Avec les textes de la proposition d’écriture N° 95, vous allez réfléchir sur le sport, ou en apprécier l’humour, ou ne pas avoir envie d’en faire justement, ou vous souvenir de moments merveilleux! Vous avez le choix!

Voici vos textes. Je vous souhaite une belle lecture.  

De Bernard

Pour moi c’est « No sports », comme disait Churchill, pour moi l’écriture est un sport, d’accord plus cérébral que physique, mais ces du sport.
C’est chaque jour, comme un sportif au réveil qui se prépare pour sa journée et compte déjà ses exercices, quand tu veux, tu peux.
L’écriture est une gymnastique aquatique qui te maintient la tête hors de l’eau et te transporte pour nager au bord ou au large.
Quand une vague te submerge et que les mots t’étouffent, ils ressortent par la plume, comme une grosse bouffé d’oxygène.
C’est aussi savoir nager en eaux troubles ou dans des eaux trop salées qui te supportent, tu fais la planche et le courant t’emmène quelques fois au large et tu dois faire des mouvements pour retrouver le fil d’une conclusion.
L’écrit est une bouée que tu as arrimée au corps et qui te permet de naviguer sur un océan de contraintes et de thèmes, sans que ton cerveau coule dans une dépression océanique.
L’amour des mots, leurs sonorités, leurs ressemblances, leurs assemblages, les détourner pour mieux les apprivoiser et enfin les coucher sur le papier pour qu’ils restent là pour l’éternité.


De Nathalie


La randonnée,
Rien n’aurait pu faire penser que la randonnée devienne pour moi une drogue « douce ».
Au Printemps, c’est la beauté et la senteur des premières fleurs : les primevères, les crocus, les violettes, les pâquerettes. C’est au pied des montagnes que fleurissent ces parterres de fleurs, un spectacle olfactif et coloré. Les arbres bourgeonnent. Les oiseaux migrateurs effectuent leur retour. Fini la tristesse de l’hiver. La douceur du printemps annonce le début d’une longue période de randonnée. Les collines sont envahies par un océan de champs de colza, devenant aussi jaune que le soleil. Une nature époustouflante.
En Eté, les dénivelés s’accumulent. C’est parti pour une ascension de 850 mètres et un paysage magnifique au sommet du Pic Saint Michel (1966 mètres) : le massif de la Chartreuse, la chaîne de Belledonne, les Ecrins, la Meije et puis une vue magnifique sur le Mont-Blanc et d’autres montagnes……. Un panorama de toute beauté, le soleil est au rendez-vous. Exit les lapias, les pierriers, les pentes caillouteuses, tout est secondaire.
Le vol des vautours au-dessus de nos têtes, un vrai ballet royal. Les Chocards eux attendent notre départ pour « passer derrière » notre piquenique sommital.
En Automne, c’est plutôt la randonnée en forêt. La féerie des couleurs. Les arbres ont des couleurs magnifiques et vives, comme le rouge, l’orange, le jaune. Les chemins, les sentiers sont couverts de feuilles. La présence des champignons commence à se faire sentir. C’est la saison parfaite pour s’élancer sur les sentiers désertés.
L’arrivée de novembre amène la saison froide de l’Hiver. Les sentiers sont enneigés. Les montagnes multicolores prennent lentement une teinte blanche, unique presque aveuglante. Parfois on chausse les raquettes, parfois pas…
On monte, on descend dans cette neige parfois poudreuse, parfois craquante.
Tant de dénivelés atteints, de kilomètres effectués pour arriver au sommet d’une montagne.
Le grand Veymont, le grand Delmas, le bec pointu, le pic Saint Michel, l’Ardèche, le Vercors, la Drôme… et tous les sentiers parcourus en France.
La récompense de mon effort était là-haut, là-bas. Quel bonheur immense.

