Cette proposition d’écriture N° 72 vous réservait un Noël un peu spécial. 

Vos textes sont incroyables. J’ai bien ri à la lecture de certains. C’est toujours un plaisir incommensurable de vous lire.
Que du bonheur! 

Voici vos textes. Je vous souhaite une belle lecture.   


De Lucette de France

Arbre généalogique d’une famille…

Après une année bien difficile, pour avoir vécu plusieurs deuils, je vais réunir un maximum de famille pour Noël qui terminera, je l’espère, ce cataclysme familial, mettant chacun à rude épreuve…
Je prépare de jolies invitations, avec grand soin, je cherche la formule appropriée pour ne blesser personne, en respectant l’insupportable perte ressentie …
J’établis une liste en commençant par les plus âgés. Je vais par ordre vous expliquer notre arbre généalogique. Il y a Alfred (88 ans, et 95 kg) le dernier survivant d’une fratrie de 8 frères et sœurs. Il s’est marié avec Jeannine qui lui a donné 6 enfants, trois filles, trois garçons. De ses 6 progénitures sont nés 15 petits-enfants. Alfred, devenu veuf vers la cinquantaine, s’est remarié avec Yvonne, avec qui il a eu Odette et Marcel. Eux-mêmes sont devenus parents d’un enfant unique pour Odette et des jumeaux pour Marcel. Moi-même j’ai 2 fils et une fille, qui ont chacun 2 enfants, et nous sommes arrière grands-parents de 3 petits bouts de choux. Tous les descendants directs de 3 générations nous amènent avec les oncles et les tantes à près d’une centaine. Famille nombreuse oblige…M’avez-vous suivie dans notre arbre généalogique de mon mari et moi-même ? Avez-vous tout compris ? Oui ou Non ? Si vous avez tout pigé : BRAVO, car moi je m’y perds dans les prénoms, les mariages, les divorces, les nouveaux et les ex, le frère d’untel et la sœur de machin qui est l’ancien beau-frère de ma marraine qui s’est remariée avec le fils du boulanger…
Bon, ceux qui sont à l’étranger ne seront pas invités, ça va faciliter ma liste. Après avoir compté et recompté, j’en arrive au nombre de 50. C’est beaucoup, au fond de moi, j’espère quelques désistements. Je suis généreuse, mais il ne faut pas trop abuser !!!
Les réponses arrivent, au fur et à mesure, je les ouvre avec appréhension, que vais-je lire ? OK, Francine et Julien seront là avec leurs 3 enfants, Quentin, nouvellement séparé avec 2 petiots, ne tient pas à affronter la foule. Marine et Nicolas ne savent pas encore, Magali, Christophe, Céline, François, Nadège, cousins et cousines seront là. Avec impatience, j’attends ce que va dire l’oncle Alfred avec sa gouaille et son franc-parler et son Yvonne un peu snobe. Avec eux, il faut s’attendre à tout, de la rigolade ou des engueulades…
J’ouvre enfin leur missive, l’oncle Alfred, toujours aussi tonitruant, annonce en fanfare qu’il sera content de revoir tout ce monde dans la joie. Yvonne hésite encore, mais moi j’y serai écrit-il…
Le grand jour est arrivé, nous somme 28 invités. J’ai loué une grande salle pour que chacun soit à l’aise avec chambres à proximité pour les retours sans drame dus à l’alcool. La table est dressée, le repas préparé par un traiteur renommé, tout doit être au top. Un sapin de Noël est illuminé, brillant de mille feux, les cadeaux sont disposés tout autour, la distribution se fera après minuit. Au départ, l’ambiance est chaleureuse, tout le monde sourit, même la tante Yvonne, certes, son sourire est crispé, mais elle sourit quand même. Les gosses courent partout, ils jouent à cache-cache, à chaque instant, on s’attend à une catastrophe, ils sont heureux de se revoir, et nous on tremble…
Les bouteilles d’apéritif se vident un peu trop vite à mon goût, l’oncle Alfred n’est pas le dernier à tendre son verre souvent vide, et le réveillon commence. On ne s’entend plus, tout ce monde procure un tel brouhaha qu’en moi-même, je pense « vivement la fin des festivités». Nous voilà arrivés à la bûche glacée, il y a différents parfums, différentes formes, à chacun ses goûts. Les bouchons de champagne sautent à chaque bout de table, l’oncle Alfred, l’alcool aidant, raconte toujours les mêmes histoires gaillardes qui nous font rire, mais trop gaillardes au goût d’Yvonne, qui se lève en faisant un esclandre. Les noms d’oiseaux volent entre eux, c’est à celui qui sera le plus vulgaire. Enfin, elle est sortie, un froid s’est installé de courte durée car la distribution de cadeaux arrive. Il y a tous les styles, amusants, utilitaires, bariolés, c’est le Père Noël qui décide…
Il y a des Oh d’admiration ! des Ah de déception, il y a des sourires sincères et des moues à peine dissimulées. Chantal ouvre un paquet et découvre un pyjama d’homme qui était prévu pour Christophe son beau-frère, et lui a découvert un foulard de soie qui était pour Chantal bien sûr. Magali avait demandé au Père Noël (entre autre) un appareil à raclettes, qu’il s’est empressé de lui offrir. Toute contente, elle le pose près d’elle sur un coin de table pas encore encombré, et tout finit dans la bonne humeur…
Dans l’euphorie, l’oncle Alfred « très » joyeux, fait un pas de danse avec une cavalière imaginaire, se prend les pieds dans les emballages, et s’étale de tout son long, entraînant nappe, verres, assiettes et cadeaux. On ramasse les débris, et on voit ce qui peut être encore sauvé. Il se relève tout confus, Magali, blême, découvre son appareil à raclette complètement écrasé sous le poids de son vieil oncle…
Conclusion : il lui en a racheté un, encore plus performant avec toutes ses excuses. On a oublié tous les grincheux et nous gardons tous de merveilleux souvenirs de chaque instant de ce Noël fédérateur…

