Je sais que vous mourez d’impatience de lire la suite des aventures d’Amanda.

Prenez un plaid bien chaud, un chocolat bien chaud et profitez!

Je vous souhaite une belle lecture de ce chapitre.

 Le métier de mes rêves

« Ecole, école… ».
Ces mots résonnaient depuis toujours comme une douce musique à mes oreilles. J’ai toujours adoré l’école. Je me suis toujours sentie bien dans l’univers scolaire. Depuis toute petite, je voulais y consacrer ma vie. D’aussi loin que je m’en souvienne, c’est-à-dire dès l’âge de neuf ans, j’ai voulu devenir professeure d’anglais.

« Plus tard, je serai professeure », lançais-je souvent à la cantonade à qui voulait bien l’entendre. Ma maîtresse de CE1 avait bien essayé de casser mon rêve et de le rendre plus conforme à ma situation familiale et à mes origines modestes.

« Amanda travaille bien, mais ce sera déjà bien si elle arrive à obtenir le Brevet » annonça Madame Pariseau un jour à ma mère, sur un ton péremptoire, qui ne souffrait aucune réplique.
Ma mère, n’ayant d’autre diplôme que le Certificat d’Etudes, trouvait que c’était formidable. Je ne l’entendais pas de cette oreille.

« Plus tard, je serai professeure d’anglais », affirmais-je tous les soirs à ma mère dès que je rentrais de l’école, puis du collège plus tard.
C’était un rêve loin d’être ordinaire parce qu’il était précisément mon rêve. Je faisais tout à l’école pour rester dans le peloton de tête, pour plaire à mes professeurs. J’étais une élève attentive et studieuse. Il me fallait travailler beaucoup pour obtenir de bons résultats. Je n’avais personne pour m’aider !

« Les enfants ont tout sauf ce qu’on leur enlève », écrivait Jacques Prévert.

J’avais fait mienne cette maxime pour contrecarrer ce que madame Pariseau pensait de moi. Elle me voyait comme une piètre élève. Je lui prouverais, plus tard, que je pouvais m’élever au-dessus d’elle et de son statut.
Dès mes années de lycée, dans ma candeur de future professeure, je m’imaginais dans une salle de classe avec des adolescents qui adoreraient baragouiner en anglais. Je savais alors que j’exercerais ce métier toute ma vie. J’avais foi en ce métier et en l’élévation par l’éducation.
Ma mère soutenait mon rêve grandiose, qui paraissait possible, tant elle l’avait souhaité, rêvé elle aussi. Elle avait foi en moi. Je croyais en mes possibilités et en mes chances.

« Ecole, école… »
C’était dans ces mots que je puisais la force de me lever chaque matin pour apprendre. Encore et toujours. J’aurais été tellement malheureuse de ne plus pouvoir aller à l’école. Ce mot était magique à mes yeux. C’était un univers où tout était possible. J’étais heureuse à l’école. C’était ma deuxième maison. Je vénérais mes enseignants en les écoutant religieusement. Je me tenais toujours au premier rang, droite, fière, au milieu de l’agitation, du bruit des bavardages et surtout parce que j’étais myope comme une taupe.

« Ecole, école… » résonnaient comme des mots en forme de promesses. Cela représentait un laissez-passer pour une autre vie que celle de ma mère. Un espoir incommensurable, un salut aussi. Une revanche sur la vie de ceux qui m’avaient précédée. C’était la promesse d ‘une autre vie.



Je vous donne RDV vendredi pour suivre les aventures d’Amanda avec son mari. Je vais vous faire oublier la grisaille de l’hiver qui s’installe.

D’ici là, portez-vous, et surtout prenez soin de vous!


Créativement vôtre,


Laurence Smits, LAURENCE SMITS


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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