De Claude

LE PALAIS DES SPORES

Avec ce nouveau confinement (c’est étrange comme ce substantif semble composé de mots antinomiques !), je vais devoir prendre des décisions fermes et définitives (courageuses aussi) si je veux survivre à cette pandémie sans finir avec un corps d’obèse (une vraie corrida !).
Mon objectif est de repartir tout neuf quand le virus aura viré de bord.
Notez qu’il ne s’agit nullement pour moi de promouvoir les jeûnes pas plus que de vouloir vérifier le principe d’archi-maigre. Mais de me soucier avant tout de ma santé, physique et mentale !
Dans un premier temps, j’arrête le tabac (concernant cet attrape-Nicot, je pense qu’il ne faut pas mégoter), l’alcool, et, aussi stupéfiant que cela puisse vous paraître, le cannabis, et les femmes. Ce ne sont que des excitants, pas vraiment bons pour le cœur !
Puis, dans un deuxième temps, je supprime le jeu : les paris sur les chevaux, le loto et les cartes. Coluche l’avait bien compris qui disait « qu’aucun cheval de course n’était capable de filer aussi vite que l’argent qu’on avait misé sur lui. ». Quant aux cartes, ça vous pique au début, et ça vous laisse finalement sur le carreau. Au point qu’on s’en écœure !
Mais, trèfle de plaisanterie ! J’ai également décidé de ne plus me lever avant 10 heures du matin.
Je dors très mal et, je ne souhaite pas que la nuit porte conseil, je veux simplement qu’elle me laisse dormir !
Et ce n’est pas tout !
J’ai aussi décidé de donner un congé sans solde à mon smartphone. Je reçois des messages à la pelle, et là, je ne serai désormais plus présent à l’appel. Finies aussi, les émissions de télévision pas très cathodiques, débiles même.
Trop d’ondes, de micro-ondes dangereuses qui viennent s’ajouter à celles du compteur Linky, sans qu’on en soit vraiment au courant.
Ah, oui, j’oubliais ! Il faudrait aussi que j’arrête mes jeux de mots laids. Certains les prennent pour des exquis mots.
D’abord parce qu’ils ne sont pas toujours compris, et quand ils le sont, ils n’amusent pas grand monde.
Mon épouse, les comprenant entre deux et vingt-quatre heures plus tard, part souvent d’un grand fou rire le lendemain de l’émission de ces soi-disant « traits d’humour ».
Je sais, j’exagère ! Pourtant, c’est parfois plus long !
Mais je lui dis souvent : « On ne badine pas avec l’humour ! ». Sur un ton à Musset.
Dorénavant, à moi le silence religieux, la contemplation !
Je laisserai crayons et stylos au repos, et j’arrêterai d’écrire. J’irai jusqu’à jeter l’encre, même si elle m’est sympathique.
Et puis, pour tout vous dire, je suis las (tout en étant ici) de me plonger dans le dictionnaire pour faire le plein des sens !
Je compte aussi me remettre au sport. On nous dit à longueur de temps qu’il faut bouger !
Mais je m’interroge : lequel choisir ?
Je ne voudrais pas me casser les dents sur un sport trop difficile (c’est dentaire, le problème ?).
Le vélo peut-être ? Outre qu’il est bon de suivre un régime sans selle, je trouve que ce sport a quelque chose de romantique : c’est là qu’on trouve les mollets plus doux…
Comme j’ai pratiqué des sports divers, j’ai un choix assez large. Mais, pour dire skier, je ne figurais cependant pas parmi les premiers de la glace. Ça patinait souvent, et je me disais : « après moi, des luges ! ». En fait, c’est sûrement par peur du communisme que j’évitais de faire trop de ski !
Me remettre au football ne me ferait pas de mal. Il est vrai que dans ma jeunesse, j’appartenais à une équipe de joyeux dribbles, tous triés sur le volley. Je me souviens même d’un joueur qui se prenait pour deux goals !
Ou pourquoi pas, me replonger dans la natation ? C’est d’ailleurs dans une piscine que j’ai rencontré mon épouse, et là, je peux dire que j’ai été victime d’une naïade. Lorsque je fus en nage de comprendre, il était déjà trop tard !
Maintenant, si je ne veux pas être pris de court, le tennis pourrait me convenir. Mais il me faut bien reconnaître que je suis un joueur à la Noah, et que je n’ai pas l’énergie de Santoro (même pas d’un seul) ! Je ne suis donc pas près de disputer la coupe des vices.
En fait, je ferais mieux de donner aussi des vacances à ma raquette.
Tout en étant à cheval sur les principes, je ne me lancerai pas non plus dans l’équitation. D’abord, parce que jamais je ne monterai les vedettes du tiercé (autant en emporte le van !) puisque, c’est normal, on laisse les « starlettes » au haras.
Et ensuite, parce que dans mon cas, il faudrait souvent faire appel à pouliche secours !
Mais je trouve ça beau quand même (je sais, c’est un peu tiré par les chevaux !).
Non, je crois que le plus simple serait pour moi de pratiquer la marche à pied (et pas à plus de 10 kilomètres de chez moi). Aucun équipement n’est vraiment nécessaire, sinon de bonnes chaussures.
A ce propos, il me revient à l’esprit cette citation de George Bernard Shaw : « Le seul sport que j’aie jamais pratiqué, c’est la marche à pied, quand je suivais les enterrements de mes amis sportifs. »
D’ailleurs, si bientôt, je n’ai plus d’autre choix pour pouvoir sortir de chez moi que de produire une attestation de déplacement dérogatoire dûment renseignée, et que je m’ennuie comme un rameur, j’opterais bien pour le vélo d’appartement.
Avant que tout cela ne tourne au vélo-drame.


D’Isabelle

Deux packs de six bouteilles d’un litre et demi, un au bout de chaque bras, depuis le coffre de la voiture jusqu’au quatrième étage, puis les deux packs de lait, puis les deux grands sacs en toile plastique renforcée remplis jusqu’en haut, puis le petit dans le porte-bébé et la grande sur la hanche. Et quatre fois l’aller-retour rapidement entre l’appartement et la voiture garée au fond du parking.
En arrivant dans l’appartement, elle range tout dans les placards, que ce soit en hauteur, tendue depuis la pointe du pied jusqu’au bout des doigts ou bien en bas, jambes pliées et dos rond, après avoir bien sûr installé le petit dans son petit lit et la grande dans son coin à jouets.
Elle met la bouilloire à chauffer en se précipitant vers le lave-linge qui stridule : la lessive mise en route quand elle a fui l’appartement avec un sac pour le tri contenant huit pots et six bouteilles en verre de deux cents grammes à vide chacun, un kilo de carton soigneusement plié, un petit de quatre kilos dans le porte-bébé et une grande de huit kilos sur la hanche opposée au sac, la lessive donc est terminée et elle l’étend sur les divers étendoirs qui ornent les radiateurs, arpentant le couloir, distance optimisée par le tri et le préclassement du linge mouillé.
Il est grand temps de préparer le bain et le dîner. L’eau a refroidi dans la bouilloire. La cuisine est à un bout du couloir, la salle de bains à l’autre.
Le mois prochain, quand elle se plaindra de la fatigue au médecin, il lui conseillera, rieur, de faire un peu de sport.