D’Elisabeth de France

Une merveilleuse trouvaille !

Ce matin, au réveil, j’étais préoccupée, envahie par d’innombrables pensées. À dire vrai, cet état d’esprit qui m’habitait, n’était pas nouveau, il s’amplifiait et s’installait un peu plus chaque jour. Je vis ce chamboulement, cette phase, comme un désordre intérieur, qui laisserait place à l’ordre. Une Renaissance ! C’est dans cette ambiance que j’entamais ma journée. Alors que je vaquais à mes occupations journalières, je descendis dans le local à poubelle pour y jeter mes ordures. En ouvrant la porte, je tombai face à un magnifique et gigantesque tableau, qui me donnait l’impression de m’attendre. Ce cadre, très représentatif de l’Egypte antique, était juste un trésor. Dépeint sur fond de papyrus, des pharaons, sceptres aux mains, à la coiffe Hedjet, cette couronne blanche originaire de la Haute-Égypte. Tous ces objets, des symboles de la royauté. À la vue du chef-d’œuvre, je ne mis pas de temps à réfléchir, il fit écho en moi, mon cœur m’ordonna de l’emporter. Je remontai précipitamment à la maison, afin de brandir mon joyau. Puis, je me lançai dans un nettoyage méticuleux, tout en lui souhaitant la bienvenue. J’accrochai cette pièce rare qui égayerait le mur, et il habilla royalement le salon.

De Françoise de France

« Noël par 26 degrés Celsius dans une station sans neige, tu parles d’un plaisir ! ― Ah, Colette, n’y revenons pas. Y a pas de neige, c’est comme ça, la dinde et la bûche seront quand même au rendez-vous puisque la tradition le veut. Allez ! en route. Tu n’as oublié personne pour les cadeaux ? ».
Colette soupire : « Mais non. Tes parents, Léon-Berta, tu vois c’est marqué. Ta sœur Nathalie, son mec, Thibaud, et leur baleine de fille, Agathe. Ici, les trois nôtres : Colin-Léa-Louis. Par chance, ton frère Marc reste célibataire, c’est toujours ça de gagné. ― Oh ! Marc, le pauvre… ― Le pôvre, le pôvre ! L’alcoolisme n’est pas une fatalité. Tu verras, quand vos parents seront morts, il va nous retomber sur le poil comme un parasite désargenté. »
Ses oreilles connectées à de la musique psychédélique, Colin, vingt ans, regarde la scène sans la voir. Léa-Louis, les jumeaux, seize ans, ont déjà grimpé à l’arrière du Renault Espace avec leurs jeux d’écran.
C’est minuscule chez Léon et Berta. En poussant les meubles, une table rallongée reçoit malgré tout jusqu’à douze convives – ils ne seront que onze. Entrée fracassante de Noël et de sa tribu.
« Ben Mamy, où est la déco ? » claironne Léa. « C’est vrai, bombille son jumeau, sa main droite lissant un menton pointu piqué de foin hirsute. Hé ! ma parole, on dirait la salle des profs !
― Léa, Louis, c’est quoi ces façons ! Et si une décoration doit voir le jour ici, pourquoi n’y participeriez-vous pas ? réprimande Colette, désolée pour ses beaux-parents, bras ballants et mines terreuses, et surtout pour elle-même qui voulait aller à la mer.
― T’es trop coincée, m’man, refile-nous des tunes si tu veux qu’on se bouge », couine Léa en minaudant, son nombril tatoué clignant de l’œil.
-Mais c’est quoi ce piercing !?

