La proposition d’écriture N° 89 nous montre notre amour des animaux.

Quel bonheur de lire vos textes!

Que serait notre vie sans nos amours à quatre pattes ou moins, à la maison ou dehors?

Quant à moi, impossible de l’envisager, ayant des animaux depuis mon enfance!

A la maison, je n’ai que des animaux abandonnés: ma chienne vient de la SPA avec le chien de mon fils, mes deux chats ont été abandonnés dans la nature, dont l’un avait 5 semaines, en état de survie et pas plus gros que ma main.

J’ai 3 poules avec lesquelles j’aime aller converser. Je suis la femme qui murmure à l’oreille des poules!

Mon neveu, mon frère et mon fils aîné n’ont que des animaux abandonnés! Quelques heureux élus parmi la masse de chiens et de chats honteusement et lâchement abandonnés par des “maîtres” sans scrupules!

Voici vos textes. Je vous en souhaite une belle lecture.

D’Anne-Marie

LE MERLE

Il était une fois un jeune merle qui s’égaillait avec ses congénères sur les branches touffues du grand saule. Et ça piaillait de tous côtés, chacun voulant ajouter à ce chœur, son propre chant. Le printemps leur donnait l’espoir de jours sans fin.

Un matin, une tâche noire immobile sous le saule attira mon regard. Je vis de plus près qu’il s’agissait d’un merle mâle. Je m’approchai, il ne chercha pas à s’enfuir, comme l’aurait fait un oiseau en bonne santé. J’en conclus qu’il était malade ou blessé. Il se tenait debout sur ses pattes, les yeux fermés et respirait encore. Compte tenu de mes connaissances sur l’espérance de vie d’un oiseau malade, je ne donnai pas cher de sa peau et repris mes activités sans plus y penser.

Le lendemain, je vis que la tâche noire avait bougé de quelques mètres, mais l’oiseau était toujours à découvert. On aurait dit qu’il cherchait un abri, à la vitesse d’un escargot. En l’observant plus longuement, je compris qu’il sautillait péniblement pour se déplacer, sûrement en quête de nourriture ou d’eau. La nature avait mis dans ce petit corps un sursaut d’énergie, qui l’encouragea à ne pas baisser les ailes. Mais d’ailes il n’en avait plus l’usage, comme je le constatai au fil de ses avancées vers un lieu sûr.

Au fil des jours le passereau reprit des forces, tantôt ici, tantôt là, il explorait les recoins de mon jardin. Je le reconnaissais car il avait une tâche blanche sur l’aile gauche. C’est ainsi qu’il passa l’été, sauvé par je ne sais quel ange du renouveau. La pluie revenue siffla la fin de l’été. Plus aucun merle ne fréquentait mon jardin. Ils s’étaient repus de mes fraises tout l’été en se faufilant sous le filet, et avaient suffisamment de réserves en eux pour passer l’hiver.

Et mon merle tâché vivait toujours. Il était devenu beaucoup moins craintif, sachant que j’étais une amie. Cependant je m’inquiétais pour lui. Il était toujours solitaire. Il n’était plus confiné dans sa gangue d’oiseau sans aile, mais souffrait de solitude, sans la société de ses amis oiseaux. Je ressentis de la compassion pour lui. Qu’allait-il devenir l’hiver sans pouvoir voler, vulnérable mets de choix pour chats errants et autres prédateurs ? Je laissai sous les arbres fruitiers quelques poires ou pommes flétries afin que son appétit soit satisfait un temps. J’espérai qu’il trouve un abri sûr pour quelques mois.

Un matin en vaquant dans mon jardin, je voulus couper les dernières tiges de rhubarbe pour en faire de la confiture. Et là, sous les feuilles géantes de la plante, je le vis, le corps raidi par les premiers frimas.

Il avait trouvé son abri pour l’éternité.

Histoire vraie

Septembre 2020

De Christelle

Le petit fripon

Je fais partie des NAC (nouveaux animaux de compagnie). Je suis une perruche callopsitte élevée à la main. Je m’appelle Pivoine, pourtant je suis un mâle : celui qui m’a donné ce nom devait avoir un coup dans le nez !

Je vis avec ma maîtresse, je dirais plutôt ma compagne.
Mon logis est une cage posée sur un meuble de la cuisine. Les premiers jours, comme je me battais bec et griffes contre les mangeoires répandant des graines partout, elle a vite compris qu’un oiseau aime la liberté et qu’il ne faut pas l’enfermer.

Le matin après avoir cassé la graine, je sors de ma cage et pousse de petits cris pour qu’elle vienne me rejoindre : je déteste la solitude. Tout m’intéresse : je suis joueur et curieux.
J’aime me poser sur le frigo et l’observer d’en haut. Lorsqu’elle ne regarde pas, j’en profite pour découper la plante. Comme toutes les callopsittes, je prends un malin plaisir à déchirer tout ce que je trouve. Lorsqu’elle approche sa main, j’ouvre mon bec menaçant pour lui faire peur. Quoi, elle ne va pas m’enlever mon jouet ? Lorsque le placard est ouvert, je farfouille dedans et pousse les verres à l’extérieur, tant pis pour la casse !

Acrobate, je mange souvent la tête en bas. J’adore pratiquer la varappe sur les torchons et les doubles rideaux. Perché sur la tringle, je chante et la nargue de là-haut : ah, ah, tu ne viendras pas me chercher là ! Avec sa main, elle fait glisser le rideau pour me faire partir alors je m’accroche et crie : tant pis pour les oreilles !

