La phrase de la chanteuse Imani que je vous proposais dans cette proposition d’écriture N° 79, a amené des textes touchants et des chansons sur la situation actuelle. 

C’est un plaisir aussi de lire les textes de nouvelles personnes, ainsi que des fidèles hommes. C’est un honneur pour moi, dirais-je!

Voici vos textes. Je vous en souhaite une belle lecture.

De Misha

On nous demande toujours de rester positif face aux difficultés. D’ailleurs, je suis une championne dans le donne du “il faut voir le bon côté des choses.” Mais lorsque la pluie tombe sur notre toit, on semble oublier ce conseil si précieux…
Quelqu’un m’a dit qu’aimer une personne, c’est supporter tout ce que cette personne fait. Faut il vraiment souffrir autant pour quelqu’un ? Une personne qui nous aime peut-elle vraiment nous laisser nous torturer ainsi?
Je suis restée avec cet homme parce que je l’aimais. J’acceptais d’être dans l’ombre parce que je l’aimais. Je supportais les insultes de mon entourage parce que je l’aimais.
À un moment, je me suis demandée si c’était ça le vrai amour. Plus le temps passait et plus la flamme que j’avais en le voyant me brûlait. J’avais peur qu’elle finisse par me carboniser complètement, alors, je me suis enfuie.
Je me suis rappelée qu’il fallait voir le côté positif des choses. Le problème est que je ne le trouvais plus. Il était pourtant certainement quelque part. Mais à force de fuir je me suis retrouvée dans un endroit trop sombre pour percevoir quoique ce soit.
C’est à ce moment qu’une voix m’a murmuré: “tout ce qui est dur ne dure pas.”
Qu’est-ce que cela voulait dire ? Pourquoi j’entendais ça maintenant ?
La réponse est si simple…
Je devais juste arrêter de courir partout, garder mon calme et… lever la tête…

De Lucette

Tout ce qui est dur, ne dure pas…


Etrange cette phrase, par quel biais vais-je la traiter ?
Bon, je me lance !
Il est évidemment bien plus dur de ne plus être aimé quand on aime encore. Mais ce n’est pas comparable à encore l’être quand on n’aime plus… On s’apaise en pensant que tout ce qui est dur, ne dure pas. Et pourtant si je pouvais faire mentir cette affirmation…
Certes, avoir manger du pain dur tout ma jeunesse, et qu’un jour la brioche s’invite à ma table, elle me fait oublier le plus dur de cette époque, et me montre que ce que l’on vit de dur un certain temps, ne dure heureusement pas.
Avant, c’était des grabats dont on appréciait malgré tout leur confort rudimentaire. Maintenant, j’ai l’aisance de m’affaler sur un matelas douillet qui m’a ramollie en pensant que je ne voudrais plus revivre ces années de crève la faim.
Tous mes frères et sœurs miséreux, indigents, de traîne savates jetés dans la vie ingrate pour une catégorie d’individus qui n’ont pas eu la chance d’avoir un père ou une mère aimante. Je leur dis de ne pas baisser les bras, de remonter les manches et bâtir en dur pendant qu’ils sont encore jeunes, car la jeunesse ne dure pas. Je les épaule, je les guide du mieux que je peux, les coups durs servent à nous rendre plus forts. Les fortunes immenses, les gloires en font-elles des gens heureux ? Je ne le crois pas, ils sont souvent durs avec eux-mêmes et encore plus durs avec leurs « valets de bas étages ». Mais… la fortune c’est comme la beauté, ça peut être éphémère. A force de regarder de trop haut, de s’auto-admirer, d’être imbu, un jour, une lame de fond peut tout reprendre en peu de temps. Les grands d’hier, sont devenus les petits d’aujourd’hui. C’est dur à vivre, je vous le dis « rien ne dure » …
Et l’amour dans tout ça, l’amour qui rend fou, qui rend aveugle, qui nous fait devenir

