Le vendredi, c’est l’histoire de Max et d’Amanda.

Le mari terrible et la femme douce…Pas toujours facile d’assortir les couples. On tombe amoureux d’une personne, mais ce n’est pas la bonne. Ainsi tourne le monde…un peu à l’envers!

Voici le chapitre 21: la pause réflexion

La fumée s’échappe du toit. L’hiver est bien installé. La saison est propice à la rêverie, ou plus encore à l’introspection.

Je suis assise devant une fenêtre de la véranda, un samedi après-midi chez mes beaux-parents, l’esprit vague, à regarder la valse de la vie dehors, malgré le froid.
La famille Berneuil m’a oubliée et c’est tant mieux.
Je vois une forme bouger. Je crois que c’est un oiseau. Il se sent libre, lui.
Une autre forme va d’un arbre à un autre au sol, trottinant. Ce ne peut être un oiseau. C’est un rat qui court prestement vers le composteur sans doute. Il a faim. Il cherche des moyens pour s’en sortir. Je rigole intérieurement. Si les propriétaires du lieu savaient que des rats pullulent sur leur gazon, ils feraient des sauts de cabri !

La vie grouille dans la nature, alors que je sens un vide en moi. Un vide intersidéral. Ce que je veux avant tout, c’est changer de vie. Pas autre chose. C’est plus facile à penser qu’à faire, quand on a en face de soi un homme obtus, qui refuse de céder un seul millimètre à sa façon de vivre.

Une brise légère fait frissonner les arbustes du jardin et les branches les plus hautes des arbres. Cela ne gêne en rien le ballet des oiseaux. Malgré le froid hivernal, l’ordonnancement de leur vie est bien réglé. Comme la mienne. Comme des notes posées sur du papier à musique. Ça me fait du bien d’être seule quelques instants, au milieu de ce brouhaha qu’est la famille Berneuil.

Ghislaine, ma belle-mère, n’entame que de rares conversations avec moi. Je n’ai jamais cherché à m’en faire une alliée. A ses yeux, je suis une concurrente, celle qui l’a détrônée dans le cœur de son fils adoré. Quand elle parle, c’est surtout pour émettre des jugements, prodiguer des conseils sans qu’on lui demande. Elle parle pour critiquer, se plaindre ou juger.
Mon beau-père, Gérard, est un homme effacé. Dans leur couple, c’est Ghislaine qui porte la culotte. Depuis le début, il s’est toujours laissé faire. Il a perdu la bataille, il le sait et n’a jamais cherché à occuper une autre place. Max est un peu à l’image de sa mère. Quand il parle, il se vante, élabore de multiples plans sur la comète qu’il n’envisagera jamais sérieusement. Ceux-ci n’existent plus une fois sortis de sa bouche. Qu’en ferait-il de toute façon puisqu’il conçoit la vie uniquement en termes de plaisirs. Les femmes, le sexe, les jeux, les potes, la télé, la cigarette. Si possible, il laisse les contraintes aux autres.

Cela ne le gêne aucunement de raconter n’importe quoi, juste pour le plaisir d’avoir un public qui l’approuve. Il a des avis sur tout. Il prétend tout savoir. Pourtant, il ne lit jamais. Il ne voyage jamais en dehors de son île. C’est du temps de perdu à ses yeux. Du fric de dépensé pour des broutilles. Il passe son temps à s’adonner à ses plaisirs, approuvé pleinement par sa famille. Je sais que je n’appartiendrai jamais à ce cercle.

Je suis interrompue par ma belle-mère qui ne respecte jamais mes silences. Elle craint trop le vide.
« Oh, tu nous couverais pas quelque chose à être aussi triste ? Je suis sûre que tu es enceinte. Oh, j’en suis sûre. Je sens ces choses-là. Ça fait trois ans que vous vivez ensemble… » pérore-t-elle de va voix haut perchée.

La voilà partie annoncer la nouvelle à la cantonade aussi vite que ses kilos le lui permettent.

J’en profite aussi pour remercier toutes celles et tous ceux qui m’envoient des messages touchants qui m’encouragent à poursuivre dans cette voie.

Je dois avouer que c’est jouissif de faire vivre des personnages, de les faire évoluer à son gré. C’est le premier roman que j’écris, mais je sais déjà, au fond de moi, que c’est le premier d’une longue série.

Rendez-vous mardi pour un épisode lié à l’enfance d’Amanda.

Je vous souhaite une belle semaine créative.

Portez-vous bien et surtout prenez soin de vous.

Créativement vôtre,

Laurence Smits, LA PLUME DE LAURENCE


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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