Pour cette proposition d’écriture N° 81, notre personnage Chantal avait fort affaire avec le fromage, le Cantal.

Mais, au vu de vos histoires, elle ne se laisse pas faire. 

Voici vos histoires. Je vous souhaite une belle lecture.


De Marie

Histoire de cantal
Chantal
Ce n’est pas du cantal
C’est de l’emmental
Venu de sa Grèce natale
Kristal
Commence son récital
C’est comportemental
Dans sa boite en bois de santal
il cache des pétales de cantal
Alors sur la route départementale
Il devient brutal
Il décroche à Chantal
Un coup frontal
Et un autre intercostal
Cette fois Chantal détale
C’est fondamental
Si elle veut éviter l’hôpital
Elle s’installe sur un piédestal
Sous un pin occidental
Et le bras à l’horizontal
Stoppe un camion postal
Conduit par un bel oriental
En Femme fatale
Elle joue la sentimentale
Sa vie, elle l’étale
Lui dit que c’est vital
Et au total
Lui avoue le désir d’une vie expérimentale
Oublier le cantal
Cà peut être fatal

De la même autrice

La boite à clous
Monsieur le Directeur,
En réponse à votre annonce parue dans « clouseur » , la société d’affichage de panneaux de bois de notre ville sur lesquels était clouée votre proposition de poste, je vous adresse ma candidature.
Ma formation à l’université Clouter aux Etats -Unis et ma grande expérience de fakir vous laisseront cloué sur place.
Je sollicite un rendez-vous devant le passage clouté. J’abandonnerai ma planche à roulette et porterai une planche à clous, des chaussures à semelles cloutées. Mes différents piercings et clous, à la lèvre, aux oreilles et au nez vous convaincront de l’intérêt que je porte à votre société.
Je mettrai toutes mes compétences pour développer le marché des clous d’or et d’argent mais aussi des clous de girofle.
Ma capacité de comptage est le clou de mon curriculum vitae.
Je suis actuellement cloué au lit monsieur le directeur mais je reste à votre disposition pour les renseignements que vous pourrez désirer.

