Le moins que nous puissions dire avec cette proposition d’écriture N° 74, c’est que certaines d’entre nous ont de sérieux ennuis avec leurs voisins.

Pourquoi est-il si difficile de vivre tranquillement en paix?

Je sais que certaines des histoires sont des situations vécues.

Je vous laisse découvrir leur contenu et vous souhaite une belle lecture.


De Lucette de France

Voisin meilleur ami, ange gardien ou pire cauchemar ??? 


Je viens d’emménager dans une résidence, je ne connais personne et personne ne sait que je suis nouvelle résidente. On se croise, pas même un regard, tout le monde court, tout le monde est en retard, pas le temps se savoir qui est qui…
L’hiver se termine, je suis envahie par l’apathie, je me traîne, je suis indolente, molle, je n’arrive pas à reprendre le dessus. Un matin, je prends une décision, je dois faire quelque chose pour sortir de l’anonymat, rencontrer mes voisins, dialoguer, rien de plus simple. Oui mais ! Comment m’y prendre, moi la nouvelle.
Après avoir éliminé maintes et maintes pistes de réflexion, je m’arrête sur celle que je crois «la bonne » : la fête des voisins.
Je dois passer par la gardienne, elle a son mot à dire. En fait, elle a un mot à dire sur tout ce qui se passe « chez elle », c’est-à-dire chez tous les habitants du lieu, et nous sommes très nombreux. J’arrive avec mon plus beau sourire, et lui expose mon projet. D’emblée son regard noir me transperce. Je n’ai même pas fini de parler de mon projet, que c’est « NON ».
Je lui demande pourquoi, trop de bruit, trop de ménage à faire, trop d’alcool, trop de ceci et pas assez de cela… Devant une telle mauvaise foi, je rentre chez moi, avec l’envie encore plus forte de la contrer.
Sous chaque porte de mon pallier, je glisse une invitation pour un « apéro » sympa » pour faire connaissance. Cinq ont répondu positivement sur les dix, c’est une moyenne, et surtout c’est un début encourageant.
Mes proches voisins arrivent avec des chocolats, d’autres avec un joli bouquet, un autre une bouteille de bon vin. De mon côté, j’ai mis les bouchées doubles, et j’ai tout préparé
« maison ». Une bonne ambiance règne, on fait connaissance, beaucoup ne s’étaient jamais vus ou même aperçus. Mais, comment j’habite à trois pas de chez vous, et on ne s’est jamais parlé ? De mon côté dit une autre « j’espère ne pas trop vous importuner quand je crie sur mes jumeaux ? Ah ! parce que vous avez des jumeaux ? Etc. Etc…Le prochain service sera chez moi, dit l’un d’eux, » Rendez-vous dans 15 jours. Le lien établi, les estomacs remplis, les visages radieux, on attend tous pour se revoir comme convenu.
Maintenant, j’entends la serrure de ma voisine, je sais si elle est chargée avec les courses ou pas. Je reconnais le pas du voisin d’en face, et les talons de la pin-up au fond du couloir.
Enfin, tous prêts pour le jour « j ».
Je me suis parée d’une jolie robe jaune qui me sied à merveille. Nous arrivons chacun avec un présent comme il se doit, et ça repart dans les papotages, le travail, les gosses, la vie chère, tout y passe…Je me surprends à leur proposer à tous de s’unir pour la fête des voisins. La majorité est d’accord, et je m’engage à faire les invitations pour toutes les familles qui voudront se joindre à nous.
Mon téléphone n’arrête pas de sonner pour avoir de plus amples renseignements. Le mois de mai arrive à toute vitesse, le soleil est au rendez-vous depuis 10 jours. To,i tu apportes une tarte, toi une salade niçoise, toi du pain et des rillettes, toi du vin, toi des boissons sans alcool. Tout « roule comme sur des roulettes » et le début de soirée est enfin arrivé. La concierge n’a pas voulu se joindre à nous, et nous guigne derrière ses rideaux. Trente-cinq personnes sont prévues, les tréteaux, les chaises, les assiettes, tout est en place.
Chacun choisi sa place… Ah ! il manque deux assiettes et deux chaises, j’ai mal compté ? Mais non, deux invités de dernière heure, ont trouvé agréable de partager cette soirée avec nous et je me suis retrouvée à côté d’une belle jeune fille accompagnée d’un homme jeune qui a de l’allure. Je me demande si c’est son frère, son cousin, son voisin, je veux le savoir avant la fin.
Elle finit par m’avouer que c’est son « ex » mais qu’ils sont restés en bons termes, qu’ils vivent toujours ensemble tant qu’il n’aura pas retrouvé un appartement. De fil en aiguille, lui et moi on s’est rapprochés, échanges de téléphone comme de bien entendu.
De temps en temps on s’appelle, les discussions sont de plus en plus longues. Il me raconte sa vie, et moi la mienne. Au bout de quelques mois à se tourner autour, on décide d’aller en boîte. On s’éclate comme des fous, on rit, on boit, on oublie tout. Sauf, qu’un doux sentiment nous envahit. Un soir il reste chez moi, sans avertir son « ex ».
Quand il sonne chez elle, une scène violente entre eux d’eux anime tout l’étage. Que se passe-t-il ? Et bien c’est Madame (bien qu’ils ne soient pas mariés) qui nous a entendus rentrer à 3 heures du matin, qui lui fait une crise de jalousie. Leur histoire est terminée depuis plus d’un an, mais il est toujours chez elle, donc, d’après elle, il doit lui rendre des comptes…
Elle le met dehors, il est désemparé, ne sait où aller. Je l’accueille avec réticence, je le connais bien comme voisin, mais pas comme « amant ». Nous sommes sur la réserve pendant quelques mois, et puis on lâche prise, tant pis pour elle qui ne décolère pas.
Depuis 8 ans, il est mon ange gardien, elle ma pire ennemie, les coups-bas, on sait d’où ils viennent. La fête des voisins maintenant, on l’oublie pour ne pas tenter le diable. Quand on connait notre histoire, on a juste envie de ne pas la partager. Vivent les voisins !!!