« chèvre ». Ça y est, j’ai trouvé l’amour de ma vie, il est tendre, généreux, courageux. Il m’offre des cadeaux, des restos, le rêve quoi, ce que je n’ai jamais connu. Très vite un enfant s’annonce, il arrive dans la joie, tout continue à rouler. Et pourtant au bout de cinq ans, une petite voix avertit qu’il y a un danger qui se prépare. On ne « veut » ou on ne « peut » pas l’entendre cette petite voix. Les fêlures arrivent sournoisement, puis les déchirures et enfin les cassures. C’était pourtant une magnifique histoire d’amour, qui aujourd’hui m’a mise sur la paille avec mes deux petits. Il est parti du jour au lendemain, sans un mot, sans argent. Mon amoureux m’a trahie, c’était tout simplement un pervers narcissique, avec tous les défauts qui vont avec. Sa jalousie : je croyais que c’était parce qu’il m’aimait, ses insultes : je croyais les mériter, les coups : je les trouvais injustes mais je lui trouvais les excuses d’une vie dissolue dans son enfance. Je ne pensais qu’à lui rendre la vie la plus heureuse, et lui ne pensait qu’à me faire souffrir…
Je vous le dis tout ce qui est dur, ne dure pas, sinon le renouvellement des regards en soi, sur le monde et sur autrui…

De Michaëla

« C’est le pied ! » Une expression, parmi d’autres, pour mettre nos pieds à l’honneur.
Il y a également « Avoir bon pied, bon œil » ou « Etre à pied d’œuvre » mais aussi « Avoir les pieds en éventail », ou encore « Avoir les pieds sur terre».
En effet, ils sont là ; ils nous portent et nous font avancer sur cette terre.
Et puis petit à petit, on les oublie. On ne sait plus apprécier ce qu’ils nous apportent, ce qu’ils représentent.
Alors un jour, pour avoir été trop négligés, voire maltraités, ils se rappellent à nous. Ils nous expriment leur fatigue, par chuchotements d’abord. Mais nos oreilles y restent sourdes. Alors, ils montent le ton et nous parlent plus fort. La douleur se fait plus présente, plus insistante. Toujours pas d’écoute ; nos pieds sont décidément trop éloignés de nos oreilles.
Et puis, il faut aller de l’avant, coûte que coûte. « Celui qui n’avance pas recule » disent les anciens. Alors, en sourdine les pieds… et on avance !
Jusqu’au jour où, n’en pouvant plus, ils refusent d’aller plus loin. Il n’y a alors plus le choix : opération, fracture des orteils, traumatisme, convalescence, immobilité.
De quoi avoir le moral… dans les talons !
Talons posés sur un coussin surélevé, pensées à la dérive, la radio en fond sonore… prendre son mal en patience. Quand soudain, une phrase de la chanteuse Imany vient éclairer la conscience, comme un rai de lumière illumine ce qu’il effleure : « tout ce qui est dur ne dure pas ».
Oui bien sûr, rien n’est immuable, et cette épreuve ne va pas perdurer.
Elle est juste là comme une invitation à s’écouter et à se respecter, à revenir à l’essentiel… à ne pas oublier que notre corps est le support physique de notre incarnation.
Le respecter c’est l’honorer… et honorer la Vie en nous.