De Lucette

Assis sur les hauteurs du Cantal, Paul surveille avec amour son troupeau de chèvres. Son chien Tintin, suit son maître lui obéissant au moindre son, au moindre geste. Une complicité entre l’homme et l’animal dont beaucoup d’humains devraient s’inspirer…
A dix ans Paul eut la révélation qu’un jour il serait berger en montagnes. Lui le citadin maigrichon, que ses parents envoyaient chaque année chez un oncle agriculteur dans le Cantal. Se lever aux aurores pour accompagner son oncle qui dirigeait de main de maître son troupeau de chèvres, pour lui c’était une attente qui le tenait pendant les 10 mois d’école. Il n’aspirait qu’à une chose, retourner au plus vite vers « ses amours »…Chaque mot, chaque geste, chaque parole étaient enfouis dans un petit coin de sa tête…
Au moment de choisir un métier après le « bac » avec mention, il annonça à ses parents qu’il voulait être chevrier. Affolés, eux cadres dans une banque, essayèrent par tous les moyens de l’en dissuader. Rien n’y fit, étant sûr de son fait, ses parents cédèrent, ne pouvant résister à cette vocation depuis toujours. Ils pensaient que ça lui passerait, ce fut le contraire qui se passa. Plus ils voulurent le décourager, plus il s’entêta, il voulait vivre son rêve d’enfant, et rien d’autre.
Le voilà parti dans un lycée agricole, il réussit tout, se plaça dans les premiers, surtout ne jamais redoubler… De succès en succès, il fit le tour de France pour devenir meilleur chevrier de France. Il finit par obtenir ce concours après un travail colossal, et il sortit « major » de sa promotion.
Ses parents le félicitèrent, et l’aidèrent à s’installer. Lui, ne voulait pas de demeure huppée, une petite fermette campagnarde en plein milieu du Cantal, et rien de plus. Le voilà devenu propriétaire, il composa son cheptel en remettant au goût du jour des chèvres rustiques (en voie d’extinction) pour vivre dans un climat rude surtout en hiver. Les anciens du village parlaient entre eux, sournoisement, ils lui prédisaient un échec dans moins de 2 ans. Ils surveillaient avec délectation ses moindres faits et gestes. Paul s’en moqua, il appliqua tout ce qu’il avait appris depuis toutes années, mais c’était contraire à ce que tous les « je sais tout » avaient appliqué en prenant la suite de leurs parents. Il travailla comme un forcené, vit chichement, sa vie, la vie qu’il s’était rêvée…
Par un beau matin frais de l’été dans ses chères montagnes, il se reput de la beauté du Puy Mary, se souvint main dans la main avec son oncle de l’avoir crapahuter sous ses yeux bienveillants. Pour être toujours en adéquation avec ses idées, ce fut un berger d’Auvergne qui l’aida à rameuter ses chèvres, au cas où une voudrait se faire la belle…
Un livre à la main, il se restaura. Un œil sur son livre, un œil sur son troupeau. Le soleil était maintenant haut dans le ciel, il se découvrit, et que vit-il ? Une silhouette qui s’approchait. Qui pouvait venir ici, « personne ne sait jamais où je vais ? ».
D’un pas décidé, c’était une femme qui se dessinait à sa vue. Mais elle avait une caméra, il ne comprenait pas ce qu’elle faisait avec cet engin.
« Encore une de la ville qui vient minauder. »
Elle non plus ne s’attendait pas à rencontrer quelqu’un. Le visage détendu, elle se présenta, lui fit de même. De fil en aiguille, il lui décrit avec enthousiasme l’amour de son métier, et lui demanda de partager « son en-cas » campagnard, fait de pain et de fromage de chèvre, tous deux de sa création. Ravie, elle accepta, subjuguée par ce délice, elle en redemanda. Le «repas » se termina en fin de matinée après lui avoir demandé s’il voulait bien être filmé.
Etant publicitaire, elle errait en quête d’un scoop, sans trop savoir quoi. Les images dans la boîte, ils se quittèrent bons amis, après s’être échangés leurs téléphones comme il se doit.
La pub que l’on voit à la télé, vint sceller leur amour, car bien sûr, il ne pouvait pas en être autrement. Et c’est volontiers qu’elle laissa son amoureux avec son troupeau. Ils se retrouveraient ce soir après avoir vaqué chacun de leur côté à leurs occupations…