Nous déjeunons ensemble. En général je casse la graine, mais souvent aussi je vais picorer dans son assiette. Omnivore, quelques petits morceaux de poulet ou de thon ne sont pas pour me déplaire.

Toujours prêt à faire des bêtises mais je suis aussi affectueux. J’aime me poser sur son épaule et lui titiller l’oreille. Quand je baisse la tête, elle me fait des bisous. Qu’est-ce que vous croyez : mon petit corps est doux et chaud ! Elle apprécie de mettre son nez dans mes plumes.

Le soir, je rentre comme un grand dans ma cage.
Il y aurait d’autres anecdotes à raconter mais c’est tout pour aujourd’hui.

De Viviane

Filou, le petit chien de ma vie, si câlin, tellement adorable

Ce petit chien est à la base à ma fille, elle voulait tellement un chien.

Nous avons eu une pleîade d’animaux, des hamsters russes ou non, des poissons rouges qui avaient la mauvaise idée de sauter de leur bocal la nuit et que l’on retrouvait mal en point le matin au réveil.

Nous avions à l’époque deux chats, un robuste mâle absolument génial ‘Birdy’ qui, même avec une clochette à son collier, réussissait à grimper aux arbres et attraper des oiseaux ou des souris sans faire retentir sa clochette et une jolie petite chatte ‘Poupée’, beaucoup moins adroite car plus ‘speed’ et au contraire très encline à faire tomber à peu près tout ce qu’elle approchait.

J’ai toujours eu des chats pour ma part et en fait, m’étant fait mordre plusieurs fois par des chiens plus ou moins gros au cours de mon enfance, je n’étais pas très ouverte à avoir un chien, mais…

Un jour, nous sommes allées, ma fille et moi, au salon du chiot dans notre ville, et là en fin de salon, ma fille un peu déçue de n’avoir pas trouvé de compagnon canin, nous voyons une petite cage avec deux boules de poils endormies, deux petits (une petite et un petit en l’occurrence) loulous de poméranie et là coup de foudre immédiat autant pour ma fille que pour moi.

Une petite boule de poils pas plus grosse que mon poing, une boule de douceur et de tendresse qui a aujourd’hui 12 ans et moi qui n’était pas ‘chien’ comme on dit, je suis en amour devant cet animal qui me donne tant.

Je dis ‘ qui me donne tant’ parce que bien qu’étant le chien de ma fille, il est devenu le mien parce que ma fille a grandi. A 18 ans, elle est partie rejoindre son petit ami en Angleterre, elle a donc laissé Filou à sa maman (bien heureuse d’ailleurs). Quelques années plus tard, ils sont rentrés en France, à Montpellier (mon gendre est Monpelierain) et ma fille n’a pas voulu m’enlever mon p’tit loulou.

Nos deux chats ont disparu malheureusement (c’est surtout la cause de leur mort qui me reste en travers de la gorge) car un voisin malintentionné mettait des boules de poison dans son jardin, des poisons appétents pour les chats… bref ce genre de comportement me dégoûte profondément .

J’ai été élevée dans une ferme donc les animaux me sont familiers : poules, poulets, lapins, vaches, cochons, moutons, chats et chiens ont animé mon enfance en pleine campagne.

De Zohra

À la moindre mouche qui vole 

Pikachu s’affole

En un tour de patte il l’immobilise et l’attrape

Il s’en régale

Gare aux pattes de mouches avec Pikachu

Pikachu a grandi, il aime les boites et tout ce qui s’en suit

Caramel et Candy sont ses copains

Il en fait des bêtises…

Il n’hésite pas à vider la gamelle de son voisin

Quand il s’ennuie

Il gratte, gratte le tapis

Gourmand et à sa guise

Il tire la langue quoi qu’on lui dise

Il est toujours présent

Qu’on soit gai ou triste

Il nous accompagne tout le temps

Question beauté c’est le premier de la liste

De Marie

A dos d’éléphant


Que diriez-vous d’une ballade à dos d’éléphant ?
Chacun peut se laisser tenter. Dans la jungle, sous le soleil écrasant et la moiteur de l’air tropical, pourquoi mettre notre résistance à l’épreuve ? Un villageois nous propose l’aventure, quelle chance ! Cela s’avère intense dès le départ. Il nous faut monter sur le dos du pachyderme. Notre cornac nous conduit chez lui, une jolie paillotte en bambou couverte de feuilles de lataniers construite sur pilotis, la nuit il faut bien se protéger des bêtes sauvages. Nous comprenons très vite qu’il n’y a pas d’escalier. Il va falloir nous hisser en équilibre sur un tronc muni de quelques encoches pour poser les pieds. Nous y voici, installés dans une simple caisse de bois retenue par des chaines bien lâches, nous transpirons à grosses gouttes mais la promenade peut commencer.
Notre cœur chavire, nous sommes brinquebalés, en avant, en arrière, à gauche, à droite. Le cornac assis sur le cou de son animal lui donne quelques petits coups de pieds affectueux et prononce des onomatopées incompréhensibles. (Un de nos petits enfants lors d’un précédent séjour nous disait d’un autre cornac plus évolué: c’est formidable, il parle éléphant !). Nous nous enfonçons dans la jungle. Autour de nous la brume dissimule le paysage mystérieusement, les lianes entourent des arbres immenses, la végétation est si dense qu’il serait impossible d’y pénétrer à pied. Notre éléphante est tout à fait à l’aise mais semble mourir de faim. Les bambous et les bananiers aux feuilles si luisantes qu’on les croirait vernies sont un attrait irrésistible. Elle s’en donne à cœur joie et déracine des dizaines de troncs. C’est bien joli de manger, mais il faut aussi se désaltérer, elle engloutit des litres et nous gratifie du surplus en bonnes douches d’eau orangée bien boueuse. Son propriétaire ne semble pas ému pour autant, il prend soin de son animal sans se soucier de nous, oublierait-il notre présence ? Nous pensons le repas terminé, que nenni ! La scène se reproduit vingt mètres plus loin. C’est une véritable orgie qui semble ravir notre homme, il sourit de toutes les quelques dents jaunies qui lui restent. Nous sommes stoïques, ici le sourire est de mise et nous ne voulons pas lui faire perdre la face. De toute façon, il ne nous entendrait pas. La cacophonie ambiante des oiseaux, insectes et autres bestioles inquiétantes couronnée par les barrissements de l’éléphante couvre nos voix.
Mais une autre épreuve nous attend. Les branches sont bien basses et nous sommes bien hauts ! Voici qu’un énorme nid de belles fourmis jaunes se déverse sur le dos de mon cher époux. Terrorisé il se tortille dans tous les sens et se gratouille avec vigueur. Ca pique, ça pique.
Fin de l’aventure, ou presque. Nous arrivons à l’heure du diner dans le seul hôtel de la région. Vu notre état, on nous refuse l’entrée. Heureusement, un boutiquier nous habille à la mode locale, enfin nous sommes propres en apparence, prêts pour dîner.
Quant à notre cornac, il parait ravi de sa visite rentable tout en assurant le bien être de sa bête, bien nourrie pour la journée. Elle est son seul trésor, sa seule richesse, la compagne de toute sa vie. Il la reconduit dans son enclos où l’attend un adorable éléphanteau de quelques semaines, si émouvant avec ses petits poils de bébé sur le haut de son crâne. Il vient nous saluer tendrement avec des caresses du bout de sa trompe pour nous remercier de lui avoir ramené sa mère. Moment de tendresse et de communication inoubliable.
La nuit qui suit a laissé quelques souvenirs douloureux, non seulement les morsures des mandibules acérées des fourmis mais des ampoules larges comme la main sur les fesses dues aux chaines sur lesquelles nous étions assis.
L’aventure c’est l’aventure.

Le hérisson

Nuisible ! J’avais bien compris, nuisible !
Dans le potager d’à côté, on ne voulait plus de moi. Je devais quitter les lieux. Dans l’immeuble voisin, une porte d’entrée grande ouverte me tendait les bras et un petit garçon s’attendrit devant moi. Oh, le joli petit visiteur ! Quel beau moment lorsqu’il me tendit son morceau de pomme ! Les hommes étaient devenus des amis. En sécurité dans ce nouveau monde, je partis à la découverte. Mais à la porte suivante, me voici cloué sur place. Là devant l’entrée, mais qu’est-ce donc ? Un tapis aux poils dressés comme mes piquants ! Pourtant, je ne reconnaissais pas l’odeur de notre famille. Pire encore, on y venait gratter les chaussures et la boue restait collée aux poils.
Qu’allait-il m’arriver si je restais là, en boule, tous piquants dehors ?
De plus à la porte suivante, j’ai eu la peur de ma vie, j’avais devant mes yeux, un hérisson de bois avec des poils en coco sur le dos.
Paillasson, c’était son nom. Et si on se trompait, paillasson, hérisson.
Ah oui, je vous le dis, rien ne vaut la bonne terre de jardin pour y vivre sa vie de hérisson sauvage.

Gamme

Donne-moi ta patte de velours
Répond à mon souhait
Minette petite chatte abandonnée
Familièrement près de moi, vient ronronner
Solitaire tu étais
Là-bas dans ce refuge
Si tu le veux bien
Dorénavant devenons amies

De Bernard

D’après un vrai joli conte chinois,

Le panda était d’abord tout blanc

Quand il se rendit dans un bois 

Il changea de couleurs à ses dépens.

Il venait de perdre une grande amie

Et se trouvait maintenant à l’enterrement 

D’une petite fille, qu’il avait tant chérie,

Avec qui il passait tout son temps.

Il y faisait très froid en cette journée,

Il s’activa et décida prestement 

D’allumer un feu pour se chauffer.

Ses mains étaient couvertes comme des gants

De cendres et de charbon calciné

Quand, dans la tristesse du moment

Il essuya et frotta ses yeux épleurés.

De ses bras il enlaça fortement

Tous ses nombreux amis rassemblés,

Et pour ne plus entendre les gémissements

Boucha grandement ses oreilles attristées

Et voilà comment il devint noir et blanc

(D’après une légende chinoise)

De Véronique D

Mes animaux de compagnie

Mon amour des animaux a toujours été gravé en moi et remonte à ma plus tendre enfance.
J’ai toujours partagé ma vie avec des compagnons à quatre pattes et à deux ailes (à défaut des deux pieds, je suis toujours célibataire).

J’ai eu trois chiens qui ont pénétré mon cœur, telles des météores pour ne plus jamais en ressortir.
A tour de rôle, ces adorables toutous devinrent témoins privilégiés de mes essais, erreurs sur les pas de la vie.
Ils étaient les premiers à faire la fête dans les moments ensoleillés, mais jouaient également un rôle de sentinelle par temps de brouillard ou lorsque l’orage grondait dans le lointain.
Dans ces moments de doutes, leurs yeux me susurraient délicatement au creux de l’oreille, à la manière d’ un ventelet caressant les branches d’un sequoia millénaire: “n’abandonne jamais, tu vas y arriver”!

Comme autres compagnies exquises, des oiseaux du ciel avaient élu domicile dans le jardin familial.
Un restaurant self-service était dressé à leur attention dès que le soleil avait ouvert un œil endormi.
Les heures de la becquetée, tels les temps de prière dans un monastère rythmaient les temps forts de la journée.
L’accès à la brasserie champêtre était codifié et le rituel immuable comme ancré dans le roc depuis la nuit des temps
Tous perchés sur les toits voisins bien sagement en rang d’oignon, les jolis volatiles attendaient le signe de leur chef.
Une fois la décision approuvée par un mouvement ailé, ces joyeux drilles s’en allaient à tire d’ailes déguster du bout de la fourchette les mets délicatement parsemés.
En parfaits gentlemans civilisés, ils prenaient malin plaisir de profiter du festin, chacun à leur tour, prenant soin de garder une place pour leur voisin.
Mésanges, merles, pigeons,… aimaient ce rancard bucolique improvisé à l’ombre du grand chêne du côté de chez Swan.
Ils se délectaient de ces exquises victuailles qui réchauffaient aussi bien leurs cœurs que leurs corps et les emmenaient dans un voyage gustatif.

Un matin, un petit canaris drapé de la couleur de l’astre diurne, termina sa course effrénée par un magistral vol plané sur les pierres bleues de notre cour qui en ont blêmi de frayeur..
Tiraillé par la faim, mourant de soif, le petit chérubin n’était plus que l’ombre de lui-même.
Le cœur fendu de le voir dans ce triste état, mes parents décidèrent de lui ouvrir la porte de notre demeure.
Le petit chou, voyant un espoir de survie, pénétra dans notre antre et décida d’en faire son nid douillet.
Il avait retrouvé la chaleur d’une famille aimante qui le choierait comme la prunelle de ses yeux.
Sa voix suave égaie désormais notre doux foyer et embellit notre vie.

De Martine

Tchoutchi,

Ma fille habitait dans un appartement à Toulouse et avait récupéré dans la rue un jeune gros chat. Tchoutchi, c’est son nom.

Quelques temps après, elle emménagea à Paris et il n’était pas question de prendre le chat dans un petit appartement. Donc il est venu chez nous à la campagne.  Dès qu’elle le fit entrer dans la maison, il alla se réfugier sous le lit dans une chambre. J’ai dû l’apprivoiser au moins pendant 15 jours. Il ne sortait pas de la chambre tant qu’il entendait du bruit dans la maison. La nuit lorsque nous dormions, il en profitait pour aller à sa gamelle et aussi à sa litière. Peu à peu, il daigna sortir mais seulement si j’étais là et il se mettait entre mes jambes. Puis vint le jour où il découvrit l’extérieur. Il y prit vite goût mais il ne connaissait pas, il était apeuré ai moindre froissement de feuille, au moindre craquement, aboiement, cri…….. Un jour, j’ai pris des photographies car c’était trop drôle, il était en arrêt devant un petit campagnol. Il jouait avec lui, lui donnant des petits coups de pattes pour le faire avancer, ensuite il passait devant et la souris faisait demi-tour. Cela l’amusait et dura un bon moment. Le campagnol pas fou et ne comprenant pas pourquoi ce chat ne cherchait pas à le croquer, tout en jouant amena le chat jusqu’à la clôture du parc. Lorsqu’il fut de l’autre côté, il s’arrêta et regarda Tchoutchi qui était assis, ne comprenant pas pourquoi son copain de jeu était parti.

Mais depuis, il a appris que les chats et les souris ne pouvaient pas être copains.

De Laurance

A vous, chers compagnons,

A vous chers compagnons,

Qui depuis mon enfance,

Me bercez avec constance,

Et faites fuir tous mes démons.

Ai-je un seul instant,

Douté de votre amour?

Oh que non, car depuis toujours,

Vous êtes pour moi de vrais “mamans”.

De Cécile (PROPOSITION 77 : Un professeur qui vous a marqué dans votre scolarité)

A vous je dois le point-virgule

Cette pause aux allures de fin

Une vie plus tard il me souvient

Vous le passeur et moi l’émule

A vos cours point d’exclamations

La tempérance donnait le ton

Mais du regard naissait le style

Où puiser l’encre indélébile

Simple ou double le point fait signe

Et ce faisant accroît le sens

Balise de mon oubli insigne

Vous ponctuez ma connaissance

Vos doigts dessinant des virgules

Dans votre barbe, une attitude,

Et sous ce geste répété

Une bienveillante autorité

Comment bâcler ce demi rond ?

Négliger l’interrogation ?

Votre français comme vos habits

D’une coquetterie sans afféterie

Trois petits points bien alignés

En suspension de mon merci

Ces lignes du fond de ma pensée

Naissent par vous, cher Danquigny…

D’Apolline

En souvenir de mon chat

Trois lunes ont passé depuis mon arrivée dans ce nouvel environnement. Ici, tout m’est étranger. Les odeurs, les bruits, l’espace. Pendant la journée, la maison est singulièrement calme, puis, à la lueur des premières étoiles, ce doux répit s’achève. Je me glisse alors furtivement sous un grand meuble en bois massif d’où je peux observer en sûreté mes quatre nouveaux compagnons. À peine ont-ils franchi la porte que les deux plus jeunes m’ont déjà repérée et me rejoignent avec entrain. Leurs grands yeux noirs me scrutent avec curiosité et de leur bouche émane un son joyeux, toujours le même. Est-ce leur façon de m’appeler ? Les paroles de ma mère résonnent encore en moi : « Un jour tu seras adopté par un humain. Il te donnera un foyer, à manger et un prénom. Il pensera ainsi t’avoir apprivoisé, mais ne sois pas dupe, en vérité, vous vous serez apprivoisés l’un l’autre. » Je me demande lequel d’entre eux sera le plus facile à apprivoiser. Les deux enfants me semblent de loin les plus dociles, pourtant je crains leur esprit téméraire imprévisible. Les parents quant à eux, aux abords si sérieux, paraissent bien plus sereins, moins incertains. Le chemin sera long et la patience de mise avant que nous soyons entièrement accoutumés l’un à l’autre. Un jour pourtant une amitié sera née et nous ne pourrons plus vivre l’un sans l’autre.

De Lucette

Blacky est arrivé dans notre vie un peu par hasard. C’était un chien bâtard de taille moyenne avec une robe magnifique.
Un jour j’ai vu son maître qui l’a jeté du grenier sans avoir rien fait de grave. Sa maîtresse ne voulait pas le voir dans sa maison qu’elle astiquait du matin au soir et du soir au matin. Alors il était remisé dans un poulailler avec des poules où il ne voyait jamais personne, à part son maître de temps en temps pour le rudoyer…
Avec nos enfants, on regardait une émission à la télé pour inciter l’adoption d’un chien. Nous étions tous prêts à en avoir un. Du coup, on a fait 200 kms aller-retour pour aller le chercher, on nous l’a remis sans grande peine, et c’est une autre vie pour lui qui commençait.
Dans un premier temps, n’ayant pas eu d’éducation, nous lui avons appris à être propre. Je dois dire que ça s’est révélé assez concluant très vite. Il était aimé par chacun de nous, une promenade tous les jours avec sa jeune maîtresse, et la vie continuait…
Les jours et les semaines passaient, et un magnifique cadeau lui était offert par celui qui l’avait sauvé de « sa misère » en le ramenant en voiture, une niche en osier recouvert d’un habitacle identique, garnie de petits volants tout autour, le tout posé sur une assise de même qualité.
Il a tout de suite compris que c’était pour lui, nous étions tous les quatre à le regarder pour voir ce qu’il allait faire. Il s’était approché, l’a sentie, puis après quelques petites hésitations a déposé une patte, laissant l’autre en position d’attente. Ses yeux étaient remplis d’amour, et les nôtres aussi, enfin il l’a investie…
Au fil des jours, à chaque fois qu’il allait dans son palais, c’était le même rituel. Il avait du respect avant d’y entrer, et après s’y être installé il suçait sa patte. Oui, vous avez bien compris, il suçait une patte comme les petits enfants sucent leurs pouces. A ces moments- là, c’était le nirvana, un vrai bonheur de le sentir si heureux.
Quand il revoyait son ancien maître, il allait vers lui ,comme pour le saluer, mais il avait la queue entre les pattes, tout de suite il sentait la crainte de cet homme brutal avec lui.
La voiture, c’était une jouissance sans nom pour lui. C’était en voiture qu’il avait fui sa triste vie. Il suffisait de remuer les clefs de la voiture, aussitôt il se mettait à émettre des jappements de joie en sautant tout autour de son maître, et quand il prenait place sur le siège derrière, alors là, le roi n’était pas son cousin. C’était lui le roi, il nous a appris à respecter les animaux et en même temps les humains. Il était arrivé chez nous à un peu plus de sept ans, donc, les années passaient le rendant de plus en plus malade…
Nous l’avions emmené en vacances avec nous, là, il avait perdu tous ses repères, son cher canapé, il ne voulait plus manger, il se laissait partir, et on l’a aidé à partir en l’emmenant chez le vétérinaire…
Ce jour-là fut un vrai drame, nos enfants étaient confrontés pour la première fois à un deuil. Que de larmes versées par chacun…
Conclusion : un mois plus tard, une chienne de la S.P.A a redonné le sourire à tout le monde, elle aussi un amour de chienne, qui nous avait fait devenir « grands-parents » à notre insu, elle a dû” flirter” avec un zonard qui trainait. A nouveau un miracle en nous donnant des chiots.
Nous en avons gardé une, tellement gâtée qu’elle était « une chienne reine ». Elle n’aimait que ses maîtres. Sur elles, il y aurait beaucoup à raconter, c’ était une autre histoire d’amour, entre des animaux et des humains.
Merci à toi Blacky, à toi Daisy et à toi Câline, vous êtes tous toujours dans nos souvenirs et nos cœurs…

De Laurence

Mon voisin a un chat. Dit comme cela, l’information paraît banale. Voire incongrue comme nouvelle aux yeux d’inconnus. Mais, pour moi, qui habite dans les parages de son habitation, malgré moi depuis presque vingt ans, l’information est de taille, incroyable. Aussi incroyable pour moi que d’imaginer mon voisin en partance pour la Lune, vu qu’il ne quitte guère son hameau.

Jamais je n’aurais pu imaginer un tel fait un jour de mon vivant dans mon hameau si tranquille concernant cette personne, tant cet homme bougon, ce malotru détestable à mes yeux, détestait les animaux jusqu’à maintenant, surtout mes animaux, autant que les humains à vrai dire.

Mon voisin a un chat ! De surcroît, un chat noir !

Un beau chat noir pas sauvage pour un sou. Pas comme son maître ! C’est difficile pour moi d’imaginer un tel fait tant l’homme qui réside dans la maison d’à côté est raciste, anti-animaux et misogyne.

Un chat noir, qui par un matin d’hiver, a élu domicile dans mon jardin, sur le dessus de la haie mitoyenne entre nos deux propriétés. J’ai commencé à lui parler pour le faire venir à moi, mais ma chienne s’est précipitée pour le chasser, instinct canin oblige.

« Spidou, Spidou, qu’est-ce que tu fais là ? » entendis-je mon voisin parlant à ce chat noir que j’avais presque réussi à amadouer et qui voulait venir vers moi. Les bras m’en sont tombés et ma conversation avec le chat a cessé tout net. Les yeux écarquillés, n’en croyant pas mes oreilles, je fus saisie d’un étonnement grandissant, mes pensées surfant à cent à l’heure dans le cerveau. « Mon voisin a un chat », me répétais-je en silence comme un mantra, phrase qui tournait en boucle dans ma tête, bien après que ledit voisin ait refermé sa fenêtre. Incroyable mais vrai ! Je n’en revenais toujours pas, je me taisais, cachée par la haie. Je restais ébahie, au fond du jardin, à écouter mon voisin parler à son chat, les pieds mouillés, car j’étais sortie en chaussons et en pyjama.

Comme j’adore les animaux, ayant moi-même deux chats, j’envoyais des messages silencieux à Spidou, en lui disant que je le trouvais beau.

J’aurais pu m’en approcher si ma chienne ne l’avait pas stupidement pourchassé. Il n’était pas du tout effrayé par ma présence.

J’ai failli dire à mon voisin, agressif et peu poli habituellement à mon égard, qu’il avait un chat magnifique et pas peureux. Aurait-il pris cela pour un compliment ou une agression ? Au vu de nos relations tendues et inexistantes, savoir que mon voisin a acquis un animal l’humanise à mes yeux et le rend presque abordable. Ça change la donne !

Comme quoi, on connaît bien mal nos semblables. Hitler éliminait les Juifs mais adorait son Berger allemand !

De Catherine

Une scène surréaliste

Nous étions dans une jolie petite bourgade très apaisée et apaisante que nous avions décidé de visiter, par un doux matin de printemps, entre deux averses, sur la route de Villefranche de Rouergue. Curieusement, l’endroit était peu ou pas fréquenté : la cité était pratiquement pour nous seuls. Alain admirait et photographiait les maisons environnant une petite place carrée envahie de voitures endormies. Moi, je flânais sur cette place, le laissant à son jeu enivrant de chasseur d’images.
Soudain, une silhouette humaine se profila dans une rue , se dirigeant dans ma direction : c’était une dame âgée, sac de course ayant rempli sa mission à la main , et un magnifique jeune épagneul en laisse. Le chien était alerte et semblait heureux de sa balade. Moi, toujours attirée par les gens, ai accroché mon regard à cette femme qui paraissait moins sereine que son animal. La tête baissée comme si elle ne voulait pas qu’on la remarque, elle me dépassa sans répondre à mon salut, quand un énorme et magnifique berger allemand surgit de nulle part et entreprit de suivre l’épagneul sans aucune animosité mais avec beaucoup d’insistance. La dame se mit à paniquer, tirant sur la laisse de son chien qui lui résistait, trop intéressé par la perspective de jouer avec un comparse. Mais ce n’était pas du goût de sa maîtresse dont je ne comprenais pas la réaction, tant il y avait disproportion entre sa panique et la gentillesse apparente du bel intrus à qui elle ne s’adressait pas pour le chasser comme l’aurait fait n’importe qui. Je pensai que ce chien avait dû échapper à la vigilance de son maître et poussait le luxe de sa liberté en libertinant amicalement avec un compagnon à quatre pattes.
Pendant ce temps, Alain s’était infiltré dans une petite rue et continuait tranquillement ses investigations touristiques. Moi, j’étais comme fascinée par cette scène et cette femme qui manifestement aurait souhaité être déjà rentrée chez elle. Que craignait-elle donc de cette rencontre animale ? D’une rue à gauche, surgit alors un jeune homme, vêtu comme ceux de son âge, présentant bien, et marchant à bonne allure. Voyant le chien, il lui dit, d’un ton que je perçus comme amical, comme s’il venait de rencontrer un pote : « Ah, tu es là, toi !? »
Je me suis dit qu’ils se connaissaient bien, mais fus interloquée par l’attitude du chien qui s’aplatit soudain au sol, tel une carpette, comme s’il voulait se fondre avec le macadam, en un signe évident de soumission totale. Sidérée, je ne m’étais pas rendue compte que la dame avait disparu comme par enchantement. Le jeune homme traîna le chien toujours au sol entre deux voitures et se mit à le frapper violemment en lui parlant à voix basse. Je fis trois pas dans leur direction et le vis soulever le chien par la peau du cou et le maintenir en l’air, inerte comme un sac de farine. Il le bourra alors de coups de genoux dans le ventre, ce que l’animal encaissa sans réagir, au point que je me suis un instant demandé si ce n’était pas une scène de cinéma, avec des coups fictifs, ou un jeu rituel et inoffensif entre eux. Bref, incompréhension totale de ce qui se déroulait sous mes yeux. Je cherchai Alain du regard pour qu’il vienne à la rescousse, mais il était hors d’atteinte de mes signaux désespérés.
Alors, devant la répétition de la violence, je décidai d’intervenir et invectivai le jeune homme:
«  Non, mais ça va pas ?
– Quoi, qu’est-ce que t’as, toi ?
– Ça ne va pas de taper ce chien comme ça ?
– Ah, ça te plaît pas. Alors, tu vas voir ! 
Et il a redoublé de coups sur le chien. Cette fois, la peur s’était emparée de moi : peur de la violence de cet homme sur le chien, peur qu’il la retourne aussi sur moi, peur qu’il frappe encore plus le chien à cause de moi… et toujours totale incompréhension de la situation que je vivais là.
Alors, je fis quelque pas pour aller vers Alain qui revenait vers moi, espérant que le fait que je me détourne atténue la hargne du type. Le temps de dire : « Tu n’as pas vu ce qui s’est passé ? », je me retournai pour lui montrer la scène et constatai que la place était vide. Le sale type avait disparu avec le chien, comme par enchantement eux aussi, l’instant de le dire!
Difficile d’être crédible en racontant cette scène surréaliste et violente à quelqu’un qui n’a rien perçu de la situation. Je me retrouvai alors si godiche devant cette place vide où aucun témoin ne pourrait appuyer mes dires. Pas de gendarmerie dans ce village pour signaler le comportement indigne de cet individu. D’ailleurs, m’aurait-on crue ? Avec le recul, je pense que cette dame apeurée devait vivre cette scène régulièrement ! Peut-être le type était-il assez pervers pour provoquer sa peur quotidiennement et avoir ensuite le plaisir de frapper son chien, car ce qui me reste en mémoire et me met mal à l’aise, c’est qu’il n’y a pas eu d’éclats de voix : tout s’est déroulé dans une espèce de pseudo silence incohérent avec la violence des coups… La froideur d’un psychopathe ! Et le chien, quelle punition hors de ma vue a t’il subie ensuite ? Qu’est-ce qu’un type pareil pourrait faire à un humain avec un tel détachement ? J’en ai froid dans le dos !
Cette scène m’a habitée plusieurs jours et chaque fois que je repense à cette journée, je me sens très mal à l’aise. Je ne me souviens plus du nom du village mais je reconnaîtrai à coup sûr la petite place.

De Marie-Laure

” Ma consolante “

La vie n’est pas un long fleuve tranquille, personne ne remettrait en cause cet adage. 

Alors que mon existence était blackboulée, face à un précipice et qu’il m’a fallait tenter d’apprivoiser ce tsunami, oserai -je dire que c’est un animal qui m’a tendu la main ? L’allusion pourrait paraître forfaiture et pourtant il est des rencontres auxquelles on s’accroche pour ne pas perdre pied.

Cette année-là, les vacances ne se présentaient pas sous leurs meilleurs hospices. Elles s’inscrivaient dans une sorte de routine, un passage obligé, pour enchaîner les jours vers un demain des plus incertains. 

Nous étions alors chaleureusement hébergés chez des amis et les heures s’égrenaient entre les rires des enfants, les jeux avec les chiens et chats de la maisonnée et les soirées sous le platane à refaire le monde. Si le soleil et l’amitié réchauffaient bien l’atmosphère, mon coeur était resté bloqué à l’hiver. J’étais là, mais je ne savais où était désormais ma place, j’avais à composer, à conjuguer toute ma vie autrement.

Un jour, au cours d’une promenade dans la campagne avoisinante, nous avons aperçu une petite chienne qui depuis son enclos semblait toute heureuse d’avoir là une toute petite attraction. Elle ne jappait pas, mais arpentait les limites de sa prison en remuant la queue, semblant gambader dans une nature généreuse. Sa maîtresse, une vieille dame, l’avait confiée à un paysan voisin alors qu’elle avait dû être hospitalisée. Ce dernier s’acquittait de cette responsabilité en lui balançant de temps à autre quelque nourriture par-dessus la clôture.

Malingre, mais néanmoins pleine de courage et de détermination, au fil des jours elle avait gratté, encore et encore, jusqu’à ce qu’une faille apparaisse sous ce grillage qui lui servait d’horizon.  Dès lors, elle venait tous les jours nous rendre visite et jouer avec les chiens de la maison. 

S’imposait alors à nous un lourd dilemme : la nourrir et la câliner, pour ensuite la reconduire entre ses murs dans l’attente du retour de sa maîtresse, tâche ingrate s’il en est, ou mener fissa des investigations en vue d’une hypothétique adoption. Comment mener à bien une réflexion avec cette petite chienne qui de suite m’a collée aux basques, toujours assise à mes pieds, à me lécher la main ? Était- ce le moment de poser une équation ? Certes je travaillais et chez moi elle serait également seule toute la journée, à moins qu’elle n’arrive à composer avec le chat, maître des lieux depuis déjà de longues années. Si l’inconnue persistait quant au retour de sa maîtresse, de mon côté quelque chose déjà nous liait qui semblait pouvoir venir à bout de tous les obstacles. Elle était gaie, elle sautait partout, elle me faisait rire. La muraille qui avait cru protéger mon cœur déjà se fissurait, une nouvelle lueur pouvait percer.

De rebondissements en pérégrinations, notre enquête serait trop longue ici à relater. Toujours est -il qu’un nouvel imprévu est entré dans ma vie en cette fin d’été. Elle s’appelait Tania, elle a été ma consolante et pendant 14 ans nous avons été inséparables. Ce soir je veux lui rendre hommage, tant elle m’a apporté. 

De Véronique D

De Danièle (proposition d’écriture N° 88)

L’instant flottant

Au matin du cinq mars, Paul partit tôt.

La nuit durant, Anna avait ravi son imagination, surgissant non-stop dans sa vision.

Prompt, Paul mit un pantalon gris, un pull blanc, il prit aussi boots, gants, borsalino, quitta sa maison.

Il frissonna, l’air matinal lui piquait le front.

Circulation cool, passants lambins.

Au plus Paul approchait la maison d’Anna, au plus son corps s’agitait.

Il arriva ultimo au cinq quai Marina.

Vantail bâillant, là sur un rayon, à profusion : choux, mokas, macarons, chaussons, flans, ratons, savarins.

Car oui, Anna est la king du plaisir pour palais gourmands.

  • Bonjour Paul, ton choix pour aujourd’hui ?

Anna n’ouït aucun son…

  • Paul…ton choix ?
  • b…b..baba au rhum

Anna saisit trois babas au rhum, mit tout dans un joli packaging, Paul fit un quart de tour.

Bon train, il partit à son logis.

Son sofa favori l’accueillit, friand, il avala d’un coup un baba au rhum, puis, au suivant ! Au suivant !

Au matin du six mars, Paul partit tôt.

De Véronique Q

Je gratifie les amateurs de plantes exotiques, du bonheur immense de se perdre dans une forêt d’hibiscus et de bougainvilliers, quelle que soit la saison. Je pousse les murs des maisons au bord des terrasses, au cœur des jardins. Écrin de verre et d’acier, je protège, du vent et de la pluie, les constructions de maisons de poupées et les compétitions d’automobiles miniatures. Une pièce de vie, dit de moi la publicité.

Je tue aussi.

Vous, petits volatiles des campagnes, moineaux, mésanges et merles.
Vous qui vous volez vers les fruits gourmands qui vous nourriront.
Vous qui tournoyez et papillonnez en quête d’une brindille ou d’un morceau de feuille pour construire des nids protecteurs du froid, du vent et de la pluie.

Vous.
Vous qui volez bec en avant.
Vous vous écrasez sur mes murs en miroir. Vous mourez à mes pieds d’acier. Vous disparaissez. Vous vous effacez.

Moi, véranda, invisible à vos yeux d’oiseaux, je protège les plantes, l’homme et ses enfants. Et vous tue. Les petits d’hommes jouent en mon cœur, les cœurs de vos enfants battent en vos nids, dans l’attente de votre retour.

De Mireille

L’histoire que je vous propose, n’est pas une fiction. Elle touche des membres de ma famille et d’autres… à savoir, mon frère Patrick, son épouse Anne, un vétérinaire, une gentille minouche, un de ses petits, des maîtres indignes et un intrus, le cancer.
Voici plus d’un an que Patrick lutte contre cette bête infâme qu’est le cancer, il est l’ombre de lui-même. Anne se demande comment faire pour qu’il se sente moins seul quand elle s’absente pour travailler. De son côté Patrick se dit qu’un compagnon à quatre pattes serait une présence qui permettrait à Anne de mieux supporter son départ, il pressent très fort qu’il ne pourra plus lutter longtemps.
Lorsque Patrick exprime le souhait d’avoir un chat près de lui, Anne est très heureuse, voilà une excellente idée. Aussitôt elle appelle le vétérinaire le plus proche de chez eux, lui exprime sa requête. Celui-ci l’écoute avec attention, il a justement dans sa clinique une jeune chatte qui est arrivée avec une patte blessée. Les propriétaires de cet animal ne sont malheureusement pas revenus la chercher, de plus elle attend des petits. Il s’engage à recontacter Anne dès que les chatons seront nés, en lui rappelant qu’un animal n’est pas une fantaisie, de bien réfléchir avant de s’engager.
Un mois plus tard, Anne rend visite à la petite famille. Trois adorables minois se pressent dans la douce fourrure de maman. Un beau tigré, un noir et blanc, un gris et blanc, comment peuvent-ils être une fratrie, quelle merveille !
Il faudra être patiente, Madame, dit le vétérinaire, attendre un mois, nous verrons si un chaton vous choisit. Ensuite nous le vaccinerons et dès qu’il aura trois mois, il pourra rejoindre votre foyer. Patrick piaffe, il a hâte de découvrir ce petit être, de communiquer avec lui. Enfin le grand moment, tigré regarde ne bouge pas une moustache, noir et blanc file vers maman, gris et blanc curieux s’avance sans crainte vers la main d’Anne, flaire, regarde dessous ; ok tout va bien, il se frotte contre cette chaleur et ronronne.
Anne pose délicatement gris et blanc sur le sol de la cuisine, elle a pris soin de préparer son univers, voici le bol, l’assiette, le panier (mais il est immense ! plus tard…), la caisse (il faudra lui apprendre). Patrick est absent, une nouvelle hospitalisation, néanmoins son odeur est partout dans la maison.
L’ambulance arrive ramenant Patrick chez lui. Une fois tout le protocole médical terminé, ses yeux parcourent avec fébrilité l’ensemble de la pièce, un petit museau sort de derrière le fauteuil, avance prudemment vers cet humain décoré de tuyaux, extraordinaire, leurs regards se rencontrent. D’un pas décidé sans plus de crainte, Chaton saute sur les genoux de Patrick. Le soir même Anne et Patrick cherchent un nom pour Chaton, il a conquis le couple, fait partie de la famille. Au matin, c’est au nom de CHARLY qu’ils accueillent le nouveau membre de la maison.
Charly compris très vite qu’il ne fallait ni toucher ni mordiller les tuyaux qui paraient Patrick. Si les yeux de Patrick pétillaient, alors c’était la fête, des courses folles dans la pièce, des bonds. S’ils étaient éteints, alors Charly posait sa tête tout contre Patrick et ne bougeait pas.
Aujourd’hui Charly se blottit sur les genoux d’Anne, ronronne, fait des cabrioles et lui arrache un sourire, l’invite à le poursuivre dans toutes les pièces de cette maison où désormais ils ne sont plus que deux.

Je vous souhaite une belle semaine d’écriture.

Portez-vous bien et surtout prenez soin de vous.

Créativement vôtre,

LAURENCE SMITS, LA PLUME DE LAURENCE

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Je vous remercie par avance de votre geste.


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