De Lionel

Quelques temps avant le repas

Il est 11 heures 15 et pour les chiens, ça va être très bientôt l’heure des friandises. Mes quatre lévriers ont une horloge dans le ventre et au moindre frémissement de ma part en direction du placard à croquettes, c’est la ruée à ma suite. Comme pour nous, les humains, le repas commence toujours par un apéro, une mise en bouche, un entrainement stomacal qui promet des délices dans la gamelle une demi-heure plus tard. Seize pattes fines trépignent tout autour de moi, quatre queues virevoltent d’excitation et chaque chien tient sa place dans la meute. Le respect de la hiérarchie est de mise même si la petite dernière arrivée, Maya, trois ans, vingt-trois kilos de muscles toujours tendus et des plaies cicatrisées partout sur le corps, séquelles de ces jeunes années de malheur au service d’un chasseur Espagnol brutal et sans pitié pour les animaux qui le font vivre pourtant aisément, me colle de près pour être la première servie. Du calme, dans l’ordre comme d’habitude !
Tout d’abord, Princesa, petite podenca portugaise de onze ans, que l’on a adoptée six ans plus tôt et qui se morfondait dans l’un des trop peu nombreux refuges d’Espagne où sont sauvés ces chiens tellement affectueux. Cinquante-trois centimètres au garrot, un pelage de renard et des yeux verts adorables. C’est la doyenne de la meute et maintenant elle est beaucoup plus calme que dans sa jeunesse. Elle prend son bâtonnet délicatement et s’écarte du groupe pour aller le déguster plus loin. Elle reviendra pour un deuxième qu’elle me sait lui avoir déjà préparé.
Vient ensuite Espartaco, un magnifique galgo tout blanc, lui aussi sauvé, il y a cinq ans de ses tortionnaires ibériques. Ce chien est d’une immense gentillesse même s’il impressionne beaucoup tous les gens qui l’observent derrière le portail de la maison. Un athlète tout en muscles, capable de courir ses soixante kilomètres à l’heure sans peine en enchainant les courses sans vraiment s’arrêter tant il est heureux de courir, même après un leurre en plastique qu’il ne daigne d’ailleurs pas mordre à la fin. Lui aussi, très délicat, sait prendre dans ma main sa friandise sans me faire aucun mal, J’ai une grande confiance en lui et lui me témoigne la même en se promenant toujours à mes côtés lors de nos balades quotidiennes. Lui, attendra tranquillement dans son panier que je lui redonne un deuxième bâtonnet.
Puis, c’est au tour de Farolin, un petit podenco orito au pelage typique de la race, poils ras couleur chocolat sur tout le corps avec seulement le contour des yeux rose orangé. Ses oreilles dressées, il est juste derrière moi, prêt à attraper son dû avec vivacité. Plus jeune que les deux premiers, il est chez nous déjà depuis trois ans et demi. Abandonné sur un trottoir attaché à un réverbère pendant on ne sait pas combien de temps, Farolin a été sauvé par un bénévole qui passait par là. Farolin a remué sa queue, toujours prêt à sauter dans les bras de qui lui les tend. On a su qu’il s’était, encore chiot, soigné tout seul d’une fracture du col du fémur et maintenant, il trottine avec une patte arquée, mais il file vite tout de même très vite et lui aussi adore ça ! Même s’il n’est pas le plus jeune, c’est le plus petit avec seulement quatorze kilos de muscles et trente-huit centimètres au garrot. Mais, la taille importe peu, c’est la volonté qui compte chez les chiens et Farolin est un dominant. C’est aussi une boule de nerf qui avale sa friandise sans s’en rendre compte et qui me regarde juste après en me disant de ses yeux implorant pourquoi tu ne me donnes rien ?
Maya, enfin, la dernière arrivée, a comblé le vide que Cruz a laissé en nous quittant en plein confinement à l’âge vénérable de quinze ans. Avec Maya, il faut faire attention à ses doigts. Je suis guitariste alors j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux. A elle seulement, je dis :  «Doucement ! » Et je lui tends son bâtonnet en ne le laissant dépassé que d’un demi-centimètre de ma main. Ainsi, elle ne peut pas l’attraper avec sa gueule grande ouverte. Je risque moins de me faire piquer les doigts par ses crocs acérés. Un fois pris entre ses dents, cela ne fait pas long feu. La friandise avalée en deux secondes, Maya attend la suite. Cela viendra. Avec elle, tout ce qui est chaud, froid, lourd, léger, croquant, mou ou dur, ne dure pas, mais alors, pas du tout longtemps !
Chaque chien a eu une deuxième friandise. C’est comme cela tous les jours et on continuera encore longtemps ce rituel très important pour eux et pour nous.
Le temps d’écrire ce texte et la gamelle arrive, il est déjà midi et quart ! Chacun est servi et se délecte de croquettes accompagnées d’un peu de la sauce du bœuf mode qui nous est destiné, une crème de gruyère en petits morceaux parachève le tout, Princesa craque à chaque fois. Ça va aller vite je pense, et il faut que je termine là pour aller donner sa pâtée à notre chatte Galène, vénérable mémère de vingt ans qui vit au milieu de ses chiens comme si elle en était le cinquième chien.

