C’est mardi et c’est la folie: voici un épisode sur l’adolescence d’Amanda. Elle est différente des autres filles de son âge. Elle doit vivre sur une autre planète!

Je n’ai jamais eu beaucoup d’amies. Ni à l’école primaire, ni au collège, ni au lycée. Je ne recevais que rarement une copine à la maison ; je n’allais que rarement chez les filles de ma classe. Donc, pendant les deux mois de vacances l’été, je ne voyais personne. Je vivais en vase clos avec ma mère.
Les boums, je ne savais pas ce que c’était. J’en entendais parler de ci de là par les copines de classe. Elles étaient toutes en émoi, frétillantes comme des gardons, avant le jour en question et après. Pendant une semaine, elles ne parlaient que de ça. Ce qu’elles allaient se mettre sur dos, quel garçon elles allaient embrasser. C’était le grand dilemme ! J’aurais pu penser qu’elles en choisissaient un en tirant au sort, « am stram gram et pic et colégram ». Elles répétaient aussi qu’elles n’avaient jamais rien à se mettre. Puis, elles parlaient maquillage, froufrous à gogo, tenues à la mode, cheveux frisés ou pas.

J’entendais ensuite, à chaque récréation, évoquer leurs exploits. C’était à celle qui organiserait la boum la plus divine. Comme s’il y avait un concours à gagner. Je n’étais pas très souvent invitée. De toute façon, je ne me sentais pas à l’aise dans ces réunions. Il ne me serait jamais venu à l’esprit non plus de faire une surprise-party chez moi. J’aurais fait quoi de ma mère ? Elle se serait crue sur la planète Mars.
J’aurais pu imaginer comment mettre tout cela en place. Oui mais voilà. Ma mère ne partait jamais nulle part. J’étais habituée à vivre ainsi, sans que cela ne me pose un problème. Je reproduisais le schéma familial. Je le savais, ma mère m’avait parlé de son enfance quand j’avais dix ans. Comment faire autrement ? Il n’était pas question de la forcer ni d’imposer quoi que ce soit. Ma mère n’aimait pas la compagnie. Elle n’aimait pas le changement. Elle vivait par habitude. Elle aimait ses habitudes et je les respectais. Elles la faisaient tenir debout.

Les copines racontaient aussi comment elles s’opposaient à leurs parents.

« Ouai, nous, on fait notre crise d’ado, quoi ! Comment ça, toi tu ne cries jamais après ta mère ? Tu claques jamais la porte de ta chambre ? Moi, mes parents, je les loupe pas. Faut bien que je leur laisse des souvenirs. Ils en rigoleront plus tard », disait l’une.

«Oh ouais, moi c’est pareil. Je me dispute tout le temps avec mon frère. On se tape dessus. Mes vieux, ils piquent des crises de nerfs. Ils nous privent de dessert. Ou de sortie. Ils veulent faire leurs parents autoritaires, surtout mon père. Il veut me coller des baffes, mais il ose pas avec mes lunettes. S’il les cassaient, faudrait en racheter une paire ! », pouffait l’autre.

J’étais ahurie d’entendre leurs exploits familiaux. Je ne comprenais pas rien de leur monde. Elles enquiquinaient leurs parents, mais eux les laissaient organiser des boums malgré tout. C’était le monde à l’envers. Je me disais que l’ambiance chez elles ne devait pas être marrante tous les jours !

Ma vie à moi était à mille lieux de tout cela. J’aurais presque pu dire que je vivais dans un monastère (pas possible, c’est fait pour les moines), mais plutôt dans un couvent. Heureusement qu’il y avait la musique pour égayer la monotonie de ma vie. Je chantais à tue-tête. Je lisais énormément. J’étudiais beaucoup. Apprendre était ma passion.
J’étais tombée amoureuse du premier livre que j’avais lu. Comme ma mère. Comme mon arrière-grand-mère.
J’étais tombée amoureuse, non pas d’un copain, mais de personnages en papier. Cela me poursuivait. Les livres nous avaient récompensées toutes les femmes de ma famille de toutes les adversités subies. Je ne fus jamais déçue par aucune de mes lectures.

Amanda vous donne rendez-vous vendredi pour la suite de ses aventures. Je vous préviens que je ne mettrai pas en accès gratuit sur le blog tous les chapitres de mon roman. Il faudra acheter le livre pour connaître la suite et la fin!


Créativement vôtre,


Laurence Smits, LA PLUME DE LAURENCE


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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