De Françoise de France

Chère Miss Crofton, dear voisine, Le 4 de ce mois

Mon époux et moi-même, alors que la saison progresse, nous réjouissons de la prochaine Fête des Voisins, la soirée du 20. Depuis votre arrivée – en dame seule – dans le quartier Émile-Zola, votre fidélité « à l’anglaise », notamment au travers de vos largesses gastronomiques (ces fameux puddings si follement british), a été, ô combien, remarquée. Qui pourrait, n’est-ce pas, oublier le soin inventif que vous prenez à sélectionner vos ingrédients et recettes : puddings aux fruits glanés le long de prés tout juste fertilisés aux engrais organiques ; aux légumes de fin de marché mixés par la course du soleil ; ou encore aux copeaux cartilagineux d’origine aquatique ; au riz brut charençonné ; à la poudre d’escargots séchés au four ménager ; sans oublier ceux aux herbes sauvageonnes mêlées de substances sucrées, de type pot-pourri, mi-dures/mi-molles… Oui, si follement british, disais-je plus haut… Ainsi, Aline Viracourt, qui est notre vis-à-vis de palier, m’en parlait encore il y a peu, revenue (enfin !) d’un long séjour en hôpital, se remémorant la mort soudaine de ses trois adorables compagnons : Lento, Mistic et Pacha. Hésitant à en adopter d’autres… bien que les services de la SPA débordent d’orphelins… La voici bien seule en attendant…
À ce propos, sans doute l’avez-vous appris en lisant le bulletin communal, nous avons perdu en peu de temps, dans la foulée de la Fête passée, cinq de nos résidents : Messieurs Petiot et Porcouic, ainsi que Mesdames Boulet, Jonisse et Troucolon. Un peu comme une épidémie… Ah, c’est la vie, nous écrions-nous en incorrigibles fatalistes. Sans doute. Par bonheur, de nouveaux résidents sont arrivés ; ainsi l’immeuble est-il débordant d’énergies neuves, curieuses, laborieuses et affamées.
Que disais-je… Oui, depuis sept ans que votre présence nous est acquise, bien des estomacs ont été gâtés à votre table, longue et large, à vous seule réservée, de sorte que vous puissiez y déposer vos préparations, lesquelles nous avez-vous dit ― incroyable ! ― vous occupent durant dix à quinze jours… Mais quelle fatigue pour vous !
Bien des jeunes se contentent d’acheter des chips ou autres babioles gustatives, qui ont certes leur intérêt mais assoiffent un peu vite, d’où l’arrosage exagéré que se permettent certains messieurs… Enfin, une fête est une fête ! … Tout de même, ensemble soyons vigilants, comme le serine la SNCF.
Bref, cette année, au comité de quartier, nous avons résolu à l’unanimité de vous ”décharger”. La présidente (Martine Dieuleveult) s’est écriée d’un cœur brave : « Osons sortir de l’Angleterre ! » (non, il n’était point question, là de politique d’État, mais de gestion des ”ressources humaines” [quelle horrible expression !] en prévision de nos retrouvailles devenues rituelles.)
Et puis, il y avait l’idée généreuse d’offrir aux résidents d’origine africaine, maghrébine, ou autres traditions du Soleil Levant, la perspective d’une participation effective, incités donc à nous présenter leurs spécialités dont nos palais paresseux d’occidentaux routiniers ne connaissant pas encore les subtilités. La cuisine française, hélas, si réussie soit-elle, peut se faire aussi répétitive que le passage d’un train régulier. Eh bien, pourquoi ne pas monter, cette fois, dans le train des Saveurs ! Chère Miss Crofton, à présent que la jeunesse est passée, votre tour n’est-il pas venu d’être servie et régalée ? Une minute… « Oui, Jean-Mi ? » (c’est mon mari)… il me souffle à l’oreille que la Fête se déroulera en intérieur, à cause de la météo, donc à la maison de quartier qui est juste à côté. Il me souffle aussi une bonne nouvelle à votre intention : la mairie (il siège au conseil municipal) accepte de vous attribuer une poubelle grand modèle en remplacement du format classique qui semble insuffisant à vos besoins. D’ici lundi ou mardi, vos fonds de tiroirs et de buffet pourront se libérer de ce qui les encombre. Il pourra même vous aider à pousser ce contenant une fois rempli, car l’inutile, tout le monde le sait, pèse plus lourd que le désirable…
N’oubliez pas, Chère Miss Crofton, la Fête s’organisera le 20 octobre, dès 19 heures. Nous comptons sur vous. Et, chiche ! … rien dans les mains…