De Catherine

La vengeance de la bécasse

Georges chéri,
Si tu lis cette lettre, c’est que tu viens de rentrer du boulot. J’espère que tu n’es pas trop fatigué de ta journée. Comme tu peux le constater, je ne suis pas là pour t’accueillir comme tous les jours, et si tu observes bien, ma valise non plus. Et oui ! Madame prend ses aises, et surtout son envol, mais je te rassure, celui-ci n’est que provisoire !
Tu te souviens que la semaine dernière, nous sommes allés tous les deux au grand marché de Vesoul : j’étais très contente de partager ça avec toi. Nous sommes tombés en arrêt devant un magnifique étal de fromages, dont la vedette était incontestablement le fameux Cantal qui nous rappelait nos dernières vacances d’été. D’ailleurs, le fromager nous en a fait goûter plusieurs et nous avons jeté notre dévolu sur le plus fruité. Le fromage étant assez cher, nous en avons acheté seulement 200g pour nous faire un petit plaisir en amoureux. Nous avons repris la voiture, salivant d’avance en pensant à notre petit encas « retour de marché » et projetant d’ouvrir une bonne bouteille pour l’accompagner.
En chemin, nous sommes passés à proximité du Champ des Alouettes, et tu as pilé d’un seul coup en disant : « Regarde, Ginette, y a plein de rosés dans le champ ! Descends, prends le panier dans le coffre et commence à en ramasser. Moi je vais me garer dans le petit chemin plus loin, parce que je ne peux pas laisser la voiture sur la route. J’arrive tout de suite ! »
Et Ginette, la bécasse, est allée hardiment à sa cueillette, pensant que son Georges allait venir lui filer un coup de main. Mais Monsieur a filé droit à la maison et m’a plantée là en plein champs, à 3 kilomètres de chez nous ! J’ai dû faire la route à pied en fulminant, parce que j’avais bien compris ton petit manège : tu voulais te taper tout le fromage à toi tout seul, en égoïste que tu es ! Trois kilomètres, c’est long quand on est en colère, mais on a bien le temps pour préparer une vengeance, car un tel comportement ne saurait rester impuni. Pourtant j’ai décidé de faire bonne figure, et, quand je suis arrivée, je ne t’ai fait aucune remarque, me présentant comme très fière de la belle cueillette de rosés qui seraient excellents en omelette le soir. J’ai quand même discrètement jeté un œil dans le frigo et constaté que le fromage ne l’avait jamais rejoint. J’ai consciencieusement nettoyé tes miettes de pain sur la table et rincé ton verre, ignorant ton air penaud qui ne comprenait pas mon manque de réaction intempestive.
C’est que vois-tu, mon chéri, la vengeance est un plat qui se mange froid… et l’heure de passer à table est arrivée. Puisque tu apprécies les plaisirs en solitaire, je me suis dit que moi aussi j’avais droit à ma part d’égoïsme ! A l’heure où tu me lis, je viens de m’envoler vers la Grèce, pour un doux séjour d’une semaine au soleil, avec nos économies pour les prochaines vacances. Que veux-tu ? Tu aimes le fromage au point de bouffer la part de l’autre, moi j’aime le soleil au point de réduire tes prochaines vacances. Tu vas sans doute penser que ma réaction est sans commune mesure avec le délit initial, mais que veux- tu, on a les plaisirs qu’on peut … ou qu’on veut !
Je t’enverrai une jolie carte postale. Ne t’inquiètes pas pour moi, tout devrait bien se passer. Je reviens dans une semaine et je te raconterai mon voyage en « Egoïsterie ».
Ah! J’allais oublier : tu es condamné à la mobylette toute la semaine, parce que la voiture est sur le parking de l’aéroport.
Passe une bonne semaine, mon chéri. Il y a à manger dans le frigo et une bonne réserve de Cantal.
Je t’embrasse très fort.
Ta Ginette qui t’aime.

De Nicole

Un été dans le siècle

“Le salaud, il m’a viré de la voiture, jetée comme un chien sur la route des vacances, là dans la cambrousse, un no man’s land”.
Une dispute encore et encore, au sujet des fêtes dans le Cantal avec ses potes, toujours ses potes, à 35 ans!
La Fête de la montagne, Chasse et nature, la journée de la vache et du fromage, la Fête de la tarte et j’en passe.
Tout cela, prétextes à beuverie. Gilbert est cantalou.
Un cantalou de luxe, héritier du Domaine de Laveissière, spécialisé dans le Salers labellisé fromage de Cantal.
Enfance et adolescence au Château, études de Droit commercial à Paris.
Rencontre à la Fac, amour, mariage, déconvenue.
Monsieur rêve de revenir y vivre, de devenir le Seigneur du Château.
J’aime le Cantal, les monts d’Auvergne, le volcans, les nuages si bas qui vous nimbent d’irréalité, un pays de contes fantastiques, de mystères et de résistance pendant la dernière guerre.
Il repasse, la voiture s’arrête, je me cache dans un fourré au bord d’un verger de noisetiers.
Je décide sur le champ de me séparer de lui et même de disparaître.
Epuisée de disputes. Pelotonnée dans un coin d’herbe douce, je m’endors.
Je me réveille nimbée de lumière dorée, la pleine lune.
Je distingue une ombre, une femme aux longs cheveux gris s’approche de moi.
“Ma petite, vous allez prendre froid, venez j’habite à côté”.
“Je suis Chantal, je suis en fuite, je dois me cacher”
“Moi, c’est Marie, venez, je resterai discrète”
Nous cheminons jusqu’à une chaumière de conte de fée.
Cela fait dix ans maintenant.
Ma transformation de potiche blonde bcbg, bronzée toute l’année, juste comme il faut, vêtements “couture”, en représentation, aux goûts du seigneur.
Je suis devenue et en devenir, moi.
Cheveux courts, bruns, jeans- T shirts, pulls, bottes (de 7 lieues).
Ma disparition a fait du bruit, Gilbert a été inquiété par la police.
Alors, par avocat interposé, j’ai obtenu le divorce.
Avec Marie, nous avons développé des vergers de noisetiers sur plusieurs hectares
et ça marche du tonnerre.
La chaleur humaine était au rendez-vous.
Parfois, un homme me plaît, pour un moment…
Et le Cantal est si beau.

