Pour cette proposition d’écriture N°35, il s’agissait de vous laisser inspirer par l’automne, paré de toutes ses couleurs différentes, selon les régions et les latitudes.
Cette saison a inspiré un poème, une tradition, des réflexions et une prose poétique. Que de plaisir à lire par avance!

Je vous souhaite une belle lecture.

Voici vos textes:

De Catherine de France
 
Ma forêt d’automne
Depuis le temps que j’te sillonne
Comme une amie devenue intime
À chaque saison je t’affectionne
Mais c’est automne qui te sublime.
Après l’été si monotone
Grâce à la pluie tu reprends vie
Sur tes sentiers j’erre sans soucis
C’est avec toi que je fusionne.
Ton manteau de mousse foisonne
Ton humus de mes pas résonne
Ton parfum boisé m’emprisonne
Les yeux fermés je m’abandonne.
De belles couleurs tu rayonnes
Dans ta couronne tu mets le feu
Mordoré ton feuillage frissonne
Tu vas le perdre d’ici peu.
D’une légère brise tu fredonnes
D’un coup de vent tu tourbillonnes
Mais quand le temps des frimas sonne
Passer l’hiver tu ambitionnes…
Et comme toujours tu m’impressionnes.

 
De Lucette de France

Autour de l’automne…

Je ferme la page en disant « au revoir à l’été », j’en ouvre une autre en « saluant l’automne »…
Tous les cimetières sont parés des couleurs de l’automne pour honorer nos défunts. Toutes ces fleurs embellissent ce lieu, en ce 1er Novembre. L’été, nous allons déposer des fleurs multicolores de nos jardins, le soleil les desséchera très vite, malgré les grands arbres plantés de-ci-de-là. Ce sont souvent des sapins, qui ne perdent que des “épines”. Pourtant, ce serait si beau, une jolie feuille de marronnier avec son jaune ambré, son orange, son vert un peu séché, qui se déposerait « là » sur la photo jaunie de l’être aimé. Un petit clin d’œil, comme pour nous dire « je le protège »…
L’automne, c’est aussi un très beau souvenir, c’était un 1er Novembre 1992. Après 30 ans en région parisienne, nous sommes arrivés ici, sous un soleil éclatant, comme pour nous souhaiter la bienvenue. Tout nous ravissait, il y avait une brocante qui s’étalait dans les rues et les ruelles. Tous ces badauds qui écarquillaient leurs yeux devant des objets insolites, qui marchandaient en espérant une remise. Au final, ils repartaient avec ou pas, mais ils avaient passé un bon moment de détente. Mais, jamais rien n’est gratuit, car nous avions laissé nos enfants et petits-enfants, les larmes accompagnaient les adieux…Le temps passe, et deux ans plus tard, grâce à « notre envie d’un ailleurs », eux aussi nous ont rejoints. La boucle est bouclée. Tout notre famille s’est reconstituée, et à nous les repas en famille…
Depuis, chaque année, nous jonchons les allées de nos forêts, foulons le sol en piétinant ces trésors naturels, cette palette d’or, de mordoré. Tous ces beaux arbres nous ont apporté la fraîcheur l’été pour nos pique-niques, la saison est passée. Le spectacle est tout aussi splendide maintenant. Le matin, voir la brume qui humecte la terre, qui goutte de feuille en feuille, c’est une symphonie d’odeur, de lumière et de couleur. L’automne nous rapproche de l’hiver, alors à choisir, préfère-t-on le printemps, l’été, l’automne ou les pistes de skis? Chacun a sa réponse…. A l’automne, c’est la dépouille des arbres, le temps d’un bonheur tranquille, peut-être aussi propice à la mélancolie, en regrettant les belles soirées d’été. L’automne nous fait craindre l’ennui de ces journées sombres et les soirs qui n’en finissent pas. Nous apportant du vague à l’âme, face au mauvais temps, au froid et aux maladies de l’hiver…La vie est éphémère dans nos forêts, «croit-on ». Mais, tout est miraculeux, à chaque fois c’est la renaissance dès le printemps arrivé. D’un arbre mis à nu, dépouillé de son feuillage, la coquetterie est la plus forte, bientôt tous les petits bourgeons perceront et la nature reprendra sa parure verte qui annoncera le printemps…
Qui ne se souvient pas du message pour signifier le débarquement le 6 Juin 1944 :
Les sanglots longs.
Des violons de l’automne.
Blessant mon cœur d’une longueur monotone…
Merci Monsieur Paul Verlaine, vous vivrez à jamais dans nos cœurs….
 