De Nicole

Le sport et elle la non sportive

Petite, la course à pied et la gymnastique d’effort lui étaient interdites pour cause de souffle au coeur.
Alors elle nageait, une brasse rapide et gracieuse.
Un entraîneur voulait la “driller”, déjà rétive à l’autorité et les cris, elle arrêta.
La pleine mode des films de capes et d’épées lui donnait envie de pratiquer l’équitation et l’escrime.
Sports onéreux et adoptés par la bourgeoisie aisée.
Elle se rêvait cavalière sans peur et sans reproche, façon Robin des Bois, Capitaine Fracasse, d’Artagnan…
Une sorte d’amazone, une guerrière de la juste cause.
Au lieu de quoi, souvent seule, l’ennui l’aidait à créer dans sa tête des histoires dont elle était l’héroïne.
L’héroïne a vieilli.
Elle croit toujours aux causes nobles.
Elle a apprécié le basket avec son fils, bon joueur.
L’argent, toujours lui autour des compétitions, les salaires mirobolants des sportifs l’agace.
Reste la marche… et la beauté des arbres.

De Lucette

Allez Arthur, il est 6 heures, debout on y va !!!
De mauvaise grâce je rouspète un peu, je n’arrive pas à sortir de mon lit, je m’endors à nouveau, et là, mon père ne rigole plus. « Ou tu m’accompagnes ou tu restes à flemmarder. Dans 10 minutes je serai parti sans toi ».
Je me rue sur mes habits entassés au pied de mon lit, j’inverse mes chaussures, bref, je somnole…
Je descends, une bonne odeur de tartines grillées me titille, enfin je me dépêche. Sur la table il y a la confiture, le beurre, des jus de fruits. Ce matin, mon estomac ne pourra pas crier famine comme d’habitude quand je vais en cours. Quand on est ado, « la bouffe » est primordiale, notre cerveau se situe au niveau de l’estomac…
Enfin prêts tous les deux, mon père impatient a déjà enfilé sa panoplie, et moi, comme toujours je suis à la traîne. Mais décidé à être l’égal de mon père, j’amplifie mes mouvements et en deux temps trois mouvements, je suis paré.
La voiture n’attend que nous, le moteur ronfle, et nous voilà partis pour le weekend.
Oh ! ce n’est pas très loin, une cinquantaine de kilomètres de chez nous, mais quand même, c’est une vraie aventure entre hommes.
C’est le début du printemps, l’aube pointe à l’horizon, en regardant vers l’est, le ciel est irisé de couleurs rouges. C’est magnifique, sauf que le vent sera sûrement là pour nous ennuyer…
Nous sommes arrivés au but, déjà pas mal de compétiteurs dressent leurs tentes, on fait de même. On se salue, on se marre, on croise le vainqueur de l’année passée, lui, est déterminé encore une fois à être sur le podium.
Une brume plane au-dessus de la rivière, c’est majestueux, digne d’un tableau de Claude Monet.
Nous sommes tous attentifs, sur le pied de guerre, attendant le signal du starter. Ça y est c’est parti pour la journée. On s’affaire pour escher avec les leurres fabriqués par mon père, vous l’avez compris, nous sommes à un concours de pêche. Pour vous, ce n’est peut-être pas un sport, et bien détrompez-vous. Quand on s’immerge dans l’eau froide avec nos cuissardes qui nous montent jusqu’aux aisselles, et qu’on remonte le courant, il faut être viril dans sa tête et dans son corps.
Mon père m’apprend les bons gestes du lancer, je lance et relance, dix fois, vingt fois, je veux être à sa hauteur, il me félicite devant tout le monde. Quelle fierté dans ses yeux.
On déjeune sur le tas, assis sur un siège en toile, le chapeau enfoncé jusqu’aux oreilles, on prend plaisir à regarder nos prises, qui ma foi, ne sont pas très folichonnes ce matin. Cet après-midi, on espère mieux. Quand on regarde dans les bourriches de nos adversaires, (néanmoins amis) on se prend à rêver que l’on va faire mieux qu’eux dans les heures à venir…
Les fils de nos lancers se mêlent, s’emmêlent et se démêlent. De la patience il en faut pour toujours recommencer le même geste, tout en ayant les yeux fixés sur le bouchon.
« Papa viens m’aider », j’essaie de retenir ma capture en enroulant le moulinet le plus adroitement possible, mon père arrive, lui avec son expérience réussit à la sortir devant les yeux ébahis des confrères.
Quelle belle pièce, je vois l’envie dans leurs yeux. La première journée se termine, le juge pèse notre butin, nous ne sommes pas premiers, mais tout proche.
Nous entrons dans notre palace de toile. Tous les efforts de la journée sont récompensés en entrant avec délice dans nos duvets qui réchauffent nos muscles endoloris par les stations prolongées dans l’eau froide…
Demain sera un autre jour, déjà je m’endors, je ne pense plus à rien, une béatitude m’enveloppe. Je rêve déjà à demain, puisque j’ai un esprit de revanche pour battre les chevronnés plus âgés que moi. C’est un pari risqué, mais comme tous les paris….