Ah, les règlements de comptes (car les griefs s’accumulent), ce sera pour plus tard, en comité réduit, se promet Colette qui manque cette fois d’oxygène.
Dix-neuf heures ― Ils sont tous là, se marchant sur les pieds faute d’espace suffisant. La comédie a déjà commencé.
« Bon. On fera ”pas-comme-d’habitude” », balbutie Léon dos au mur. Un peu gauchement, il pousse devant lui Berta, l’exhortant par ce geste péremptoire à développer ce concept.
« Hé, arrête de me bourrer l’échine comme ça, Léon ! » Y aller franco, se dit-elle … « Oui, les enfants, on a eu des ennuis de congélateur, de fuite d’eau et de chauffage. Donc, l’urgence n’a pas été de préparer Noël mais de revenir à un état normal de notre habitat afin de vous accueillir ce soir. Ce sera donc réveillon-raclette, on sait que les jeunes adorent ça, et pour nous, pour moi surtout, c’était encore jouable.
― Et le dessert ? s’inquiète Noël que l’absence manifeste de dinde rôtie au four prive du vrai sens de Noël.
― Il y a des conserves de fruits en bas et j’ai des gaufrettes vanille et chocolat dans le buffet. ― Déjà que la neige fait défaut, si en plus l’esprit de fête est balayé, au point de racler les fonds de tiroir, s’indigne-t-il encore, pareil à un gamin malpoli.
― Voyons, mon garçon, rétorque son père, la fête, c’est nous qui la faisons, ensemble, et pas les circonstances. Si tu n’es pas dans l’esprit qu’il faut, toi qui portes ce beau prénom de Noël, la responsabilité t’en incombe. On ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie…
― T’inquiète, Frérot, y a du rouge et du blanc, on n’aura pas le gosier sec ! vocifère Marc revenu de la cuisine dans un état trop gai pour être honnête.
― Marc, t’es pas déjà…
-Nathalie, tu sais bien qu’il faut le surveiller, Marc.
― Oh ça va, Noël ! JE NE SUIS PAS SA MÈRE ! ».
À ces mots pourtant innocents, Berta se décompose.
« Comme si j’avais pu empêcher quoi que ce soit… Vous n’imaginez pas… C’est à vous de vous surveiller, maintenant que vous êtes adultes !
― T’y es pour rien, maman. C’était juste un coup de gueule, dit son aîné. Puis, les cherchant du regard : Thibaud et Agathe ne sont pas là ?
― Si, au jardin », aboie de loin Nathalie qui s’est réfugiée dans les préparatifs culinaires.
En cuisine ― « Nat, je vais pas tenir, gémit la mère en se tenant la tête.
― Regarde ailleurs, laisse pisser, répond sa fille d’un ton impénétrable.
― T’imagine pas, Nat, la charge morale que tout ça représente.
― Si, justement, et le mieux, je t’assure, c’est d’en faire le minimum.
― Eh bien, c’est le problème d’Agathe qui t’a rendue si blasée ?
― Si on veut, lâche Nathalie avec une vilaine grimace. Plutôt la flemme, je crois. Ce matin, à la radio, une phrase m’a dopée pour la journée. “Avec de la paresse et de l’entêtement, on est toujours sûr d’arriver à quelque chose” – c’est de Feydeau. Donc, entête-toi à ne rien voir, rien entendre, rien sentir. »
Berta hausse les épaules, visiblement dépassée par de telles inepties. Pendant ce temps, Colin plane…
Grâce aux soins des femmes, la table est prête. L’appareil à raclette trône au milieu, à côté de la corbeille à pain bien garnie et du saladier débordant de mâche. L’ambiance est tendue. Dehors, malgré le noir descendu depuis plus de quatre heures, la température excède les statistiques connues dans la région.
« Essayons d’être heureux ce soir, les enfants », prêche Léon dans son triple rôle d’époux-père-papy. Puis il se rassied, aussi sombre qu’un prédicateur en mal d’audience. Personne ne lui prête attention.
« Mais on n’a pas cuit les patates ! s’exclame Nathalie les yeux comme des flaques gelées. ― On va devoir s’en passer, bredouille Berta. On a eu tellement d’embêtements que…
― Tu veux dire, se dresse Noël déjà bien énervé, qu’il faudra se contenter de fromage fondu étalé sur des rondelles de pain ?
― C’est mieux que de la merde fraîche sur de la merde sèche, réplique Marc que l’alcool ingurgité fait sortir du beau parler.
― Même petit-Jésus dans l’étable a eu mieux : du lolo tout frais de sa maman ! pouffe Agathe qui, à elle seule, occupe la largeur de deux sièges.
― Ah ! Pas de propos indécents ici, sinon…
― Sinon quoi, papa, hic ! … tu vas … hic … ressortir ton vieux martinet ? hoquète Marc à qui ne déplaît pas l’idée de revanche sur l’auteur de ses jours.
― Que celui qui a faim, mange. Que celui qui n’a pas faim, s’abstienne. Je n’ai rien à ajouter, tonne Léon, outré.
― Amen… chuchote Louis.
― Pourquoi ne pas m’avoir téléphoné, tente Nathalie, j’aurais pu…
― Parce que ! … Parce que l’installation, en bas, a été inondée et que tout a disjoncté d’un coup », rugit Léon dont l’estomac semble vouloir se fissurer.

