Le vendredi, c’est Amanda et Max.

Encore une description croustillante qui en dit long sur les personnages. Je vous laisse découvrir sans tarder le chapitre 17 de mon roman:

Des moments perdus


« Je comprends pas qu’on puisse rester assise pendant des heures come ça, le nez dans du papier. C’est du vent tout ça. Pendant ce temps-là, tu fais rien d‘autre ! » balance Max avant de partir rejoindre ses partenaires habituels de poker en ce vendredi soir.

La semaine est finie, je suis fatiguée, j’ai besoin de me détendre et je refuse toute polémique sur quelque sujet que ce soit.

« Oui, mais moi j’adore ça. Il n’y a rien à comprendre. J’aime lire. J’aime les histoires que je trouve dans les livres. Toi, tu aimes les jeux avec tes copains. Moi, j’aime le calme de mes livres. Chacun son truc », je lui réplique avec une voix douce pour ne pas titiller l’ego de mon mari, qui a la fâcheuse tendance à se hérisser en une seconde.
« T’aimes pas ta vie avec moi, c’est ça, hein ? Comme tu te fais chier avec moi et ma famille, tu te réfugies dans les livres à deux balles. C’est des romans à l’eau de rose, ça, c’est pas la vraie vie », continue-t-il en élevant la voix sur un ton persifleur.
« Si tu le dis, parce que le poker et les jeux, c’est la vraie vie selon toi ? Je peux retourner dans mon roman si ça ne te dérange pas ? Tu vas être en retard à ton rendez-vous, mon chéri ! » je conclus le débat à peine amorcé.

Aucun membre de la famille Berneuil n’aime lire. Ma belle-mère regarde ses feuilletons romancés tous les jours sur sa chère télévision, qui reste allumée toute la journée. Elle est calée sur ce sujet et ne rate aucun épisode des « Feux de l’amour ». Mon beau-père se réfugie dans son atelier pour bricoler. Je pense qu’il a besoin de s’isoler de sa femme qui le bride et l’étouffe. Mes beaux-frères et mes belles-sœurs sont à l’image de Max : leur vie tourne autour du concret, mais pas autour des rêves. Ce sont tous des adeptes de la télé. Surtout le foot. Ils se passionnent tous pour un seul club : le PSG.
Je vous épargne le récit d’une soirée quand l’équipe de France joue. On entend brailler, on entend des noms d’oiseaux contre l’équipe adverse, on entend forcément des grossièretés. La bière coule à flots et les miettes de pizza s’effritent sur le sol. Et ça bouge, ça se lève, ça crie, ça vitupère, ça s’époumone, ça insulte l’arbitre, ça admoneste, ça gronde à la traîtrise, ça morigène et ça a toujours raison. Forcément ! Ego de Berneuil oblige !
Les soirs de match à la maison, je file au cinéma et j’enchaîne deux films pour m’assurer de ne rien entendre de ces énergumènes qui s’excitent au plus haut degré, juste pour un ballon.
Je ne comprends pas, moi, qu’on puisse perdre ainsi son temps. Le même schéma se perpétue depuis l’enfance de Max et de ses frères. Aucun ne pratique le foot, mais les matches, c’est leur religion commune.
Je pourrais passer la soirée foot avec mes belles-sœurs. Mais, parler des célébrités, des potins lus dans France-Dimanche ou dans Ici Paris, ce n’est pas ma tasse de thé. Mais alors, pas du tout. Bien évidemment, elles pensent que je les snobe. Elles ont raison. Je ne les supporte pas plus que leurs maris. Et surtout, je n’ai pas envie de jouer à la baby-sitter quand elles cancanent à rebâtir la vie des STARS, comme elles aiment à dire en insistant longuement sur ce mot, en y mettant toutes les étoiles qui brillent dans leurs yeux. A leur manière, elles jouent les stars : tout en bavassant sur la vie hypothétique d’untel, elles vernissent leurs ongles, essaient de nouvelles coiffures aperçues dans les magazines, s’échangent des tuyaux pour plaire à leur homme le weekend. Elles s’entendent à merveille.

Je préfère m’évader dans mes livres, tranquillement assise dans mon fauteuil. Quand je lis, je me détends, je m’évade, je voyage, j’imagine, je vis. Je suis baignée dans un univers de livres depuis mon enfance. Atteindre la dernière page d’un roman est toujours une récompense pour moi. Je me sens libre quand j’ouvre un livre. J’en oublie mon mari et sa tribu: ça vaut toutes les perles du monde !
Je crée ma bulle quand j’ouvre un livre. Je sais que cela dérange Max parce qu’il ne peut y avoir accès. J’imagine une autre vie, je me fonds avec les personnages et je développe de l’empathie pour eux.
Je préfère mes personnages de papier à ceux qui composent la famille Berneuil.



Je vous donne rendez-vous mardi pour le chapitre 18 pour suivre le passé d’Amanda.

D’ici là, je vous souhaite un beau weekend. La météo est pluvieuse, profitez-en pour lire et relire tous les articles du blog, pour acheter mes livres et vous en délecter bien au chaud, avec une tasse de chocolat chaud bien fumant:


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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