De Catherine

A vos marques

Plusieurs années durant, Martine avait apprécié les jeudis après-midis, jour de congé pour l’école, mais pas pour le sport. Elle, c’était l’athlétisme, la course de vitesse, catégorie minime, puis cadette et enfin junior, pour le 60m, puis le 80m et enfin le 100m. Elle n’avait pas choisi cette discipline, c’était plutôt la discipline qui l’avait choisie, au hasard des cours de sports obligatoires où on ne leur apprenait pas à courir, mais où les professeurs repéraient ceux et celles qu’ils pourraient aligner en compétition, sans pratiquement aucune préparation : la formation directe sur le terrain.
Martine faisait partie des élus, avec ses bons chronos en course de vitesse. Elle s’était sentie valorisée, distinguée parmi les autres. A l’époque, être repéré par les professeurs avait une grande valeur aux yeux de tous, y compris les parents.
Ses parents avaient bien accepté l’honneur fait à leur fille, et donc qu’elle participe aux compétitions du jeudi : ils la confiaient à un responsable de la sacro-sainte Éducation Nationale et avaient confiance. Ils avaient eu plus de mal à la perspective des dépenses liées au nouveau statut de leur fille : il fallait acheter la panoplie du parfait athlète ( chaussures à pointes, sac de sport, short, tee-shirt…), un gros budget pour un petit salaire d’ouvrier, un sacrifice qu’ils consentirent de mauvais gré, mais consentirent tout-de-même.
Entrer dans un magasin de sport, à cette époque, faisait partie de l’intronisation. C’était comme toucher le graal, car ce lieu était en principe le domaine des bourgeois de la ville. La fille d’ouvrier qu’était Martine avait conscience d’être à la fois privilégiée (certes au prix du sacrifice des économies familiales) et usurpatrice, eu égard à sa condition sociale. Elle se devait de rendre ses parents et ses professeurs fiers de ses résultats sportifs à venir.
Le jeudi après-midi, donc, elle prenait le car avec les autres sélectionnés et les professeurs de sport pour aller jusqu’à la capitale départementale ( un événement en soi, déjà !), dans un immense stade, avec ses hauts gradins de béton qui entouraient une vraie piste d’athlétisme, avec les tracés blancs impeccables, et aussi les starting-blocks, si horribles à régler, surtout quand on n’a pas appris à prendre ses marques.
Martine adorait l’ambiance du lieu, l’odeur et la résonance des vestiaires, le haut-parleur qui annonçait une course, la réunion en chambre d’appel où les clous tintaient sur le bitume et où elle apprenait dans quelle série elle allait courir. Elle adorait la fébrilité avant la course, la montée de l’adrénaline en se positionnant sur les starting-block, les faux départs dus à l’impatience, le pétard du pistolet intimant le signal de se propulser en avant, la conscience de ses concurrentes à sa hauteur ou en décalage, les cris des supporters le long de la piste, la rage d’aller encore plus vite, le trait blanc sanctionnant l’ordre d’arrivée, l’essoufflement de fin de course avant d’apprendre si elle participerait ou non à la finale, la satisfaction ou la déception du professeur…
A la fin de la course, les « juges » donnaient le classement et les temps.
Il y avait des jours où il était plus facile de gagner, mais parfois, une autre ville du département arrivait avec sa championne qui faisait frémir les autres filles dans la chambre d’appel. Ça chuchotait en la montrant discrètement du doigt, et elle devenait la terreur qui allait gagner surtout à cause de sa réputation qui tétanisait les autres : on ne leur avait pas appris la force du mental sur les performances !
Puis c’était l’heure de la finale et l’effervescence chez les professeurs autant que chez les coureurs : c’est qu’il en allait de la réputation de l’établissement, car il était de bon ton d’avoir dans ses rangs un champion ou une championne départementale ! Martine terminait parfois sa course en tête avec un temps record, de quoi flatter l’égo de son professeur qui l’attendait en sortie de piste, l’accompagnait à la remise des médailles, puis lui disait :
« Bravo Martine ! Tu as bien travaillé ! Viens, je vais te masser, ça va te faire du bien ! »
Docile, Martine suivait le professeur. Confiance !?