D’ailleurs, il quitte la table et se dirige à pas incertains vers la salle de bain.
———-
Chez Léon-Berta, pas de place non plus pour un sapin, même petit, même factice. Les paquets emballés-ficelés-étiquetés apportés par les uns et les autres, ont été rassemblés dans le cagibi aux balais, dépourvu d’éclairage.
« Tiens ! Et si, avant toute chose, on passait aux cadeaux ! » suggère Nathalie pour gagner du temps.
Quel cinéma… échange de breloques dont personne ne veut… se désole Berta, transformée, elle, en enclume. Et cependant, bruyants tous, ils s’agitent, papiers froissés, commentaires à voix basses, fausses réjouissances… puis, au milieu de tout ce déballage : « OH ! QUI A OSÉ… » Elle est devenue pivoine ; et à sa petite famille qui voit là l’occasion de s’offrir ailleurs ce qui lui est refusé ici : « Vite ! Partons d’ici ! ».
Ça ne traîne jamais avec eux, ils décrètent et exécutent. En moins de deux, les voilà dehors sans avoir salué personne, sinon d’un vague geste de la main valant pour tout le groupe, c’est-à-dire six personnes. Six ?
Occupé à trinquer avec lui-même, Marc n’a pas tout suivi du déroulement des opérations. Il réagit avec retard. Sa curiosité enflammée d’un coup, il se lève de table pour voir ne-sait-quoi-encore, se prend le pied dans un machin qui résiste, puis capitule avec fracas sous la table.
« AH, LE CON ! AH, LE CON ! » s’étrangle Papy Léon, imaginant le début d’un incendie venant augmenter le lot de tous les emmerdements de l’Avent auxquels s’adjoindront, après les vœux affectés de janvier, les réticences méthodiques de l’Assureur. Heureusement, l’appareil n’avait pas encore été branché.
« Mais enfin, quelqu’un de sensé pourra-t-il me dire ce qu’il y a eu avec Colette ? réclame Berta qui, à cet instant, en bloc, regrette mariage-maternités et le reste.
― Moi, je sais, dit Thibaud soudain bavard.
― Parce que… c’est toi qui… ? ― Qui quoi moi… Non ! mais je sais QUOI ! insiste-t-il.
― Suffit, Thibaud ! Accouche bordel ! s’emporte Nathalie, contaminée par cette crise émotionnelle collective.
― Colette la pudique a trouvé, non pas un oisillon, mais un gode tout mignon dans son petit paquet tout joli ! susurre-t-il, la bouche en cul de poule.
― Mais qui… mais que… oh ! C’est trop, c’est trop… » s’effondre Berta tandis qu’une voix évanescente fait entendre un son de cloche fêlée : « My Goood ! ».
Les regards aussitôt convergent vers cette étoile mourante, qui n’est autre qu’Agathe et ses jupes superposées rouge et vert en alternance, faisant d’elle une montagne de chiffons se trémoussant. Ah mais… (Papy mouline… ça l’émoustille visiblement) … et si c’était elle, oui elle, la véritable destinataire de la chose… Impossible de soulever ouvertement la question. Et, ce coup-ci, c’est l’os fermé du coude qu’il lui rentre dans les côtes.
« Hé Berta, tu te souviens des Maîtres du Mystère, à la radio ? ».
Mais Berta fait la sourde, fait l’idiote. Ah, de son temps…
Un silence de carême plombe la salle à manger.
Et puis, mais ça monte du chalet d’en face où irradient mille guirlandes aux vives couleurs :
” Il est né le divin enfant… ” Eux, au point où ils en sont…
Pourtant, pourtant, voilà que d’une zone d’ombre : « C’est quoi, au fait, la dernière option au menu ?
― Co-Colin ?! Ben… t’es pas parti avec eux ? ― Heu… eux ? … Parce qu’ils sont partis ? Avec ma musique, Mamy, rien vu, rien entendu. J’veux rester avec vous, je suis majeur, un simple sms pour avoir la paix. Et voilà.
― Bravo ! mon gars, exulte Léon, on va fêter ça. Si la raclette ne vous dit rien, les voisins nous ont gardé des pizzas surgelées, jusqu’à temps qu’on en ait un autre, de congélateur. ― Cool ! j’en raffole ! Papy. ― Mais nous aussi ! » attestent Agathe, Nathalie, Thibaud ; puis Marc, en décalage, genre gloussement de dindon, en direct cette fois du sombre cagibi encombré de paquets déshabillés et en plan laissés, suivi d’un ronflement caractéristique.
Sans oublier Berta, que cet imbroglio à issue inédite remet illico dans le flux de la vie. Voyez, elle va pour préchauffer le four tandis que Papy Léon enfile ses bottillons.


De Catherine de France (proposition N° 71)

Discorde royale

Isidore appuyait avec acharnement sur les pédales de son vélo. La côte pour monter au château était toujours aussi pénible, surtout qu’elle venait après l’autre côté, celle de l’autre château. Formé par son père au dur métier de facteur, il avait été flatté quand il fut nommé facteur royal. C’était un honneur de porter ce titre, et il l’assumait avec une grande fierté.