Yours sincerely,


Cathy et Jean-Michel Alibert

De Catherine de France

Chers voisins,

Je ne peux vous appeler autrement, puisqu’on peut dire que l’on ne se connaît pas vraiment. Vous et moi savons que nous habitons les uns près des autres, mais cela ne va pas au-delà, ce que je déplore, croyez le bien. J’ai, à maintes reprises, essayé de vous saluer, mais mes sourires ne croisent que l’arrière de vos têtes, ou vos fesses. Je n’ai pas de chance, quand même, d’avoir des voisins si actifs qu’ils n’ont pas le temps de me voir, même quand je suis derrière le grillage. Pourtant, ça m’a fait plaisir que des jeunes s’installent dans le coin !
Quand vous avez arraché tous les thuyas qui nous séparaient, je me suis dit que c’était une belle occasion de faire connaissance, puisque maintenant, j’ai vue plongeante sur votre cour. Ce manque d’intimité réciproque pouvait être le début de partages de civilités entre nous. Avant vous, du temps des thuyas, je m’entendais très bien avec mon voisin, et cet immense mur végétal de deux mètres de hauteur n’était nullement un barrage à la communication, au contraire. Nous avions découpé une fenêtre dans le feuillage pour bavarder un tantinet et échanger, qui des légumes de son jardin, et qui une part de tarte. J’aimais beaucoup cette convivialité sobre mais réelle et sincère. Vous avez fait tomber la haie, mais les barrières restent très fortes. Je vous regarde vivre, puisque la vue est dégagée, mais vous ne me voyez toujours pas.
Je n’ai pas compris pourquoi vous avez installé un fil électrifié en bas du grillage. J’aurais apprécié en être prévenue, pour la sécurité de mes petits-enfants. Cela transforme votre propriété en véritable bunker. J’aime à croire que c’est pour empêcher vos chiens de gratter sous la clôture, et donc pour ma tranquillité, mais je trouve ça un peu étrange.
En parlant de chiens, je n’ai jamais osé vous interpeller à ce sujet, car je ne voudrais pas que vous pensiez que je n’aime pas les bêtes. En fait, j’adore les animaux, mais, quand vous partez travailler, vos trois gros chiens sont en liberté dans la cour et ils n’arrêtent pas d’aboyer. J’essaie de faire le moins de bruit possible, mais il suffit que je bouge une oreille pour déclencher le concert. Bien sûr vous ne pouvez pas le savoir, puisque vous n’êtes pas là. Quand vous êtes là, ils sont calmes et je vous en remercie. En fait, j’apprécie les soirs et les week-ends, parce que vous êtes présents.
Autre chose : je ne sais pas si vous vous en êtes rendu compte, mais il y a beaucoup de chats errants par ici. Cela peut d’ailleurs contribuer à faire hurler vos chiens, car ils vont derrière chez vous et éventrent vos sacs poubelles. Je le sais parce que je ramasse tout ce qui s’est envolé chaque matin. Ça doit être aussi désagréable pour vous. Je vous conseille de faire comme moi pour être tranquille : mettez vos sacs dans des grandes poubelles en plastique. Depuis que je fais ça, plus de problèmes avec les chats.
Je ne sais pas grand-chose de vous, mais je sais que vous, jeune homme, vous aimez la mécanique, et que vous passez vos week-ends à réparer des vieilles voitures. Le dimanche matin, dès huit heures, j’entends vrombir des moteurs et je me dis : « Tiens, mon voisin bricole ! » Il faut vraiment être passionné pour faire ça des dimanches entiers. C’est beau d’être jeune !
Je vous devine aussi très conviviaux et joyeux fêtards, au vu des nombreuses voitures qui stationnent le long de la route tous les samedis soirs. Je vous envie d’avoir tant d’amis qui vous apprécient et reviennent chaque semaine. C’est vraiment beau d’être jeune !
Je bavarde, je bavarde, et j’allais oublier l’objet de cette missive. Voilà : samedi 21, dans deux semaines donc, j’organise la fête des voisins avec les 5 maisons du village, à partir de 19h00. Nous serions tous ravis de faire votre connaissance (depuis le temps !), ce que nous n’avons pas eu l’occasion de faire depuis deux ans que vous vivez parmi nous. Il est grand temps, n’est-ce pas ? Mais comme on dit : mieux vaut tard que jamais ! On vous racontera nos petits potins, et on vous expliquera comment on arrive à vivre en harmonie avec les voisins. Si toutefois, vous n’étiez pas disponibles ce jour-là, nous remettrions à la date de votre choix.
Dans l’impatience de ce moment d’échanges fructueux, en attendant votre réponse qui ne saurait se faire attendre, et dans l’espoir de ne pas avoir besoin d’investir dans un bon vieux lasso pour vous attraper quand j’ai envie de vous dire simplement bonjour (LOL, comme disent les jeunes !), je vous prie de recevoir mes plus cordiales et sincères salutations.

