’y sommes pour rien, nous les pieds.
Avoir Pied , nous les pieds touchons le fond pour garder madame la Tête hors de l’eau ,mais pour qui elle se prend la tête ?
Pied de biche , barre levier de métal recourbée, servant de point d’appui, appelée aussi « pince monseigneur », utilisée souvent par les cambrioleurs et qui c’est qui l’utilise ? C’est pas les pieds mais, je veux dénoncer personne, pas de mauvais croche pied .
Avoir un pied dans la tombe ou partir les pieds devant, toujours nous dans les mauvais coups.
Mais arrêtons là cette diatribe, car après avoir mis ce projet sur pied ,et même si nous en avons encore sous le pied, il faut le reconnaître, nous ne savons plus sur quel pied danser.
Rendons hommage aux mains, ces fées artistes, stars qui nous ont enlevé une épine du pied en voulant bien écrire ce texte qui a perdu les pieds sur terre.
Merci à elles, nous sommes pieds et mains liés , gardons bon pied et bon œil.
Et maintenant les doigts de pied en éventail , trinquons oui , mais avec un verre à pied.
PS : ce texte n’a pas été écrit en vers car je n’ai pas compté les pieds.  

Passez une belle semaine donc et gardez bon pied bon oeil.

Prenez soin de vous!

Créativement vôtre,


Laurence Smits, La Plume de Laurence


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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