Mais ça, c’était au temps du bonheur pour le facteur du roi, quand le dit roi régnait pleinement. Or, sur le déclin, ce dernier dût prendre une décision lourde de conséquences pour Isidore. Il avait deux filles, des jumelles qui se disputaient sans cesse, malgré son arbitrage autoritaire. Alors, soucieux de son peuple et de sa future succession, pour assurer la paix en son royaume après sa mort, il partagea le pays en deux , et fit construire de chaque côté un château identique, en haut d’une colline identique, et y installa ses filles, à charge pour Isidore de maintenir les liens entre elles, et d’assumer ses fonctions dans deux endroits différents, presque en même temps, selon les caprices de l’une ou l’autre princesse, qui passaient leur temps à s’écrire de bien vilaines choses.
Tout le monde respectait le gentil facteur et le saluait le long de ses trajets entre les deux châteaux. Qui ne connaissait pas Isidore, avec ses cheveux roux et bouclés, surmontés du chapeau assigné à sa tâche ? Dans un sens ou dans l’autre, les habitants des deux royaumes le voyaient passer plusieurs fois par jour, et même la nuit, mais là, eux, ils dormaient. Quant à notre facteur, lui, il n’avait plus le temps de dormir : quand une princesse écrivait des invectives à sa sœur, l’autre rédigeait immédiatement une réponse non moins cinglante, ne laissant à Isidore que quelques minutes de répit.
Ce drôle de jeu entre les deux sœurs avait le mérite de maintenir un lien entre elles, selon le désir du roi. Maintenant, elles se disputaient à distance et Isidore faisait inlassablement la navette, car on ne pouvait faire attendre leurs majestés.
Il y avait toutefois une contrainte de taille pour notre facteur : une reine détestait le noir et sa sœur, détestant la salade, en exécrait la couleur. Or, le roi, à dessein, avait attribué deux vélos à Isidore, un noir et un vert salade. Il devait donc changer de vélo à mi-chemin, et se montrer vigilant et très pointilleux sur ce problème.
Sauf que, à force de ne pas dormir, Isidore, fatigant de plus en plus, se montrait de plus en plus somnolent dans ses tournées, jusqu’au jour où il oublia de changer de vélo et provoqua la colère de la reine qui détestait le noir et venait de se faire remettre sa missive via le vélo noir. Elle hurla sur le pauvre facteur qui ne savait comment réparer sa faute. Mais, au bord de l’épuisement, la colère le gagna à son tour et il se mit à hurler qu’il démissionnait, parce qu’il en avait plein le dos, que ce n’était pas une vie de ne jamais dormir et qu’il arrêtait tout. La reine, médusée, eut soudain peur de ne plus jamais avoir de contact avec son horrible sœur, et envoya un messager express pour convoquer sa sœur à une réunion de la plus haute importance. Celle-ci arriva en panique, se demandant ce qu’il pouvait bien se passer pour qu’on la somme de venir sur le champ. Sa jumelle l’informa dès son arrivée de la situation et elles passèrent une bonne partie de la nuit en conciliabules pour trouver une solution.
Le lendemain, elles convoquèrent le pauvre facteur qui craignait pour son sort. Or, leurs majestés, très complices, lui annoncèrent :qu’elles ne sauraient se passer de ses services et qu’en conséquence, elles refusaient sa démission
qu’elles allaient lui attribuer un vélo blanc pour éviter tout problème de changement
qu’elles s’engageaient à ne plus utiliser ses services entre vingt heures et sept heures du matin
qu’elles lui donnaient congé pour la journée pour qu’il se repose.
Isidore, surpris de ces annonces, remercia leurs majestés de leur bonté, et s’empressa d’aller se coucher pour reprendre son travail le lendemain à sept heures.
Le roi, dans son propre château, se frotta les mains en apprenant la nouvelle : son stratagème avait fonctionné, un peu au détriment du brave Isidore, certes, mais il ne manquerait pas de l’en récompenser, car, grâce à lui, les deux sœurs s’étaient retrouvées et avaient comploté ensemble et non plus l’une contre l’autre. Il ne doutait pas que la situation continuerait d’évoluer favorablement. En tous cas, il consacrera ses dernières forces à les « rabibocher » durablement avant de leur céder sa place à la tête du royaume.