Votre voisine qui vous salue chaleureusement et se prénomme Clothilde (voilà, les présentations sont faites de mon côté ! A vous de jouer !)

De Michaëla de France

Jeu d’écriture à partir d’une photo

Cette photo, je la vois tous les jours, ou presque.
Placée en fond d’écran de mon ordinateur, elle m’évoque, à chaque fois qu’elle s’offre à moi, le merveilleux souvenir de mes soixante ans.
Que d’attentions, de messages, de cadeaux ai-je reçus en cette occasion. Ils ont empli mon coeur de joie, de gratitude, de l’amour de tous ces aimants qui ont su faire de ce jour anniversaire un jour plus beau que soixante bouquets de fleurs !
Cette photo, elle a été prise par moi quelques jours plus tard et j’ai apporté un soin tout particulier, un soin d’horloger, à sa composition, à son éclairage, à son cadrage. La lumière y est belle, et l’agencement de son contenu équilibré et riche de toutes les attentions offertes.
Cette photo, si un inconnu la regarde, ne lui évoquera pas grand-chose. Il y verra un magnifique bouquet de fleurs fraîches ; une panoplie de cartes d’anniversaires aux couleurs vives, joyeuses ; un superbe bougeoir en fer forgé fait main ; un livre sublime par son histoire et ses dessins tracés à la plume ; un joli foulard aux fibres naturelles ; une peinture originale lumineuse intitulée « la vie est belle » ; une élégante orchidée à la hampe florale foisonnante ; et enfin des bijoux aux formes et aux couleurs qui éveillent l’envie de les porter.
Mais pour moi, chacun de ces objets est une vibration d’amour, de cet amour que l’on me porte et qui s’est si intensément exprimé et partagé en cette occasion.
Cette photo, enfin, en dit tellement plus que ce qu’elle veut bien montrer. C’est une
« bonne » photo, selon Eric Heymans, photographe, qui livre ainsi son critère : « Ma perception d’une bonne photo est avant tout une photo que j’aime et qui me parle. ».
Et effectivement, elle me parle cette photo, bien au-delà de ce qu’elle laisse à voir. Elle me chuchote des souvenirs qui sont doux à mon coeur, des vibrations qui caressent mon âme.
Et oui je l’aime cette photo car elle est une évocation du bonheur.