De Patrick

VOYAMI


Voyami : contraction de voyage entre amis


Voyami verbiage sans vanité en vé en verbes sans versification mais avec vous
Vivement vendredi et vivre la vraie vie vivifiante , les vacances
Vacances, voyages, nous virevoltons de villes en villages
De vallées verdoyantes ,en volcans à la vue vertigineuse et verticale
Comme vampirisés par des vapeurs de vanille virginale
Nous vagabondons en voiture ,pas en vélo dans les vignobles
Vidant nos verres de Vouvray vin voluptueux pour vaincre le venin de la vie
Nous vadrouillons volontiers voyant de vagues vestiges
Dont le vernis vulnérable a viré au vert
Nous voyageons en vaisseau Wasa toutes voiles au vent
Sans visa ni vespa vers Venise, valence, Vérone ,Vincennes ou Venaca
Villes aux vestales de verres virtuelles
Voyami pas voyeur mais visiteur
La vidéo à venir de nos va et vient de voyages de velours
Vérifiera que nos valises de vêtements en vérité ne sont pas
Le vrai viatique de nos vénérables vagabondages mais l’amitié
Valeur qui valse nos vies volages de voyages
Comme les vocalises vibrantes d’un violon
Vrai voûte vertueuse et vigie de nos voyami
Un vœu que vite vienne les vacances et les voyages avec vous
Vrai vitamine de la vie.

De Laurence

« Chantal, j’ai la dalle
File-moi le cantal ! ».

Mon cher et tendre
Son esprit dans les méandres
Ne saurait être ni poli
Ni poète accompli.
Il voulut s’amuser
Comme dans la publicité.
Il me laissa sur le bas-côté
Le fromage étant oublié.
Il se fit la malle
Acte pas si banal !

Je restai plantée là
Avec mon sac sous le bras.
Personne en vue
Je me sentis perdue.
Je marchai longtemps
A travers champs
Jusqu’au village prochain
Pour trouver un samaritain.
Je fus secourue
Et me sentis fort détendue.

Finies les corvées
De la femme mariée,
Je retrouvais ma liberté
Un temps quittée !
J’étais libre comme l’air
Sans plus d’adversaire.
Je pouvais décider
Pour l’éternité
De mes faits et gestes,
Je me sentais plus leste.
Je me sentais fière
Et toute altière.

Le divorce prononcé
Avec ce malotru mal né,
Je repris des études
Lui dans sa décrépitude
Moi dans cet heureux interlude
Pleine de gratitude
Femme dans sa plénitude
Et adieu la servitude !

Je devins avocate
Et dans les tribunaux acrobate.
Je défendis les femmes battues
Qui finissaient à la rue.
Je gagnais les causes
Avec ma digne prose.

Morale de l’histoire
Entendue dans le prétoire :

« Vous qui êtes à l’écoute
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute
L’ancien amant honteux et confus
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.
Chantal devint brillante
Telle une étoile filante.
Vers le firmament elle brilla
Tandis que l’autre s’écrasa ! ».

J’espère que vous avez passé un bon moment avec l’imagination de nos auteurs.

Je vous souhaite un beau weekend et une belle semaine.

Portez-vous et surtout prenez soin de vous!

Créativement vôtre,

Laurence Smits, LA PLUME DE LAURENCE


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

Suivez-Moi sur les réseaux

{"email":"Email address invalid","url":"Website address invalid","required":"Required field missing"}
>