De Catherine de France

Tradition, tradition

 Qu’est-ce que vous faites les enfants ?
Je montre à Erwan notre album photo de l’année dernière !
Hum! Ça promet d’être chaud, question commentaires, à la fin ! Erwan, tu vas connaître les joies de notre famille, en l’occurrence, un Noël en apothéose !!!Erwan lève des sourcils interrogateurs vers sa petite amie. Lucile éclate de rire :
« Eh bien oui, mon cœur, puisque tu fais partie de ma vie, maintenant, tu vas goûter aux fêtes de Noël chez Mamie Cyrielle, plus exactement Madame Cyrielle de la Roche Montée de Puybaron, que sa grande humilité l’aurait amenée, « pour faire peuple », à raccourcir en Cyrielle Puybaron. En réalité, elle est issue d’une vieille famille d’aristos déchus, mais Mamie garde les bonnes manières et les principes de ses soi-disant illustres ancêtres. Bref, c’est Mamie Prout-Prout ! C’est la mère de mon père, mais entre eux c’est très chaud et ils ont du mal à communiquer. »Oui, confirma la mère de Lucie, mais la tradition, c’est la tradition : Noël, c’est à Reims, chez Mamie Cyrielle !
Attends, renchérit Lucie, je te montre une photo de mon père à Noël dernier. T’as vu nos têtes à table ? Que du bonheur !!! Regarde mon père : il se faisait tellement suer, qu’il a beaucoup bu pour oublier qu’il était chez sa mère !
Ça te fait rire, mais moi, pas du tout, je n’aime pas quand il est comme ça ! Ça gâche tout, parce que moi, je passe la soirée à veiller à ce qu’il n’y ait aucun dérapage ! Je ne sais pas ce qu’il se passe entre eux : ton père a toujours été très hermétique à ce sujet, pourtant, il lui est impossible de décliner l’invitation !
Maman, ne me fais pas croire que tu aimes aller à Reims ! On s’y ennuie à mort dans cette maison trop grande qui pue le vieux et l’humidité ! Tiens, regarde ta tête sur cette photo ! A mourir de rire : on dirait une poule qui a trouvé un couteau !
Si je me souviens bien, réplique sa mère, ta tête n’avait rien à envier à la mienne. Tiens, là ! Regarde, Erwan, la tronche de Lucie ! Tu sais pourquoi ? En revenant de la sempiternelle messe de minuit (ah oui, on ne t’a pas dit, mais tu n’y échapperas pas ! Impossible sous peine d’être LE pestiféré de la famille !), donc, après la messe de minuit, on ouvre les cadeaux selon un cérémonial lui aussi incontournable : chacun doit attendre son tour et regarder les autres s’ébahir à la découverte de leurs cadeaux. Quand ce fut le tour de Lucie, (oh, je regrette tant de ne pas avoir filmé la scène !), elle était toute émoustillée de plaisir, quand soudain, elle se figea, entre surprise, horreur, incompréhension et colère… Elle avait entre ses mains un bon cadeau pour 3 séances chez le pédicure-podologue de Reims ! Atterrée, elle ne savait plus comment réagir : selon la bienséance, ou selon sa pulsion naturelle ? Devant sa pâleur et ses yeux humides, Mamie Cyrielle regarda le bon, rougit et se confondit en excuses : « Je me suis trompée : j’ai inversé ton cadeau avec celui de la femme de ménage ! Je lui ai donné la mauvaise enveloppe ! Elle va se retrouver avec un gros chèque et je ne vais jamais oser lui dire que c’est une erreur ! Ça ne t’intéresse pas, ce bon-cadeau ? Non, tu es sûre ? Bon, et bien, tant pis pour moi : je te referai un chèque, mais pas avant fin janvier, car j’ai des petits problèmes de trésorerie en ce moment ! » La tête de Lucie ! Entre le père complètement alcoolisé et la fille affreusement dégoûtée, ce réveillon fut un des plus mémorables !
Oui, et bien, je t’aurai vu à ma place !…Je ne suis pas une vieille à charentaises, tout de même !
Erwan rit de bon cœur de cette aventure si amusante vu de l’extérieur, mais il rit aussi de la tête de Lucie, si semblable à celle de la photo, à l’évocation de cette scène. Finalement, ça s’est bien arrangé, non ? taquina-t-il Lucie .
Oui, Mamie a fait les séances de pédicure et m’a fait un chèque en février. Merci, maman, d’avoir raconté ça ! De quoi j’ai l’air, maintenant ?
Ah, oui, rajoute sa mère, autre tradition : le lendemain c’est obligatoirement raclette. Sauf l’année dernière, parce que mon mari, histoire de s’occuper, ou, pour une fois, de faire plaisir à sa mère, a décrété que c’était lui qui irait chercher l’appareil en haut du grand placard. Lui qui ne bricole jamais a pris le vieil escabeau, ne l’a pas bloqué, est grimpé dessus, a pris l’appareil à raclette, mais l’escabeau, mal bloqué, s’est mis à osciller. Il a perdu l’équilibre et, pour se rattraper, a balancé l’appareil qui s’est complètement disloqué. Résultat : une cheville foulée et ça s’est terminé avec une raclette au four ! Y a une photo : tenez, regardez la tête de Mamie Cyrielle, fort contrariée, qui lance des regards terribles à son fils ! Oh! Quel Noël !
Du coup, dit Lucie, je n’ai pas vraiment envie d’y aller cette année ! C’est ringard, des Noël comme ça ! Et en plus, ça se passe de plus en plus mal !
Tu ne peux pas faire ça à Mamie, lui répond sa mère. Elle ne comprendrait pas : on n’y va plus que pour cette occasion, alors tu peux faire un effort !
Eh bien moi, proclame Erwan, avec tout ce que vous me racontez, j’ai très envie d’aller à Reims, chez Mamie Prout-Prout, pour assister à vos aventures annelles, en spectateur averti. 

