Je vous propose la lecture le chapitre 3 de mon roman à épisodes.

J’espère que vous apprécierez cette lecture au cœur de l’été. Je remercie chaleureusement Claude et Isabelle pour leurs retours fructueux sur les épisodes précédents. J’ai tenu compte de leurs remarques judicieuses. Quand je me relis sur mon écran d’ordinateur, j’ai du mal à rectifier certaines choses. Il me semble que la correction est plus aisée sur le papier.

Voici l’épisode en question:                             

Une destination géniale

« Tu verras, tu vas adorer mon île », Max explique à sa femme durant le court trajet qui les sépare de leur lieu de vacances. « Je te préviens, je ne change pas mes habitudes, mariage ou pas. On arrive toujours pour le petit-déjeuner. C’est la tradition. Ça va être super ma puce. Tu vas A…do…rer ! »

Max est tout excité à l’idée de rejoindre son île fétiche, celle de son enfance et de ses escapades de gamin, et de m’y emmener pour notre voyage de noces. Quatre semaines de plage, de soleil, de balades, de farniente …et de la famille Berneuil.
En juillet, toute la famille se réunit, comme il se doit. C’est la tradition. C’est l’euphorie, sauf pour moi, la dernière arrivée dans le clan.
Je n’ai pas l’habitude des grandes familles. Max a deux frères et une sœur, six neveux et nièces. Tout le monde vient avec ses chiens, ses chats. Je suis fille unique, sans famille autour de moi, à part ma mère. Je n’aime pas le bruit, les repas qui s’éternisent, les sorties obligatoires, le manque d’intimité, les conversations haut perchées de ma belle-mère, et tout ce qui caractérise cette famille.

« Alors, bon voyage ma cocotte ? » Ghislaine, ma belle-mère demande à l’arrivée du couple.

« Tu parles, », je pense en silence. « Une heure et demie de route, ce n’est pas trop fatigant et c’est surtout très dépaysant : c’est le même département ! »

« Tu vas voir, l’île d’Oléron, on la surnomme ‘La Lumineuse’. Tu vas adorer ! Tu vas aimer la maison aussi. ‘La Glorieuse », c’est son nom. Elle vient de ma famille. Mon père l’a construite de ses mains dans les années 60 pour y venir camper. Avec Gérard, on a agrandi la maison. Nous, on passe tous nos étés ici. Les enfants et les petits-enfants adorent. Tu vas voir, toi aussi tu vas A…do…rer venir ici… »

Je n’écoute le verbiage de ma belle-mère d’une oreille distraite. Je me sens étouffer. Déjà. Je ne sais pas comment je vais tenir quatre longues semaines. Pas de découvertes. Toujours les mêmes activités. Heureusement que j’ai pensé à amener une grosse pile de livres. Enfin, si on me laisse le temps de lire !

Courses. Repas. Plage. Jeux sur la plage. Apéros sacrés. Barbecue. Belote.
Le bruit. Les cris des enfants. Aucune intimité. Impossible de s’isoler.
Je feins parfois d’être fatiguée pour être seule quelques instants dans ma chambre.

« Oh, tu dois nous couver quelque chose, toi ! T‘es pas enceinte par hasard ? Tu ferais pas ta cachotière par hasard, hein ? Ça me ferait plaisir à moi d’avoir un autre petit Berneuil ! La fatigue, c’est un des premiers signes de grossesse…et patati et patata… ».
Ghislaine n’arrête jamais de pérorer.

Max se fait un devoir de faire visiter son île à sa chérie. Tout y passe : l’incontournable Fort Boyard, la citadelle du Château-d’Oléron, la route des huitres qui n’en finit pas –je n’en mange pas, je déteste les huîtres-, le petit port des Salines, le grandiose phare de Chassiron.
A écouter l’enfant du pays, l’île est la huitième merveille du monde.
Je la trouve plutôt banale et sans intérêt.
Je dois aussi suivre les exploits de surf et de char à voile de mon mari. C’est un sportif, mais du genre à crâner devant les autres. Juste pour raconter ses exploits devant ses collègues et revenir tout bronzé à la banque.

« Allez, tu veux pas essayer le char à voile, ma puce ? Tu vas voir, tu vas t’éclater ! Qu’est-ce qu’on se marre », Max lance, essoufflé en amorçant un virage rapide.

Il ne comprend pas que j’ai besoin de calme et d’une réelle pause détente en amoureux. Il ne s’en soucie pas. Il ne s’occupe que de lui. Marcher, main dans la main, les pieds dans l’eau en admirant un coucher de soleil, seul à seul, trop peu pour lui. Il n’a pas l’habitude.
Il ne se pose pas de question.
Je n’ose pas m’interposer ni m’imposer. Ce n’est pas dans ma nature.
Je subis. J’accepte bon gré mal gré.
Après tout, c’est la famille de mon mari et ce sont leurs traditions.

La pilule est amère.
Je déteste l’été.
Et l’île d’Oléron avec.

Je vous souhaite une belle fin de semaine, malgré le temps maussade dans certaines régions. La rentrée approche! L’atelier d’écriture reprendra fin août pour une première proposition pour septembre!

J’ai hâte de vous retrouver toutes et tous pour cette nouvelle aventure après cet été qui aura filé à toute allure!

Portez-vous bien et surtout prenez soin de vous, toujours et encore!


Créativement vôtre, 

Laurence Smits, LA PLUME DE LAURENCE


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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