 
 
De Nicole de Belgique
 
 
Automne, tu es femme
 
Au début tu es la quintessence de l’éclat.
Tu es l’or des conquistadores donné aux arbres qui défaillent du poids
de tant de bijoux, métamorphose de l’ambre au rubis.
Des fauves aux bruns, tapis de feuilles craquant sous les pas
et qui parfois s’envolent, papillons planants du Ginkgo Biloba, l’arbre aux
quarante écus, résistant survivant et repoussant après le 6 Août 1945 à Hiroshima.
Tu es vent, tu es tempête.
Tu es le raisin des vendanges tardives qui donne puissance aux vins d’Alsace et du Sud-Ouest.
Tu es un corps de femme mûre, si belle encore, griffée de légères rides.
Un peu plus tard, tu passes en Frimaire.
Tes nuits commencent vers 17H00, elles sont longues. Mortel ennui.
Dans la grisaille des cimetières à la Toussaint, trouées de couleurs vives et bronzées
des chrysanthèmes.
Des potirons, sorcières, squelettes et autres affreusetés menacent de mort
pour des bonbons, dernière sortie avant l’enfer liquide.
Les feuilles tombées des arbres sont devenues magma boueux et glissant.
De flamboyance il n’est plus question.
La déprime saisonnière saisit le vif et imprime sa marque noire
sur les esprits.
Et même si à la Sainte-Luce les jours avancent du saut d’une puce,
mélancolie et chagrin se donnent la main jusqu’à Nivôse qui donne le La
aux fêtes de familles unies ou pas, nous conduisent vers l’hiver.
Un long tunnel froid qui débouche sur le Printemps.
 
 
 De Laurence de France
 
 
Thanskgiving
 
Cette célébration de l’automne se déroule le quatrième jeudi de novembre aux Etats-Unis. Depuis 1622.
Les premiers colons anglais, partis s’installer dans le Nouveau Monde, durent affronter un premier hiver glacial, de l’autre côté de l’Atlantique. Beaucoup d’entre eux moururent ; le début de la colonisation fut très difficile, et les survivants survécurent grâce à l’aide des Indiens, qui leur offrirent de quoi se nourrir, gracieusement.
Ces derniers aidèrent les envahisseurs venus d’ailleurs à pêcher et à chasser dans ces contrées, à cultiver le maïs et la citrouille, qui permit aux nouveaux arrivants de ne plus mourir de faim. En remerciement, les colons invitèrent en 1622, après leurs premières récoltes abondantes, le chef de cette tribu avec tous ses membres à venir partager leur repas, en guise de remerciement pour leur aide. C’était aussi l’occasion de remercier Dieu de les avoir sauvés en cette terre hostile et étrangère.
Sur la table du XVIIe siècle, se trouvaient tous les aliments que l’on peut trouver en cette saison d’automne : des cucurbitacées, alors inconnues des Européens, dont la citrouille qui est aussi devenue l’emblème de la fête d’Halloween et est servie aussi à l’occasion de Thanskgiving sous forme de purée et de tarte pour le dessert. Des pommes, des poires en abondance, des fruits secs sans doute, des marrons, des patates douces, des noix de pécan, sans oublier des airelles aussi, les fameuses ‘cranberries’, si productives en cette saison.
Et, comme mets de choix, de nos jours, la dinde est servie sur toutes les tables américaines. Le président américain en gracie une chaque année. C’est la viande incontournable, comme l’est également la citrouille.
Plus de 40 millions de dindes sont dégustées à cette occasion.
La tradition est respectée ; cette fête familiale est très importante pour les Américains, qui la célèbrent de manière plus intense que Noël. C’est une des traditions fondatrices de ce pays à l’histoire récente. C’est l’occasion de rendre hommage aux Pèlerins fondateurs de la nation, les premiers immigrants ayant bravé les intempéries et la houle rageuse de l’océan pour débarquer en plein automne, sans avoir de quoi subsister. On les surnomme en anglais les « Pilgrim Fathers », « les premiers Pèlerins », arrivés par le Mayflower, sans rien savoir de ce pays,  qui se transformait pour eux en Terre Promise, fuyant l’Angleterre, car considérés comme dissidents.
Quelque soit l’endroit où se trouvent les Américains, ils célèbrent la deuxième fête de l’automne. Le mois de novembre rime avec ripaille, est synonyme de fête, de réunion, de repas copieux, de finale du superbowl ou d’autres sports, retransmis à la télévision et visionnés par des millions d’Américains. En automne, Thanksgiving (mot qui signifie littéralement ‘donner des mercis’) est synonyme d’abondance, de joie, de bonheur en famille. Parce que ce jour est aussi un jour d’Action de grâce, les Américains distribuent des repas aux plus démunis en cette période, où les premiers frimas de l’automne se font ressentir, cédant peu à peu la place à l’hiver.
 
 

Je vous remercie d’avoir participé et de nous avoir offert ces odes à l’automne.

Vous avez reçu une nouvelle proposition créative concernant des personnages et des objets lourds.
Laissez aller votre plume et votre créativité!
Ecrire est un jeu !
Tout le monde peut se mettre à créer et à écrire!
Chaque semaine, je vous propose une accroche différente pour vous inciter à écrire dans le plaisir.

Je vous souhaite une bonne lecture, une belle semaine créative.

Pensez à visiter mon blog, La plume de Laurence

Créativement vôtre,

LAURENCE SMITS, La Plume de Laurence

 

 


 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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