D’Elisabeth de France

Ô danser, qu’il est bon de laisser libre expression à son corps. Songeuse, je me remémorais mon enfance, nous étions passionnés par l’art de la danse. Souvent, nous nous retrouvions en petits groupes de jeunes, passions de la boum à la kermesse.
Soudain, surprise par la sonnerie du téléphone, je revins dans le présent. Je décrochais, au bout du fil, c’était ma collègue, tout excitée, elle me demanda de réserver ma soirée, car dit-elle « ce soir, c’est le grand soir, celui de mes parents, ils fêtent leurs noces d’argent. Et je veux que tu sois des nôtres, soit prête pour 20h, je passerai te prendre, ajouta-t -elle ».
Voilà maintenant six ans, qu’elle et moi travaillons dans la même boîte de marketing. En effet, nous sommes bien plus que de simples collègues. Malgré nos caractères opposés, nous nous sommes liées d’une amitié forte et sincère. Donc, ce soir, je suis de sortie, l’occasion idéale pour porter ma nouvelle robe rouge, et bien sûr danser. En attendant ce grand rendez-vous, j’en profitai pour me reposer, afin d’être dans une forme optimale. À peine l’œil fermé, l’heure arriva de prendre la route. Nous arrivâmes au lieu de réception, dans une immense salle, joliment décorée, nous fûmes accueillis telles des Reines. Nous allâmes saluer les vedettes de la soirée, en les félicitant. De charmantes personnes, que sont les parents de mon amie. Tout était grandiose, des mets succulents, le gâteau, une gigantesque pièce montée. Nous eûmes une séquence d’émotions avec des discours élogieux en l’honneur des mariés.
Le moment arriva , où le DJ annonça l’ouverture du bal, celui que j’attendais. J’étais tout émoustillée, comme une gamine, et en même temps, prise de panique, j’avais les jambes qui tremblaient, subitement, fébriles. Pour cause, des années que je n’avais pas défié une piste de danse. Allais-je y arriver ? Certainement pas comme avant, mais être capable d’esquisser quelques pas…Déterminée, je pris mon courage, me levai, me laissant transporter par le rythme de la musique. Et je dansai à ne plus en finir ! Cet événement, fut joyeux pour moi, ainsi que pour tous les autres convives. Un pur bonheur, à l’effigie de cette belle famille !

De Laurence de France

« Ah, Noël, quelle corvée et quelle tablée d’hypocrites », pensait chaque année Julie.
« Toujours les mêmes sourires qui en disaient long mais qui ne disaient pas vraiment ce qui se passait, les soupirs de façade arrière pour tromper son ennui mortel, les sourires de façade de devant pour jouer le jeu, toujours le même repas, la sacro-sainte RACLETTE de Noël car la grand-mère ne veut pas salir sa belle vaisselle en porcelaine, même pour le ‘plus beau jour de l’année’. Et elle ne veut pas non plus passer des heures en cuisine pour tout nettoyer seule le lendemain ».
L’éternelle excuse de la grand-mère : « c’est à toi, ma chérie, que reviendra le service de mon aïeule en porcelaine de Saxe. Comme ça, rien ne sera abimé pour toi, elle sera comme neuve ! ».
« Tu parles que je m’en fous de sa vaisselle à la mère-grand. Ça ira directement chez Emmaüs pour les pauvres ! Quand je lui dis, elle pousse des cris d’horreur, mais elle ne change pas d’avis ! »…

Julie en était là de ses réflexions d’adolescente. Elle observa Janine, sa grand-mère paternelle, apprêtée pour le Grand Jour, se comportant en maîtresse de maison, guindée, sur son 31, talons hauts comme le voulait sa tradition, mais ce n’était que le 24 décembre au soir pourtant!
Janine était une femme à la mentalité de bourgeoise. Avec elle, il fallait toujours sauver les apparences, coûte que coûte. Elle savait pertinemment que son fils, le père de Julie, buvait trop, beaucoup trop, mais jamais elle n’admettrait que son fils pouvait être alcoolique. Il faudrait lui passer dessus avant qu’elle ne puisse l’avouer ! Elle acceptait aussi qu’il mène une double vie puisqu’il amenait sa maîtresse régulièrement chez sa mère. Manger chez elle coûtait moins cher que d’aller au restaurant. Et ça lui faisait une visite à la Janine. Parfois, le fiston ne faisait pas que manger avec sa belle. Les parties de jambe en l’air de son fils ne gênaient pas Janine. Il fallait qu’il se distrait un peu tout de même.