De Karine

Bébé,

Tu es un kravacolluphile, non ce n’est pas une insulte mon amour, mais le nom donné à un collectionneur comme toi. Quand je t’ai connu, tu portais une cravate différente chaque jour. Des rouges, des bleues, des vertes, des unies, des rayées, avec ou sans symboles. Toutes tes cravates étaient différentes et pourtant elles étaient toutes semblables. Unies par ton sport favori. Récupérées auprès d’un joueur, d’un patron de bistrot, ou donné par Jean-Mi, le parrain de notre fils, qui bossait à la fédé. Elles s’amoncelaient une à une pour constituer cette collection impressionnante. Toutes avaient une histoire.
J’étais étrangère à ta passion, mais au fur et mesure que je t’appréciais, que je t’apprivoisais, j’apprivoisais et j’appréciais ton univers.
Il fallut que j’apprivoise ton sport dans toute sa dimension, un nouveau monde pour moi : l’Ovalie ! Un monde de rencontre, de codes, de règles fondamentales, d’histoires, d’anecdotes, de partages, avec un esprit, bref une vraie école de la vie.
Je fus séduite par son état d’esprit. Sur le pré vert, peu importe ton gabarit, c’est pourquoi il y a les timides, les extravertis, les asociaux, les fusionnels, les “maigrichons”, les colosses. Chacun a son rôle. La discipline, le contrôle de soi, le respect mutuel, la passion, la solidarité, l’intégrité, les valeurs de camaraderie sont les fondamentaux de ce sport. Les 15 joueurs d’une équipe ne forment qu’un et quand ils se mesurent à l’autre l’équipe dans les mêlées, dans les batailles, dans le jeu, ils appliquent ces fondamentaux. Ils y apprennent aussi à vaincre les peurs, à se sentir plus fort, eh oui, ils en sortirent grandis.
J’ai étudié les positions des joueurs, les règles, les termes, première, deuxième et troisième ligne, demi de mêlée ou d’ouverture, trois-quarts centre ou aile sans oublier l’arrière, les essais, les drops, les passes en-avant, la mêlée, les plaquages, les 22 mètres, les transformations, les coups de pied à suivre, la chistera.
J’ai géographié les équipes en France : Aviron Bayonnais, Agen, Toulouse, Brive, USAP, Toulon, Le Stade Français… les équipes dans le monde les All Black et leur Haka, les Springboks, les Fidji, et la plus atypique de toute, les Barbarians, avec Lafond, Jefferson dont le fils jouait avec ton fils ainé, Bennett… Le “rugby champagne”, équipe sans pression, ni d’impératif de victoire.
J’ai appris également les différents rugbys, à V, à VII, à XIII, à XV, les différentes compétitions le tournoi des 6 nations, la Coupe du monde, la coupe d’Europe, le super XV, le championnat de France ou Top 14, les récompenses le bouclier de Brennus, la Coupe William Webb Ellis, les hymnes le Flower of Scotland, I will survive, Land of my Fathers, la Marseillaise, les couleurs des équipes et leurs emblèmes le coq, le trèfle, le kangourou, la rose, la fougère…
J’ai enregistré les noms de stades comme Charlety, Jean Bouin, Stade de Colombes (ou Yves-du-Manoir), Parc des Princes, Stade de la Beaujoire, Stade Ernest-Wallon, Millenium Stadium à Cardiff, Twickenham à Londres, Eden Park à Auckland, Croke Park à Dublin…
J’ai découvert “le Jaune” ou le “Mid’Ol” autrement dit le journal officiel, le Midi Olympique imprimé chaque lundi sur un papier dont la couleur ressemble à un pastis mal dosé, et laisse des traces sur les doigts comme une vielle gitane maïs !
J’ai écouté et regardé les consultants, les commentateurs comme Pierre Albaladejo, ancien joueur, avec son expression “Les mouches ont changé d’âne” commentant au côté de Pierre Salviac après avoir perdu son compère de toujours en 1984, Roger Couderc. Son célèbre encouragement “Allez les petits !” est toujours présent pour les amoureux du ballon ovale.
J’ai appris le vocabulaire, les expressions drôles et poétiques, particulièrement imagées du rugby : marrons, châtaignes, poires, caramels, prunes, pêches, oreilles en chou-fleur, cuillères, cravates, agglos, chandelles, éponge magique, fourchettes, cuillères, placage cathédrale, coup de pied de mammouth, aller en terre promise, la cabane est tombée sur le chien, libérer le ballon, raffuter, relever la mêlée, prendre un trou, un joueur tambour, un tampon, emplafonner, le cochon est dans le maïs, arroser, sortir la boîte à gifles, une salade de phalanges et autres expressions. Sans ce champ lexical atypique et fleuri, les discussions, les commentaires manqueraient sincèrement de panache. Grâce à lui, chacun retrouve son âme de poète !
J’ai assimilé des figures, des histoires : Daniel Herreo, l’homme avec son bandeau rouge, dans les cheveux grisonnant figure de Toulon, Jean Pierre Rives grand défenseur appelé aussi le casque d’or, Philippe Sella le recordman de la planète ovale, cent onze fois dans l’équipe de France. Antoine Blondin écrivain, chroniqueur qui trouva dans le rugby de quoi remplir son cœur, ses pages, sans oublier son verre. D’autres noms résonnent, Michel Palmié (dit La Palme ou La Momie à cause de ses fréquentes « bandelettes »), Walter Spanghéro, Guy Boniface, Dennis Lalanne, Jean Prat, Didier Codorniou, Denis Charvet…pour n’en citer que quelques-uns.
J’étais impressionnée de voir les joueurs, exhalant le camphre, en short, maillot, claquant les crampons, mettant leur protège-dents, fixant un casque pour certains, ornant leur tête d’un bandeau pour d’autres, sautillant sur place, se regardant férocement pour se mettre en condition, s’isolant pour atteindre un niveau de concentration. La peur, le courage, l’excitation, la tension s’installaient en attendant le sifflet de l’arbitre. Ils rentraient sur le terrain comme rentre un taureau dans son arène, ils étaient prêts. Quand le match était fini on les voyait vides, les traits tirés, sourires ou pleurs s’exprimaient sur leur visage, le pif saignant, l’arcade fendue, pleins de boue, sortant du terrain, retournant fièrement dans leur vestiaire. C’était tout aussi impressionnant de les voir au commencement de la troisième mi-temps, métamorphosés tels des illusionnistes dans leur blazer-cravate, beaux, propres comme un sou neuf, presque guéris de leurs blessures, du moins en apparence, inscrivant sur leur visage la joie d’être tous ensemble joueurs et supporters, pour faire la fête.
J’ai rencontré avec toi les joueurs de Toulouse, du Stade-Français, de Brive, du PUC, du Racing, des grands journalistes comme Jean Cormier, Philippe Labro, les passionnés amateurs et professionnels, les dirigeants ou présidents des clubs comme Max Guazzini au Stade français. Des rencontres riches et intéressantes dans une ambiance détendue, bon enfant, où l’échange et le respect se font naturellement.
Je me souviens du jour où nous avions discuté autour d’une bière un bon moment avec Serge Simon, Vincent Moscato, Christian Califano et Philippe Guillard, ex-joueur de rugby, journaliste, scénariste, réalisateur de cinéma, c’était un échange très intéressant, très plaisant et drôle. Il n’y avait pas de barrière sociale, comme dans l’équitation où on te prend pour une m…si tu n’es pas champion de France. Là, on te prend comme tu es.
Je me souviens de la blague que tu m’avais faite avec Patrick Serrière. Avec toute ta connerie, tu avais tapé sur l’épaule de Serrière en lui disant que je trouvais qu’il avait fait du lard. Je ne me suis pas vue mais je me sentais défaillir, devenir blême. Je n’étais pas bien grande, 1.60m pour 52kg, mais j’aurais voulu être minuscule, de la taille d’un moustique, par exemple…Il s’est retourné de toute sa hauteur 2.03m, c’était impressionnant, un colosse de 120kg. Te reconnaissant, il a rigolé, et reconnu bien là ton humour. Il m’a salué, je me suis détendue. Il était avec Laurent Bénézech avant qu’il ne parte à Londres, et nous avons passé un bon moment tous les quatre autour d’un verre. C’était un colosse très gentil.
Tu m’as initié aux troisièmes mi-temps, à chanter ensemble des chansons parfois romantiques, souvent poétiques, plus ou moins paillardes, ou régionales comme l’incendie de Rio (les tuyaux), les vieilles chouettes, la Peña Baiona, la Pitxuri, les avants de Bayonne, le lac du Connemara, sans oublier les Bandas qui font vibrer et sortir toutes les émotions du corps et cœur… J’ai trinqué dans la rue de la soif, j’ai vu les bars ouverts servant des bières dans la rue, moment convivial que les manchots du football ne connaissent pas lors de leurs matchs, puisque tout est fermé. C’est vrai qu’ils cassent tout et aucune image sympathique ne reste dans les mémoires. Au rugby c’est différent, tu assistes à un match entre deux équipes dans le calme. Les supporters sont mélangés et même s’ils se taquinent, s’asticotent, c’est en toute cordialité. L’exemple qui me revient, c’était avec les Anglais quand pour supporter leur équipe ils criaient : England ! Les Français de leur côté leur répondaient en disant : Les glands ! Mais aucune violence ne pointait le bout de son nez. Après le résultat, on voit le perdant et le gagnant faire copain autour d’une bière, tous ensemble. On boit, on rit, on pleure, on parle, on échange, c’est une autre culture, beaucoup plus humaine et fraternelle. Ça fait du bien !
J’ai été voir plusieurs matchs avec toi mon amour, chaque fois c’était une joie, une excitation, un plaisir, un moment privilégié que nous partagions ensemble. Je me souviens du jour où j’ai payé demi-tarif, car le gars à Charlety a cru que j’étais ton fils, et que j’avais moins de 16 ans, alors que j’étais enceinte de quatre mois du nôtre. Quel fou rire !
Mon plus beau souvenir c’est la première fois que tu m’as emmenée voir un match au Parc, c’était la finale Stade Toulousain – CA Brive en juin 1996. Tu étais pour l’équipe rouge et noire, ta favorite avec le Racing, celle de Toulouse. Moi, juste pour mettre un peu de piment, j’ai dit que j’étais pour celle en noir et blanc, celle de Brive, car je savais que Patrick Sébastien en était le président. Certains noms de joueurs résonnent encore dans ma tête comme Ougier, Deylaud l’homme qui tire dos au poteau, Califano le scaphandrier, Ntamack, Belot, Lacroix, Carbonneau, Castaignède le petit Prince, Séguéla, pour Toulouse ou Paillat, Penaud, Moscato pour Brive. Tu as gagné par 20 à 13. Je me souviens de cet instant magique que j’ai connu à tes côtés. C’était la première fois que j’allais dans un stade si grand et le Parc des Princes m’a impressionnée. Le Parc c’est comme une émeraude gigantesque pouvant contenir quarante-cinq mille places en plein Paris, ornée d’anneaux scintillants. Il était grandiose ! Il n’y avait que la finale du championnat de France et les matchs internationaux qui étaient joués au Parc. La famille du rugby l’adorait ! Il était rempli d’amour, il avait une âme ! A la fin du match, quand tout le monde était parti, je suis restée immobile pendant plus de cinq minutes dans les tribunes, seule. Je t’avais presque oublié. J’étais transportée, mon esprit vagabondait, mon cœur vibrait, se remplissait de toutes les ondes qui s’étaient échappées, durant cette rencontre et je les ressentais. Quand je me suis retournée, que tu m’as vue émue, ailleurs, rêveuse, calme, sereine, émerveillée, tu avais les larmes aux yeux. Tu m’as dit que tu étais heureux que je ressente ça, car c’était avec Jean Bouin, ton stade préféré. Nous nous sommes embrassés tendrement profitant de cet instant fort et magique, puis nous sommes sortis du Parc pour attaquer la troisième mi-temps, autre temps fort de ce sport que tu aimais tant.
Pourquoi aimais-tu le rugby ? C’est vrai que certains n’hésitent pas à mouiller le maillot, à mettre toute leur énergie et leur volonté au service de leur équipe. Certains vont au charbon, pour la conquête du ballon, ils exposent leur corps pour le bonheur des leurs dans le respect des fondamentaux. Les joueurs sont un peu comme des mineurs qui bravent les risques d’éboulement et les coups de grisou, qui descendent péniblement dans les profondeurs afin qu’en haut, ils aient de quoi se chauffer. C’est peut-être pour cela que tu aimais tant le rugby, toi, fils et petit-fils de mineurs…
Mais le rugby a changé, le pognon s’en est mêlé, l’amateurisme qui était la règle a disparu au profit du professionnalisme, le dopage est arrivé…Tu t’es désintéressé progressivement de ce sport comme pas mal d’autres, d’ailleurs… Toi le passionné, tu es arrivé à un point que tu ne regardais que les résultats, pour suivre de loin et tu éteignais même la télé lorsqu’il y avait un match. Heureusement pour toi, il y avait toujours les vieux matchs pour retrouver cette sensation que tu aimais par-dessus tout. Le dernier match que nous avons vu, il y a fort longtemps, c’était les poussins d’une école de rugby.
Tu es parti maintenant, mais je m’aperçois que tous les souvenirs, les fondamentaux de cet univers, ces moments forts, ces rencontres magiques, ces expressions imagées sont restés en moi à jamais. Tout comme tes livres, les K7 vidéo, tes cravates qui restent avec moi. Je te vois, je t’entends, je te sens, je te perçois à travers tout cela. Au début du siècle dernier on disait que le rugby était un sport de voyous pratiqué par des gentlemen. Saches que tu es mon gentleman à moi. Dans ce texte, je parle de ces gentlemen, de ces légendes qui sont de grandes figures de l’Ovalie. Toi mon petit bonhomme, tu es une grande figure, une légende à mes yeux et aux yeux de tous ceux qui t’aiment. Notre amour est comme un essai qui s’est suivi d’une transformation réussie. Nous avons marqué, gagné le match et remporté le grand chelem. Tu es pour l’éternité mon amour, mon champion du monde !


De Laurence


Ecrire sur le sport, c’est compliqué, car pour moi, le sport se vit, se pratique et se raconte peu. Je ne suis pas du tout adepte des sports à la télévision, assise sur mon canapé moelleux pendant que d’autres s’échinent et suent à gagner des matchs. Adolescente, j’aimais bien regarder les matchs de foot des Verts de Saint-Etienne ou m’enthousiasmer pour les matchs de rugby pour le Tournoi des 5 Nations de l’époque. On a besoin de s’exalter pour des idoles ou des cracks quand on est jeune !
Mon père étant fan de cyclisme, regarder le Tour de France faisait partie des obligations estivales dans mon jeune temps, tradition que j’ai perpétuée quand mes enfants étaient petits, plus pour admirer les paysages traversés que pour les cyclistes, dopés à l’envie.
Je n’aime pas les sports collectifs, mais j’ai accompagné un de mes fils pendant des années à ses matchs ou à ses tournois de basket. Lui, il avait besoin de se dépenser, moi je faisais le taxi et j’attendais dans le public. En fait, je n’aime pas courir ; le golf m’irait mieux, à mon allure, tranquille. Ce n’est pas que je ne suis pas sportive ; je suis capable de randonner jusqu’à 33 kilomètres à pied !
J’aime la marche, profiter de la nature et de ses beautés, respirer, sortir prendre l’air. J’ai marché sur tous les terrains, plats ou montagneux, de collines verdoyantes en plages de sable fin. Mon plus grand rêve de marche est sans doute de m’offrir un jour le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Je sais que je le ferai ; cela pourrait être un beau challenge à réaliser pour mes 60 ans qui approchent !
J’ai toujours marché, ne serait-ce que pour promener mes chiennes ou mes chiens. Eux aussi ont besoin de sortir de leur jardin et de voir autre chose que leur pré carré. Eux aussi ont besoin de gambader : quel plaisir ne nous offrent-ils pas en aboyant d’impatience avant de partir se dégourdir les pattes !
J’aime pratiquer des activités sportives, mais pas pour faire de la gonflette, pas pour gagner des matchs. Je n’aime pas la compétition sportive. Je suis ainsi faite. On ne me changera pas ! J’aime profondément les sports que je pratique pour les bienfaits qu’ils m’apportent, notamment la marche et la natation. Le sport, c’est aussi accepter de se dépasser, d’accepter les douleurs parfois. C’est aussi un vecteur de confiance en soi, de persévérance et de fierté.
Pour cela, il convient de trouver son sport. Moi, je l’ai trouvé à l’âge de 35 ans. Un jour, j’ai poussé par hasard la porte d’un club de yoga et je n’en suis plus repartie. Cela fait donc bientôt 24 ans. Cette pratique, pour ne pas dire cette discipline, convient à ma personnalité. J’ai grandi en pratiquant le yoga, j’ai évacué mes tensions physiques et mentales, j’ai appris à me connaitre. Je ne peux plus vivre sans pratiquer plusieurs heures par semaine. Grâce aux postures de yoga, je me sens connectée avec ce qui se trouve au plus profond de moi-même, avec mon environnement, avec la terre et l’univers.
J’entends ici déjà les murmures de ceux qui ne savent pas et qui se moquent. Je ne vous en veux pas. On raille quand on ne connaît pas . Le yoga assouplit, non seulement le corps, mais aussi les neurones. Le yoga, à mes yeux, est un mode de vie, une discipline spirituelle et philosophique, une hygiène de vie et corporelle dont je ne saurai me passer. Rien ne sert que je vous dicte les bienfaits si nombreux du yoga. Il faut le vivre pour comprendre de quoi il s’agit. Le yoga, c’est une quête spirituelle à la rencontre de soi ! En fin de compte, après des années de pratique assidue, le pratiquant finit par trouver l’harmonie de son corps et de son mental avec le monde qui l’entoure.
Alors, réduire le yoga à un sport est une erreur car c’est avant tout explorer son intériorité dans toute sa complexité d’humain ! Mais, je vous mets en garde, le yoga n’est ni une recette ni un médicament miracle. Cette pratique, contrairement à toutes les autres, existe depuis plus de 4000 ans pourtant ! Je vais cesser là car il m’est réellement impossible de décrire le yoga en quelques lignes. C’est immense et simple à la fois ! Le yoga m’a donné un nouveau souffle, à chercher et à puiser au fond de moi mes ressources insoupçonnées, à mettre en lumière ce que je possédais depuis toujours mais que j’ignorais…


De Maïla

De Flambeau à Faro, l’amour des chevaux

Lorsque j’étais toute petite, ma grand mère lisait à mon frère aîné l’ histoire de Crin Blanc.
La légende familiale raconte que c’est avec ce livre que mon frère aurait appris à lire.
Moi, je me laissais porter par la voix de mon aïeule, les yeux accrochés aux pages du livre car en fait il n’y avait pas de dessins mais des photos en noir et blanc qui illustraient le récit.
Pour résumer cette histoire, il y avait le cheval blanc, magnifique, fort et sauvage qui résistait à la capture du manadier et de ses hommes. Et il y avait Folco, le jeune pêcheur, ami des animaux et de la nature. Pour échapper aux gardians Crin Blanc disparaît dans les vagues, Folco accroché à sa crinière. Le cheval qui était doué d’une grande force nagea longtemps, longtemps, emportant le petit pêcheur vers une île merveilleuse où les enfants et les chevaux sont toujours des amis.Je pense que mon attirance pour les chevaux vient de là. A l’époque dans mon petit village, il n’y avait pas de club d’équitation, le seul cheval qui était de sortie de temps à autre, c’était celui qui tirait le corbillard.
A mon arrivée en seconde, dans un lycée d’une grande ville j’ai été ravie d’apprendre que différents sports étaient proposés en extra scolaire, dont l’équitation, vous n’imaginez pas ma joie ! Cela se passait le mercredi après midi, nickel, je pourrais manger à la cantine et y aller ensuite. Petit hic, le centre équestre se situait à la périphérie de la ville, sans liaison par bus. Aïe, aïe, cela aurait pu être rédhibitoire, mais c’était sans compter ma détermination. Après moult tractations avec les autres adhérents du club et les adultes qui encadraient, j’avais réussi à convaincre une pionne du lycée que le centre équestre était pile poil sur sa route. Mon père, gentiment, avait cédé acceptant de faire un détour pour venir me chercher en sortant de son travail. Jackpot ! Non seulement j’allais enfin pouvoir apprendre à monter sur un cheval, mais en plus j’attendrai au club la fin d’après midi, j’ étais ravie. Il y avait toutefois une condition sine qua non, il fallait que je m’organise au mieux pour faire mon travail scolaire, car mes parents ne toléreraient aucun flottement dans mes notes. Comme qui dirait : «l’enjeu en valait bien la chandelle ».
Au centre équestre j’ai vite expérimenté que chaque cheval avait son caractère. C’est Flambeau que je préférais, il était de couleur bai et très grand, il avait fière allure. Il y avait toutefois un petit inconvénient, je n’arrivais pas à monter seule dessus car trop petite, il me fallait un petit banc pour me rehausser jusqu’à l’étrier. A bon entendeur, s’il vous venait à apercevoir un escabeau à côté d’un cheval, quitter votre air moqueur, c’est juste que la monture n’est pas toujours proportionnelle à la taille du cavalier !
Après une année d’un apprentissage assidu, avec un groupe d’amis nous avions trouvé dans notre région une ferme équestre qui proposait des week-end en randonnée. Sortir du manège et de la carrière pour enfin se promener entre champs et forêt, le rêve, même si la météo de ce mois de mars était encore fraîche. Ce jour là, on m’avait attribué Faro , un petit pur sang arabe, bien adapté à ma taille. Bon, il était borgne, il fallait juste être vigilante à tout potentiel obstacle vers la gauche. Soit, je resterai en 4° position, comme ça il suivrait la troupe.
La journée était idyllique, à midi nous avions pu nous réchauffer dans un chalet et le sandwich était même accompagné d’un bon café bien chaud.
Sur le chemin du retour, il y avait en contre bas une petite rivière et les chevaux avaient coutume de s’y arrêter. La descente était quelque peu pentue et glissante, jalonnée de petits rochers. Nous avons eu la consigne de bien attendre et descendre chacun à notre tour. Cette petite halte à la rivière nous émoustillait. L’un s’est trouvé tout éclaboussé, la seconde était accrochée tant et plus à la crinière, son cheval ayant descendu à toutes enjambées. Le troisième a perdu sa bombe dans l’eau. Et la quatrième ? me direz vous ! Hé oui, la quatrième c’était moi sur mon cheval borgne. Moi, j’étais focalisée sur le petit chemin et la pente raide. Mon cher Faro lui y est allé franco, sauf qu’il n’a pas vu un rocher plus volumineux que les autres sur sa gauche. Est ce bien utile que je vous conte la suite, je pense que vous vous en doutez. Ni une, ni deux, entre les éclats de rire, plouf dans l’eau !Je vous jure qu’elle était très froide. De retour à la ferme, deux énergumènes se sont faits énergiquement bouchonnés, Faro et Maïla ! Que de bons souvenirs néanmoins toutes ces virées à cheval, à chaque fois il nous arrivait de fichues aventures qui ensuite pimentaient la veillée.


 J’espère que ces histoires et textes vous ont enthousiasmé.

Au plaisir de vous lire la semaine prochaine! 

Passez une belle semaine d’écriture! 

Portez-vous bien et surtout, en ces temps troublés, prenez soin de vous! 

  
Créativement vôtre,

Laurence Smits, LA PLUME LAURENCE   
 

Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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