De Marie

Tornade


Les nuages étaient énormes, chargés d’eau, inquiétants en ce jour de mai. La saison sèche venait de se terminer, l’air lourd et moite annonçait la mousson toute proche. Le vent jusqu’ici léger jouait entre les palmes et les bambous qui entouraient le village Tout semblait engourdi dans une douce torpeur après le déjeuner. Les hamacs de corde se balançaient doucement, leurs occupants faisaient une courte sieste et les femmes éventaient les bébés. Seuls les aboiements des chiens et le caquètement d’une famille de canards en promenade sur l’arroyo venaient troubler le silence et quelques effluves gourmandes se mêlaient à l’odeur de la terre nourricière. Une poésie certaine se dégageait de ce hameau au charme suranné.
Soudain, un grondement inhabituel fit sortir les habitants et la panique se propagea. L’horreur s’appelait tornade. Sur deux cents mètres, l’espace d’un instant, elle coucha tout sur son passage, blessa les villageois, ruina leurs efforts. Les rizières d’or venaient juste d’être remises en eau et les jeunes pousses vertes montraient le bout de leurs feuilles. Tant de travail anéanti ! Envolés les toits de tôle des maisonnettes, à terre les quelques bananiers et cocotiers, éventrés les sacs de riz de la précédente récolte.
La limite du passage de la tornade était si nette, semblable à un long ruban de désolation.. Mais dans ce chaos, les voisins dont la terre avait été épargnée ont accouru. Pour prodiguer leur aide par solidarité. Les femmes pleuraient et un jeune enfant s’approcha de son père en lui prenant la main digne sans une larme.
« Pourquoi Père, pourquoi nous, pourquoi notre village ? »
« Tu vois petit, le destin a frappé mais souviens toi, ce qui est dur ne dure pas, un jour notre village refleurira, tu sentiras à nouveau la bonne odeur du paddy et les psalmodies venues de la pagode reconstruite arriveront à nouveau jusqu’à nous. »

De Fadila

Tout ce qui est dur ne dure pas, une simple phrase avec des mots simples, mais qui nous fait réfléchir.  On a beau à dire qu’on aime la vie, malgré les souffrances, les guerres, les meurtres les maladies, ou l’égoïsme humain en général. Derrière chaque souffrance, Homme avec son égo ou le mauvais destin. Est-ce vraiment le destin ou ce sont nos mauvais choix? 

D’abord, on a tendance à choisir le chemin facile au lieu de combattre pour ses rêves ou ses idées. Car ce combat est dur, pour le malade contre sa maladie, le travailleur a son travail, la maman dans son foyer, tant d’exemple infinis. Et la phrase qui se répète la vie est dure ?. En fait, rien n’est dur. Ce sont de fausses idées créées par nous-même, pour nous convaincre que le problème n’est pas en nous, en vous. En réalité, c’est nous qui créons ces obstacles et c’est l’être humain qui est derrière tout ce malheur. Le mal ne dure jamais. Avec la foi et la miséricorde, nous pouvons soulever nos peurs, nos échecs. Une fois que vous aurez foi en vous, le malheur disparaîtra. Enfin, le dur ne dure jamais.     

D’Elisabeth

Les réseaux sociaux, un genre de carrefour et différentes énergies s’entremêlent. On est connecté aux quatre coins du globe, se faisant des amis virtuels. Chacun lit les posts des uns des autres, commente, à travers un écrit, une photo, on a l’impression de ressentir une petite part de l’autre, ou du moins, le paraître qui s’en dégage. Il n’est pas rare, où l’on passe du virtuel à la réalité. Et c’est bien plus agréable, les yeux ne mentent pas, l’échange se veut plus vrai. Il est à noter, que certaines histoires d’amour ont pris naissance ainsi. Ces derniers temps, les nouvelles ne furent pas bonnes sur la toile. Un ami virtuel annonçait le décès précoce de son épouse, se retrouvant seul à élever leurs trois enfants. Cette révélation m’attrista, me laissa un goût amer. L’homme désemparé, lança une cagnotte en ligne, sollicitant notre générosité. Ce cataclysme qui venait de s’abattre dans son foyer, l’obligeait à faire face à des dépenses importantes et imprévues. Les jours suivants, j’ai pu échanger avec le veuf, via le réseau social Facebook. L’écouteur disait qu’il tenait le coup, et que sa muse de là où elle se trouvait, n’aurait pas souhaité le voir baisser les bras. Et leur progéniture, ils ont besoin d’un père en bonne santé. J’ai en tête cette célèbre maxime, « tout ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort ». Ou « tout ce qui est dur ne dure pas ». Mais, pèse -t-elle face à la mort d’un parent, enfant ou ami ?

De Catherine

Tout ce qui est dur (chanson)

REFRAIN : Tout ce qui est dur ne dure pas
Non, non
Tout ce qui est dur ne dure pas
L’espoir reviendra, l’espoir viendra
Oh oui
Toi surtout ne baisse pas les bras

Tu l’aimais, il t’aimait
Et dans une vie à 2
Enfin tu t’projetais
Mais point n’était sérieux
Avec une autre flirtait
Larguée à qui mieux mieux
Sur le pavé restais

Tu n’as plus de travail
Te voilà au chômage
Tu dois payer ton bail
Ou partir c’est dommage
Tu recherches la faille
Plus d’emploi vu ton âge
Mais toujours tu batailles

Ton pays est en guerre
Et vient la dictature
On ne peut plus rien faire
La vie devient trop dure
À quand les jours plus clairs
Arrêtons la torture
Que la vie soit légère

Beaucoup trop de malades
À cause de ce virus
On nous dit des salades
Mais on attend bien plus
Entassés dans les bus
Nous serons bientôt malades
Et perdrons du tonus

REFRAIN FINAL : Tout ce qui est dur ne dure pas
Disait Mamie de son matelas
Tout ce qui est dur ne dure pas
Disait Mamie de Grand-Papa
Si ta vie est dure ça passera
Et puis un jour l’espoir renaîtra
Un beau soleil pour toi brillera

De Nicole

Le “dur” du corps devient chute, affaissement, plis, rides, mollesse des chairs.
Le “dur et pur” de l’enfance, la joie, l’enthousiasme, l’insouciance, devient évitement,
parfois sans trop de gravité, l’humour prend le relais, ou pas.
Le “dur” des convictions devient consensus mou.
Le “dur” de la révolte devient renoncement, pire réactionnaire.
Le “dur” du chagrin, de la tristesse se noie dans la chimie.
Le “dur” des croyances, religieuses ou non, devient intolérance, explosives atteintes aux corps des autres.
Le “dur” des relations humaines, familiales, amicales, devient accommodement.
Reste parfois notre noyau dur, notre petite pierre noire, survie de notre vie, souvenir de notre joie première.
La lucidité dure et vive n’enlève pas les petits bonheurs, la tendresse, l’amour amoureux (qui jamais ne dure), le recommencement présent jour après jour et encore, souvent, l’émerveillement.
Il suffirait de presque rien,
Peut-être dix années de moins
Il suffirait de presque rien
Pourtant tu le sais bien
Personne ne repasse par sa jeunesse.


(Extrait d’une chanson de Serge Reggiani.)

De Patrick

« Tout ce qui est dur ne dure pas » : cette jolie phrase d’Imani empruntée d’un réel optimisme, donne envie d’y croire mais, quelquefois le dur perdure ou revient nous hanter, dira le pessimiste et cela, ma foi, est souvent la triste vérité.
Mais restons positifs et optimistes car cette phrase nous indique la lumière et l’espoir et puis le négatif ne résout rien.
Oui, restons positifs pour illustrer cette micro fiction tirée d’un réel fait divers malheureusement trop vu dans les médias et celui-ci m’avait particulièrement ému et impressionné par la détermination combative du protagoniste de cette histoire.
C’est l’histoire d’une femme victime de violence conjugale avec un destin qui aurait pu être tragique mais elle avait fait sienne cette phrase « Le dur, ne dure pas ».
Au début, tout commence par la rencontre ; elle une femme et lui un homme quelque part n’importe où, mais on s’en fout, en somme une histoire de tous les jours, une banale histoire d’amour qui jalonne nos vies humaines.
D’abord, le premier regard, ils se plaisent, puis viens le premier rendez-vous, au fil des rencontres, ils prennent plaisir à discuter ,à sortir ensemble restaurants ,cinéma etc. 
Arrive l’émoi des corps , et la possibilité de vivre ensemble, il lui demande sa main, il est charmant, presque déroutant. Elle dit oui, croyant vivre avec son imposteur de prince une belle histoire d’amour avec un futur radieux de femme mariée, des enfants , la maison , les joies de vivre ensemble et de vieillir tous les deux encore et toujours amoureux .
Mais se connait-on vraiment à ce stade de l’histoire ?
Bien sûr, elle remarque après quelques temps de leur union ces petites réflexions blessantes à son égard , mais bon elle ne s’en émeut pas plus que ça , cela passera , c’est sans doute le fruit d’un agacement du moment, pense- t-elle , car elle est à ce moment là encore très amoureuse.
Le premier enfant arrive normalement, synonyme de joie , elle prise dans le tourbillon de son destin de femme , de mère, et de son travail l’oblige à partager son temps. Elle demande de l’aide et de la compréhension, mais lui ce prince escroc n’est plus charmant mais méchant. Les réflexions sont de plus en plus nombreuses et se transforment en humiliations verbales, cela lui fait mal, mais , elle pense que cela va s’arranger et puis il y a la venue du deuxième enfant, oui, elle veut croire encore en lui et sauver son couple.
Mais, un salopard de mec reste un salopard parce que maintenant qu’elle ose répondre aux humiliations de son mari macho de seconde zone. Les coups pleuvent sur son corps de femme fragile et le prince charmant du début s’est transformé en ogre barbare ; d’abord une gifle puis deux et puis c’est l’engrenage maléfique. Il la frappe un peu plus fort de jour en jour, sans motif, juste le plaisir de faire mal, d’humilier .
Elle devient une femme battue , humiliée, terrorisée , ne sachant pas comment sortir de ce cauchemar, la peur , la honte, le naufrage de son couple , la protection de ses deux enfants,
tout s’entrechoque dans sa tête alors , pour eux elle endure le dur.
Mais un malheur n’arrive jamais seul , cette phrase est bien connue dans le langage populaire.
Comme si la violence conjugale qu’elle subit ne suffisait pas «  le dur se fait plus dur », le crabe est entré dans son corps de femme blessée, le diagnostic des médecins est sans appel : cancer du sein.
Tout s’effondre autour d’elle , elle perd pied et sombre au fond d’un gouffre amer, elle devient en deuil d’elle-même.
Mais, quelque chose se déclenche en elle , une étincelle de vie , la lumière revient , oui tout s’éclaire, elle doit se battre pour elle , pour ses enfants , pour dire oui à une nouvelle vie.
La volonté est là, retrouvée, déterminée pour se battre contre ce cancer afin que le dur ne dure pas. Avec l’aide de l’équipe soignante, elle boute le crabe hors de son corps la guérison est là.
Pour elle, la lutte ne s’arrête pas là décidée à retrouver la plénitude dans sa vie. Elle demande le divorce et la garde de ses enfants. Eloigner de sa vie à tout prix ce minable, la honte de la gente masculine, car elle n’a plus peur de ce dictateur de pacotille.  Après les fêlures , les fractures, elle est devenue une combattante, «  le dur doit se retirer de sa vie ».
Pour être en paix avec elle-même et surtout pour faire payer ces années de violence et d’humiliation à ce scélérat de pseudo mari avec l’aide d’une association de femmes battues, elle engage un procès contre lui .
Comme la lumière positive de la vie est en elle , avec l’aide d’amies, elles fondent dans une maison un nid pour recueillir les femmes victimes de violences conjugales afin qu’elles retrouvent un chemin de vie agréable et que pour elles « le dur ne dure pas ».
Je crois qu’elle a écrit son histoire, sorte de thérapie pour elle et de témoignage et de partage pour les autres.
A travers l’histoire de cette femme lumineuse et magnifique de résilience, on ne peut qu’être d’accord avec Imani « Tout ce qui est dur ne dure pas ». Alors restons positifs et combattants, le chemin risque d’être long contre toutes les agressions de la vie mais la lumière revient toujours .

De Laurence

A la manière d’un bon air de rap….

C’est pas la guerre

Comme naguère

Ça va prendre fin

Et on dira ‘enfin’ !

C’est pas la peste noire

Etendant son voile noir

C’est qu’une épidémie

Eh, c’est vrai l’mai

REFRAIN

Ce qui est dur

Ne dure pas

On va pas dans l’ mur

Croyez-moi

Ce qui est dur

Ne dure pas

On va pas dans l’mur

Confinés, ça dure pas

On mange à notre faim

Dans c’confinement sans fin

On est pas si malheureux

Juste un peu malchanceux

On est privés de sorties

C’est qu’une épidémie

Eh, c’est vrai l’ami

Qu’est-t’en dis ?

REFRAIN

Ce qui est dur

Ne dure pas

On va pas dans l’ mur

Croyez-moi

Ce qui est dur

Ne dure pas

On va pas dans l’mur

Confinés, ça dure pas

J’vois plus ma famille

Alors, mes yeux brillent

J’vais plus nulle part

J’erre au hasard

Alors, je réfléchis

Grâce à l’épidémie

Eh, tu sais quoi l’ami

Malgré tout, je souris !

REFRAIN

Ce qui est dur

Ne dure pas

On va pas dans l’ mur

Croyez-moi

Ce qui est dur

Ne dure pas

On va pas dans l’mur

Confinés, ça dure pas

LAURENCE SMITS, LA PLUME DE LAURENCE


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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