Janine, de toute façon, n’avait jamais aimé sa bru. Elle l’appelait comme ça depuis 20 ans. La bru en question avait pourtant un joli prénom : Barbara. Mais, ça lui aurait arraché la langue à la Janine de le prononcer. La bru l’appelait belle-maman en échange et ne lui adressait quasiment jamais la parole. Les deux femmes s’ignoraient, chacune faisant semblant de maintenir des apparences trompeuses et se détestant cordialement.
Le fils unique, Boris, était adoré de sa chère maman. Elle le couvait, lui donnait toujours raison, encore plus depuis 6 ans qu’elle était veuve. S’il buvait trop, c’était la faute à sa femme qui ne pouvait pas le satisfaire réellement. Le pauvre, il s’ennuyait dans son foyer conjugal, il avait besoin de respirer, de voir du monde.
Barbara avait tous les torts : pas très belle aux yeux de Janine, pas très dégourdie non plus, paresseuse alors qu’elle gérait seule entièrement les obligations du foyer. Barbara avait bien essayé de faire du chantage quant à la maîtresse de son mari, de le faire suivre par un détective pour aboutir sur un divorce pour faute. La belle-mère l’avait fait taire avec une belle somme d’argent. Ça résout pas mal de problèmes l’argent ! C’est pratique, ça n’a pas d’odeur, ça ne laisse pas de trace ! Si elle avait pu, Barbara aurait bien volontiers étranglé sa belle-doche pour la faire rôtir en enfer, elle, la croyante dévote !

Le quartet de choc avait entamé l’apéritif, mais un brin je ne sais quoi flottait dans l’air qui rendait l’atmosphère quelque peu électrique. Barbara sentait que quelque chose serait différent ce soir-là de réveillon. Elle s’en réjouissait à l’avance ; un peu de distraction ne ferait pas de mal dans cette famille d’hypocrites.
Sa fille tirait une tronche de trois mètres de long, tellement contente d’assister à ce réveillon, qu’on croirait presque qu’elle se rendait à des funérailles. Quelle belle famille ! Les cadeaux étaient au pied du sapin, selon la tradition. Un des paquets, néanmoins, ressortait, enrubanné de rouge vif et joliment décoré. Ça sortait de l’ordinaire, c’était curieux !

Tout à coup, on entendit un bruit énorme dans la cuisine de Janine, suivi d’un cri d‘horreur, puis de lamentations aussi intenses qu’au mur du même nom à Jérusalem. L’appareil à raclette était malencontreusement tombé et se trouvait à terre, en miettes. Janine était désolée, comme son fils, mais la bru éclata de rire, comme jamais, suivie par sa fille. Le duo de comiques ne pouvait plus s’arrêter, foudroyé du regard par Janine dont la colère noire lui montait au nez.
Mais, comme elle était habituée à préserver les apparences, elle ne dit rien et amena tous les ingrédients de la raclette sur la table, comme si de rien n’était. Elles ne perdaient rien pour attendre ces deux-là, elle se vengerait de l’affront qui lui avait été fait en ce jour sacré.

Il n’y avait plus rien pour faire cuire la raclette. Tout fut donc mangé non fondu. Super repas de réveillon ! Vint le moment d’ouvrir les cadeaux. La mère et la fille étaient déjà en joie. Le fils et sa mère ne pipaient mot, consternés par la faille un jour de réveillon.
Mais, quand la bru ouvrit son cadeau, elle partit dans un énorme éclat de rire. Son mari, Boris, rougit jusqu’à la dernière racine de ses cheveux. Elle était déjà passablement éméché. Il avait tout bonnement confondu le cadeau pour sa maîtresse avec celui de sa chère femme.
Barbara sortit du paquet un ensemble de lingerie en dentelle rouge, avec un soutien-gorge qui ne soutenait que les seins, vide au milieu, avec un porte-jarretelles et une culotte, enfin, plutôt un bout de tissu, qui visiblement, rentrait bien dans les fesses.
Elle tourna le lot de gauche à droite, lui fit faire un tour sur lui-même. Julie était morte de rire. Barbara se leva et remercia chaleureusement son mari et l’embrassa sur la bouche.

« Je suis tellement désolée, chéri. Mais, ce n’est pas avec toi que je vais porter cette tenue…sexy. Ce soir, je m’envoie en l’air avec mon amant. Il va être si heureux ! Super cadeau ! Bonne fin de soirée à tous. Chéri, je te laisse avec tes bouteilles. Tu les aimes tellement. Et vous, la belle-doche, faites de beaux rêves. Je n’ai rien à vous offrir, à quoi bon, puisque vous le jetterez dès demain ! ».

Sur ce, elle se leva, quitta la table et sortit, un air de défi triomphant sur le visage. Sa belle-mère et son mari étaient, quant à eux, déconfits et médusés. Julie, au courant du tour de passe-passe de sa mère, rigolait. Elle avait passé une super soirée en fin de compte !


 J’espère que vous vous êtes régalés de ces histoires!

Je vous attends donc pour la proposition d’écriture N° 73 que vous avez reçue par mail! 

Toutes et tous à vos plumes! Je compte sur vous!


 Je vous souhaite une belle semaine!
Surtout prenez soin de vous!
 

Créativement vôtre,

Laurence Smits, La Plume de Laurence 


 

Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *