Amanda commence à construire sa propre vie au sein de son couple. Les chemins s’écartent peu à peu…Voici venir le chapitre 13 des aventures d’Amanda:


Dur dur le sport



Après l’adoption de Belle, j’ai une nouvelle lubie : faire du sport ou du moins, trouver une activité pour sortir de mon train-train quotidien entre mon métier d’enseignante, mon mari souvent sorti je ne sais où et mon appartement, qui me donne l’impression de vivre en cage.
Max déteste toute pratique sportive. Son sport à lui, c’est le jeu, sous toutes ses formes, ce que je déteste. Allongée sur le canapé avec ma boule de poils à mes côtés, je regarde le plafond et réfléchis :
« Il y a bien ce club de yoga à côté de l’immeuble », dis-je à ma chienne. « Tu crois que je vais être capable de me mettre au yoga ? Ça a l’air dur. Puis Max va encore me dire que je dépense l’argent à tort et à travers, pour des broutilles. J’ai besoin de bouger de toute façon, en dehors de te promener ma chérie. »

La chienne m’observe avec un regard empli d’amour et aboie.

« Ok, tu es d’accord avec mon choix, c’est génial ».

Un gros bisou vient appuyer cette décision. Belle s‘agite et a envie de sortir. Je décide d’aller me balader du côté du club et de prendre la carte des horaires et des tarifs au passage. La professeure de yoga, Valérie Cadet, affiche un visage radieux :

« Je serai ravie de vous compter parmi nous. Il vous faut juste un tapis et une tenue adéquate et …votre plus beau sourire. »

Je décide de commencer mon premier cours ce samedi soir, au moment même où mon mari joue au poker avec son groupe.
C’est une découverte pour la novice que je suis. Je ne vois pas le temps passer. Quatre-vingt-dix minutes à respirer en profondeur, à tenter quelques mouvements appelés ‘asanas’ et me voilà de retour chez moi. Fourbue. Je me sens bien après ce premier cours malgré mon corps qui enrage et je sais que le yoga fera désormais partie de ma vie, au grand dam de mon mari.

« Fais gaffe, chérie, tu rentres pas dans une secte au moins ? Ça me fait peur ton truc là ».
« N’importe quoi », lui dis-je pour le rassurer. « C’est une activité de détente, pas une religion ».

Le lendemain matin, heureusement un dimanche, je me sens percluse de douleurs au réveil. Le yoga est entré en moi. Je ne suis que douleurs dans mes muscles. Je peine à bouger, moi qui suis toujours prompte à me lever tôt, à l’inverse de mon mari qui aime les grasses matinées à rallonge.
J’ai l’impression d’être devenue une vieille grand-mère à moitié paralysée, qui aurait besoin d’un déambulateur pour se déplacer. Serait-ce que j’ai traversé la roue du temps et que je suis projetée dans un autre espace-temps ? Valérie, la professeure de yoga, m’a prévenue que je risquais d’avoir des courbatures pendant quelques jours. Normal, a-t-elle dit, le corps se réveille et le réveil peut être douloureux.
Je n’ai pas forcément prêté attention à ses propos, mais maintenant, je comprends son avertissement. Belle m’observe avec inquiétude car elle s’agite et attend sa sortie pipi-caca du matin. J’enfile mon manteau et mes baskets avec difficulté. Mes jambes sont raides et endolories, mais bon, il faut bien accomplir mon devoir. Je sais que je ne peux pas compter sur Max, enfoui au fond du lit, en train d’émettre des bruits incongrus et ignorant tout ce qui ne le concerne pas directement.
En bas de l’immeuble, je croise le regard quelque peu ahuri de la gardienne, Madame Lopez, qui rentre les poubelles. Je la salue d’un hochement de tête cordial, puis me dirige cahin caha vers le trottoir. Belle m’entraîne vers le square le plus proche, quartier général des chiens du quartier. Entre odeurs diverses et besoins pressants, Belle est toute à son plaisir olfactif.
J’éprouve quelques difficultés à mettre un pas devant l’autre, tant mes jambes ne sont que douleurs. Belle s’attarde, elle gratte le sol, contente de sa petite affaire. Il ne reste plus qu’à rentrer et préparer le petit-déjeuner. Depuis quelque temps, j’accorde une attention toute particulière à mon hygiène de vie et je mange plus sainement. Max a adopté, depuis fort longtemps, un style de vie à l’opposé.

Il est huit heures. Malgré mes courbatures, je décide de rendre une visite à ma mère. Le plaisir de la voir et de papoter avec elle m’enlève déjà mes douleurs. Je griffonne un mot à la va-vite pour mon mari, l’assurant que je le rejoindrai pour l’habituel repas dominical chez ses parents à Frémicourt. Je sais par avance que je serai la risée de la tablée familiale du jour, persuadée que j’entendrai que le yoga est une secte dangereuse et que c’est une pompe à fric.

La famille Berneuil a toujours besoin d’un angle d’attaque pour animer ses repas– les gros, les Juifs, les Arabes, les Noirs, les homos, les étrangers, les immigrés, les chômeurs, …, autour d’un apéritif qui prend toujours des allures d’une tournée de bar.

Rendez-vous est pris mardi pour le chapitre 14.

D’ici là, je vous souhaite une bonne lecture, un beau weekend et plein de créativité!

Portez-vous bien et surtout prenez soin de vous!

Créativement vôtre,

Laurence Smits, LA PLUME DE LAURENCE


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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