De Nicole de Belgique

Cher Voisin, “le parisien”,

Un an que vous habitez l’appartement du premier étage.
Votre chambre à coucher se trouve sous mon salon.
Malheureusement je suis obligée de partager votre épanouissement sexuel.
Le plaisir solitaire paraît être le sommet de votre art.
Gémissant et chantant “l’étendard sanglant élevé”, fenêtre ouverte, vous rendez sans doute hommage à votre patrie d’origine. On s’en passerait volontiers.
Tout cet été, caméra à la fenêtre, vous avez filmé tout ce qui bouge dans les maisons d’en face.
Les voisins ont été obligés d’installer des pare-vue.
A l’arrière, une voisine n’ose plus s’installer dans son jardin.
Qu’est-ce qui ne va pas chez vous ?
Un oubli de médicaments ? Un besoin de reconnaissance ?
Vous vous y prenez très mal.
Attention au retour de bâton vos voisin-e-s ont marre.
La police n’est plus bien loin…

De Laurence de France

Monsieur Tartiflette

Je vous épargne le « cher monsieur » en préambule de cette lettre, ce qui entre nous, serait de la pure langue de bois et tellement hypocrite de ma part.
Je me permets de vous écrire cette lettre pour vous signifier que la fête des voisins de l’automne 2020 se déroulera à mon domicile le 17 octobre prochain.
Il est évident que vous n’êtes nullement conviés à cette fête, vous et votre famille, étant donné que vous n’aimez pas vos voisins, ni les gens en général.
Vous le savez d’ailleurs aussi bien que moi, mes sentiments envers vous sont réciproques.
Au vu de toutes vos mesquineries et racontars à mon égard depuis mon installation dans ce hameau normalement tranquille et nos diverses chicaneries passées, je n’ai plus aucune indulgence envers votre personne.
Je méprise tout ce que vous représentez : un esprit arriéré comme il y 70 ans dans les campagnes profondes, un esprit fermé et étroit, votre misogynie, votre misanthropie. En deux mots, tout ce que vous êtes et ce que je ne suis pas.
J’ai la malchance d’être encerclée par votre famille.
Vous avez essayé, en vain, de me faire partir de ma propriété.
Vous avez malmené mon chien et causé sa mort ensuite par les boulettes empoisonnées que vous balanciez par-dessus le grillage. Je sais ce vous en êtes la cause, mais je n’ai jamais pu le prouver. Les voisins précédents ont également souffert de cet acte odieux.
Vous m’avez accusée de laisser les eaux de ma fosse septique et son contenu se déverser chez vous.
Vous vous êtes permis de pénétrer impunément dans ma propriété lors de certaines de mes absences.
Vous m’avez cherché des ennuis quand j’ai changé le grillage séparant nos terrains limitrophes. Les gendarmes ont été obligés de venir, à ma demande, pour que je puisse finir le travail amorcé, cela va sans dire, à mes frais, alors que nous partageons une certaine longueur commune.
Vous plantez votre maïs, d’année en année, à un mètre de ma propriété à peine, en élargissant considérablement votre zone d’épandage de produits chimiques, et donc nocifs pour la santé des humains et des animaux.
Vous vous êtes permis, de par le passé, de tailler certains de mes arbres à l’intérieur de mon terrain, alors qu’ils ne gênaient en rien le passage de votre tracteur.

Je ne vais pas évoquer ici toutes les misères que vous avez fait subir aussi à la voisine d’en face, qui aurait une pleine page de plaintes contre vous.
Vous êtes un homme méprisable, Monsieur Tartiflette. Je mets une majuscule à votre nom propre uniquement parce que je respecte la langue française.
J’ai honte pour vous et votre femme de la manière dont vous avez élevé votre fils, qui méprise tout le monde et qui me haït, alors que je ne lui ai rien fait en personne. Il s’adresse aux gens de manière détestable.
Vos agissements, Monsieur, sont pitoyables et par respect pour ma propre personne et ma dignité, je ne fumerai jamais avec vous le calumet de la paix.
Je ne vous cherche pas querelle et ne souhaite pas entretenir une discorde perpétuelle avec vous. Je préfère vous ignorer et rester dans mon indifférence coutumière.
A la moindre de vos incartades à mon égard, à l’avenir, je porterai plainte et je n’hésiterai pas à engager un avocat pour des poursuites pénales.
A ce propos, j’ai fait installer diverses caméras de surveillance sur ma propriété et je pourrai prouver toute violation de mon domicile ou tout échange verbal agressif que vous pourriez avoir sur ma personne.

Les voisins ne sont pas obligés de s’apprécier, mais il est du devoir de chaque citoyen français de respecter les autres et de ne pas leur nuire. C’est inscrit dans la loi pour votre information et vous ne sauriez y déroger, Monsieur !

Votre voisine du 60 de la même rue

Madame Rosiens 


J’espère que vous avez pris plaisir à lire ces créations.

Comme toujours, j’ai savouré!

Je publierai les textes de la proposition d’écriture N° 75 le samedi 17 octobre. 

D’ici là, passez une belle semaine et prenez soin de vous.


Créativement vôtre,


Laurence Smits, La Plume de Laurence

https://www.laurencesmits.com/


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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